Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
immeuble de bureaux
cinéma
salle de spectacle
salle des fêtes
cinéma
salle de spectacle
salle des fêtes
Intervenant(s)
Georges DEWEZ – architecte – 1952
Léon SNEYERS – architecte – 1912
DE PRAETERE – architecte – 1912
INCONNU - ONBEKEND – 1948
Styles
Modernisme
Inventaire(s)
- Inventaire des traces coloniales (DPC-DCE 2024-2025)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Social Cet intérêt est difficile à distinguer de l’intérêt folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : - lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la chapelle de pèlerinage située place de l’Église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles) ; - lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens) ; - lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal) ; - bien faisant partie ou comprenant des équipements collectifs (écoles, crèches, salles communales/paroissiales, salles de sport, stades, etc.) ; - bien ou ensemble (de logements sociaux ou non) conçu de manière à stimuler les interactions sociales, l’entraide et la cohésion de quartier (par exemple les quartiers résidentiels construits après la Seconde Guerre mondiale à Ganshoren ou les quartiers spécifiquement destinés aux aînés) ; - bien faisant partie d’un complexe industriel ayant engendré une activité importante au sein de la commune où il se situe ou pour la Région.
Recherches et rédaction
2024
id
Urban : 41794
Description
Immeuble vers la rue de Stassart de style modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980., architecte Georges Dewez, 1952. Il résulte de la modification à plusieurs reprises (1912, 1948 et 1952) d’un hôtel de maître datant de 1901.
Historique
Occupant une parcelle traversant l’ilot, l’ancienne Union Coloniale Belge a été édifiée en plusieurs étapes.
En 1901, un hôtel de maître de style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). est construit à front de la rue de Stassart, ainsi que ses annexes, accessibles via la rue du Berger. Il est racheté en 1912 par l’Union Coloniale Belge, qui fait construire une grande extension en lieu et place du jardin et couvre ainsi la quasi-totalité de la parcelle entre la rue de Stassart et la rue du Berger (architectes De Praetere et Léon Sneyers).
L’Union Coloniale Belge est constituée en 1912 par le général Albert Thys et rassemble les cercles de colons préexistants ainsi que de nouvelles associations. Sa création a été financée par le roi Albert Ier (subvention personnelle), des sociétés commerciales et financières coloniales (telles que la Société Générale de Belgique, le Comité Spécial du Katanga, la Compagnie Maritime Belge, la CCCI et L’Union Minière du Haut Katanga) ainsi que par une participation officielle du gouvernement de l’époque. L’Union Coloniale avait pour buts: la propagande en faveur de l’action coloniale, l’organisation de conférences, la création d’un office de renseignements, la constitution d’une bibliothèque africaine et l’instauration de cours de préparation coloniale. Elle fournissait également des locaux pour les activités des divers cercles coloniaux. Les rédactions des principaux périodiques coloniaux y installent également leurs bureaux. Des activités sans lien apparent avec la colonie sont également organisées dans les locaux de l’Union Coloniale: la grande salle accueille notamment des concerts durant l’entre-deux-guerres. Les locaux abritent également Radio Bruxelles puis Radio Belgique: c’est depuis ce bâtiment que Théo Fleischman lance le premier journal parlé en 1926 (comme le rappelle une plaque toujours visible en façade de l’immeuble). Si de prime abord cette activité ne présente pas de lien avec les affaires coloniales, elle y est néanmoins liée et reflète l’importance de la radio pour la propagande coloniale. Cette station privée dispose du monopole sur les émissions diffusées à l’échelle nationale. En 1930, la radiodiffusion est nationalisée et l’INR est créé. La radio quitte alors la rue de Stassart.

L’agrandissement en 1912 de l’hôtel de maître de la rue de Stassart 34 comprend une très grande salle de conférence (pouvant accueillir près de 800 personnes; avec possibilité de projection cinéma), deux autres auditoires plus petits, une bibliothèque et un musée. Les pièces de l’hôtel de maître d’origine sont alors consacrées aux bureaux des cercles coloniaux et du secrétaire général, le major René Dubreucq.
En 1948, c’est le volume à front de la rue du Berger qui est considérablement agrandi. On y aménage une grande salle de banquet pouvant accueillir jusqu’à 200 convives. Des modifications sont également apportées au volume de 1912, notamment dans la décoration de la grande salle de conférence.
En 1952, l’hôtel de maître d’origine à front de la rue de Stassart est démoli, un nouvel immeuble est édifié et le hall précédant la salle de conférence est modifié (architecte Georges Dewez). Le nouvel immeuble comprend des bureaux (la Revue coloniale, l’Association des intérêts coloniaux belges), une grande salle du conseil (pour la SARUC, la société auxiliaire de la Royale Union Coloniale) et de grands espaces destinés au Cercle Africain (comprenant notamment un salon d’honneur dans la rotonde et une grande salle de réception avec comptoir).

Après l’indépendance du Congo (1960) et du Rwanda-Urundi (1962), l’Union Coloniale devient progressivement une fédération d’associations d’anciens du Congo. Ses activités diminuent mais les locaux abritent encore jusqu’en 1985 des bureaux des anciennes sociétés coloniales. En 1985 le bâtiment est cédé à l’État et affecté au Conservatoire Royal de Bruxelles pour y abriter le département de théâtre. Actuellement le bâtiment est en attente d’une transformation en hôtel.
Description
Élévation vers la rue de Stassart de cinq niveaux, le dernier en retrait, parée de dalles de pierre bleue. Premier et deuxième étages devancés d’un orielLa logette est un petit ouvrage en surplomb qui s’étend sur un seul étage, contrairement à l’oriel qui en compte plusieurs ou s’allonge sur plusieurs travées. Contrairement au bow-window, logette et oriel sont d’ordinaire de plan rectangulaire ou trapézoïdal et semblent appliqués sur la façade.. Fenêtres, dont certaines en bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade., à châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. en bois d’origine. Plaque évoquant le premier journal parlé de Théo Fleischman apposée en façade.
Intérieur
Dans le hall d’entrée, datant de 1952, le plafond conserve une moulure en forme d’étoile à cinq branches, symbole du Congo. Les rampes des escaliers datant de 1948 sont également décorées d’étoiles. La grande salle de conférence a conservé ses volumes d’origine (1912) mais sa décoration date probablement en grande partie de 1948 (lambris, cache radiateurs en cuivre à motifs géométriques, deux médaillonsCartouche rond ou ovale. en marbre illustrés des profils du général Thys et du major Dubreucq, rampe du balcon identique à celles des escaliers). Ses portes arboraient des poignées en formes de masque africain. Celles-ci ont été déposées mais sont conservées. Au-dessus de la grande salle, grands plateaux vides qui ont abrité de 1912 à 1950 un musée et une bibliothèque. Derrière la grande salle, vers la rue du Berger, salle de banquet (datant de 1948) sur deux niveaux, munie d’une galerieUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. et d’un comptoir: murs et piliersSupport vertical de plan carré. en grande partie lambrissésLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce.. Au premier étage du bâtiment vers la rue de Stassart, datant de 1952, comptoir du Cercle royal Africain conservé, ainsi que l’étoile qui orne le plafond du salon d’honneur. Au deuxième étage, qui abritait la salle du conseil, cheminée en marbre ornée de deux étoiles. Au dernier niveau, médaillonCartouche rond ou ovale. en cuivre (sculpteur Arthur Dupagne) sur plaque de marbre commémorant Louis de Lannoy, secrétaire de la Royale Union Coloniale Belge.
Historique
Occupant une parcelle traversant l’ilot, l’ancienne Union Coloniale Belge a été édifiée en plusieurs étapes.
En 1901, un hôtel de maître de style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). est construit à front de la rue de Stassart, ainsi que ses annexes, accessibles via la rue du Berger. Il est racheté en 1912 par l’Union Coloniale Belge, qui fait construire une grande extension en lieu et place du jardin et couvre ainsi la quasi-totalité de la parcelle entre la rue de Stassart et la rue du Berger (architectes De Praetere et Léon Sneyers).
L’Union Coloniale Belge est constituée en 1912 par le général Albert Thys et rassemble les cercles de colons préexistants ainsi que de nouvelles associations. Sa création a été financée par le roi Albert Ier (subvention personnelle), des sociétés commerciales et financières coloniales (telles que la Société Générale de Belgique, le Comité Spécial du Katanga, la Compagnie Maritime Belge, la CCCI et L’Union Minière du Haut Katanga) ainsi que par une participation officielle du gouvernement de l’époque. L’Union Coloniale avait pour buts: la propagande en faveur de l’action coloniale, l’organisation de conférences, la création d’un office de renseignements, la constitution d’une bibliothèque africaine et l’instauration de cours de préparation coloniale. Elle fournissait également des locaux pour les activités des divers cercles coloniaux. Les rédactions des principaux périodiques coloniaux y installent également leurs bureaux. Des activités sans lien apparent avec la colonie sont également organisées dans les locaux de l’Union Coloniale: la grande salle accueille notamment des concerts durant l’entre-deux-guerres. Les locaux abritent également Radio Bruxelles puis Radio Belgique: c’est depuis ce bâtiment que Théo Fleischman lance le premier journal parlé en 1926 (comme le rappelle une plaque toujours visible en façade de l’immeuble). Si de prime abord cette activité ne présente pas de lien avec les affaires coloniales, elle y est néanmoins liée et reflète l’importance de la radio pour la propagande coloniale. Cette station privée dispose du monopole sur les émissions diffusées à l’échelle nationale. En 1930, la radiodiffusion est nationalisée et l’INR est créé. La radio quitte alors la rue de Stassart.

L’agrandissement en 1912 de l’hôtel de maître de la rue de Stassart 34 comprend une très grande salle de conférence (pouvant accueillir près de 800 personnes; avec possibilité de projection cinéma), deux autres auditoires plus petits, une bibliothèque et un musée. Les pièces de l’hôtel de maître d’origine sont alors consacrées aux bureaux des cercles coloniaux et du secrétaire général, le major René Dubreucq.
En 1948, c’est le volume à front de la rue du Berger qui est considérablement agrandi. On y aménage une grande salle de banquet pouvant accueillir jusqu’à 200 convives. Des modifications sont également apportées au volume de 1912, notamment dans la décoration de la grande salle de conférence.
En 1952, l’hôtel de maître d’origine à front de la rue de Stassart est démoli, un nouvel immeuble est édifié et le hall précédant la salle de conférence est modifié (architecte Georges Dewez). Le nouvel immeuble comprend des bureaux (la Revue coloniale, l’Association des intérêts coloniaux belges), une grande salle du conseil (pour la SARUC, la société auxiliaire de la Royale Union Coloniale) et de grands espaces destinés au Cercle Africain (comprenant notamment un salon d’honneur dans la rotonde et une grande salle de réception avec comptoir).

Après l’indépendance du Congo (1960) et du Rwanda-Urundi (1962), l’Union Coloniale devient progressivement une fédération d’associations d’anciens du Congo. Ses activités diminuent mais les locaux abritent encore jusqu’en 1985 des bureaux des anciennes sociétés coloniales. En 1985 le bâtiment est cédé à l’État et affecté au Conservatoire Royal de Bruxelles pour y abriter le département de théâtre. Actuellement le bâtiment est en attente d’une transformation en hôtel.
Description
Élévation vers la rue de Stassart de cinq niveaux, le dernier en retrait, parée de dalles de pierre bleue. Premier et deuxième étages devancés d’un orielLa logette est un petit ouvrage en surplomb qui s’étend sur un seul étage, contrairement à l’oriel qui en compte plusieurs ou s’allonge sur plusieurs travées. Contrairement au bow-window, logette et oriel sont d’ordinaire de plan rectangulaire ou trapézoïdal et semblent appliqués sur la façade.. Fenêtres, dont certaines en bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade., à châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. en bois d’origine. Plaque évoquant le premier journal parlé de Théo Fleischman apposée en façade.
Intérieur
Dans le hall d’entrée, datant de 1952, le plafond conserve une moulure en forme d’étoile à cinq branches, symbole du Congo. Les rampes des escaliers datant de 1948 sont également décorées d’étoiles. La grande salle de conférence a conservé ses volumes d’origine (1912) mais sa décoration date probablement en grande partie de 1948 (lambris, cache radiateurs en cuivre à motifs géométriques, deux médaillonsCartouche rond ou ovale. en marbre illustrés des profils du général Thys et du major Dubreucq, rampe du balcon identique à celles des escaliers). Ses portes arboraient des poignées en formes de masque africain. Celles-ci ont été déposées mais sont conservées. Au-dessus de la grande salle, grands plateaux vides qui ont abrité de 1912 à 1950 un musée et une bibliothèque. Derrière la grande salle, vers la rue du Berger, salle de banquet (datant de 1948) sur deux niveaux, munie d’une galerieUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. et d’un comptoir: murs et piliersSupport vertical de plan carré. en grande partie lambrissésLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce.. Au premier étage du bâtiment vers la rue de Stassart, datant de 1952, comptoir du Cercle royal Africain conservé, ainsi que l’étoile qui orne le plafond du salon d’honneur. Au deuxième étage, qui abritait la salle du conseil, cheminée en marbre ornée de deux étoiles. Au dernier niveau, médaillonCartouche rond ou ovale. en cuivre (sculpteur Arthur Dupagne) sur plaque de marbre commémorant Louis de Lannoy, secrétaire de la Royale Union Coloniale Belge.
Sources
Archives
ACI/Urb. 95-34 (1912, 1931, 1952, 1968); 36-13 (1948).
Ouvrages
M’BOKOLO, E., TRUDDAÏU, J. (éd.),
Notre Congo. Onze Kongo. La propagande coloniale belge dévoilée,
Bruxelles, Coopération Éducation Culture, 2018, pp.122-127.
Arbres remarquables à proximité



















































