Typologie(s)

immeuble de bureaux

Intervenant(s)

Michel POLAKarchitecte1946-1949

Jean POLAKarchitecte1946-1949

André POLAKarchitecte1946-1949

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Modernisme

Inventaire(s)

  • Le patrimoine monumental de la Belgique. Schaerbeek (Apeb - 2010-2015)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2013-2014

id

Urban : 23216
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Description

Immeuble de bureaux modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980., architectes Michel, André et Jean Polak, 1946-1949.

Historique

La décision de construire rue des Palais un immeuble pour le Service des Contributions de Schaerbeek est prise peu avant la Seconde Guerre mondiale. À l'origine, le bâtiment devait être érigé à l'emplacement de la partie droite de l'immeuble de la RTT, immeuble dont seule la partie gauche était alors construite (voir no42-46). Les travaux de fondation à cet endroit sont toutefois arrêtés par les Allemands en 1942. En 1946, suite à la décision d'agrandir vers la droite l'immeuble de la RTT, un échange de terrains a lieu entre la Régie et l'État belge: l'immeuble des Contributions est reculé vers la droite et accolé à l'extension.

Description

Immeuble à structure de béton armé, composé de deux blocs: à rue, un bloc rectangulaire de sept niveaux, les deux derniers en retraits successifs; perpendiculairement à l'arrière, un socleMassif surélevant un support ou une statue. rectangulaire de quatre niveaux à patio sous lanterneau, portant deux ailes en T de neuf niveaux. Toitures en bâtièreToit à deux versants. aplatie recouverte de cuivre.

Façade à rue parementéeRevêtement de la face extérieure d’un mur. de pierre bleue et de pierre blanche aux étages. ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. de treize travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. égales, rythmée de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. colossauxUn pilastre, une colonne ou un autre support est dit colossal lorsqu’il s’élève sur plusieurs niveaux ou sur la plus grande partie de la hauteur du bâtiment. et animée aux étages par un vaste encadrement à ressautsSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général.. De la septième à la neuvième travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., trois entrées piétonnes; portes métalliques vitrées à motifs de carrés et ouvrants à fins balustresPetits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire, constituant une balustrade. et poussoir tubulaire. Au-dessus de l'entrée axiale, porte-drapeau en bronze. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. remplacés.
Les portes ouvrent sur un hall parementéRevêtement de la face extérieure d’un mur. de marbres rouge et noir. Cage d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. à mêmes matériaux et rampe métallique.

Façades arrière parementéesRevêtement de la face extérieure d’un mur. de briques jaunes, rehaussées de pierre bleue et striées par les tranches blanches des dalles de béton. Larges orielsLa logette est un petit ouvrage en surplomb qui s’étend sur un seul étage, contrairement à l’oriel qui en compte plusieurs ou s’allonge sur plusieurs travées. Contrairement au bow-window, logette et oriel sont d’ordinaire de plan rectangulaire ou trapézoïdal et semblent appliqués sur la façade. à angles courbes, percés de baies en bandeauFenêtre percée sur une grande partie de la largeur de la façade et formant visuellement un bandeau.. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. remplacés.

Sources

Archives
ACS/Urb. 204-42, 204-50-60.

Périodiques
«Extension de l'hôtel central des télégraphes et téléphones à Bruxelles», Architecture, Urbanisme, Habitation, 7-8, 1951, pp. 89-104.