Longue rue qui relie les ch. de Charleroi au nord-est et de Waterloo au sud-ouest, parallèle aux r. de Roumanie et Maurice Wilmotte. Du nord au sud, elle est entrecoupée par les r. de Bordeaux, de Neufchâtel, de la Victoire, du Mont-Blanc, d'Irlande et d'Espagne. Son profil est caractérisé par une pente descendante entre la ch. de Charleroi et la r. de la Victoire, puis ascendante jusqu'à la ch. de Waterloo.

Son alignement est défini par les AR des 31.08.1840 et 05.12.1862. Dans sa partie nord-est, entre les act. r. de la Source et de Neufchâtel, la rue se situe partiellement sur l'assiette de l'anc. chemin vicinal dit de Saint-Bernard.

La r. Saint-Bernard présente un bâti varié et riche : les maisons modestes de deux travées y côtoient de larges bâtisses de caractère à la façade luxueusement décorée. Parmi ces dernières se distingue une réalisation de l'arch. Adrien Blomme, d'inspiration gothico-Renaissance (voir no 48). Blomme est également l'auteur de deux autres maisons de la rue, de style Beaux-Arts (voir no 44) et néo-baroque flamand (voir no 66). Le style Beaux-Arts, fort présent r. Saint-Bernard, caractérise plusieurs maisons de composition symétrique (voir nos 46, 58, 60 et 114) ainsi que le vaste immeuble à appartements du no 43, à l'angle de la r. de Bordeaux no 62, aménagé en logements sociaux en 1987. La rue compte également quelques belles réalisations Art nouveau à tendance géométrique (voir nos 64 et 182) et néo-Renaissance flamande (voir nos 1 et 3).

Quant aux maisons plus modestes, elles relèvent tantôt du style néoclassique, tantôt du style éclectique à façade polychrome. Parmi les premières, on citera entre autres les nos 86 (1883) et 149 (1891), ainsi que le no 164 (1899), qui forment un ensemble avec l'immeuble à l'angle de la r. d'Espagne no 30-34. Plusieurs façades d'inspiration néoclassique ont subi des modifications, tels les nos 41 (1887), exhaussé d'un niveau, et 147 (1893), briqueté. Le no 169 (1900), formant un ensemble avec le no 167 et le bâtiment d'angle du no 165 et r. d'Espagne no 29, a été exhaussé d'un niveau et briqueté. Au no 84 (1876), à l'angle de la r. de Neufchâtel no 54, se dresse un immeuble enduit à faux-joints dont le r.d.ch. a été ultérieurement transformé en commerce. Deux maisons act. dérochées, le no 101 et la maison d'angle no 103 portant également le no 174 r. de la Victoire, forment un ensemble de 1885 (selon De Keyser, G., 1996) avec les nos 99 r. Saint Bernard et 172 r. de la Victoire.

Les nos 97 (1899), 115 (1890), 117 (1890), 119 à l'angle de la r. du Mont-Blanc, 134 (1899), 136 et 137 (1890) tous deux à l'angle de la r. d'Irlande, le no 137 formant un ensemble avec le no 31 r. d'Irlande, 153 (1894) et 157 (1896) sont éclectiques à façade polychrome. Certaines maisons de ce style ne comptent que deux travées sur deux niveaux, tels les nos 138, 140 (ces deux dernières act. briquetées) et 142, enfilade de trois maisons anc. analogues de 1896. L'immeuble d'angle du no 163 (1903) est également couvert de briquettes. Au no 161 (1902), le r.d.ch. est habillé d'une nouvelle devanture en 1946, tandis que celui du no 180 (1900) est percé d'une porte de garage en 1962.

La r. Saint-Bernard compte par ailleurs l'une ou l'autre belle réalisation de style Art Déco (voir nos 28 et 30) et moderniste (voir no 23-27). Ce dernier style caractérise également un imposant immeuble de 1936, au no 45 à l'angle de la r. de Bordeaux.

Dans les années 1960 à 1980, la rue se voit dotée d'une série d'immeubles de bureaux, érigés en remplacement d'anc. bâtisses. On peut citer ici les nos 2-14 (arch. Jean-François Fontaine, 1985), 9-11 (arch. Félix De Saeger, 1965), 15-21 (arch. Willy G Reyns, 1966) et 16-26 (arch. E. Delvaux, 1962).

La rue a accueilli plusieurs hôtes de renom, dont le peintre Fernand Khnopff, qui aurait installé son atelier au no 1, et le sculpteur Julien Dillens, qui décéda en 1904 au no 51. En 1945, l'arch. Victor Horta quitta son domicile de la pl. Stéphanie pour s'installer dans un des appartements de l'immeuble no 76.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACSG/Urb. 2-14 : 36 (1985) ; 9-11 : 124 (1965) ; 15-21 : 66 (1966) ; 16-26 : 75 (1962) ; 41 : 1696 (1887) ; 43 : - (1987) ; 45 : 259 (1936) ; 84 : 3526 (1876) ; 86 : 10 (1883) ; 97 : 1750 (1899) ; 115 : 3437 (1890) ; 117 : 2381 (1890) ; 134 : 1640 (1899) ; 137 : voir r. d'Irlande no 31 : 1890 (1890) ; 138 : 707 (1896) ; 140 : 402 (1896) ; 142 : 403 (1896) ; 147 : 1893 (1893) ; 149 : 3757 (1891) ; 153 : 3696 (1894) ; 157 : 481 (1896) ; 161 : 28 (1902), 101 (1946) ; 163 : 132 (1903) ; 164 : 1931 (1899) ; 165 et r. d'Espagne no 29 : 2216 (1900) ; 167-169 : 2189 (1900) ; 180 : 2039 (1900), 26 (1962).

Ouvrages

DULIERE, C., Victor Horta, Mémoires, Ministère de la Communauté française de Belgique, Bruxelles, 1985, p. 319.

EYLENBOSCH, A., LEBRUN, G., Dictionnaire raisonné des rues de Saint-Gilles, éd. Les Rencontres Saint-Gilloises, Bruxelles, 1989, pp. 255-256.
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Saint-Gilles, Archives d'Architecture moderne, Bruxelles, 1980-1982, fiches 56, 66.
La vie économique à Saint-Gilles, des origines à demain, Syndicat d'initiative, Saint-Gilles, 1993, pp. 34-35, 141.