Typologie(s)

atelier (artisanat)
hôtel particulier
dépendances
ascenseur historique

Intervenant(s)

Victor HORTAarchitecte1894-1903

Constant BOSMANSarchitecte1899

Henri VANDEVELDarchitecte1899

Statut juridique

Classé depuis le 07 avril 1977, 22 avril 1999, 29 novembre 2012

Styles

Art nouveau

Inventaire(s)

  • Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
  • Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
  • Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
  • Inventaire d'urgence du patrimoine architectural de l'agglomération bruxelloise (Sint-Lukasarchief 1979)
  • Le patrimoine monumental de la Belgique. Bruxelles Extension Sud (Apeb - 2005-2008)
  • Inventaire des ascenseurs historiques (Homegrade - DPC)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

  • Artistique
  • Esthétique
  • Historique
  • Urbanistique

Recherches et rédaction

2005-2006

id

Urban : 15997
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Description

Remarquable hôtel particulier de style Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise., conçu par l'architecte Victor Horta pour l'industriel Armand Solvay, le fils d'Ernest Solvay, et son épouse Fanny Hunter, à partir de 1894. Véritable manifeste de la pensée de Horta, cet hôtel est l'une des réalisations les plus abouties de son œuvre : il a bénéficié à la fois d'un budget quasi illimité pour sa réalisation et d'une entente remarquable avec le commanditaire. En outre, il s'agit d'un des bâtiments de Horta les mieux conservés.

Le permis de bâtir est introduit en juillet 1895. En 1898, le gros-œuvre est terminé. Horta travaille encore plusieurs années à la décoration intérieure ; les derniers détails de l'ameublement sont réglés en 1903.

L'immeuble prend place sur une parcelle de 15 m à front d'avenue et se développe de 20 à 25 m en longueur. La parcelle traverseÉlément horizontal divisant une baie ou pièce horizontale d'une menuiserie. l'îlot pour aboutir rue Lens ; au-delà du jardin se trouvent les anciennes écuries.

L'hôtel Solvay est classé comme monument par l'arrêté royal du 07.04.1988 ; le jardin et les anciennes écuries sont, eux, classés comme monument en totalité par arrêté gouvernemental du 22.04.1999. Depuis 2003, l'hôtel est inscrit, à l'instar d'autres œuvres bruxelloises de Victor Horta, sur la liste du Patrimoine mondial de l'Unesco.

Restaurations. Au cours du temps, la maison a fait l'objet de destructions partielles suivies de restaurations en conséquence. En novembre 1944, un V1 tombait rue de l'Ermitage, entraînant dans son souffle la destruction de la verrière du bel étage. Elle sera reconstituée en 1982 par les maîtres-verriers Timmermans, sous la houlette du professeur Georges Gyömörey. En 1957, la famille Wittamer-De Camps, couturiers (Valens), rachète l'hôtel pour servir d'atelier et de lieu de présentation de leur collection. Elle le sauve d'une destruction certaine et entame des rénovations et des restaurations. En 1958, le r.d.ch. est démonté pour faire place à deux vitrines servant à présenter les modèles de haute couture de leur firme (architectes Grimaldi & Dehasse et Jean Delhaye). Par la suite, l'hôtel sera restauré par l'architecte Georges Gyömörey, du bureau Raymond Lemaire. Depuis 1988, l'hôtel a fait l'objet de plusieurs restaurations menées par l'architecte Jos Vandenbreeden : reconstitution du r.d.ch., restitution en façade avant des couleurs d'origine, restauration de la façade arrière...
Avenue Louise 224, hôtel Solvay. Terrasse du 1er niveau (photo 2007).
Façade à rue traitée de manière sculpturale, composée dans le respect de la symétrie, à la fois subtile et affirmée, d'un dessin relativement sobre comparé à la profusion de l'intérieur. Loin d'apparaître, comme souvent dans l'architecture bruxelloise de cette époque, comme une composition indépendante de l'intérieur, elle en est la résultante logique et élégante côté rue.
Façade de quatre niveaux et de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. aux étages, en pierre bleue et pierre blanche. R.d.ch. assez bas, traité en pierre bleue à la manière d'un vaste socleMassif surélevant un support ou une statue. pour les étages. Légèrement incurvé, il prolonge naturellement le trottoir et génère souplement, dans sa partie haute et centrale, la terrasse axiale. À gauche, porte cochère abritée par la saillie de l'oriel des étages ; au centre, tripletGroupement de trois baies. Les deux latérales, identiques, sont différentes de la baie centrale, d’ordinaire plus vaste. flanqué de deux petites fenêtres ; à droite, large fenêtre à double meneauÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. métallique, pendant symétrique de la porte.
Aux étages, la façade est creusée en son centre. Travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. latérales des niveaux médians traitées en oriel, servant chacun d'assiseRang d’éléments de même hauteur posés de niveau dans une maçonnerie. L’assise désigne également la plate-forme d’un balcon ou d'une logette, portée d’ordinaire par des consoles et sur laquelle repose le garde-corps. à une terrasse. Au 1er étage, les oriels sont reliés entre eux par une vaste terrasse profilée, à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre. en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. légèrement galbé ; ils sont reliés souplement à la travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. centrale par un pan de mur concave percé de deux fenêtres. Chaque oriel repose sur deux consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. qui semblent se noyer dans le r.d.ch. Leur face est largement ajourée de vastes fenêtres enchâssées entre des pleins de travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. métalliques, scandées de deux colonnettes en fonteFer riche en carbone, moulé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des colonnettes, des cache-boulins. Contrairement au fer forgé, la fonte est cassante et résiste mal à la flexion. continues et protégées par des grilles en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage.. Les côtés des oriels se prolongent pour former, au dernier niveau, les jouesLe terme joues désigne les petits côtés d’un balcon, entièrement en pierre ou en maçonnerie. des terrasses. Au dernier, fenêtres à meneauÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. métallique simple ou double sous corniche profilée. CordonCorps de moulure horizontal, à rôle purement décoratif, situé sur une partie quelconque d’une composition. continuUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. reliant les terrasses et servant d'appuiAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. à la fenêtre axiale. EntablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. terminal légèrement incurvé et scandé de modillonsÉléments décoratifs de forme quelconque, répétés sous une corniche. plats et ciselés ; corniche terminale concave en bois, particulièrement peu saillante.
Grande élégance dans la stéréotomieArt de tracer les formes à donner aux pierres en vue de leur assemblage. générale, se renouvelant d'une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. ou d'un niveau à l'autre. Attention infinie donnée aux huisseriesMenuiseries qui s’ouvrent et se ferment, c’est-à-dire les portes et les fenêtres. Par extension, le terme désigne également les fenêtres à châssis dormants. – comme la porte en chêne largement ajourée et protégée de fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage., les châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre., en chêne également, traités à ouvrants ou à guillotineUne fenêtre à guillotine est une fenêtre dont l’ouvrant coulisse dans une rainure verticale, évoquant ainsi une guillotine., avec emploi de double vitrage – ainsi qu'aux garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre. en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. rivetés dont les lignes en courbes et contre-courbes stylisent des végétaux. La couleur des garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre. est celle d'origine, restituée en 1988-1989.
Avenue Louise 224, hôtel Solvay. Façade arrière (photo Bastin & Evrard   MRBC).
Façade arrière sobre et rationnelle, faisant preuve d'un soin peu commun dans le contexte architectural bruxellois. Traitée en ressautsSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. successifs, elle présente quatre niveaux, plus un niveau de lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. dans sa partie la plus en avancée, et cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade.. ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. en briques et pierre bleue, parcimonieusement rehaussée de pierre blanche. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. sous linteau métalliquePoutrelle métallique de profil en I, utilisée comme linteau, souvent agrémentée de rosettes en tôle découpée. ou à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale.. Dans sa partie principale, la façade offre une terrasse à la salle à manger du 1er étage, scandée de désÉléments de pierre de section sensiblement carrée ou rectangulaire, disposés généralement aux angles d’un balcon. profilés en pierre bleue.

Intérieur. Le programme de l'hôtel Solvay est typique du besoin de représentation d'une grande famille bourgeoise du XIXe siècle et offre à cet égard un cahier de charge assez classique. Cependant, la manière de le traiter offre ici quelque chose de radicalement nouveau. Horta révolutionne l'architecture de son époque à la fois par sa volonté de décloisonner les espaces, par l'affirmation des structures métalliques et de matériaux peu classiques au sein des pièces de vie, et par la transparence de l'espace qui en résulte, par le traitement de la lumière à la fois latéral et zénithal (puits), par le confort d'une climatisation naturelle et par une réelle ergonomie de l'ensemble et du mobilier. La maison, plus qu'un simple objet d'art, s'apparente presque à un organisme vivant, « intelligent », en dialogue avec celui qui y habite.

Avenue Louise 224, hôtel Solvay. Départ de l'escalier d'honneur et rampe d'escalier (photo Bastin & Evrard   MRBC).

Plan général. Le r.d.ch. est consacré à l'accueil (passage cocher, hall d'entrée, vestiaire, parloir) et au service (cuisine, office). Du hall démarre l'escalier d'apparat. Dans une scénographie bien orchestrée autour de l'escalier à double volée, exaltée à la fois par la monumentale peinture pointilliste de Théo Van Rysselberghe, La lecture dans le parc (1902), par la grande verrière colorée et par le plafond en mosaïque, le bel étage est dévolu aux réceptions. Côté rue, en enfilade, la salle de billard, le salon et le salon de musique. Côté jardin, la salle à manger et l'office. Tous les espaces peuvent être mis en communication par des cloisons vitrées qui s'ouvrent entièrement. Le 3e niveau s'agence autour du palier traité en jardin d'hiver. Il distribue en façade avant les bureaux de M. et de Mme Solvay ainsi que leur chambre à coucher, et à l'arrière, un cabinet de toilette, la salle d'étude et de jeu des enfants. Un mince couloir, le long du mitoyen, double la circulation. À l'entresol prend place l'unique salle de bain de l'hôtel. Le 3e étage est celui des chambres des enfants et de la gouvernante. Le 4e étage fait place à cinq chambres du personnel. Horta a articulé la composition de part et d'autre de deux puits de lumière, l'un éclairant la 1re portion de l'escalier (du r.d.ch. au bel étage) et l'autre prenant le relais à partir du bel étage.

Structures, circulations, lumière. La structure de la maison repose en grande partie sur un réseau d'armatures métalliques, qui apparente presque le plan du bel étage à un plan libre. Ces poutrelles, colonnes et autres piliersSupport vertical de plan carré. métalliques, loin d'être gommés par le décor, en font partie intégrante, dans un mélange de matériaux audacieux et tout à fait novateur dans l'architecture privée. Dans cette même idée, tous les plafonds laissent transparaître les voussettes qui les constituent.
Avenue Louise 224, hôtel Solvay. Passage en <a href='/fr/glossary/320' class='info'>surplomb<span>Saillie portant une partie haute en avant d’une partie basse.</span></a> de l'escalier dissimulé par un vitrail, deuxième étage (photo Bastin & Evrard   MRBC).
Les deux 1ers niveaux sont distribués autour de l'escalier à double volée, disposé perpendiculairement au passage cocher. Complètement décloisonné, il constitue un véritable lieu de vie et l'épine dorsale de l'ensemble. Il est relayé à partir du bel étage par un escalier au caractère plus privé, menant jusqu'au 3e étage. Ces escaliers sont doublés par un escalier de service montant de fond jusqu'au niveau des chambres des domestiques éclairé par des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en façade arrière, par un ascenseur d'origine et par un monte-plats (supprimé en 1958).

Partout, Horta fait la part belle à la lumière, jouant à la fois sur les grandes ouvertures en façades à rue (Ouest) et arrière (Est), et sur deux puits de lumière zénithale, l'un éclairant la 1re portion de l'escalier (du r.d.ch. au bel étage) et l'autre prenant le relais à partir du bel étage. Ces puits sont rendus possibles grâce à la charpente métallique du toit partiellement vitré. La lumière naturelle est renforcée par un éclairage artificiel d'origine à l'électricité, dont Horta exploite les possibilités par une série de lustres de sa main, certains jouant de plusieurs dizaines d'ampoules.

Climatisation. En outre, Horta a mis au point une véritable climatisation naturelle, basée sur la combinaison inséparable de l'aération et du chauffage. La maison est aérée en permanence par un système de tirage d'air modulable. Le chauffage provient d'une double source : un chauffage par hypocauste sous l'escalier, pulsé par un appel d'air côté jardin ; une série de radiateurs vapeur dans chaque pièce en relation directe avec une grille d'aération en façade. Outre le fait que l'air est toujours renouvelé dans l'hôtel, les phénomènes de condensation sur les marbres et le verre sont inexistants.
Avenue Louise 224, hôtel Solvay. Enfilade des salons au bel-étage (photo Bastin & Evrard   MRBC).
Matériaux et couleurs. Le raffinement technique s'allie à un raffinement peu commun des matériaux mis en œuvre et savamment agencés entre eux. Pas moins de 23 marbres différents, pour la plupart venus d'Italie ou d'Afrique du Nord, et dix-sept essences de bois, pour la plupart congolaises, sont actuellement répertoriés, donnant à l'intérieur un cachet inimitable. Les couleurs, reposant pour la plupart sur des tonalités de verts et d'orange, jouent sur la complémentarité des tons. Le traitement de la couleur se différencie suivant les lieux, jouant tour à tour d'aplats, de transparence, de camaïeu, de dégradés. La graphie des lignes, qu'elles soient sculptées ou peintes, stylise des végétaux, en courbes et contre-courbes ; le dynamisme graphique influe directement sur la perception globale de l'espace.
En outre, plusieurs artistes plasticiens collaborèrent à la décoration de l'hôtel : les sculpteurs P. Braecke, V. Rousseau et T. Van Rysselberghe.

Rue Lens 27, élévation, AVB/TP 74610 (1899). (photo 2005).

Au no 27 rue Lens, bâtiment à usage d'écuries, de remises et de logement, puis de garage, de style Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise., dessiné en 1899 par Constant Bosmans et Henri Vandeveld, architectes qui conçurent notamment la bibliothèque Solvay au parc Léopold. Le bâtiment possède deux façades ouvragées, l'une côté rue, l'autre côté jardin. D'une conception très étudiée, il présente de très beaux détails architecturaux. Aussi n'est-il pas exclu que Horta fut consulté pour la construction de cette annexe.
Rue Lens, élévation à rue en briques rehaussées de pierre blanche et de pierre bleue, de trois niveaux de taille inégale et de six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. aux étages. R.d.ch. percé de portes cochères à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. surbaisséUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle. à encadrement souple et clavé, celle de gauche percée en 1927, celle de droite en 1906 par le même duo d'architectes. Étages percés de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. sous linteau métalliquePoutrelle métallique de profil en I, utilisée comme linteau, souvent agrémentée de rosettes en tôle découpée., carrées ou rectangulaires. Porte-fenêtre, au dernier niveau, devancée d'un balconnet cintré ceint d'un garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre. en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. à motifs végétaux. Travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de l'escalier formant un léger ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. cintré et harpé. Corniche en bois flanquée de deux amortissements en pierre. Une des portes est remplacée.
Façade côté jardin également ouvragée. ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. en briques rehaussées de pierre blanche et de pierre bleue, de deux niveaux, caractérisés au r.d.ch. par un plan en U. Vaste auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. vitré, sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. métalliques en coup de fouet, doublant un porche dans œuvre. Toiture en zinc hérissée de six cheminées. MenuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. et ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. conservées. 

Classement 07.04.1977 (totalité), 22.04.1999 (jardin et écuries).

Sources

Archives
AVB/TP 14848 (1895), 74610 (1899), 74611 (1906), 34194 (1927).
Archives du Musée Horta (Fondation Jean et Renée Delhaye).
Archives CRMS.
Archives personnelles de M. et Mme Wittamer-De Camps.
Archives de l'architecte J. Vandenbreeden/Sint-Lukasarchief.

Ouvrages
BRAEKEN, J., CELIS, M., MONDELAERS, L., et al., Bruxelles protégé. Les monuments et sites protégés légalement en date du 1er janvier 1988. Mardaga, s.l., 1988, p. 44.
Bruxelles, Monuments et Sites classés, Région de Bruxelles-Capitale, Service des Monuments et Sites, Bruxelles, 1994, p. 126.
CULOT, M., HENNOT, E., LIESENS, L. (dir.), Catalogue des collections, t. II, AAM éd., Bruxelles, 1999, p. 119.
NICASI, C., De trap als ruimtelijk gegeven in Horta's art nouveauarchitectuur te Brussel, (eindverhandeling in de Kunstgeschiedenis en Archeologie), Katholieke Universiteit Leuven, Louvain, 1983, pp. 55-60.
OOSTENS-WITTAMER, Y., Victor Horta, L'hôtel Solvay. The Solvay House, 2 vol., Institut supérieur d'Archéologie et d'Histoire de l'Art, Louvain-la-Neuve, 1980.
OOSTENS-WITTAMER, Y., Vivre l'Hôtel Solvay, Lebeer-Hossmann, Bruxelles, 1988 (4e éd.).
OOSTENS-WITTAMER, Y., Horta. L'hôtel Solvay, Diane de Selliers éd., Paris, 1996.
WITTAMER-DE CAMPS, L., Sauver l'hôtel Solvay, cahier 1, mai 1990.
WITTAMER-DE CAMPS, L., Histoire d'un défi. Exposition en Amérique. 1970, cahier 2, mai 1990.

Périodiques
VANDENBREEDEN, J., « Het herenhuis Solvay, de instandhouding van een wereldmonument », M & L, 5, 1993, pp 50-59.