Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
gare
Patrimoine ferroviaire
Patrimoine ferroviaire
Intervenant(s)
Frans J. SEULEN – architecte – 1886-1892
Styles
Néo-Renaissance flamande
Inventaire(s)
- Inventaire d'urgence du patrimoine architectural de l'agglomération bruxelloise (Sint-Lukasarchief 1979)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Inventaire du patrimoine industriel (La Fonderie - 1993-1994)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Inventaire des gares bruxelloises (Thierry Demey)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Jette - noyau historique (DPC-DCE - 2020-2023)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Social Cet intérêt est difficile à distinguer de l’intérêt folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : - lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la chapelle de pèlerinage située place de l’Église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles) ; - lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens) ; - lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal) ; - bien faisant partie ou comprenant des équipements collectifs (écoles, crèches, salles communales/paroissiales, salles de sport, stades, etc.) ; - bien ou ensemble (de logements sociaux ou non) conçu de manière à stimuler les interactions sociales, l’entraide et la cohésion de quartier (par exemple les quartiers résidentiels construits après la Seconde Guerre mondiale à Ganshoren ou les quartiers spécifiquement destinés aux aînés) ; - bien faisant partie d’un complexe industriel ayant engendré une activité importante au sein de la commune où il se situe ou pour la Région.
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2022-2023
id
Urban : 24833
Description
Gare
de style néo-Renaissance flamandeLe style néo-Renaissance flamande est une variante
régionale du style néo-Renaissance qui s'est développé à Bruxelles entre 1860
et 1914 environ. Il s'inspire de la tradition architecturale du XVIe
siècle des Pays-Bas méridionaux, en particulier des hôtels de ville, des
maisons de corporations et des demeures patriciennes flamandes de l'époque des
Pays-Bas habsbourgeois.
Contrairement à la néo-Renaissance plus orientée vers l'Italie, le style
néo-Renaissance flamande met l'accent sur les racines nationales, l'expression
artisanale et l'identité urbaine. Ce style est né dans un contexte de prise de
conscience nationale et urbaine croissante : au cours de la seconde moitié
du XIXe siècle, les architectes et les politiques belges ont cherché
à définir leur propre langage architectural, indépendamment des modèles
français ou anglais. Le retour à la Renaissance flamande offrait un idiome
ancré dans l'histoire mais utilisable dans le contexte contemporain, qui
renvoyait à la tradition, au savoir-faire et à la fierté bourgeoise. Le XVIe
siècle était considéré comme l'âge d'or de l'art, du commerce et de l'autonomie
des villes, des valeurs que l'on souhaitait raviver au sein de la jeune nation
belge.
À Bruxelles, capitale du royaume, ce style a acquis une fonction représentative
marquée, symbolisant à la fois la continuité avec l'image historique de la
ville et l'identité d'une bourgeoisie sûre d'elle. Les architectes ont souvent
combiné le langage formel historiciste avec des techniques de construction
modernes, telles que la fonte, l'acier et de nouveaux formats de briques, dans
le cadre d'une architecture urbaine éclectique plus large. Ce style est devenu
particulièrement populaire pour les bâtiments publics, les écoles, les
administrations communales, les postes et les maisons bourgeoises. En mettant
en valeur l'ordre civil, la fierté de la ville et l'identité nationale, le
style acquiert ainsi une dimension
éducative et administrative. À l'époque de Léopold II, il est devenu un élément
essentiel pour l’image de la capitale.
Le style néo-Renaissance flamande se reconnaît à une composition de façade
verticale et plastique prononcée, animée par des jeux de matériaux, de couleurs
et d'ornements. Les caractéristiques typiques sont l'utilisation de briques
rouges combinées à de la pierre naturelle blanche ou bleue (parfois en
bandeaux), des pignons à gradins, des fenêtres à croisée(s) et des encadrements
profilés, des cartouches, des médaillons, des frontons et des lucarnes à
croupe, ainsi que des sculptures représentant des personnages, des armoiries ou
des motifs allégoriques. Des cordons horizontaux et des pilastres verticaux
rythment la façade, parfois complétés par des balcons en fer forgé ou des
loggias en pierre naturelle ou en bois.
Ce style allie rationalité constructive et exubérance décorative, un équilibre
qui le rendait particulièrement adapté à la représentation urbaine. conçu par l’architecte ferroviaire Frans
J.Seulen, 1886-1892.
Histoire
En 1852, l’État belge confie à la société privée Société anonyme du chemin de fer de Dendre et Waes la construction et l’exploitation de la ligne entre Bruxelles et Gand via Alost. La ligne est mise en service le 01.05.1856, l’arrêt Jette-Saint-Pierre est ouvert deux ans plus tard et en 1860-1865 il est équipé d’un arrêt provisoire avec une petite gare de passagers.
Quelques années plus tard, en 1876, l’État rachète la concession et fait bifurquer la ligne de chemin de fer via Asse vers Termonde et Lokeren. En 1886, un nouveau bâtiment de gare est construit selon les plans de l’architecte Frans J. Seulen, qui travaillait pour les Chemins de fer belges au début du siècle. L’inauguration officielle du bâtiment de la gare a lieu le 15.11.1892.
Les deux quais sont alors surélevés et équipés d’abris pour les passagers. Le couloir souterrain actuel et les deux voies supplémentaires sont plus récents. Un passage à niveau composé d’une rampe et de barrières a été aménagé dans la rue de la Station (actuelle rue Léon Theodor).
Un grand nombre de bâtiments de gare situés en périphérie de Bruxelles, dans des zones urbaines et/ou ruralesPériode : XVIIIe -XIXe-début du XXe siècles L’architecture rurale désigne un mode de construction caractéristique regroupant essentiellement des fermes et des maisons rurales édifiées entre le XVIII? siècle et le début du XX? siècle. Jusqu’au milieu du XIX? siècle, ce type de bâti est largement répandu dans les faubourgs de Bruxelles, alors marqués par un paysage à dominante rurale. Les implantations se concentrent principalement autour des églises paroissiales, au sein de hameaux, ainsi que le long des axes de circulation principaux. Ce bâti, que l’on peut inscrire dans le courant de l’architecture vernaculaire, présente des caractéristiques architecturales et matérielles spécifiques, témoignant des ressources locales et des savoir-faire traditionnels. Les fermes correspondent généralement à des exploitations agricoles de dimension modeste. Elles se composent d’un logis rectangulaire, bas et sans étage, implanté parallèlement ou perpendiculairement à la voirie. L’espace entre la voirie et la ferme fait office de cour. Jusqu’à la fin du XIX? siècle, l’étable est directement reliée à l’habitation, constituant un ensemble unitaire. Des dépendances (grange, remise, atelier, fenil) peuvent compléter cet ensemble selon les ressources du propriétaire. La ferme en carré est une variante de cette typologie, organisée en quadrilatère fermé ou en U autour d’une cour centrale. Celle-ci accueille une fosse à fumier, un puits, un abreuvoir ou un colombier. Parfois, l’aile à front de rue est marquée de manière monumentale par un porche. La technique constructive privilégie l’emploi de matériaux locaux : brique, mortier de chaux, enduit et pierre (principalement réservée aux soubassements et encadrements de baies). Les toitures, reposant sur une charpente en bois, sont couvertes de chaume, de tuiles ou parfois d’ardoises. Les ouvertures, si elles n’ont pas été rectifiées ultérieurement, sont rarement alignées et souvent de tailles différentes. Certaines conservent leur linteau en bois d’origine. On note également la présence d’ancres en fer à cheval, en I ou en X dans les pignons et/ou en façade. Les maisons rurales (souvent liées au maraîchage) reprennent une typologie facilement identifiable : un volume simple et compact en briques, une façade enduite ou peinte, une organisation en travées sur un niveau avec attique, ainsi qu’une porte cochère donnant accès à une remise arrière., construits entre 1850 et 1914, répondent à la même typologie standard de style néo-RenaissanceLe style néo-Renaissance à Bruxelles est une expression de l'éclectisme du XIXe siècle, qui a atteint son apogée entre 1850 et 1910. Ce style s'inspire des formes, des proportions et de l'ornementation de la Renaissance italienne du XVIe siècle et a été utilisé à Bruxelles dans des projets de construction publics et privés. Il constitue une réaction au néoclassicisme, jugé trop rigide et dogmatique, et se développe parallèlement au néo-baroque et au néogothique. Le néo-Renaissance bruxellois est donc un style historicisant mais chargé idéologiquement, où se mêlent représentation urbaine, fierté bourgeoise et évocation historique. Le style néo-Renaissance se distingue par une construction rationnelle des façades et une ornementation basée sur les ordres classiques et les motifs Renaissance. Il allie clarté structurelle et riches accents décoratifs. Parmi ses caractéristiques typiques, on peut citer : une articulation horizontale grâce à des corniches et des cordons, des compositions symétriques avec des travées régulières, l'utilisation d'arcs en plein cintre, de pilastres, de colonnes et de balustrades, des façades en pierre naturelle ou en brique avec des éléments en pierre blanche, une ornementation reprenant des grotesques, des médaillons, des guirlandes, des cartouches et de hauts attiques ou lucarnes sous fronton. flamande?; ils disposent tous de locaux de service et d’un logement pour le chef de gare. Nous pouvons citer à titre d’exemple les gares de Schaerbeek (1887-1919), Tervuren (1897), Weerde (1900-1910) et Eppegem (1900-1910), toutes conçues par Frans J. Seulen et celles de Vilvoorde (architectes Noël De Bondt et Henri Fouquet, 1880-1883), Turnhout (architecte E. De Rudder, 1896) et Etterbeek (architecte P. J. Otten, 1906).
La construction de la gare sur la place Cardinal Mercier doit être remise en contexte dans un plan de rénovation plus global de la place de village de l’époque, avec son église et ses bâtiments rurauxPériode : XVIIIe -XIXe-début du XXe siècles L’architecture rurale désigne un mode de construction caractéristique regroupant essentiellement des fermes et des maisons rurales édifiées entre le XVIII? siècle et le début du XX? siècle. Jusqu’au milieu du XIX? siècle, ce type de bâti est largement répandu dans les faubourgs de Bruxelles, alors marqués par un paysage à dominante rurale. Les implantations se concentrent principalement autour des églises paroissiales, au sein de hameaux, ainsi que le long des axes de circulation principaux. Ce bâti, que l’on peut inscrire dans le courant de l’architecture vernaculaire, présente des caractéristiques architecturales et matérielles spécifiques, témoignant des ressources locales et des savoir-faire traditionnels. Les fermes correspondent généralement à des exploitations agricoles de dimension modeste. Elles se composent d’un logis rectangulaire, bas et sans étage, implanté parallèlement ou perpendiculairement à la voirie. L’espace entre la voirie et la ferme fait office de cour. Jusqu’à la fin du XIX? siècle, l’étable est directement reliée à l’habitation, constituant un ensemble unitaire. Des dépendances (grange, remise, atelier, fenil) peuvent compléter cet ensemble selon les ressources du propriétaire. La ferme en carré est une variante de cette typologie, organisée en quadrilatère fermé ou en U autour d’une cour centrale. Celle-ci accueille une fosse à fumier, un puits, un abreuvoir ou un colombier. Parfois, l’aile à front de rue est marquée de manière monumentale par un porche. La technique constructive privilégie l’emploi de matériaux locaux : brique, mortier de chaux, enduit et pierre (principalement réservée aux soubassements et encadrements de baies). Les toitures, reposant sur une charpente en bois, sont couvertes de chaume, de tuiles ou parfois d’ardoises. Les ouvertures, si elles n’ont pas été rectifiées ultérieurement, sont rarement alignées et souvent de tailles différentes. Certaines conservent leur linteau en bois d’origine. On note également la présence d’ancres en fer à cheval, en I ou en X dans les pignons et/ou en façade. Les maisons rurales (souvent liées au maraîchage) reprennent une typologie facilement identifiable : un volume simple et compact en briques, une façade enduite ou peinte, une organisation en travées sur un niveau avec attique, ainsi qu’une porte cochère donnant accès à une remise arrière., en une place communale moderne servant à promouvoir le développement urbain de la commune de Jette. La nouvelle place communale (renommée plus tard place Cardinal Mercier) accueille également l’église Saint-Pierre de style néogothiqueLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après 1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale. Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de l'Europe médiévale. Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils. Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles, l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère expressif de la construction. Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la Flandre vers Bruxelles. Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette). À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux, mobilier, ferronnerie). (architecte Charles De Maeght, 1878-1880) et la maison communale (architecte Jules-Jacques Van Ysendijck, 1899-1901), également de style néo-Renaissance flamandeLe style néo-Renaissance flamande est une variante régionale du style néo-Renaissance qui s'est développé à Bruxelles entre 1860 et 1914 environ. Il s'inspire de la tradition architecturale du XVIe siècle des Pays-Bas méridionaux, en particulier des hôtels de ville, des maisons de corporations et des demeures patriciennes flamandes de l'époque des Pays-Bas habsbourgeois. Contrairement à la néo-Renaissance plus orientée vers l'Italie, le style néo-Renaissance flamande met l'accent sur les racines nationales, l'expression artisanale et l'identité urbaine. Ce style est né dans un contexte de prise de conscience nationale et urbaine croissante : au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les architectes et les politiques belges ont cherché à définir leur propre langage architectural, indépendamment des modèles français ou anglais. Le retour à la Renaissance flamande offrait un idiome ancré dans l'histoire mais utilisable dans le contexte contemporain, qui renvoyait à la tradition, au savoir-faire et à la fierté bourgeoise. Le XVIe siècle était considéré comme l'âge d'or de l'art, du commerce et de l'autonomie des villes, des valeurs que l'on souhaitait raviver au sein de la jeune nation belge. À Bruxelles, capitale du royaume, ce style a acquis une fonction représentative marquée, symbolisant à la fois la continuité avec l'image historique de la ville et l'identité d'une bourgeoisie sûre d'elle. Les architectes ont souvent combiné le langage formel historiciste avec des techniques de construction modernes, telles que la fonte, l'acier et de nouveaux formats de briques, dans le cadre d'une architecture urbaine éclectique plus large. Ce style est devenu particulièrement populaire pour les bâtiments publics, les écoles, les administrations communales, les postes et les maisons bourgeoises. En mettant en valeur l'ordre civil, la fierté de la ville et l'identité nationale, le style acquiert ainsi une dimension éducative et administrative. À l'époque de Léopold II, il est devenu un élément essentiel pour l’image de la capitale. Le style néo-Renaissance flamande se reconnaît à une composition de façade verticale et plastique prononcée, animée par des jeux de matériaux, de couleurs et d'ornements. Les caractéristiques typiques sont l'utilisation de briques rouges combinées à de la pierre naturelle blanche ou bleue (parfois en bandeaux), des pignons à gradins, des fenêtres à croisée(s) et des encadrements profilés, des cartouches, des médaillons, des frontons et des lucarnes à croupe, ainsi que des sculptures représentant des personnages, des armoiries ou des motifs allégoriques. Des cordons horizontaux et des pilastres verticaux rythment la façade, parfois complétés par des balcons en fer forgé ou des loggias en pierre naturelle ou en bois. Ce style allie rationalité constructive et exubérance décorative, un équilibre qui le rendait particulièrement adapté à la représentation urbaine.. En 1901, la ligne de tram reliant Bruxelles à l’intersection entre la rue LéopoldI et la rue Léon Theodor est prolongée jusqu’à la place Cardinal Mercier.
Description
Bâtiment en briques sous bâtièreToit à deux versants. comportant de nombreux éléments en pierre bleue, dont le soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue., les harpesLes harpes sont une superposition d’éléments dont la tête est alternativement courte et longue. et les pinaclesAmortissement élancé de plan carré ou polygonal.. Volume principal de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré. de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. et deux niveaux sous pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. à rampantsAdjectif indiquant qu’un élément d’élévation n’est ni horizontal ni vertical. Par extension, nom donné aux éléments situés de biais d’un pignon ou d’un fronton. droits comprenant des pinaclesAmortissement élancé de plan carré ou polygonal., certains avec ornement sphérique, flanqué de deux ailes latérales d’un niveau et de deux et trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. respectivement. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit., à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. au rez-de-chaussée, rectangulaires sous arcs de déchargeArc noyé dans un mur plein, qui surmonte généralement un linteau ou un autre couvrement et sert à le soulager. aux étages. Entrée principale centrale surmontée d’un entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. portant l’inscription Chemin de fer de l’État – Staatsspoorweg et d’une nicheUne niche est un renfoncement dans l’épaisseur d’un mur, qui reçoit parfois un élément décoratif. Elle peut présenter un couvrement et un plan variés, droits ou cintrés. Un élément logé dans une niche sera dit niché. contenant un lion héraldique belge sous un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. courbe. Nombreuses ancresPièce métallique apparente ou noyée dans l’enduit de façade, fixée à l’extrémité d’un tirant en fer pour solidariser les murs et les planchers. Il existe des ancres purement décoratives, non reliées à des tirants. sur le pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc.. MenuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. en partie conservées.
Façade du côté du quai équipée d’un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. de la largeur de la façade.
Intérieur. Volume central comprenant les guichets, à gauche la résidence du chef de gare et à droite la salle d’attente.
Quatre voies, dont deux disposent, au centre d’un abri pour les passagers en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. et en verre.
Classement le 13.04.1995
Histoire
En 1852, l’État belge confie à la société privée Société anonyme du chemin de fer de Dendre et Waes la construction et l’exploitation de la ligne entre Bruxelles et Gand via Alost. La ligne est mise en service le 01.05.1856, l’arrêt Jette-Saint-Pierre est ouvert deux ans plus tard et en 1860-1865 il est équipé d’un arrêt provisoire avec une petite gare de passagers.
Quelques années plus tard, en 1876, l’État rachète la concession et fait bifurquer la ligne de chemin de fer via Asse vers Termonde et Lokeren. En 1886, un nouveau bâtiment de gare est construit selon les plans de l’architecte Frans J. Seulen, qui travaillait pour les Chemins de fer belges au début du siècle. L’inauguration officielle du bâtiment de la gare a lieu le 15.11.1892.
Les deux quais sont alors surélevés et équipés d’abris pour les passagers. Le couloir souterrain actuel et les deux voies supplémentaires sont plus récents. Un passage à niveau composé d’une rampe et de barrières a été aménagé dans la rue de la Station (actuelle rue Léon Theodor).
Un grand nombre de bâtiments de gare situés en périphérie de Bruxelles, dans des zones urbaines et/ou ruralesPériode : XVIIIe -XIXe-début du XXe siècles L’architecture rurale désigne un mode de construction caractéristique regroupant essentiellement des fermes et des maisons rurales édifiées entre le XVIII? siècle et le début du XX? siècle. Jusqu’au milieu du XIX? siècle, ce type de bâti est largement répandu dans les faubourgs de Bruxelles, alors marqués par un paysage à dominante rurale. Les implantations se concentrent principalement autour des églises paroissiales, au sein de hameaux, ainsi que le long des axes de circulation principaux. Ce bâti, que l’on peut inscrire dans le courant de l’architecture vernaculaire, présente des caractéristiques architecturales et matérielles spécifiques, témoignant des ressources locales et des savoir-faire traditionnels. Les fermes correspondent généralement à des exploitations agricoles de dimension modeste. Elles se composent d’un logis rectangulaire, bas et sans étage, implanté parallèlement ou perpendiculairement à la voirie. L’espace entre la voirie et la ferme fait office de cour. Jusqu’à la fin du XIX? siècle, l’étable est directement reliée à l’habitation, constituant un ensemble unitaire. Des dépendances (grange, remise, atelier, fenil) peuvent compléter cet ensemble selon les ressources du propriétaire. La ferme en carré est une variante de cette typologie, organisée en quadrilatère fermé ou en U autour d’une cour centrale. Celle-ci accueille une fosse à fumier, un puits, un abreuvoir ou un colombier. Parfois, l’aile à front de rue est marquée de manière monumentale par un porche. La technique constructive privilégie l’emploi de matériaux locaux : brique, mortier de chaux, enduit et pierre (principalement réservée aux soubassements et encadrements de baies). Les toitures, reposant sur une charpente en bois, sont couvertes de chaume, de tuiles ou parfois d’ardoises. Les ouvertures, si elles n’ont pas été rectifiées ultérieurement, sont rarement alignées et souvent de tailles différentes. Certaines conservent leur linteau en bois d’origine. On note également la présence d’ancres en fer à cheval, en I ou en X dans les pignons et/ou en façade. Les maisons rurales (souvent liées au maraîchage) reprennent une typologie facilement identifiable : un volume simple et compact en briques, une façade enduite ou peinte, une organisation en travées sur un niveau avec attique, ainsi qu’une porte cochère donnant accès à une remise arrière., construits entre 1850 et 1914, répondent à la même typologie standard de style néo-RenaissanceLe style néo-Renaissance à Bruxelles est une expression de l'éclectisme du XIXe siècle, qui a atteint son apogée entre 1850 et 1910. Ce style s'inspire des formes, des proportions et de l'ornementation de la Renaissance italienne du XVIe siècle et a été utilisé à Bruxelles dans des projets de construction publics et privés. Il constitue une réaction au néoclassicisme, jugé trop rigide et dogmatique, et se développe parallèlement au néo-baroque et au néogothique. Le néo-Renaissance bruxellois est donc un style historicisant mais chargé idéologiquement, où se mêlent représentation urbaine, fierté bourgeoise et évocation historique. Le style néo-Renaissance se distingue par une construction rationnelle des façades et une ornementation basée sur les ordres classiques et les motifs Renaissance. Il allie clarté structurelle et riches accents décoratifs. Parmi ses caractéristiques typiques, on peut citer : une articulation horizontale grâce à des corniches et des cordons, des compositions symétriques avec des travées régulières, l'utilisation d'arcs en plein cintre, de pilastres, de colonnes et de balustrades, des façades en pierre naturelle ou en brique avec des éléments en pierre blanche, une ornementation reprenant des grotesques, des médaillons, des guirlandes, des cartouches et de hauts attiques ou lucarnes sous fronton. flamande?; ils disposent tous de locaux de service et d’un logement pour le chef de gare. Nous pouvons citer à titre d’exemple les gares de Schaerbeek (1887-1919), Tervuren (1897), Weerde (1900-1910) et Eppegem (1900-1910), toutes conçues par Frans J. Seulen et celles de Vilvoorde (architectes Noël De Bondt et Henri Fouquet, 1880-1883), Turnhout (architecte E. De Rudder, 1896) et Etterbeek (architecte P. J. Otten, 1906).
La construction de la gare sur la place Cardinal Mercier doit être remise en contexte dans un plan de rénovation plus global de la place de village de l’époque, avec son église et ses bâtiments rurauxPériode : XVIIIe -XIXe-début du XXe siècles L’architecture rurale désigne un mode de construction caractéristique regroupant essentiellement des fermes et des maisons rurales édifiées entre le XVIII? siècle et le début du XX? siècle. Jusqu’au milieu du XIX? siècle, ce type de bâti est largement répandu dans les faubourgs de Bruxelles, alors marqués par un paysage à dominante rurale. Les implantations se concentrent principalement autour des églises paroissiales, au sein de hameaux, ainsi que le long des axes de circulation principaux. Ce bâti, que l’on peut inscrire dans le courant de l’architecture vernaculaire, présente des caractéristiques architecturales et matérielles spécifiques, témoignant des ressources locales et des savoir-faire traditionnels. Les fermes correspondent généralement à des exploitations agricoles de dimension modeste. Elles se composent d’un logis rectangulaire, bas et sans étage, implanté parallèlement ou perpendiculairement à la voirie. L’espace entre la voirie et la ferme fait office de cour. Jusqu’à la fin du XIX? siècle, l’étable est directement reliée à l’habitation, constituant un ensemble unitaire. Des dépendances (grange, remise, atelier, fenil) peuvent compléter cet ensemble selon les ressources du propriétaire. La ferme en carré est une variante de cette typologie, organisée en quadrilatère fermé ou en U autour d’une cour centrale. Celle-ci accueille une fosse à fumier, un puits, un abreuvoir ou un colombier. Parfois, l’aile à front de rue est marquée de manière monumentale par un porche. La technique constructive privilégie l’emploi de matériaux locaux : brique, mortier de chaux, enduit et pierre (principalement réservée aux soubassements et encadrements de baies). Les toitures, reposant sur une charpente en bois, sont couvertes de chaume, de tuiles ou parfois d’ardoises. Les ouvertures, si elles n’ont pas été rectifiées ultérieurement, sont rarement alignées et souvent de tailles différentes. Certaines conservent leur linteau en bois d’origine. On note également la présence d’ancres en fer à cheval, en I ou en X dans les pignons et/ou en façade. Les maisons rurales (souvent liées au maraîchage) reprennent une typologie facilement identifiable : un volume simple et compact en briques, une façade enduite ou peinte, une organisation en travées sur un niveau avec attique, ainsi qu’une porte cochère donnant accès à une remise arrière., en une place communale moderne servant à promouvoir le développement urbain de la commune de Jette. La nouvelle place communale (renommée plus tard place Cardinal Mercier) accueille également l’église Saint-Pierre de style néogothiqueLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après 1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale. Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de l'Europe médiévale. Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils. Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles, l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère expressif de la construction. Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la Flandre vers Bruxelles. Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette). À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux, mobilier, ferronnerie). (architecte Charles De Maeght, 1878-1880) et la maison communale (architecte Jules-Jacques Van Ysendijck, 1899-1901), également de style néo-Renaissance flamandeLe style néo-Renaissance flamande est une variante régionale du style néo-Renaissance qui s'est développé à Bruxelles entre 1860 et 1914 environ. Il s'inspire de la tradition architecturale du XVIe siècle des Pays-Bas méridionaux, en particulier des hôtels de ville, des maisons de corporations et des demeures patriciennes flamandes de l'époque des Pays-Bas habsbourgeois. Contrairement à la néo-Renaissance plus orientée vers l'Italie, le style néo-Renaissance flamande met l'accent sur les racines nationales, l'expression artisanale et l'identité urbaine. Ce style est né dans un contexte de prise de conscience nationale et urbaine croissante : au cours de la seconde moitié du XIXe siècle, les architectes et les politiques belges ont cherché à définir leur propre langage architectural, indépendamment des modèles français ou anglais. Le retour à la Renaissance flamande offrait un idiome ancré dans l'histoire mais utilisable dans le contexte contemporain, qui renvoyait à la tradition, au savoir-faire et à la fierté bourgeoise. Le XVIe siècle était considéré comme l'âge d'or de l'art, du commerce et de l'autonomie des villes, des valeurs que l'on souhaitait raviver au sein de la jeune nation belge. À Bruxelles, capitale du royaume, ce style a acquis une fonction représentative marquée, symbolisant à la fois la continuité avec l'image historique de la ville et l'identité d'une bourgeoisie sûre d'elle. Les architectes ont souvent combiné le langage formel historiciste avec des techniques de construction modernes, telles que la fonte, l'acier et de nouveaux formats de briques, dans le cadre d'une architecture urbaine éclectique plus large. Ce style est devenu particulièrement populaire pour les bâtiments publics, les écoles, les administrations communales, les postes et les maisons bourgeoises. En mettant en valeur l'ordre civil, la fierté de la ville et l'identité nationale, le style acquiert ainsi une dimension éducative et administrative. À l'époque de Léopold II, il est devenu un élément essentiel pour l’image de la capitale. Le style néo-Renaissance flamande se reconnaît à une composition de façade verticale et plastique prononcée, animée par des jeux de matériaux, de couleurs et d'ornements. Les caractéristiques typiques sont l'utilisation de briques rouges combinées à de la pierre naturelle blanche ou bleue (parfois en bandeaux), des pignons à gradins, des fenêtres à croisée(s) et des encadrements profilés, des cartouches, des médaillons, des frontons et des lucarnes à croupe, ainsi que des sculptures représentant des personnages, des armoiries ou des motifs allégoriques. Des cordons horizontaux et des pilastres verticaux rythment la façade, parfois complétés par des balcons en fer forgé ou des loggias en pierre naturelle ou en bois. Ce style allie rationalité constructive et exubérance décorative, un équilibre qui le rendait particulièrement adapté à la représentation urbaine.. En 1901, la ligne de tram reliant Bruxelles à l’intersection entre la rue LéopoldI et la rue Léon Theodor est prolongée jusqu’à la place Cardinal Mercier.
Description
Bâtiment en briques sous bâtièreToit à deux versants. comportant de nombreux éléments en pierre bleue, dont le soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue., les harpesLes harpes sont une superposition d’éléments dont la tête est alternativement courte et longue. et les pinaclesAmortissement élancé de plan carré ou polygonal.. Volume principal de composition symétriqueDans l'inventaire, une façade est dite de composition symétrique lorsqu’elle compte trois travées égales. À Bruxelles, ce type de façade s’élève souvent sur trois niveaux de hauteur dégressive. La travée axiale est d’ordinaire mise en évidence par un ressaut, par un ou plusieurs balcons et par un décor plus élaboré. de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. et deux niveaux sous pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. à rampantsAdjectif indiquant qu’un élément d’élévation n’est ni horizontal ni vertical. Par extension, nom donné aux éléments situés de biais d’un pignon ou d’un fronton. droits comprenant des pinaclesAmortissement élancé de plan carré ou polygonal., certains avec ornement sphérique, flanqué de deux ailes latérales d’un niveau et de deux et trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. respectivement. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit., à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. au rez-de-chaussée, rectangulaires sous arcs de déchargeArc noyé dans un mur plein, qui surmonte généralement un linteau ou un autre couvrement et sert à le soulager. aux étages. Entrée principale centrale surmontée d’un entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. portant l’inscription Chemin de fer de l’État – Staatsspoorweg et d’une nicheUne niche est un renfoncement dans l’épaisseur d’un mur, qui reçoit parfois un élément décoratif. Elle peut présenter un couvrement et un plan variés, droits ou cintrés. Un élément logé dans une niche sera dit niché. contenant un lion héraldique belge sous un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. courbe. Nombreuses ancresPièce métallique apparente ou noyée dans l’enduit de façade, fixée à l’extrémité d’un tirant en fer pour solidariser les murs et les planchers. Il existe des ancres purement décoratives, non reliées à des tirants. sur le pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc.. MenuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. en partie conservées.
Façade du côté du quai équipée d’un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. de la largeur de la façade.
Intérieur. Volume central comprenant les guichets, à gauche la résidence du chef de gare et à droite la salle d’attente.
Quatre voies, dont deux disposent, au centre d’un abri pour les passagers en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. et en verre.
Classement le 13.04.1995
Sources
Ouvrages
DE BOT, H., Stationsarchitectuur in België, deel 1 1835-1914, Brepols, 2002.
DEMEY, Th., DE VILLE, A., PASTIELS, P., Les gares bruxelloises, Un patrimoine méconnu, Région de Bruxelles-Capitale, Service des monuments et sites, Bruxelles, 1994.
Inventaire visuel de l’architecture industrielle à Bruxelles, Jette – Berchem et Ganshoren, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiche 17.
PAULUS, G., Jette, Guides des communes de la Région Bruxelloise, CFC-éditions, Bruxelles, 2000, p. 13.
Périodiques
VAN DEN HAUTE, R., «Quand la voie ferrée atteignit Jette et Ganshoren», Comté de Jette, 13, 1977-1978, pp. 8-14.
Arbres remarquables à proximité















