Région de Bruxelles-Capitale
Ancienne habitation personnelle d’Adrien Blomme, actuel rectorat de l’Université libre de Bruxelles
Avenue Franklin Roosevelt 52
Avenue Antoine Depage 1
Typologie(s)
immeuble à appartements
immeuble de bureaux
Intervenant(s)
Adrien BLOMME – architecte – 1928
Ossip ZADKINE – sculpteur
Styles
Inventaire(s)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
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Description
Estimant que le modernismeLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. des façades déprécierait le style de l'avenue des Nations (actuelle avenue Franklin Roosevelt), la Ville de Bruxelles refuse initialement le projet. A. Blomme en appelle alors à ses collègues et anciens maîtres, Georges Hobé et Alexis Dumont, ainsi qu'aux architectes Victor Horta, Fernand Petit et Adolphe Puissant, pour faire pression sur la Ville.

Ceux-ci envoient des courriers de soutien à Blomme, que l'architecte annexe, ainsi qu'une maquette, à son dossier. Ce dernier est alors approuvé, sans condition.
En 1964, l'Université libre de Bruxelles achète le bâtiment pour y installer le rectorat (actuel bâtiment R) et l'affecte intégralement en bureaux.
Extérieur. Imposant bâtiment implanté en V asymétrique, caractérisé par des lignes horizontales vers l'avenue Franklin Roosevelt et une plus grande verticalité vers l'avenue Antoine Depage. Sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. de pierre bleue, façades crépiesLe crépi est un enduit non lissé de plâtre ou de mortier. Il est rugueux, ce qui le distingue des autres enduits., parcimonieusement rehaussées de pierre bleue. Toitures plates. Les façades, de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. chacune et comptant quatre niveaux côté Roosevelt et six côté Depage, sont reliées par un large pan coupéPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment..
Avenue Depage, la 1re travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., percée de l'entrée d'un garage semi-enterré, suit l'alignement des constructions de l'avenue, les suivantes sont établies en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général.. La 2e travée, en décalage et passant la cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier., est sommée par un bas-relief d'Ossip Zadkine, sculpteur et ami d'Adrien Blomme, représentant deux figures humaines. Elle sert d'accès aux bureaux et aux appartements ; entrée à encadrement en pierre bleue. La dernière travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. est reliée au pan coupéPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment. par un jeu d'arrondis ; elle est marquée par un bow-windowDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. au 3e niveau et terminée en une sorte de rotonde d'inspiration Paquebot1930 – 1940. Le style Paquebot se développe à la fin de l'entre-deux-guerres comme un courant architectural moderniste qui s'inspire de l'Art Déco et évolue progressivement vers un langage formel plus fonctionnel et épuré. Ce style tire son nom et son langage formel des paquebots transatlantiques, qui atteignent leur apogée technologique et économique à la même période. Des compagnies maritimes emblématiques telles que la Red Star Line à Anvers et des paquebots prestigieux comme l'Île-de-France et le Normandie incarnent cette modernité et cette idée de progrès. Le style Paquebot se caractérise par une accentuation marquée de l'horizontalité et des volumes arrondis. Les angles sont souvent finis par des oriels courbes ou des balcons arrondis, ce qui renforce l'impression d'aérodynamisme et de mouvement. Les façades sont généralement en brique avec des joints accentués, souvent combinés à des éléments enduits pour souligner le caractère linéaire. Les éléments caractéristiques sont : de larges rangées de fenêtres continues ou des fenêtres en bandeau, des baies-hublots, des bandes de béton et des corniches fortement en saillie, des toits plats, parfois avec terrasses en toiture, des mâts de drapeau et des garde-corps tubulaires métalliques, ainsi que des fenêtres ou des balcons d'angle arrondis. Outre les similitudes formelles, l'idée de confort moderne joue également un rôle : le chauffage central, les ascenseurs, les garages intégrés et les agencements fonctionnels font partie de l'idéal résidentiel progressiste incarné par ce style. À Bruxelles, le style Paquebot s'impose principalement dans la première et la deuxième couronnes, où l'urbanisation est intense pendant l'entre-deux-guerres. Ce style est particulièrement populaire dans l'architecture résidentielle, tant pour les maisons unifamiliales que pour les grands immeubles à appartements, auxquels il confère une image moderne et cosmopolite. Il existe également des bâtiments utilitaires réalisés dans ce style. Un exemple bien connu est l'ancien Institut national de radiodiffusion (INR) situé place Eugène Flagey à Ixelles, conçu par Joseph Diongre, qui, avec ses angles arrondis et ses articulations horizontales, possède un rayonnement nautique prononcé.. Un avant-corps devance, sur trois niveaux, le pan coupéPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment. ainsi que les trois 1res travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. vers l'avenue Roosevelt ; à la jonction de ces deux façades s'inscrit, sur les deux 1ers niveaux, un retrait de plan triangulaire. Le pan coupéPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment. est encore doté d'un second volume en avancée, abritant l'entrée principale et formant, au 1er étage, une loggiaPetite pièce dans-œuvre, largement ouverte sur l’extérieur par une ou plusieurs larges baies non closes par des menuiseries. dans laquelle s'ouvrent trois portes-fenêtres jumellesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., sous terrasse devançant également trois baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement.. L'entrée est flanquée par deux bas-reliefs d'Ossip Zadkine, représentant les attributs de l'architecte : à gauche, té, équerre et papier à dessin ; à droite, maquette, rouleau de calque, main tenant un crayon.

À la dernière travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. côté Roosevelt, garage transformé en bureau pour les besoins de l'ULB. Au 3e étage, des fenêtres en bandeauFenêtre percée sur une grande partie de la largeur de la façade et formant visuellement un bandeau. courent sur la majeure partie de l'élévation. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. remplacés, grilles de jardins conservées, portes métalliques d'origine, porte de garage, avenue Depage, remplacée.
Intérieur. Malgré la transformation en bureaux de l'ensemble du bâtiment, l'affectation originelle de ses différentes parties est encore lisible aujourd'hui.
Organisation générale. Côté Depage, aux trois 1ers étages, la 1re travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. éclaire un petit appartement indépendant. À chacun des 4e et 5e étages, un appartement plus vaste, organisé autour de la cage d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier., s'étend sur l'ensemble de l'aile. Le reste du 3e étage, éclairé par les baies en bandeauFenêtre percée sur une grande partie de la largeur de la façade et formant visuellement un bandeau., abrite les bureaux d'architecture, dont un vaste atelier paysager s'étirant dans le pan coupéPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment. et côté Roosevelt. S'y adjoignent, au r.d.ch. côté Depage, le bureau des secrétaires et une salle d'attente pour les clients. Le reste de l'édifice, soit le r.d.ch. et les deux 1ers étages vers l'angle et vers l'avenue Roosevelt ainsi que la majeure partie des 1er et 2e étages avenue Depage, abritent les pièces réservées à la famille Blomme. À l'exception de l'atelier paysager, les pièces, nombreuses et souvent étroites, ne sont pas sans rappeler les cabines d'un paquebot1930 – 1940. Le style Paquebot se développe à la fin de l'entre-deux-guerres comme un courant architectural moderniste qui s'inspire de l'Art Déco et évolue progressivement vers un langage formel plus fonctionnel et épuré. Ce style tire son nom et son langage formel des paquebots transatlantiques, qui atteignent leur apogée technologique et économique à la même période. Des compagnies maritimes emblématiques telles que la Red Star Line à Anvers et des paquebots prestigieux comme l'Île-de-France et le Normandie incarnent cette modernité et cette idée de progrès. Le style Paquebot se caractérise par une accentuation marquée de l'horizontalité et des volumes arrondis. Les angles sont souvent finis par des oriels courbes ou des balcons arrondis, ce qui renforce l'impression d'aérodynamisme et de mouvement. Les façades sont généralement en brique avec des joints accentués, souvent combinés à des éléments enduits pour souligner le caractère linéaire. Les éléments caractéristiques sont : de larges rangées de fenêtres continues ou des fenêtres en bandeau, des baies-hublots, des bandes de béton et des corniches fortement en saillie, des toits plats, parfois avec terrasses en toiture, des mâts de drapeau et des garde-corps tubulaires métalliques, ainsi que des fenêtres ou des balcons d'angle arrondis. Outre les similitudes formelles, l'idée de confort moderne joue également un rôle : le chauffage central, les ascenseurs, les garages intégrés et les agencements fonctionnels font partie de l'idéal résidentiel progressiste incarné par ce style. À Bruxelles, le style Paquebot s'impose principalement dans la première et la deuxième couronnes, où l'urbanisation est intense pendant l'entre-deux-guerres. Ce style est particulièrement populaire dans l'architecture résidentielle, tant pour les maisons unifamiliales que pour les grands immeubles à appartements, auxquels il confère une image moderne et cosmopolite. Il existe également des bâtiments utilitaires réalisés dans ce style. Un exemple bien connu est l'ancien Institut national de radiodiffusion (INR) situé place Eugène Flagey à Ixelles, conçu par Joseph Diongre, qui, avec ses angles arrondis et ses articulations horizontales, possède un rayonnement nautique prononcé..
Circulations. Un escalier à volées droites et un ascenseur desservent l'ensemble des niveaux avenue Depage, ne donnant accès qu'aux appartements indépendants et au bureau d'architecture. Le départ de la rampe est orné d'un bas-relief métallique traité en repoussé, figurant deux lézards. Dans l'axe du bâtiment, un hall de prestige est flanqué de deux cages d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier.. Celle située côté Depage, d'apparat, relie le hall au 1er étage. Celle située côté Roosevelt, de service, est accessible via un couloir latéral et dessert les trois niveaux de l'habitation des Blomme.
Pièces ayant conservé leur décor d'origine. Le hall d'apparat, de plan circulaire, est pavé de différents marbres roses (Prémeau, Imperor's red) et noir.

Il était à l'origine orné en son centre d'une petite fontaine. Dans l'axe, une porte mène au jardin. Des appliques lumineuses intégrées aux murs sont protégées par de belles grilles en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage.. Un éclairage indirect s'insère dans la gorgeLa gorge est une moulure creuse de profil courbe, en portion de cercle ou d’ovale ou en demi-cœur. Le cavet est une gorge de profil en quart de cercle. du plafond. Le centre de celui-ci est découpé d'une étoile à six branches. L'escalier d'apparat, de plan octogonal, présente les mêmes matériaux que le hall. Il est bordé de pans de mur étagés en escalier, formant rampe. Remarquable plafonnier en cône octogonal.
Au bel-étage, vaste living éclairé par les trois baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. du pan coupéPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment..
![Avenue Franklin Roosevelt 52 - avenue Antoine Depage 1, living ([i]La Technique des Travaux[/i], 8, 1931, p. 479).](/medias/500/buildings/10516062_0052_W01.jpg)
Aujourd'hui transformé en bureau du recteur, il a perdu une partie de son décor d'origine. La cheminée et son miroir ainsi que des appliques lumineuses intégrées sont conservées, mais dissimulées derrière une cloison. La pièce communiquait à l'origine, via quelques marches, avec la salle à manger côté Roosevelt, et un petit salon de musique semi-circulaire côté Depage. Le salon de musique ouvrait lui-même sur le bureau de Blomme, qui conserve ses bibliothèques intégrées dans des lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en palissandre.
État actuel. Avec l'installation du rectorat et d'une partie de l'administration de l'Université libre de Bruxelles, de nombreux changements intérieurs ont été apportés. D'importantes modifications des plans altèrent la perception d'origine de certaines pièces, voire même de niveaux entiers. L'étage dévolu au bureau d'architecture a ainsi été entièrement cloisonné. Par ailleurs, une grande partie du décor a aujourd'hui disparu, à l'exception de celui des quelques pièces mentionnées plus haut. Le mobilier d'origine et les tapis ont complètement été enlevés. En façade arrière, quelques châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques ont été conservés.
Classement 27.09.2007
Sources
Archives
AVB/TP 35454 (1928), 39748 (1928).
Ouvrages
BLOMME, F., À la rencontre d'Adrien Blomme (1878-1940), CIVA, Bruxelles, 2004, pp. 97-107, 153.
DE HENS, G., MARTINY, V.-G., Une école d'architecture, des tendances 1766-1991, Académie royale des Beaux-Arts de Bruxelles, Bruxelles, 1992, p. 81.
Itinéraire de l'Université libre de Bruxelles, coll. Hommes et paysages, 34, Société Royale Belge de Géographie, Université libre de Bruxelles éd., Bruxelles, 2004, p. 42.
Périodiques
« L'œuvre de l'architecte Adrien Blomme », Le Document, 8, 1933, s.p.
IMBERT, C. « la maison d'un architecte, 52, avenue des Nations, Bruxelles », La Technique des Travaux, 8, 1931, pp. 471-482.
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