Typologie(s)

usine

Intervenant(s)

INCONNU - ONBEKEND1881-1977

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2016-2017

id

Urban : 37761
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Description

Usines spécialisées dans les appareilsOuvrage constitué de pierres plus ou moins taillées ou de briques. d’éclairage pour chemin de fer, implantées en bordure de la voie ferrée à partir de 1881 et dotées d’une halle métallique côté rue des Palais en 1921.

Historique

C’est en 1881 que l’entreprise s’implante sur une vaste parcelle bordant le chemin de fer, avec accès vers ce qui était alors la rue des Palais d’un côté et la rue Saint-Georges de l’autre. L’usine présente vers cette dernière une entrée sous frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. entre deux maisons érigées pour Sax la même année, dont seule la gauche subsiste (no59), ainsi qu’un atelier le long du chemin de fer (no53). En 1921 est conçue la grande halle à front de la rue des Palais Outre-Ponts. En 1930, les nouveaux exploitants, les Radiateurs Chaussons, font reconstruire l’atelier primitif côté rue Stiernet. En 1977, la firme Satam fait barder d’aluminium les façades de la halle et démolir les bâtiments situés à droite de la cour côté rue des Palais (conciergerie, emballoir et magasins). La halle abrite aujourd’hui un magasin de jouets.

Description

Au no420 rue des Palais Outre-Ponts, longue halle rectangulaire sous toiture en bâtièreToit à deux versants. à charpente métallique. Aujourd’hui recouvertes d’un bardage, façades à structure métallique et remplissage de briques. Façade-pignon percée à l’origine d’une porte et d’une vaste verrière en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. au pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc.. Façades latérales percées de deux registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en bandeauÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade.. Toiture à faîteFaîte. Partie la plus élevée d'un élément. Faîtier. Disposé au faîte du bâtiment. Faîtage. Couverture du faîte du toit. vitré.
Intérieur à l’origine longé par une mezzanine à balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. métallique.

Au no59 rue Hubert Stiernet, maison de style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). de deux niveaux et deux travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., qui faisait jadis partie d’un ensemble de deux en miroir flanquant l’entrée de l’usine. Façade en briques rouges, rehaussée de pierre bleue. Barres d’appui à volutesOrnement enroulé en spirale que l’on trouve notamment sur les chapiteaux ioniques, les consoles, les ailerons, etc. à l’étage. AncresPièce métallique apparente ou noyée dans l’enduit de façade, fixée à l’extrémité d’un tirant en fer pour solidariser les murs et les planchers. Il existe des ancres purement décoratives, non reliées à des tirants.. LucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. non prévue au projet. CornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. conservée. HuisserieMenuiseries qui s’ouvrent et se ferment, c’est-à-dire les portes et les fenêtres. Par extension, le terme désigne également les fenêtres à châssis dormants. remplacée.


Sources

Archives
AVB/TP Laeken 3336 (1881), Laeken 3348 (1881), Laeken 3549 (1883), Laeken 905 (1892), Laeken 4126 (1911), Laeken PV Reg. 171 (09.09.1919), 42304 (1921), 38788 (1930), 44774 (1936), 85729 (1977).

Ouvrages
CULOT, M. [dir.], Bruxelles Hors Pentagone. Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles, AAM, Bruxelles, 1980, fiche 51.