Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireLa chaussée de Bruxelles est une longue artère qui serpente la commune de Forest depuis la place Saint-Denis jusqu’au boulevard Guillaume Van Haelen, en longeant le côté ouest du Parc Duden. De nombreuses voiries y débutent, y aboutissent ou la traversent.

Pavée entre 1711 et 1714, la chaussée de Bruxelles (ou chaussée de Forest) remplaça le vieux chemin (dit Middelweg) boueux et difficile d’accès qui reliait la porte de Hal au centre du village de Forest. La chaussée fut alors la principale voie de communication avec Bruxelles, jusque la fin du XIXesiècle. Elle ne perdit son importance qu’après l’établissement des lignes de trams le long des avenues Van Volxem, Fonsny et Wielemans-Ceuppens.
Les alignements de la chaussée de Bruxelles sont redressés sur le premier tronçon de celle-ci, compris entre la place Saint-Denis et l’avenue Van Volxem, par l’arrêté royal du 12.06.1877. Ces alignements sont ensuite modifiés par les arrêtés royaux des 28.01.1899 et 10.02.1923. L’arrêté royal du 03.08.1911 décrète les alignements de la partie comprise entre les avenues Van Volxem et du Roi. La chaussée s’y achevait alors. Son dernier tronçon a ensuite été repris dans le tracé du boulevard Van Haelen.
Au carrefour de la chaussée de Bruxelles et des avenues Van Volxem et Monte-Carlo se situait le lieu-dit Chant des Grenouilles. Autrefois s’y trouvaient quatre à cinq petits étangs. Au milieu du XIXesiècle un cabaret portait l’enseigne «in den Vorschenzang».

Chaussée de Bruxelles, premier tronçon, Collection Belfius Banque - Académie royale de Belgique ARB-urban.brussels.

Le bâti de la chaussée de Bruxelles est très hétéroclite: s’y côtoient des maisons ouvrières néoclassiques, des maisons bourgeoises éclectiques, des immeubles à appartements Art Déco, de cossues villas pittoresques ou modernistes mais aussi des bâtiments destinés à la collectivité, de l’église au stade de football en passant par l’hôtel communal et l’école.
La construction la plus ancienne est l’église Saint-Denis datant du XIIIesiècle (voir n°26). Le bâti privé le plus ancien se concentre à proximité de la place Saint-Denis et avant le chemin de fer. Il s’agit de maisons de style néoclassique construites durant la deuxième moitié du XIXesiècle. Nombre d’entre elles ont été détruites soit à l’occasion de la construction de l’hôtel communal (voir n°59), soit après 1971, ou ont été fortement modifiées. Notamment, la maison du curé, villa néoclassique, qui se situait juste avant le talus du chemin de fer, aujourd’hui disparue. Parmi les exemples encore debout, notons l’ensemble des nos46 et 48 (voir ces numéros) et le n°148 (1866). À la fin de la chaussée, demeurent également encore quelques maisons du XIXesiècle, témoignant de l’ancien alignement (n°311, 1894).
Au-delà de l’avenue Van Volxem, on trouve un tronçon bâti au début du XXesiècle de maisons bourgeoises de style éclectique, comme les nos193, 195, 203 et 209 (voir ces numéros).

Chaussée de Bruxelles 222, élévation, ACF/Urb. 11266 (1931).

Le tronçon suivant est occupé de villas faisant face au parc Duden. De style pittoresque ou moderniste, ces dernières ont été construites dans les années 1920 et 1930, comme le n°222, dû à l’architecte Paul Hamesse (1931) ou les nos200, 214, 216, 218-220 et 226-228 (voir ces numéros).
Les tronçons suivants présentent quelques maisons et immeubles de style éclectique datant du début du XXesiècle et de nombreuses maisons des années 1920, comme le n°348, de style Art Déco (architecte Fernand Meert, 1924). Également de style Art Déco, le stade Joseph Marien est construit en bordure du parc Duden en 1926 (voir n°221-223-225). À la fin de la chaussée, notons l’immeuble à appartements au n°368b, dû à l’architecte René Delbecq (1932) et la maison de style moderniste (modifiée à plusieurs reprises) au n°281-283 due à l’architecte Stanislas Jasinski («Construction Nouvelle», 1932).

Sources

Archives
ACF/TP 13, 17.
ACF/Urb. 148: 38 (1866); 311: 925 (1894); 222: 11266 (1931); 348: 8262 (1924); 368b: 11755 (1932); 281-283: 11553 (1932).

Ouvrages
VERNIERS, L., Histoire de Forest-lez-Bruxelles, A. De Boeck, Bruxelles, 1949.