La rue des Palais Outre-Ponts est une longue artère sinueuse qui relie le carrefour formé par la chaussée de Vilvorde et l’avenue de la Reine au parvis Notre-Dame. Elle croise sur son parcours les rues Albert, du Timon, Hubert Stiernet, Arthur Cosyn et de la Grotte.

L’artère formait jadis la première partie de la route de Bruxelles à Tamise – également dénommée route du Palais royal ou route provinciale de Bruxelles à Meysse –, l’une des plus anciennes artères de Laeken, qui prolongeait l’actuelle chaussée d’Anvers au-delà du pont de Laeken et bifurquait vers le nord en suivant le tracé de l’actuelle rue Mellery, passant devant le palais royal avant de continuer en direction de la Flandre. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, l’artère était également connue sous le nom de rue des Palais, une artère ouverte sur Schaerbeek en vertu de l'arrêté royal du 18.07.1832 et dont elle constituait la prolongation au-delà du canal, reliant le palais de Bruxelles à celui de Laeken.

En 1876, le roi Léopold II céda à l’État l’assiette de la future avenue du Parc royal qui, formant une ellipse autour du Domaine royal, remplaçait, à partir de la nouvelle église de Laeken, la route de Bruxelles à Tamise, traversant son domaine. Cette dernière fut transformée en impasse et, en 1902, sa dernière portion fut rebaptisée rue Mellery. C’est par arrêté du Collège de la Ville de Bruxelles du 21.10.1932 que fut renommée rue des Palais Outre-Ponts la partie de la rue des Palais située entre l’avenue de la Reine et le parvis Notre-Dame.

En 1856, l’artère fut traversée par la nouvelle ligne dite de Dendre-et-Waes, reliant Bruxelles à Gand, via un pont établi au nord de l’actuelle rue Albert. Cet ouvrage fut remplacé vers 1900 par un nouveau pont – dont subsistent des vestiges (voir notice) – lui-même remplacé par l’actuel vers 1946. Vers 1900, le début de la rue a été supprimé lors de l’aménagement du vaste carrefour mettant en communication directe la rue Claessens et la chaussée de Vilvorde.

Au nord du chemin de fer, la rue est principalement bordée, côté impair, par le Domaine royal, dont une partie du mur de clôture remonte à 1874. Le reste de l’artère présente une physionomie variée alliant anciennes maisons de campagne, habitat néoclassique – ouvrier ou bourgeois – du troisième tiers du XIXe siècle, habitations éclectiques des années 1900 et nombreuses entreprises s’étendant en intérieur d’îlot. La rue accueille en outre l’une des anciennes maisons communales de Laeken, construite en style néoclassique en 1860-1861 (voir no458-460).

Au sein du bâti néoclassique qui caractérise la rue, citons l’enfilade de maisons de trois niveaux et demi allant du no367 au no385, les nos367 à 377 conçus en ensemble en 1869 (entrepreneur M. Duyk fils), les nos379 et 381 présentant des façades identiques. Pointons également le no357, le no366, dont l’enseigne peinte «A LA VILLE D’ALOST» remonte vraisemblablement aux années 1920, le no415, percé d’une devanture en 1924, les nos435 à 439 (avant 1866), les nos376 à 380 (années 1880-1890), le no434, conçu en ensemble avec le no436 (transformé), les nos442, 444 (1875), 468-470 (avant 1866), 472 (avant 1866), sous toiture à croupes, 480 et 482 (avant 1866), ou encore 484 (après 1877). À l’angle de la rue de la Grotte, les nos421 et 423 ont vraisemblablement été conçus en ensemble (avant 1866); le second porte une plaque de 1962 en l’honneur de Joseph Van Cutsem.

Quant aux habitations de style éclectique des environs de 1900, comme le no412 (architecte Henri Jacobs, 1898), elles se concentrent essentiellement dans le premier tronçon côté pair. Notons, au no394 (1900), une maison à façade Art nouveau aujourd’hui reparementée. À la fin de la rue, une habitation plus tardive, au no490b, adopte le style Art Déco (1931).

Parmi les diverses industries qui émaillent l’artère, citons l’ancienne brasserie-malterie Au Petit Paris (voir no389-391), les anciennes Carrosseries François Van Damme (Nos405), les anciennes Usines Félix Sax (voir no420), les anciens entrepôts du marchant de bières Victor Symons (voir no422), ainsi que la manufacture Porcelaines de Bruxelles, établie dans l’ancienne maison de campagne Mosselman (voir nos492 à 496). Pointons enfin, au no446, un immeuble de rapport établi en 1933 (architecte Hyp. Mertens) à l’avant d’une parcelle accueillant en intérieur d’îlot une habitation suivie d’une fonderie de cuivre.

En 1956, à la veille de l’Expo 58, deux stations-services ont été conçues de part et d’autre de l’entrée de l’artère, l’une par l’architecte Gaston Veldeman (no347), l’autre par l’architecte J. H. Detiège (362-364), qui remplace une station de 1933.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AVB/AR rues, boite 20-24, cote 23, no16 (21.10.1932).
AVB/TP Laeken 510 (1874); 347: 65601 (1956); 362-364: 68630 (1933), 64793 (1956); 366: 54198 (1923), 54199 (1926); 367 à 377: Laeken 402 (1869); 380: Laeken 1610 (1907); 394: Laeken 1555 (1900); 412: Laeken 975 (1898); 415: 52352 (1924); 421: 28542 (1921-1922), 53502 (1927); 423: 44645 (1922); 444: Laeken 561 (1875); 446: 39001 (1931), 41604 (1933), 106492 (1994); 490b: 39819 (1931).

Ouvrages
GUILLAUME, A., MEGANCK, M., Atlas du sous-sol archéologique de la région de Bruxelles. 24. Laeken, Direction des Monuments et des Sites – Musées royaux d’Art et d’Histoire, Bruxelles, 2012, pp. 67-69.
PLATTON, R., Laeken. Le Hameau Klein Boomken, 1993.
VAN KRIEKINGE, D., Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, p. 1591.

Cartes / plans
DE WAUTIER, G., Carte de Bruxelles et ses environs, ca 1810.
VANDERMAELEN, Ph., Atlas cadastral du Royaume de Belgique, plan parcellaire de la commune de Laeken avec les mutations jusqu’en 1836.
POPP, P. C., Atlas cadastral de Belgique, plan parcellaire de la commune de Laeken avec les mutations, 1866.