Région de Bruxelles-Capitale
ancien show-room et garage BMW - Etablissements Moorkens
Chaussée de Charleroi 123a-123
Rue Saint-Bernard 34-36-38
Typologie(s)
garage (show room)
garage (réparation)
immeuble de bureaux
garage (réparation)
immeuble de bureaux
Intervenant(s)
Léon STYNEN – architecte – 1963-1964
Paul DE MEYER – architecte – 1963-1964
Styles
Brutalisme
Inventaire(s)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2025
id
Urban : 41851
Description
Complexe de bâtiments situé sur une parcelle
traversante, comprenant bureaux, showroom et garage dans un style brutalistePériode : ca. 1950 – 1980.
Dérivé du modernisme, ce courant émerge après la Seconde Guerre mondiale et se
développe en Belgique vers 1960. Il s’inspire des œuvres tardives de Le
Corbusier, avec leurs formes expressives et brutes. Il se caractérise par
l’usage de maçonneries apparentes et de béton brut, dans lequel l’empreinte du
coffrage est souvent conservée. Les bâtiments ont un aspect massif et imposant,
avec des formes géométriques répétitives et un caractère sobre, voire austère. L’architecture
est conçue de manière fonctionnelle et privilégie la simplicité ainsi que la
lisibilité structurelle.
À Bruxelles, ce style est principalement appliqué aux immeubles de bureaux et
aux immeubles à appartements, souvent sous la forme de grands ensembles, mais
aussi à des églises (dans le contexte du concile Vatican II) et à des bâtiments
publics. Il s’inscrit dans le contexte de l’expansion urbaine de l’après-guerre
en deuxième couronne de la région, marquée par une forte demande en
infrastructures modernes et fonctionnelles. Bien que moins répandu dans le
domaine du logement individuel et des petits immeubles, il a néanmoins
contribué de manière significative au paysage architectural bruxellois de la
seconde moitié du XX? siècle.,
conçu par les architectes Léon Stynen et Paul De Meyer en 1963-1964, et réalisé
par l’entrepreneur Van Rijmenant. Peu après son achèvement, le complexe fut
agrandi par une construction au n°125, également traversante jusqu’à la
rue Saint-Bernard, comprenant un showroom complémentaire et des appartements
aux étages. Cette extension fut réalisée pour le même maître d’ouvrage, sur des
plans de l’ingénieur-architecte Carl Steyaert datant de 1967.
Façades résolument modernistesLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. renvoyant, de manière fonctionnelle et répétitive, à une approche rationaliste de la conception et du programme. Celui-ci comprend un showroom sur deux niveaux le long de la chaussée de Charleroi, surmonté de bureaux. Accès aux ateliers situé rue Saint-Bernard. Au rez-de-chaussée de la chaussée de Charleroi, showroom se prolongeant jusqu’à l’atelier sur deux niveaux, à hauteur du premier étage rue Saint-Bernard.
Sur la chaussée de Charleroi, façade de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré., à rez-de-chaussée entièrement vitré entre deux pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. sur deux niveaux, surmonté d’une marquiseAuvent métallique vitré. continueUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées.. À gauche, porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. avec mezzanine donnant accès aux étages supérieurs. Ces derniers comprennent six niveaux, le plus élevé en retrait derrière une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. d’attique. Structure de la façade en béton armé, coulé dans un coffrage lisse, reposant sur les lourds pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. du rez-de-chaussée. Elle est constituée d’une trame régulière de neuf travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de largeur, les travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. extérieures occupant la moitié de la largeur. Remplissage formé de fenêtres identiques et répétitives, en miroir par rapport à l’axe central, sur allègePartie de mur située sous l’appui de fenêtre. La table d’allège est une table située sous l’appui de fenêtre..
Rue Saint-Bernard, structure en béton apparent, selon une trame marquée de modules rectangulaires entièrement vitrés. Contrairement à la chaussée de Charleroi, il n’y a pas ici de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré.. L’accent est mis sur l’articulation horizontale de la trame, dont les ateliers en double hauteur constituent l’élément central. SocleMassif surélevant un support ou une statue. percé par des portes de garage et/ou des vitrines; étages supérieurs ouverts de fenêtres en bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade..
Motivation de la sélection à l'inventaire
Intérêt artistique
Les bâtiments de l’ancien établissement Moorkens sont exemplaires de ce que l’on appelle l’architecture de marque (Brand Architecture) dans le modernismeLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. d’après-guerre, et ont conservé leur intégritéL’intégrité renvoie au concept « d’intégralité », c’est-à-dire le caractère complet sur le plan physique (état de conservation du bien). Il s’agit d’évaluer si le bien conserve son homogénéité, sa lisibilité et sa cohérence d’un point de vue matériel (conservation des matériaux d’origine, des techniques de construction, de l’aménagement intérieur). Autrement dit c’est l’état d’un bien qui demeure intact, entier, dans son état originel. Un bien peut répondre au critère d’authenticité sans répondre à celui d’intégrité (par exemple un complexe industriel réaffecté conserve son authenticité quand son caractère industriel est toujours lisible mais pas son intégrité si l’intérieur et les menuiseries ont été transformés en vue de la réaffectation). et leur authenticitéL’authenticité d’un bien est évaluée au regard de la conformité de son état actuel par rapport à son état d’origine. Un bien est considéré comme authentique si le plan, la forme, le concept, la fonction, les techniques, les matériaux et la décoration des éléments intérieurs correspondent à un état significatif (ou caractéristique). Même si un bien a subi une dégradation naturelle ou une transformation (par exemple le remplacement des menuiseries, notamment des fenêtres, ou le remplacement des devantures de magasin) il peut toujours être conforme à son état d’origine (la continuité structurelle est préservée). Un bien est authentique si son concept et sa fonction initiale sont toujours lisibles (par exemple un complexe industriel réaffecté). La transformation peut alors être considérée comme un élément de son histoire. Il s’agit dès lors d’évaluer l’éventuelle intégration d’éléments de valeur au cours de l’histoire du bâtiment.. Ils constituent une application remarquable d’un programme commercial ambitieux dans un contexte urbain dense : un showroom en double hauteur sous une marquiseAuvent métallique vitré., implanté sur un axe routier très fréquenté proche de l’avenue Louise ; la combinaison innovante de la vente et de l’entretien automobile pour une nouvelle marque et un nouveau modèle (Isetta) ; ainsi que la location d’espaces de bureaux aux étages. Cette configuration illustre une polyvalence typologique typique de l’époque.
Ces bâtiments s’inscrivent pleinement dans l’œuvre de Léon Stynen et Paul De Meyer des années 1960, période durant laquelle ils conçoivent plusieurs bâtiments commerciaux selon le principe de trames en béton. Ce principe structurel occupe une place centrale dans leur approche architecturale. Parmi les exemples notables figurent les succursales belges de C&A à Anvers (1960), Hasselt (1963), Bruxelles (1964), Gand (1965) et Namur (1967), ainsi que le bâtiment du fabricant de meubles Galler à Anvers (1963). La première application documentée d’une telle trame se trouve dans l’immeuble de bureaux de L’Assurance Liégeoise (1960) sur la Frankrijklei à Anvers.
Les deux ailes de l’ensemble, situées respectivement sur la chaussée de Charleroi et la rue Saint-Bernard, présentent des façades d’une expressivité rareLa rareté d’un bien est déterminée à la fois sur le plan qualitatif (le caractère « exceptionnel ») et le plan quantitatif (le caractère unique), en fonction du contexte géographique (local, régional, national), chronologique et historique (la production globale dominante de l’époque : concept, style, matériaux, etc.) ou par rapport à l’ensemble de la production du concepteur, et ce, tant d’un point de vue formel que fonctionnel et constructif. Pour évaluer la rareté d’un bien, il convient de le comparer à d’autres biens appartenant à la même catégorie (typologie, chronologie-âge [datation]/période ou partie de cette période, aspect esthétique et/ou technique, fonction, impact social ou historique).. Très peu d’exemples dans l’œuvre bruxelloise de Stynen et De Meyer atteignent un tel niveau de qualité plastique, à l’exception notable de la succursale C&A rue Neuve à Bruxelles et de l’école Peter Pan à Saint-Gilles.
Enfin, la façade du bâtiment Moorkens se distingue par son traitement brutalistePériode : ca. 1950 – 1980. Dérivé du modernisme, ce courant émerge après la Seconde Guerre mondiale et se développe en Belgique vers 1960. Il s’inspire des œuvres tardives de Le Corbusier, avec leurs formes expressives et brutes. Il se caractérise par l’usage de maçonneries apparentes et de béton brut, dans lequel l’empreinte du coffrage est souvent conservée. Les bâtiments ont un aspect massif et imposant, avec des formes géométriques répétitives et un caractère sobre, voire austère. L’architecture est conçue de manière fonctionnelle et privilégie la simplicité ainsi que la lisibilité structurelle. À Bruxelles, ce style est principalement appliqué aux immeubles de bureaux et aux immeubles à appartements, souvent sous la forme de grands ensembles, mais aussi à des églises (dans le contexte du concile Vatican II) et à des bâtiments publics. Il s’inscrit dans le contexte de l’expansion urbaine de l’après-guerre en deuxième couronne de la région, marquée par une forte demande en infrastructures modernes et fonctionnelles. Bien que moins répandu dans le domaine du logement individuel et des petits immeubles, il a néanmoins contribué de manière significative au paysage architectural bruxellois de la seconde moitié du XX? siècle. raffiné, en hommage à Le Corbusier. Conçue comme une enseigne publicitaire, elle articule la trame en béton comme un système modulaire exprimant à la fois la structure et une autonomie plastique forte, typique du langage architectural du duo Stynen-De Meyer dans leurs œuvres tardives.
Intérêt historique
L’entreprise de distribution automobile Moorkens, originaire d’Anvers, occupe une place importante dans l’histoire automobile belge, en tant que l’un des plus grands importateurs du pays. Fondée en 1936 comme importateur de moteurs, l’entreprise a connu une forte croissance. À l’Expo 58, elle présente une chaîne de montage de motos Bella. C’est à cette occasion qu’elle entre en contact avec BMW, ce qui mène au lancement d’une ligne d’assemblage pour cette jeune marque allemande à Kontich. Moorkens devient ainsi le principal vendeur belge de BMW, avec l’Isetta comme modèle phare. C’est dans ce contexte que le showroom et les ateliers sont construits près de l’avenue Louise.
Les bâtiments sont exemplaires de cette branche spécifique de la Brand Architecture d’après-guerre, où la voiture joueLe terme joues désigne les petits côtés d’un balcon, entièrement en pierre ou en maçonnerie. un rôle de plus en plus visible dans le paysage urbain et la mobilité. Ils ont donc une valeur contextuelle clair. Bien que des typologies similaires existent à Bruxelles — pensons au "full service" de Citroën le long du canal —, cet exemple reste rareLa rareté d’un bien est déterminée à la fois sur le plan qualitatif (le caractère « exceptionnel ») et le plan quantitatif (le caractère unique), en fonction du contexte géographique (local, régional, national), chronologique et historique (la production globale dominante de l’époque : concept, style, matériaux, etc.) ou par rapport à l’ensemble de la production du concepteur, et ce, tant d’un point de vue formel que fonctionnel et constructif. Pour évaluer la rareté d’un bien, il convient de le comparer à d’autres biens appartenant à la même catégorie (typologie, chronologie-âge [datation]/période ou partie de cette période, aspect esthétique et/ou technique, fonction, impact social ou historique). dans la région.
Intérêt urbanistique
Le complexe bâti propose une réponse urbanistique à une problématique spécifique de commercialité et de mobilité. Les fonctions commerciales sont installées le long de la chaussée de Charleroi, un axe d’entrée très fréquenté, tandis que l’accès aux ateliers est prévu via une artère secondaire, la rue Saint-Bernard. Cette organisation permet une séparation efficace des fonctions. Cette solution a été rendue possible grâce à la parcelle traversante.
Façades résolument modernistesLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. renvoyant, de manière fonctionnelle et répétitive, à une approche rationaliste de la conception et du programme. Celui-ci comprend un showroom sur deux niveaux le long de la chaussée de Charleroi, surmonté de bureaux. Accès aux ateliers situé rue Saint-Bernard. Au rez-de-chaussée de la chaussée de Charleroi, showroom se prolongeant jusqu’à l’atelier sur deux niveaux, à hauteur du premier étage rue Saint-Bernard.
Sur la chaussée de Charleroi, façade de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré., à rez-de-chaussée entièrement vitré entre deux pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. sur deux niveaux, surmonté d’une marquiseAuvent métallique vitré. continueUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées.. À gauche, porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. avec mezzanine donnant accès aux étages supérieurs. Ces derniers comprennent six niveaux, le plus élevé en retrait derrière une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. d’attique. Structure de la façade en béton armé, coulé dans un coffrage lisse, reposant sur les lourds pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. du rez-de-chaussée. Elle est constituée d’une trame régulière de neuf travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de largeur, les travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. extérieures occupant la moitié de la largeur. Remplissage formé de fenêtres identiques et répétitives, en miroir par rapport à l’axe central, sur allègePartie de mur située sous l’appui de fenêtre. La table d’allège est une table située sous l’appui de fenêtre..
Rue Saint-Bernard, structure en béton apparent, selon une trame marquée de modules rectangulaires entièrement vitrés. Contrairement à la chaussée de Charleroi, il n’y a pas ici de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré.. L’accent est mis sur l’articulation horizontale de la trame, dont les ateliers en double hauteur constituent l’élément central. SocleMassif surélevant un support ou une statue. percé par des portes de garage et/ou des vitrines; étages supérieurs ouverts de fenêtres en bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade..
Motivation de la sélection à l'inventaire
Intérêt artistique
Les bâtiments de l’ancien établissement Moorkens sont exemplaires de ce que l’on appelle l’architecture de marque (Brand Architecture) dans le modernismeLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. d’après-guerre, et ont conservé leur intégritéL’intégrité renvoie au concept « d’intégralité », c’est-à-dire le caractère complet sur le plan physique (état de conservation du bien). Il s’agit d’évaluer si le bien conserve son homogénéité, sa lisibilité et sa cohérence d’un point de vue matériel (conservation des matériaux d’origine, des techniques de construction, de l’aménagement intérieur). Autrement dit c’est l’état d’un bien qui demeure intact, entier, dans son état originel. Un bien peut répondre au critère d’authenticité sans répondre à celui d’intégrité (par exemple un complexe industriel réaffecté conserve son authenticité quand son caractère industriel est toujours lisible mais pas son intégrité si l’intérieur et les menuiseries ont été transformés en vue de la réaffectation). et leur authenticitéL’authenticité d’un bien est évaluée au regard de la conformité de son état actuel par rapport à son état d’origine. Un bien est considéré comme authentique si le plan, la forme, le concept, la fonction, les techniques, les matériaux et la décoration des éléments intérieurs correspondent à un état significatif (ou caractéristique). Même si un bien a subi une dégradation naturelle ou une transformation (par exemple le remplacement des menuiseries, notamment des fenêtres, ou le remplacement des devantures de magasin) il peut toujours être conforme à son état d’origine (la continuité structurelle est préservée). Un bien est authentique si son concept et sa fonction initiale sont toujours lisibles (par exemple un complexe industriel réaffecté). La transformation peut alors être considérée comme un élément de son histoire. Il s’agit dès lors d’évaluer l’éventuelle intégration d’éléments de valeur au cours de l’histoire du bâtiment.. Ils constituent une application remarquable d’un programme commercial ambitieux dans un contexte urbain dense : un showroom en double hauteur sous une marquiseAuvent métallique vitré., implanté sur un axe routier très fréquenté proche de l’avenue Louise ; la combinaison innovante de la vente et de l’entretien automobile pour une nouvelle marque et un nouveau modèle (Isetta) ; ainsi que la location d’espaces de bureaux aux étages. Cette configuration illustre une polyvalence typologique typique de l’époque.
Ces bâtiments s’inscrivent pleinement dans l’œuvre de Léon Stynen et Paul De Meyer des années 1960, période durant laquelle ils conçoivent plusieurs bâtiments commerciaux selon le principe de trames en béton. Ce principe structurel occupe une place centrale dans leur approche architecturale. Parmi les exemples notables figurent les succursales belges de C&A à Anvers (1960), Hasselt (1963), Bruxelles (1964), Gand (1965) et Namur (1967), ainsi que le bâtiment du fabricant de meubles Galler à Anvers (1963). La première application documentée d’une telle trame se trouve dans l’immeuble de bureaux de L’Assurance Liégeoise (1960) sur la Frankrijklei à Anvers.
Les deux ailes de l’ensemble, situées respectivement sur la chaussée de Charleroi et la rue Saint-Bernard, présentent des façades d’une expressivité rareLa rareté d’un bien est déterminée à la fois sur le plan qualitatif (le caractère « exceptionnel ») et le plan quantitatif (le caractère unique), en fonction du contexte géographique (local, régional, national), chronologique et historique (la production globale dominante de l’époque : concept, style, matériaux, etc.) ou par rapport à l’ensemble de la production du concepteur, et ce, tant d’un point de vue formel que fonctionnel et constructif. Pour évaluer la rareté d’un bien, il convient de le comparer à d’autres biens appartenant à la même catégorie (typologie, chronologie-âge [datation]/période ou partie de cette période, aspect esthétique et/ou technique, fonction, impact social ou historique).. Très peu d’exemples dans l’œuvre bruxelloise de Stynen et De Meyer atteignent un tel niveau de qualité plastique, à l’exception notable de la succursale C&A rue Neuve à Bruxelles et de l’école Peter Pan à Saint-Gilles.
Enfin, la façade du bâtiment Moorkens se distingue par son traitement brutalistePériode : ca. 1950 – 1980. Dérivé du modernisme, ce courant émerge après la Seconde Guerre mondiale et se développe en Belgique vers 1960. Il s’inspire des œuvres tardives de Le Corbusier, avec leurs formes expressives et brutes. Il se caractérise par l’usage de maçonneries apparentes et de béton brut, dans lequel l’empreinte du coffrage est souvent conservée. Les bâtiments ont un aspect massif et imposant, avec des formes géométriques répétitives et un caractère sobre, voire austère. L’architecture est conçue de manière fonctionnelle et privilégie la simplicité ainsi que la lisibilité structurelle. À Bruxelles, ce style est principalement appliqué aux immeubles de bureaux et aux immeubles à appartements, souvent sous la forme de grands ensembles, mais aussi à des églises (dans le contexte du concile Vatican II) et à des bâtiments publics. Il s’inscrit dans le contexte de l’expansion urbaine de l’après-guerre en deuxième couronne de la région, marquée par une forte demande en infrastructures modernes et fonctionnelles. Bien que moins répandu dans le domaine du logement individuel et des petits immeubles, il a néanmoins contribué de manière significative au paysage architectural bruxellois de la seconde moitié du XX? siècle. raffiné, en hommage à Le Corbusier. Conçue comme une enseigne publicitaire, elle articule la trame en béton comme un système modulaire exprimant à la fois la structure et une autonomie plastique forte, typique du langage architectural du duo Stynen-De Meyer dans leurs œuvres tardives.
Intérêt historique
L’entreprise de distribution automobile Moorkens, originaire d’Anvers, occupe une place importante dans l’histoire automobile belge, en tant que l’un des plus grands importateurs du pays. Fondée en 1936 comme importateur de moteurs, l’entreprise a connu une forte croissance. À l’Expo 58, elle présente une chaîne de montage de motos Bella. C’est à cette occasion qu’elle entre en contact avec BMW, ce qui mène au lancement d’une ligne d’assemblage pour cette jeune marque allemande à Kontich. Moorkens devient ainsi le principal vendeur belge de BMW, avec l’Isetta comme modèle phare. C’est dans ce contexte que le showroom et les ateliers sont construits près de l’avenue Louise.
Les bâtiments sont exemplaires de cette branche spécifique de la Brand Architecture d’après-guerre, où la voiture joueLe terme joues désigne les petits côtés d’un balcon, entièrement en pierre ou en maçonnerie. un rôle de plus en plus visible dans le paysage urbain et la mobilité. Ils ont donc une valeur contextuelle clair. Bien que des typologies similaires existent à Bruxelles — pensons au "full service" de Citroën le long du canal —, cet exemple reste rareLa rareté d’un bien est déterminée à la fois sur le plan qualitatif (le caractère « exceptionnel ») et le plan quantitatif (le caractère unique), en fonction du contexte géographique (local, régional, national), chronologique et historique (la production globale dominante de l’époque : concept, style, matériaux, etc.) ou par rapport à l’ensemble de la production du concepteur, et ce, tant d’un point de vue formel que fonctionnel et constructif. Pour évaluer la rareté d’un bien, il convient de le comparer à d’autres biens appartenant à la même catégorie (typologie, chronologie-âge [datation]/période ou partie de cette période, aspect esthétique et/ou technique, fonction, impact social ou historique). dans la région.
Intérêt urbanistique
Le complexe bâti propose une réponse urbanistique à une problématique spécifique de commercialité et de mobilité. Les fonctions commerciales sont installées le long de la chaussée de Charleroi, un axe d’entrée très fréquenté, tandis que l’accès aux ateliers est prévu via une artère secondaire, la rue Saint-Bernard. Cette organisation permet une séparation efficace des fonctions. Cette solution a été rendue possible grâce à la parcelle traversante.
Sources
Archives
ACSG/Urb. 73
(1963), 79 (1967).
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