Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
hôtel de ville/maison communale
Intervenant(s)
Marnix D'HAVELOOSE – sculpteur
Victor ROUSSEAU – sculpteur
Georges VANDEVOORDE – sculpteur
Lucien HOFFMAN – sculpteur
Jean-Baptiste DEWIN – architecte – 1935-1939
Jean CANNEEL – sculpteur
Paul STOFFYN – sculpteur
Jacques MARIN – sculpteur
Maurice WOLF – sculpteur
Fernand DEBONNAIRES – sculpteur
Antoine VRIENS – sculpteur
Joseph WITTERWULGHE – sculpteur
Styles
Art Déco
Inventaire(s)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Forest (DPC-DCE - 2014-2020)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2016-2019
id
Urban : 28985
Description
Hôtel communal de style Art DécoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)., architecte Jean-Baptiste Dewin,
1935-1939.
Historique
Les locaux de l’administration communale de Forest étaient à l’origine situés dans un bâtiment inauguré en 1828, à l’actuelle rue de Barcelone. Ils comprenaient l’école primaire et le logement de l’instituteur, ainsi que la pompe à incendie, le logement du garde champêtre, le corps de garde et une prison provisoire. En 1893, une nouvelle école est bâtie rue du Dries, libérant ainsi des locaux pour les services communaux. Il s’agissait d’un bâtiment de style néoclassiqueDe 1775 aux années 1840. Le néoclassicisme - également appelé style Louis XVI en décoration intérieure, en référence à Louis XVI - apparaît en France au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle et se répand rapidement à travers l'Europe. À Bruxelles, ce style couvre principalement la période allant de 1775 aux années 1840, même s'il continue de faire des apparitions jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Sur le plan typologique, le bâti du XVIIIe siècle se voit remplacé par une façade qui compte trois à quatre niveaux à part entière. Outre les extensions urbaines à grande échelle, les maisons existantes sont souvent transformées en hôtels de maître néoclassiques que l’on dote d’une nouvelle façade symétrique sous corniche. Ces façades répondent aux règles de proportion de l'architecture antique et font parfois office de façade-écran, l’ancienne structure portante intérieure étant conservée. Le néoclassicisme trouve son fondement théorique dans un regain d'intérêt pour l'Antiquité grecque et romaine, stimulé par les fouilles de Pompéi et d'Herculanum et par la pratique culturelle du Grand Tour. Pendant le Siècle des Lumières, on aspire à l'harmonie, à la simplicité, à la rationalité et à une ornementation sobre, en réaction au baroque et au rococo. Le style est plus qu'un langage des formes : il s'accompagne d'un réaménagement rationnel de la ville (embellissement), où se conjuguent aspects esthétiques, hygiéniques et pratiques. Le paysage urbain est caractérisé par des rues droites, des perspectives et des façades uniformes. À Bruxelles, cela conduit à une uniformisation poussée des façades crépies et peintes. À partir de 1812, seules les teintes claires sont autorisées et à partir de 1818, la ville impose l'utilisation de la couleur dite « pierre de France », contribuant ainsi à l'image de la ville « blanche » du XIXe siècle. La façade sous corniche enduite et peinte, souvent blanche ou de couleur claire, parfois combinée avec de la pierre bleue ou blanche, est caractéristique. Sa composition est strictement symétrique. Les baies sont généralement rectangulaires, parfois sous arc surbaissé. Les arcs en plein cintre sont utilisés pour mettre en valeur certains éléments, par exemple dans une travée d'entrée. La façade est articulée horizontalement par des cordons et surmontée d'une corniche en saillie, souvent pourvue de modillons et/ou de moulures à redents. Avec la frise et l'architrave, cela forme l'entablement d'inspiration classique. Les éléments décoratifs, lorsqu'ils sont présents, font référence au langage formel antique : pilastres, colonnes, frontons, triglyphes, médaillons, guirlandes ou urnes. Néanmoins, de nombreuses façades, surtout au début du XIXe siècle, sont remarquablement sobres. Les demeures les plus prestigieuses sont dotées d'un balcon, initialement avec un garde-corps en fer forgé puis, à partir du milieu du XIXe siècle, de plus en plus souvent en fonte. À Bruxelles, le néoclassicisme est présent tant dans les projets urbanistiques à grande échelle que dans les habitations particulières, les bâtiments publics et l'architecture religieuse. Il contribue fortement à la cohérence et à l'homogénéité du paysage urbain. Parmi les exemples de tels projets, citons la place des Martyrs (anciennement place Saint-Michel, 1774-1776), le quartier royal (1774-1782), la Place du Nouveau Marché aux Grains (1787), le quartier de La Monnaie (1817-1822), la Place des Barricades (anciennement place d'Orange, 1825) et le Grand Hospice avec le quartier environnant (1827), ainsi que le réaménagement des environs des anciennes portes de la ville. Outre les maisons ordinaires et les hôtels de maître, ce style se prête parfaitement aux bâtiments monumentaux et représentatifs, tels que les institutions publiques et religieuses, les châteaux, les palais et les académies. À Bruxelles, de nombreuses maisons anciennes sont également remises au goût du jour : leur pignon est remplacé par une façade sous corniche sobre et symétrique. Dans les centres des villages périphériques, le néoclassicisme s'avère également particulièrement adapté à la construction ou à la rénovation des habitations modestes, grâce à sa structure claire et à son langage formel sobre. Notons que dans la langue néerlandaise, on distingue le classicisme du XVIIIe siècle (né sous l'Ancien Régime) et le néoclassicisme du début du XIXe siècle, qui en découle progressivement. En français, le terme néoclassicisme couvre les XVIIIe et XIXe siècles, le classicisme faisant référence à l’architecture française des XVIe et XVIIe siècles, puisant ses origines dans la Renaissance., au rez-de-chaussée à bossagesBossage. Saillie de la face d’un bloc de pierre par rapport au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit un sur deux lorsqu’un parement présente une alternance d’assises de blocs en bossages et de blocs dont le parement reste au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit rustique lorsque son parement est d’une taille grossière. Il est dit continu lorsqu'il se prolonge sur une assise entière. et à l’étage percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. (surhaussé d’un étage durant la deuxième moitié du XIXesiècle).

Au début du XXesiècle, Forest connait une forte croissance démographique. En 1919, le Conseil communal, à l’étroit dans ses locaux, veut doter la commune d’un édifice adapté à ses besoins. En premier lieu, de grandes annexes arrière sont construites. Ensuite, en 1925, l’architecte Jean-Baptiste Dewin est chargé d’un nouvel agrandissement du bâtiment existant. Dès l’année suivante, le projet évolue vers la reconstruction complète du bâtiment. Mais la Commune, en difficulté financière, ajourne la réalisation du projet. Cette attente aura un effet favorable sur le projet. En effet, durant les années suivantes, le commanditaire précise ses désidérata: notamment un campanile et des sculptures évoquant le passé de la commune. Le plan est réalisé en étroite collaboration avec l’échevin des Travaux publics, Léon Wielemans, et l’ingénieur en chef de la commune, Paul Van Ysendyck. Avec Dewin, ils visitent le palais du Midi à Bruxelles et les maisons communales de Laeken et Schaerbeek. Le cahier des charges est précis: distinction entre salle des mariages et salle du Conseil, dissociation des entrées, nécessité d’une grande salle des guichets, bureaux des échevins à l’étage, etc. De cette étroite collaboration ressort un plan fonctionnel et intelligent.

L’emplacement du futur hôtel communal est également longuement discuté. Plusieurs lieux sont envisagés mais lors d’une manifestation, la population fait savoir qu’elle souhaite son maintien dans le centre. On démolit alors l’ancienne maison communale ainsi que le presbytère de l’église Saint-Denis voisin. Les services administratifs s’installent temporairement au château Vimenet (voir avenue Zaman).
En 1929, un projet très proche de ce qui sera réalisé est remis par Dewin. En raison de la crise économique, la construction est de nouveau retardée. En 1934, la commune commande à Dewin une maquette de son projet. Le 19.05.1935, la première pierre est posée. Trois ans plus tard, le 09.07.1938, le nouvel hôtel communal est inauguré par le bourgmestre Omer Denis en présence du premier ministre Paul-Henri Spaak et du bourgmestre de Bruxelles Adolphe Max. De nombreux détails décoratifs (les sculptures, les vitraux) ne seront prêts que l’année suivante.
C’est un projet important pour Dewin, forestois d’origine. À l’époque, en dehors des bâtiments privés, il a déjà réalisé plusieurs bâtiments à vocation médicale. Durant cette période, il réalise également l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles. Il est à l’apogée de sa carrière. Conçu dans le style Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)., l’hôtel communal de Forest arbore une évidente filiation avec le palais Stoclet –que Dewin avait visité en 1912– notamment par la tour décentrée, percée de longues baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. verticales et ornée de sculptures. Sa conception de l’hôtel communal est tournée vers la modernité tout en rendant hommage aux prestigieux édifices du passé. Ainsi le choix des matériaux (la brique et la pierre bleue), la haute tour, l’abondance de sculptures évoquent les hôtels communaux médiévauxLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après 1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale. Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de l'Europe médiévale. Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils. Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles, l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère expressif de la construction. Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la Flandre vers Bruxelles. Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette). À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux, mobilier, ferronnerie). ou de style néo-renaissance flamandeLe style néo-Renaissance flamande est une variante régionale du style néo-Renaissance qui s'est développé à Bruxelles entre 1860 et 1914 environ. Il s'inspire de la tradition architecturale du XVIe siècle des Pays-Bas méridionaux, en particulier des hôtels de ville, des maisons de corporations et des demeures patriciennes flamandes de l'époque des Pays-Bas habsbourgeois. Contrairement à la néo-Renaissance plus orientée vers l'Italie, le style néo-Renaissance flamande met l'accent sur les racines nationales, l'expression artisanale et l'identité urbaine. Ce style est né dans un contexte de prise de conscience nationale et urbaine croissante : au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les architectes et les politiques belges ont cherché à définir leur propre langage architectural, indépendamment des modèles français ou anglais. Le retour à la Renaissance flamande offrait un idiome ancré dans l'histoire mais utilisable dans le contexte contemporain, qui renvoyait à la tradition, au savoir-faire et à la fierté bourgeoise. Le XVIe siècle était considéré comme l'âge d'or de l'art, du commerce et de l'autonomie des villes, des valeurs que l'on souhaitait raviver au sein de la jeune nation belge. À Bruxelles, capitale du royaume, ce style a acquis une fonction représentative marquée, symbolisant à la fois la continuité avec l'image historique de la ville et l'identité d'une bourgeoisie sûre d'elle. Les architectes ont souvent combiné le langage formel historiciste avec des techniques de construction modernes, telles que la fonte, l'acier et de nouveaux formats de briques, dans le cadre d'une architecture urbaine éclectique plus large. Ce style est devenu particulièrement populaire pour les bâtiments publics, les écoles, les administrations communales, les postes et les maisons bourgeoises. En mettant en valeur l'ordre civil, la fierté de la ville et l'identité nationale, le style acquiert ainsi une dimension éducative et administrative. À l'époque de Léopold II, il est devenu un élément essentiel pour l’image de la capitale. Le style néo-Renaissance flamande se reconnaît à une composition de façade verticale et plastique prononcée, animée par des jeux de matériaux, de couleurs et d'ornements. Les caractéristiques typiques sont l'utilisation de briques rouges combinées à de la pierre naturelle blanche ou bleue (parfois en bandeaux), des pignons à gradins, des fenêtres à croisée(s) et des encadrements profilés, des cartouches, des médaillons, des frontons et des lucarnes à croupe, ainsi que des sculptures représentant des personnages, des armoiries ou des motifs allégoriques. Des cordons horizontaux et des pilastres verticaux rythment la façade, parfois complétés par des balcons en fer forgé ou des loggias en pierre naturelle ou en bois. Ce style allie rationalité constructive et exubérance décorative, un équilibre qui le rendait particulièrement adapté à la représentation urbaine.. Mais la couleur des briques, la forme de la tour, l’iconographie renouvelée des sculptures sont, elles, très modernes.
La construction de l’hôtel communal a laissé un important espace non bâti à l’arrière de celui-ci, en contre-bas du chemin de fer. L’idée d’y installer un nouveau commissariat apparaît rapidement. Le 25.04.1967, le Conseil communal approuve la construction d’une annexe. Un bâtiment (rue du Curé 30), sans aucun lien formel avec l’hôtel communal, est construit en 1971 (architectes Van Antwerpen et Vermeulen) pour abriter à l’origine les services communaux de police, des travaux publics et du cadastre, des ateliers et des garages.

Le 22.10.1992, l’hôtel communal de Forest est le premier bâtiment de Dewin à être classé. Depuis fin 2013, il subit une restauration qui a débuté par une phase portant sur l’enveloppe extérieure et se poursuit actuellement par la deuxième phase portant sur l’intérieur.
Plan
Plan en H renversé articulé autour de deux fonctions: l’apparat et le service public. À ces deux fonctions correspondent deux entrées distinctes. L’entrée de prestige se situe sur la façade principale, sous la tour, vers la chaussée de Bruxelles et dans l’axe du Monument aux morts de la guerre 1914-1918 du square Omer Denis (voir square Omer Denis). Elle donne accès à la salle des fêtes et des mariages au rez-de-chaussée et, par l’escalier d’honneur, à la salle du Conseil et au bureau du bourgmestre situés à l’étage. Ces espaces, ayant tous vue sur la chaussée de Bruxelles, sont traités dans des matériaux nobles similaires: marbres noirs et blancs, hauts lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en bois. L’entrée du public se situe sur la façade latérale, dans la rue du Curé. Elle donne accès au grand hall des guichets où sont rassemblés les différents services au public. À l’étage en mezzanine se trouvent les bureaux des échevins. Ces deux entités sont autonomes mais des communications sont possibles entre ces espaces selon la nécessité.

Description
Élévation de deux niveaux en briques orangées abondamment rehaussée d’éléments en pierre bleue; haute toiture (en pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. sur les ailes latérales) percée de multiples lucarnes passantesUne lucarne est dite passante lorsqu'elle est située dans le plan de la façade et interrompt la corniche ou l’entablement terminal du bâtiment.. Les façades sont devancées de cours basses, certaines clôturées de murets et garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux..
Façade principale vers la chaussée de Bruxelles composée de sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade.. La première est percée de l’entrée d’honneur, devancée d’un porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde., et est surmontée d’une tour de base carrée. Dernière travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. surmontée d’une lucarne-pignonLucarne dont le devant triangulaire évoque un pignon.. Balcon continuUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. clos de désÉléments de pierre de section sensiblement carrée ou rectangulaire, disposés généralement aux angles d’un balcon. en pierre enserrant des grilles en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux..
En façades latérales, avant-corps d’un niveau au centre de la façade. Vers la rue du Curé, entrée du public devancée d’un porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde..
En façade arrière, trois avant-corps d’un niveau.
Portes vitrées et châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques d’origine (restaurés).

Décor sculpté
Onze sculpteurs sont intervenus dans le cadreSystème de sécurité suspendu sous la cabine. Il déclenche la commande de parachute qui arrête la cabine en cas de rencontre d’un obstacle à la descente. du programme de sculptures extérieures, qui n’a été mis au point de manière définitive qu’après le début de la construction du bâtiment. Les quatre groupes en bronze doré ornant les angles de la tour sont dus aux sculpteurs Jacques Marin et Marnix d’Haveloose. Ils représentent des guerriers, défenseurs des droits communaux, entourés de figures féminines. Les deux statues en pierre ornant la façade principale et représentant sainte Alène et une allégorie du Droit Communal sont dues au sculpteur Victor Rousseau. Des groupes en haut-relief ornant la balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. en façade principale sont dus aux sculpteurs Jean Canneel et Lucien Hoffman. Les reliefs des piliersSupport vertical de plan carré. des deux porchesPorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. sont dus au sculpteur Georges Vandevoorde. Cinq autres sculpteurs se partagent le travail des reliefs ornant les sorties de gouttière et les figures animalières flanquant les lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.: Paul Stoffyn, Fernand Debonnaires, Maurice Wolf, Antoine Vriens et Joseph Witterwulghe.

Intérieur
Le mobilier de l’hôtel communal est entièrement conçu par l’atelier Dewin. Tout comme le traitement des sols et des murs, il est très clairement hiérarchisé selon les deux fonctions d’apparat et de service public des divers espaces.
L’ensemble des vitraux de grande qualité est conçu par le peintre Georges Baltus assisté de son fils Ado et réalisé par l’atelier de Florent-Prosper Colpaert et son fils Jacques. Leur iconographie évoque les métiers pratiqués à Forest et le monde forestier.
Classement le 22.10.1992.

Historique
Les locaux de l’administration communale de Forest étaient à l’origine situés dans un bâtiment inauguré en 1828, à l’actuelle rue de Barcelone. Ils comprenaient l’école primaire et le logement de l’instituteur, ainsi que la pompe à incendie, le logement du garde champêtre, le corps de garde et une prison provisoire. En 1893, une nouvelle école est bâtie rue du Dries, libérant ainsi des locaux pour les services communaux. Il s’agissait d’un bâtiment de style néoclassiqueDe 1775 aux années 1840. Le néoclassicisme - également appelé style Louis XVI en décoration intérieure, en référence à Louis XVI - apparaît en France au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle et se répand rapidement à travers l'Europe. À Bruxelles, ce style couvre principalement la période allant de 1775 aux années 1840, même s'il continue de faire des apparitions jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Sur le plan typologique, le bâti du XVIIIe siècle se voit remplacé par une façade qui compte trois à quatre niveaux à part entière. Outre les extensions urbaines à grande échelle, les maisons existantes sont souvent transformées en hôtels de maître néoclassiques que l’on dote d’une nouvelle façade symétrique sous corniche. Ces façades répondent aux règles de proportion de l'architecture antique et font parfois office de façade-écran, l’ancienne structure portante intérieure étant conservée. Le néoclassicisme trouve son fondement théorique dans un regain d'intérêt pour l'Antiquité grecque et romaine, stimulé par les fouilles de Pompéi et d'Herculanum et par la pratique culturelle du Grand Tour. Pendant le Siècle des Lumières, on aspire à l'harmonie, à la simplicité, à la rationalité et à une ornementation sobre, en réaction au baroque et au rococo. Le style est plus qu'un langage des formes : il s'accompagne d'un réaménagement rationnel de la ville (embellissement), où se conjuguent aspects esthétiques, hygiéniques et pratiques. Le paysage urbain est caractérisé par des rues droites, des perspectives et des façades uniformes. À Bruxelles, cela conduit à une uniformisation poussée des façades crépies et peintes. À partir de 1812, seules les teintes claires sont autorisées et à partir de 1818, la ville impose l'utilisation de la couleur dite « pierre de France », contribuant ainsi à l'image de la ville « blanche » du XIXe siècle. La façade sous corniche enduite et peinte, souvent blanche ou de couleur claire, parfois combinée avec de la pierre bleue ou blanche, est caractéristique. Sa composition est strictement symétrique. Les baies sont généralement rectangulaires, parfois sous arc surbaissé. Les arcs en plein cintre sont utilisés pour mettre en valeur certains éléments, par exemple dans une travée d'entrée. La façade est articulée horizontalement par des cordons et surmontée d'une corniche en saillie, souvent pourvue de modillons et/ou de moulures à redents. Avec la frise et l'architrave, cela forme l'entablement d'inspiration classique. Les éléments décoratifs, lorsqu'ils sont présents, font référence au langage formel antique : pilastres, colonnes, frontons, triglyphes, médaillons, guirlandes ou urnes. Néanmoins, de nombreuses façades, surtout au début du XIXe siècle, sont remarquablement sobres. Les demeures les plus prestigieuses sont dotées d'un balcon, initialement avec un garde-corps en fer forgé puis, à partir du milieu du XIXe siècle, de plus en plus souvent en fonte. À Bruxelles, le néoclassicisme est présent tant dans les projets urbanistiques à grande échelle que dans les habitations particulières, les bâtiments publics et l'architecture religieuse. Il contribue fortement à la cohérence et à l'homogénéité du paysage urbain. Parmi les exemples de tels projets, citons la place des Martyrs (anciennement place Saint-Michel, 1774-1776), le quartier royal (1774-1782), la Place du Nouveau Marché aux Grains (1787), le quartier de La Monnaie (1817-1822), la Place des Barricades (anciennement place d'Orange, 1825) et le Grand Hospice avec le quartier environnant (1827), ainsi que le réaménagement des environs des anciennes portes de la ville. Outre les maisons ordinaires et les hôtels de maître, ce style se prête parfaitement aux bâtiments monumentaux et représentatifs, tels que les institutions publiques et religieuses, les châteaux, les palais et les académies. À Bruxelles, de nombreuses maisons anciennes sont également remises au goût du jour : leur pignon est remplacé par une façade sous corniche sobre et symétrique. Dans les centres des villages périphériques, le néoclassicisme s'avère également particulièrement adapté à la construction ou à la rénovation des habitations modestes, grâce à sa structure claire et à son langage formel sobre. Notons que dans la langue néerlandaise, on distingue le classicisme du XVIIIe siècle (né sous l'Ancien Régime) et le néoclassicisme du début du XIXe siècle, qui en découle progressivement. En français, le terme néoclassicisme couvre les XVIIIe et XIXe siècles, le classicisme faisant référence à l’architecture française des XVIe et XVIIe siècles, puisant ses origines dans la Renaissance., au rez-de-chaussée à bossagesBossage. Saillie de la face d’un bloc de pierre par rapport au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit un sur deux lorsqu’un parement présente une alternance d’assises de blocs en bossages et de blocs dont le parement reste au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit rustique lorsque son parement est d’une taille grossière. Il est dit continu lorsqu'il se prolonge sur une assise entière. et à l’étage percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. (surhaussé d’un étage durant la deuxième moitié du XIXesiècle).

Au début du XXesiècle, Forest connait une forte croissance démographique. En 1919, le Conseil communal, à l’étroit dans ses locaux, veut doter la commune d’un édifice adapté à ses besoins. En premier lieu, de grandes annexes arrière sont construites. Ensuite, en 1925, l’architecte Jean-Baptiste Dewin est chargé d’un nouvel agrandissement du bâtiment existant. Dès l’année suivante, le projet évolue vers la reconstruction complète du bâtiment. Mais la Commune, en difficulté financière, ajourne la réalisation du projet. Cette attente aura un effet favorable sur le projet. En effet, durant les années suivantes, le commanditaire précise ses désidérata: notamment un campanile et des sculptures évoquant le passé de la commune. Le plan est réalisé en étroite collaboration avec l’échevin des Travaux publics, Léon Wielemans, et l’ingénieur en chef de la commune, Paul Van Ysendyck. Avec Dewin, ils visitent le palais du Midi à Bruxelles et les maisons communales de Laeken et Schaerbeek. Le cahier des charges est précis: distinction entre salle des mariages et salle du Conseil, dissociation des entrées, nécessité d’une grande salle des guichets, bureaux des échevins à l’étage, etc. De cette étroite collaboration ressort un plan fonctionnel et intelligent.

L’emplacement du futur hôtel communal est également longuement discuté. Plusieurs lieux sont envisagés mais lors d’une manifestation, la population fait savoir qu’elle souhaite son maintien dans le centre. On démolit alors l’ancienne maison communale ainsi que le presbytère de l’église Saint-Denis voisin. Les services administratifs s’installent temporairement au château Vimenet (voir avenue Zaman).
En 1929, un projet très proche de ce qui sera réalisé est remis par Dewin. En raison de la crise économique, la construction est de nouveau retardée. En 1934, la commune commande à Dewin une maquette de son projet. Le 19.05.1935, la première pierre est posée. Trois ans plus tard, le 09.07.1938, le nouvel hôtel communal est inauguré par le bourgmestre Omer Denis en présence du premier ministre Paul-Henri Spaak et du bourgmestre de Bruxelles Adolphe Max. De nombreux détails décoratifs (les sculptures, les vitraux) ne seront prêts que l’année suivante.
C’est un projet important pour Dewin, forestois d’origine. À l’époque, en dehors des bâtiments privés, il a déjà réalisé plusieurs bâtiments à vocation médicale. Durant cette période, il réalise également l’hôpital Saint-Pierre de Bruxelles. Il est à l’apogée de sa carrière. Conçu dans le style Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)., l’hôtel communal de Forest arbore une évidente filiation avec le palais Stoclet –que Dewin avait visité en 1912– notamment par la tour décentrée, percée de longues baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. verticales et ornée de sculptures. Sa conception de l’hôtel communal est tournée vers la modernité tout en rendant hommage aux prestigieux édifices du passé. Ainsi le choix des matériaux (la brique et la pierre bleue), la haute tour, l’abondance de sculptures évoquent les hôtels communaux médiévauxLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après 1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale. Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de l'Europe médiévale. Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils. Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles, l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère expressif de la construction. Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la Flandre vers Bruxelles. Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette). À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux, mobilier, ferronnerie). ou de style néo-renaissance flamandeLe style néo-Renaissance flamande est une variante régionale du style néo-Renaissance qui s'est développé à Bruxelles entre 1860 et 1914 environ. Il s'inspire de la tradition architecturale du XVIe siècle des Pays-Bas méridionaux, en particulier des hôtels de ville, des maisons de corporations et des demeures patriciennes flamandes de l'époque des Pays-Bas habsbourgeois. Contrairement à la néo-Renaissance plus orientée vers l'Italie, le style néo-Renaissance flamande met l'accent sur les racines nationales, l'expression artisanale et l'identité urbaine. Ce style est né dans un contexte de prise de conscience nationale et urbaine croissante : au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les architectes et les politiques belges ont cherché à définir leur propre langage architectural, indépendamment des modèles français ou anglais. Le retour à la Renaissance flamande offrait un idiome ancré dans l'histoire mais utilisable dans le contexte contemporain, qui renvoyait à la tradition, au savoir-faire et à la fierté bourgeoise. Le XVIe siècle était considéré comme l'âge d'or de l'art, du commerce et de l'autonomie des villes, des valeurs que l'on souhaitait raviver au sein de la jeune nation belge. À Bruxelles, capitale du royaume, ce style a acquis une fonction représentative marquée, symbolisant à la fois la continuité avec l'image historique de la ville et l'identité d'une bourgeoisie sûre d'elle. Les architectes ont souvent combiné le langage formel historiciste avec des techniques de construction modernes, telles que la fonte, l'acier et de nouveaux formats de briques, dans le cadre d'une architecture urbaine éclectique plus large. Ce style est devenu particulièrement populaire pour les bâtiments publics, les écoles, les administrations communales, les postes et les maisons bourgeoises. En mettant en valeur l'ordre civil, la fierté de la ville et l'identité nationale, le style acquiert ainsi une dimension éducative et administrative. À l'époque de Léopold II, il est devenu un élément essentiel pour l’image de la capitale. Le style néo-Renaissance flamande se reconnaît à une composition de façade verticale et plastique prononcée, animée par des jeux de matériaux, de couleurs et d'ornements. Les caractéristiques typiques sont l'utilisation de briques rouges combinées à de la pierre naturelle blanche ou bleue (parfois en bandeaux), des pignons à gradins, des fenêtres à croisée(s) et des encadrements profilés, des cartouches, des médaillons, des frontons et des lucarnes à croupe, ainsi que des sculptures représentant des personnages, des armoiries ou des motifs allégoriques. Des cordons horizontaux et des pilastres verticaux rythment la façade, parfois complétés par des balcons en fer forgé ou des loggias en pierre naturelle ou en bois. Ce style allie rationalité constructive et exubérance décorative, un équilibre qui le rendait particulièrement adapté à la représentation urbaine.. Mais la couleur des briques, la forme de la tour, l’iconographie renouvelée des sculptures sont, elles, très modernes.
La construction de l’hôtel communal a laissé un important espace non bâti à l’arrière de celui-ci, en contre-bas du chemin de fer. L’idée d’y installer un nouveau commissariat apparaît rapidement. Le 25.04.1967, le Conseil communal approuve la construction d’une annexe. Un bâtiment (rue du Curé 30), sans aucun lien formel avec l’hôtel communal, est construit en 1971 (architectes Van Antwerpen et Vermeulen) pour abriter à l’origine les services communaux de police, des travaux publics et du cadastre, des ateliers et des garages.

Le 22.10.1992, l’hôtel communal de Forest est le premier bâtiment de Dewin à être classé. Depuis fin 2013, il subit une restauration qui a débuté par une phase portant sur l’enveloppe extérieure et se poursuit actuellement par la deuxième phase portant sur l’intérieur.
Plan
Plan en H renversé articulé autour de deux fonctions: l’apparat et le service public. À ces deux fonctions correspondent deux entrées distinctes. L’entrée de prestige se situe sur la façade principale, sous la tour, vers la chaussée de Bruxelles et dans l’axe du Monument aux morts de la guerre 1914-1918 du square Omer Denis (voir square Omer Denis). Elle donne accès à la salle des fêtes et des mariages au rez-de-chaussée et, par l’escalier d’honneur, à la salle du Conseil et au bureau du bourgmestre situés à l’étage. Ces espaces, ayant tous vue sur la chaussée de Bruxelles, sont traités dans des matériaux nobles similaires: marbres noirs et blancs, hauts lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en bois. L’entrée du public se situe sur la façade latérale, dans la rue du Curé. Elle donne accès au grand hall des guichets où sont rassemblés les différents services au public. À l’étage en mezzanine se trouvent les bureaux des échevins. Ces deux entités sont autonomes mais des communications sont possibles entre ces espaces selon la nécessité.

Description
Élévation de deux niveaux en briques orangées abondamment rehaussée d’éléments en pierre bleue; haute toiture (en pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. sur les ailes latérales) percée de multiples lucarnes passantesUne lucarne est dite passante lorsqu'elle est située dans le plan de la façade et interrompt la corniche ou l’entablement terminal du bâtiment.. Les façades sont devancées de cours basses, certaines clôturées de murets et garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux..
Façade principale vers la chaussée de Bruxelles composée de sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade.. La première est percée de l’entrée d’honneur, devancée d’un porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde., et est surmontée d’une tour de base carrée. Dernière travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. surmontée d’une lucarne-pignonLucarne dont le devant triangulaire évoque un pignon.. Balcon continuUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. clos de désÉléments de pierre de section sensiblement carrée ou rectangulaire, disposés généralement aux angles d’un balcon. en pierre enserrant des grilles en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux..
En façades latérales, avant-corps d’un niveau au centre de la façade. Vers la rue du Curé, entrée du public devancée d’un porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde..
En façade arrière, trois avant-corps d’un niveau.
Portes vitrées et châssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques d’origine (restaurés).

Décor sculpté
Onze sculpteurs sont intervenus dans le cadreSystème de sécurité suspendu sous la cabine. Il déclenche la commande de parachute qui arrête la cabine en cas de rencontre d’un obstacle à la descente. du programme de sculptures extérieures, qui n’a été mis au point de manière définitive qu’après le début de la construction du bâtiment. Les quatre groupes en bronze doré ornant les angles de la tour sont dus aux sculpteurs Jacques Marin et Marnix d’Haveloose. Ils représentent des guerriers, défenseurs des droits communaux, entourés de figures féminines. Les deux statues en pierre ornant la façade principale et représentant sainte Alène et une allégorie du Droit Communal sont dues au sculpteur Victor Rousseau. Des groupes en haut-relief ornant la balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. en façade principale sont dus aux sculpteurs Jean Canneel et Lucien Hoffman. Les reliefs des piliersSupport vertical de plan carré. des deux porchesPorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. sont dus au sculpteur Georges Vandevoorde. Cinq autres sculpteurs se partagent le travail des reliefs ornant les sorties de gouttière et les figures animalières flanquant les lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.: Paul Stoffyn, Fernand Debonnaires, Maurice Wolf, Antoine Vriens et Joseph Witterwulghe.

Intérieur
Le mobilier de l’hôtel communal est entièrement conçu par l’atelier Dewin. Tout comme le traitement des sols et des murs, il est très clairement hiérarchisé selon les deux fonctions d’apparat et de service public des divers espaces.
L’ensemble des vitraux de grande qualité est conçu par le peintre Georges Baltus assisté de son fils Ado et réalisé par l’atelier de Florent-Prosper Colpaert et son fils Jacques. Leur iconographie évoque les métiers pratiqués à Forest et le monde forestier.
Classement le 22.10.1992.

Sources
Archives
CIVA, fonds Dewin
Rue du Curé 30: ACF/Urb.: 19406 (1969).
Ouvrages
HENNAUT, É. (dir.), Hôtel communal de Forest. Étude historique préalable à la restauration (non publiée), Archives d’Architecture Moderne, Bruxelles, 2006.
DE PANGE, I., Au cœur de Forest, MRBC, Bruxelles, 2008 (Bruxelles, Ville d’Art et d’Histoire, 47), pp. 32-47.
Périodiques
Bruxelles Patrimoines – Dossier Jean-Baptiste Dewin, n°10, 2014.
MAIRY, C., «La restauration de l’hôtel communal de Forest», Bruxelles Patrimoines, n°18, 2016, pp. 64-77.
Ouvrages
HENNAUT, É. (dir.), Hôtel communal de Forest. Étude historique préalable à la restauration (non publiée), Archives d’Architecture Moderne, Bruxelles, 2006.
DE PANGE, I., Au cœur de Forest, MRBC, Bruxelles, 2008 (Bruxelles, Ville d’Art et d’Histoire, 47), pp. 32-47.
Périodiques
Bruxelles Patrimoines – Dossier Jean-Baptiste Dewin, n°10, 2014.
MAIRY, C., «La restauration de l’hôtel communal de Forest», Bruxelles Patrimoines, n°18, 2016, pp. 64-77.
Arbres remarquables à proximité












































