Institut des Dames de Marie et Institut supérieur de Pédagogie Galilée
Rue Vergote 38, 38a-40, 40a
Typologie(s)
établissement scolaire
monastère/abbaye/couvent
monastère/abbaye/couvent
Intervenant(s)
René THÉRY – architecte – 1907
WAUTERS – architecte
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Beaux-Arts
Néo-roman
Inventaire(s)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Inventaire du patrimoine architectural 1939-1999 (ULB)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Woluwe-Saint-Lambert (Apeb - 2010-2012)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem) et l’intégrité (idem + qualité d’exécution).
- Esthétique Le bien possède un intérêt esthétique s’il stimule les sens de l’observateur de manière positive (l’expérience de la beauté). Historiquement, cette valeur était utilisée pour désigner des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur, mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. D’autres intérêts sont automatiquement pris en considération, l’artistique en premier lieu, mais aussi le paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain, points de repère dans la ville) et l’urbanistique (ensembles urbains spontanés ou rationnels). Les critères de sélection suivants lui sont également associés : la représentativité, la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle. Ces critères doivent être combinés avec d’autres critères (notamment artistiques).
- Historique Le bien présente un intérêt historique s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune, s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.), s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold), s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte), s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès), ou s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies).
- Social Cette valeur est difficile à distinguer de la valeur folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : – lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la potale à Berchem-Sainte-Agathe située place de l’église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles)?; – lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens)?; – lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont joué un rôle prépondérant dans la planification urbaine par le passé. Ils suivent généralement d’autres formes (plans) urbanistiques, entraînant une interaction entre les espaces bâtis et non bâtis (ou ouverts). Cet aménagement comprend également la cohérence entre les différents niveaux d’échelle. Un bien immobilier possède un intérêt urbanistique lorsqu’il joue un rôle dans ce domaine. En voici quelques exemples : les bâtiments d’angle, les places ou les enfilades d’immeubles présentant une certaine cohérence, les tours (immeubles de grande hauteur) habilement implantées et leur relation avec leur environnement qualitatif immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, ainsi que les vestiges de concepts urbanistiques et la manière dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme les palais urbains et/ou les maisons de maître éclectiques encore préservés dans le quartier Léopold.
Recherches et rédaction
2010-2012
id
Urban : 20983
Description
Ensemble scolaire de l'enseignement libre, comprenant des classes maternelles, primaires et secondaires, ainsi qu'un institut de pédagogie.
Historique
En 1907, une demande de permis est introduite pour la construction d'un bâtiment de plan en U (A) à usage de pensionnat et de couvent, sur les plans de l'architecte français René Théry. Cette demande émane des religieuses de Saint-Augustin du Roule, chassées de France suite à la loi Combes en 1903. Probablement en 1910, ce premier bâtiment est agrandi de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. à l'ouest, côté cour (A'). Il se partage entre des classes gratuites, un externat payant, un internat et un couvent. Implantée en intérieur d'îlot, une salle de récréation couverte, convertie plus tard en salle de gymnastique (C), relève probablement de cette phase de construction. En 1925, une chapelle (B) est accolée à l'arrière du bâtiment principal, à l'est, conçue par le fils de l'architecte René Théry en collaboration avec l'architecte Maugue. En 1931, de nouveaux locaux sont édifiés, l'un doublant partiellement l'aile gauche du bâtiment principal (A''), l'autre à l'emplacement de l'actuel no40a rue Vergote (D). En 1958, vu le manque d'élèves, les religieuses du Roule vendent les bâtiments aux Dames de Marie, dont le couvent, rue de Ligne, est exproprié suite au projet de la Cité administrative de l'État. Celles-ci assurent un enseignement primaire et secondaire inférieur, et développent une école normale (trois ans de cycle supérieur plus une année de formation pédagogique). En 1977, le bâtiment construit en 1931 à front de rue, abritant l'école primaire, est remplacé par un immeuble moderne en béton modulaire, conçu par l'architecte A. Wauters (D). De 1990 à 1996, le complexe connaît une phase de constructions et de rénovations en tous genres, marquée par l'esthétique postmoderne (architectes Ter Assatouroff, Liétart et Noiret): construction d'une nouvelle école normale (G), nouveau raccord entre l'ancienne chapelle et le bâtiment principal (E), construction d'une annexe à la salle de gymnastique (F), aménagement d'un réfectoire pour les maternelles sous la chapelle, ainsi que d'une salle polyvalente et d'un petit oratoire dans cette dernière. En 2006-2008, est construit, dans le jardin, un bâtiment pour l'école maternelle remplaçant deux pavillonsLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. préfabriqués de 1958 (H); un étage est en outre ajouté à la salle de gymnastique (C).
Description
Bâtiment principal (A) de style Beaux-ArtsStyle Beaux-Arts (de 1905 à 1930 environ). Courant architectural puisant son inspiration dans les grands styles français du XVIIIe siècle. Riche et ornementé, il se caractérise souvent par des élévations en (simili-)pierre blanche et/ou brique orangée ainsi que par l’usage du fer forgé pour les garde-corps et la porte. marqué par l'esthétique du couvent du Roule de la rue Hoche à Paris, dessiné par l'architecte René Théry en 1907 et agrandi, probablement en 1910, de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. (A') côté cour. À rue, il s'organise autour d'une cour bordée d'un muret en pierre bleue et moellonsPierres grossièrement équarries mises en œuvre dans une maçonnerie. de grèsTerre cuite de texture serrée, légèrement vitrifiée, glaçurée ou non. Le grès désigne également une famille de pierres composées de silice., hérissé de grilles en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. à motif de lys. Bâtiment de trois niveaux en façade avant, quatre en façade arrière, sous toiture d'ardoises mansardée.
Façade avant en briques rehaussées de pierre blanche. Les ailes latérales comptent cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. vers la cour et une seule à rue. Le corps central en compte neuf, les deux extrêmes à niveaux décalés, les cinq centrales formant un premier ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général., les trois axiales en formant un second ; ces dernières comptent un niveau supplémentaire coiffé d'un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. à tympanEspace, décoré ou non, circonscrit par un fronton ou un arc de décharge. orné d'une horloge. Au rez-de-chaussée, baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. dans le corps central, surbaisséUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle. dans les ailes latérales. ClefsClaveau central d’un arc ou d’une plate-bande. Il s’agit d’un élément architectonique. Le terme s'utilise également pour des éléments purement décoratifs qui évoquent une clef à rôle structurel. saillantes. Dans l'axe, perronEmmarchement extérieur devançant la porte d’entrée d’un bâtiment. protégé par une marquiseAuvent métallique vitré. chantournée sur armature en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage.. Aux étages, baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. sous plate-bandeCouvrement clavé rectiligne d’une baie. La plate-bande se distingue du linteau par le fait qu’elle est appareillée, tandis que le linteau est d’un seul tenant. Elle peut être feinte et masquer un linteau.. LucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. à frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches.. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. de l'aile droite conservés, ceux du rez-de-chaussée du corps central, à petits-bois, rénovés.
Façade arrière en briques rouges rehaussées de briques sombres et de pierre bleue. Dix-huit travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. distribuées en trois corps de respectivement neuf, cinq et quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., l'axial en retrait. Scandée d'arcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol., la façade est percée de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. aux deux premiers niveaux et à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. surbaisséUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle. aux deux derniers. FriseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. de briques ouvragée sous la corniche. MarquiseAuvent métallique vitré. continue sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. au rez-de-chaussée.
Intérieur. Vaste hall d'entrée sous plafond à caissons. Symétriques et régulières, ses faces sont percées chacune de trois baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. ou non, et scandées de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau.. Sol en mosaïque de marbre en éventail. Statues de la Vierge et de saint Joseph. HuisseriesMenuiseries qui s’ouvrent et se ferment, c’est-à-dire les portes et les fenêtres. Par extension, le terme désigne également les fenêtres à châssis dormants. en chêne à petits-bois. Le corps principal et ses deux ailes sont traversés de longs couloirs distribuant les classes. L'une des deux cages d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. latérales conserve sa structure d'origine, avec marches en marbre et rampe en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage..
Ancienne salle de récréation, transformée en salle de gymnastique (C). En intérieur d'îlot, bâtiment oblong relié au bâtiment principal (A) par un préau à charpente PolonceauCharpente Polonceau. Charpente de halle rectangulaire dont les éléments en traction (entraits) sont des tirants en fer ou en acier, tandis que les éléments en compression (arbalétriers, poinçons) sont en fonte ou en bois. Brevet de l'ingénieur français Polonceau de 1836. aujourd'hui privé de ses verres. En briques rehaussées de pierre blanche, il relève probablement de la première phase de construction de l'école, vers 1907-1910. Il est agrandi en 1990 d'un volume latéral à usage de sanitaires (F) et doté d'un étage en 2006, sous toiture bombée. Rez-de-chaussée percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., certaines en porte-fenêtre, au nombre de six sur le long côté et de trois sur les petits. Décor de croix pattées sous l'entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. de pierre. Intérieur voûté en arc-de-cloître déprimé. Parquet en chêne à bâtons rompus.
Chapelle d'inspiration néo-romane, conçue en 1925 par le fils de l'architecte René Théry en collaboration avec l'architecte Maugue. Bâtiment en briques rehaussées de pierre blanche, de type basilical, comportant une nef de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., scandée de contreforts, et un chœur pentagonal, flanqué de part et d'autre d'un volume annexe. Façade-pignon épaulée par un clocher trapu sous toiture conique à ressautsSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général.. Le premier niveau rachète la déclivité du terrain et sert de réfectoire. Il est percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires, certaines jumelées. Au-dessus, la chapelle elle-même est percée de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., celles de la nef à châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. à petits-fers garnis de verres blanc et jaune. En 1970, elle fut divisée en deux niveaux, le premier à usage de salle de sport, le second transformé en salle polyvalente en 1990. Cette dernière est scandée par les fermes apparentes de la charpente, autrefois partiellement masquées par un plafond. Petit oratoire installé dans le chœur en 1990. LambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en chêne. Vitraux représentant saint Pierre Fourier, le fondateur de l'ordre des religieuses du Roule, une Nativité et Alix Le Clerc, disciple de Pierre Fourier.
Parc paysager, agrémenté d'arbres inventoriés comme remarquables. Murs anciens ceignant la propriété.
Historique
En 1907, une demande de permis est introduite pour la construction d'un bâtiment de plan en U (A) à usage de pensionnat et de couvent, sur les plans de l'architecte français René Théry. Cette demande émane des religieuses de Saint-Augustin du Roule, chassées de France suite à la loi Combes en 1903. Probablement en 1910, ce premier bâtiment est agrandi de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. à l'ouest, côté cour (A'). Il se partage entre des classes gratuites, un externat payant, un internat et un couvent. Implantée en intérieur d'îlot, une salle de récréation couverte, convertie plus tard en salle de gymnastique (C), relève probablement de cette phase de construction. En 1925, une chapelle (B) est accolée à l'arrière du bâtiment principal, à l'est, conçue par le fils de l'architecte René Théry en collaboration avec l'architecte Maugue. En 1931, de nouveaux locaux sont édifiés, l'un doublant partiellement l'aile gauche du bâtiment principal (A''), l'autre à l'emplacement de l'actuel no40a rue Vergote (D). En 1958, vu le manque d'élèves, les religieuses du Roule vendent les bâtiments aux Dames de Marie, dont le couvent, rue de Ligne, est exproprié suite au projet de la Cité administrative de l'État. Celles-ci assurent un enseignement primaire et secondaire inférieur, et développent une école normale (trois ans de cycle supérieur plus une année de formation pédagogique). En 1977, le bâtiment construit en 1931 à front de rue, abritant l'école primaire, est remplacé par un immeuble moderne en béton modulaire, conçu par l'architecte A. Wauters (D). De 1990 à 1996, le complexe connaît une phase de constructions et de rénovations en tous genres, marquée par l'esthétique postmoderne (architectes Ter Assatouroff, Liétart et Noiret): construction d'une nouvelle école normale (G), nouveau raccord entre l'ancienne chapelle et le bâtiment principal (E), construction d'une annexe à la salle de gymnastique (F), aménagement d'un réfectoire pour les maternelles sous la chapelle, ainsi que d'une salle polyvalente et d'un petit oratoire dans cette dernière. En 2006-2008, est construit, dans le jardin, un bâtiment pour l'école maternelle remplaçant deux pavillonsLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. préfabriqués de 1958 (H); un étage est en outre ajouté à la salle de gymnastique (C).
Description
Bâtiment principal (A) de style Beaux-ArtsStyle Beaux-Arts (de 1905 à 1930 environ). Courant architectural puisant son inspiration dans les grands styles français du XVIIIe siècle. Riche et ornementé, il se caractérise souvent par des élévations en (simili-)pierre blanche et/ou brique orangée ainsi que par l’usage du fer forgé pour les garde-corps et la porte. marqué par l'esthétique du couvent du Roule de la rue Hoche à Paris, dessiné par l'architecte René Théry en 1907 et agrandi, probablement en 1910, de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. (A') côté cour. À rue, il s'organise autour d'une cour bordée d'un muret en pierre bleue et moellonsPierres grossièrement équarries mises en œuvre dans une maçonnerie. de grèsTerre cuite de texture serrée, légèrement vitrifiée, glaçurée ou non. Le grès désigne également une famille de pierres composées de silice., hérissé de grilles en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. à motif de lys. Bâtiment de trois niveaux en façade avant, quatre en façade arrière, sous toiture d'ardoises mansardée.
Façade avant en briques rehaussées de pierre blanche. Les ailes latérales comptent cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. vers la cour et une seule à rue. Le corps central en compte neuf, les deux extrêmes à niveaux décalés, les cinq centrales formant un premier ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général., les trois axiales en formant un second ; ces dernières comptent un niveau supplémentaire coiffé d'un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. à tympanEspace, décoré ou non, circonscrit par un fronton ou un arc de décharge. orné d'une horloge. Au rez-de-chaussée, baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. dans le corps central, surbaisséUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle. dans les ailes latérales. ClefsClaveau central d’un arc ou d’une plate-bande. Il s’agit d’un élément architectonique. Le terme s'utilise également pour des éléments purement décoratifs qui évoquent une clef à rôle structurel. saillantes. Dans l'axe, perronEmmarchement extérieur devançant la porte d’entrée d’un bâtiment. protégé par une marquiseAuvent métallique vitré. chantournée sur armature en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage.. Aux étages, baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. sous plate-bandeCouvrement clavé rectiligne d’une baie. La plate-bande se distingue du linteau par le fait qu’elle est appareillée, tandis que le linteau est d’un seul tenant. Elle peut être feinte et masquer un linteau.. LucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. à frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches.. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. de l'aile droite conservés, ceux du rez-de-chaussée du corps central, à petits-bois, rénovés.
Façade arrière en briques rouges rehaussées de briques sombres et de pierre bleue. Dix-huit travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. distribuées en trois corps de respectivement neuf, cinq et quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., l'axial en retrait. Scandée d'arcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol., la façade est percée de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. aux deux premiers niveaux et à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. surbaisséUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle. aux deux derniers. FriseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. de briques ouvragée sous la corniche. MarquiseAuvent métallique vitré. continue sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. au rez-de-chaussée.
Intérieur. Vaste hall d'entrée sous plafond à caissons. Symétriques et régulières, ses faces sont percées chacune de trois baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. ou non, et scandées de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau.. Sol en mosaïque de marbre en éventail. Statues de la Vierge et de saint Joseph. HuisseriesMenuiseries qui s’ouvrent et se ferment, c’est-à-dire les portes et les fenêtres. Par extension, le terme désigne également les fenêtres à châssis dormants. en chêne à petits-bois. Le corps principal et ses deux ailes sont traversés de longs couloirs distribuant les classes. L'une des deux cages d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. latérales conserve sa structure d'origine, avec marches en marbre et rampe en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage..
Ancienne salle de récréation, transformée en salle de gymnastique (C). En intérieur d'îlot, bâtiment oblong relié au bâtiment principal (A) par un préau à charpente PolonceauCharpente Polonceau. Charpente de halle rectangulaire dont les éléments en traction (entraits) sont des tirants en fer ou en acier, tandis que les éléments en compression (arbalétriers, poinçons) sont en fonte ou en bois. Brevet de l'ingénieur français Polonceau de 1836. aujourd'hui privé de ses verres. En briques rehaussées de pierre blanche, il relève probablement de la première phase de construction de l'école, vers 1907-1910. Il est agrandi en 1990 d'un volume latéral à usage de sanitaires (F) et doté d'un étage en 2006, sous toiture bombée. Rez-de-chaussée percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., certaines en porte-fenêtre, au nombre de six sur le long côté et de trois sur les petits. Décor de croix pattées sous l'entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. de pierre. Intérieur voûté en arc-de-cloître déprimé. Parquet en chêne à bâtons rompus.
Chapelle d'inspiration néo-romane, conçue en 1925 par le fils de l'architecte René Théry en collaboration avec l'architecte Maugue. Bâtiment en briques rehaussées de pierre blanche, de type basilical, comportant une nef de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., scandée de contreforts, et un chœur pentagonal, flanqué de part et d'autre d'un volume annexe. Façade-pignon épaulée par un clocher trapu sous toiture conique à ressautsSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général.. Le premier niveau rachète la déclivité du terrain et sert de réfectoire. Il est percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires, certaines jumelées. Au-dessus, la chapelle elle-même est percée de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., celles de la nef à châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. à petits-fers garnis de verres blanc et jaune. En 1970, elle fut divisée en deux niveaux, le premier à usage de salle de sport, le second transformé en salle polyvalente en 1990. Cette dernière est scandée par les fermes apparentes de la charpente, autrefois partiellement masquées par un plafond. Petit oratoire installé dans le chœur en 1990. LambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en chêne. Vitraux représentant saint Pierre Fourier, le fondateur de l'ordre des religieuses du Roule, une Nativité et Alix Le Clerc, disciple de Pierre Fourier.
Parc paysager, agrémenté d'arbres inventoriés comme remarquables. Murs anciens ceignant la propriété.
Sources
Archives
ACS/Urb. 273-22.
ACWSL/Urb. 3261 (1931), 3275 (1931), 5490 (1937), 12759 (1977), 13164 (1980), 14476, 14868 (1990).
JURION-DE WAHA, F., La mémoire des pierres. Bruxelles Architecture scolaire, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1987, pp. 8-10.
Mahieu, M., Van Liempt, V. (dir), 1908. 1958. 2008. Cent ans au 40 rue Vergote, Institut des Dames de Marie, s.l., 2009.
Sites internet
Inventaire des arbres remarquables, Parc de l'Institut des Dames de Marie
ACS/Urb. 273-22.
ACWSL/Urb. 3261 (1931), 3275 (1931), 5490 (1937), 12759 (1977), 13164 (1980), 14476, 14868 (1990).
JURION-DE WAHA, F., La mémoire des pierres. Bruxelles Architecture scolaire, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1987, pp. 8-10.
Mahieu, M., Van Liempt, V. (dir), 1908. 1958. 2008. Cent ans au 40 rue Vergote, Institut des Dames de Marie, s.l., 2009.
Sites internet
Inventaire des arbres remarquables, Parc de l'Institut des Dames de Marie