Typologie(s)

immeuble à appartements

Intervenant(s)

Stéph. DEVALarchitecte1935

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Modernisme

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2010-2012

id

Urban : 21030
voir plus

Description

À l'angle de la place Général Meiser et des avenues Rogier et Ernest Cambier, immeuble à appartements modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980., architecte Stéph. Deval, 1935.

Élévation enduiteL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc., de huit niveaux sous toit plat. Trois façades ceinturées par des allègesPartie de mur située sous l’appui de fenêtre. La table d’allège est une table située sous l’appui de fenêtre. et appuisAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. de fenêtre continusUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées.. Celle vers l'avenue Rogier est à front de rue au rez-de-chaussée et en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. aux étages, les deux autres sont précédées d'une zone de recul, celle vers l'avenue Cambier formant avant-corps. Vers la place, quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. symétriques. Vers les avenues Rogier et Cambier, respectivement quatre et trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., la deuxième étroite et percée de loggiasPetite pièce dans-œuvre, largement ouverte sur l’extérieur par une ou plusieurs larges baies non closes par des menuiseries., les latérales de plan cintré.

Place Général Meiser 14 et avenue Rogier 416 ([i]Bâtir[/i], 44, 1936, p. 782).

Rez-de-chaussée symétriques vers chaque artère. Vers l'avenue Rogier, deux étroits magasins à l'origine, flanqués chacun d'un «logement minimum», l'ensemble aujourd'hui aménagé en restaurant. Entrée axiale vers la place. Rez-de-chaussée côté Cambier aménagé en «bodega». Anciennes devantures et porte à piédroitsLes piédroits sont les éléments verticaux latéraux de l’encadrement d’une baie, portant son couvrement. cintrés, sous deux dalles de béton superposées. Minces appuisAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. de fenêtre en grèsTerre cuite de texture serrée, légèrement vitrifiée, glaçurée ou non. Le grès désigne également une famille de pierres composées de silice. émaillé noir, tout comme à l'origine les piédroitsLes piédroits sont les éléments verticaux latéraux de l’encadrement d’une baie, portant son couvrement. et soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue.. Certains trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. à refendsLe refend est un canal dans un parement, accusant ou simulant le tracé de joints d'un appareil à bossages.. La pergola prévue n'ayant pas été réalisée, le toit a été bordé dans le dernier tiers du XXe siècle d'un haut garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... à grille tubulaire. HuisserieMenuiseries qui s’ouvrent et se ferment, c’est-à-dire les portes et les fenêtres. Par extension, le terme désigne également les fenêtres à châssis dormants. remplacée.

À l'origine, zone de recul recouverte de dalles rustiques et bordée d'une clôture en pierre bleue et treillis, dont seuls quelques éléments subsistent.

Hall d'entrée lambrisséLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. de marbre rouge. Quatre appartements par étage, à cloisons intérieures amovibles.

Sources

Archives
ACS/Urb. 82-14.

Périodiques
«Un immeuble de petits appartements à Bruxelles», Bâtir, 44, 1936, pp. 782-783.