Typologie(s)

villa à trois façades

Intervenant(s)

Jean-Baptiste DEWINarchitecte1922

Statut juridique

Classé depuis le 07 juillet 2016

Styles

Art Déco

Inventaire(s)

  • Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
  • Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)

Recherches et rédaction

2014-2016

id

Urban : 36817
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Description

Remarquable villa trois façades de style Art DécoStyle Art Déco (entre-deux-guerres). Tendance à la géométrisation des formes et des ornements architecturaux, doublée de jeux de matériaux, de textures et de couleurs., conçue à la demande de l’ingénieur et industriel Jean Danckaert, signée et millésimée «J.[ean-]B.[aptiste] Dewin architecte [19]22».

Propriété composée d’une villa trois façades et d’un garage séparés par un jardin délimité côté rue par un mur de clôture.

Villa. Élévation d’un seul niveau, couverte d’une haute toiture mansardée de deux niveaux, dont le brisis inférieur s’inscrit alternativement dans le plan de la façade (lucarnes en briques) ou dans celui de la toiture (lucarnes en bois). Façades sur soubassement en pierre bleue, le reste en briques orange et animé, dans la partie basse, d’éléments et d’épais bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. en pierre blanche. Fenêtres à épais encadrement en pierre à linteau délardé, orné de modillonsÉléments décoratifs de forme quelconque, répétés sous une corniche., celles du rez-de-chaussée à traverseÉlément horizontal divisant une baie ou pièce horizontale d'une menuiserie. et, pour certaines, à grille en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. à motif d’abeille. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. d’imposte garnies de bandes verticales de vitraux colorés (motifs d’oiseaux, de cerises et de feuilles de cerisier).

Côté rue, façade de deux travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade.: la première, percée de la porte d’entrée sous auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine., se prolonge en toiture par une lucarne passanteUne lucarne est dite passante lorsqu'elle est située dans le plan de la façade et interrompt la corniche ou l’entablement terminal du bâtiment. en briques, sous pignon cintré.

Façade latérale alignant trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., reliées à la façade arrière par une travée en pan coupéPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment.. Première travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. animée par un bow-windowDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. dont les pans latéraux en briques se prolongent au niveau supérieur pour former les jouesLe terme joues désigne les petits côtés d’un balcon, entièrement en pierre ou en maçonnerie. d’une terrasse à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse ou une porte-fenêtre. métallique; celle-ci devance une lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres..

Rue Meyerbeer 29-33, Hôtel Danckaert, [i]L’Émulation[/i], 1925, pl. 14.

Sur l’angle, la terrasse d’origine (socle en briques et pierre bleue) a été ultérieurement couverte d’une toiture soutenue par des colonnes en pierre galbées à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. dorique; elle a été partiellement transformée en véranda (ajout de fenêtres). Terrasse accessible depuis le jardin par un escalier en pierre bleue. Étage percé de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. s’inscrivant tantôt dans la maçonnerie en briques de l’élévation, tantôt dans le registreAlignement horizontal de baies sur un pignon. inférieur du brisis de la toiture (lucarnes en bois).
Second registreAlignement horizontal de baies sur un pignon. de la mansarde percé de deux lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. en bois.

En façade arrière, angle de la toiture couvert, à hauteur du registreAlignement horizontal de baies sur un pignon. inférieur, de briques et ouvert de hautes baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. éclairant la chambre principale. Second registre de la mansarde percé de deux lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. en bois. À hauteur de la dernière travée, au rez-de-chaussée, petit bâtiment de facture semblable à celui du garage (un niveau sous toiture mansardée), abritant la cuisine et la buanderie. Sa façade, côté jardin, est notamment marquée par un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. cintré percé d’une baie rectangulaire.

Intérieur. Porte d’entrée donnant accès à un petit hall s’ouvrant sur le grand hall principal (lanterneau), entouré par une cage d’escalier en chêne, se terminant par une galerie haute suspendue formant le palier de l’étage. À droite du hall s’ouvre un salon, en enfilade avec une salle à manger (côté rue). Pièces conservant un décor d’origine très remarquable, formé de boiseries, quincailleriesEnsemble des éléments métalliques fixés à une menuiserie : gonds, serrures, etc., serrurerie, cheminées, vitraux, revêtements de sols, cache-radiateurs, interrupteurs, portes panneautées ornées de vitraux, éviers (décors par les ateliers De Coene de Courtrai).

À l’étage, une chambre côté rue et trois pièces en enfilade côté jardin (chambre, boudoir et salle de billard). Escalier de service menant aux combles s’ouvrant aussi sur le palier.

La simplicité et l’élégance des décors, la mise en valeur du bois et du marbre travaillé en grandes surfaces selon des lignes épurées, rappellent fortement le revival du style Biedermeier que J.-B. Dewin a découvert en 1921 à New York, où il est alors en vogue.

Garage. Bâtiment à trois façades d’un niveau, sous haute toiture mansardée. Façades en briques, éléments de pierre bleue et de pierre blanche. Façade côté rue percée de la porte de garage, la façade latérale de quatre petites fenêtres jumelées. Brisis percé d’une lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. côté rue.

Mur de clôture en briques et éléments de pierre bleue, dont les épais pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. cruciformes enserrent des grilles en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. (motif d’abeille) et le portail d’entrée métallique.

Jardin. Parc s’étendant à l’origine sur plus de 30 ares, divisé en deux en 1951 lorsque Jean Danckaert fait ériger pour son fils la maison située au n°35 (architecte Charles Dewys).
Jardin actuel de composition simple et soignée, typiques de l’art des jardins du début du XXe siècle. La plupart des plantations sont d’origine. À droite de l’entrée, roseraie au tracé classique, promenade délimitant une zone de pelouse de forme circulaire, ponctuée de massifs arbustifs persistants (laurier-cerise, laurier-rose, if d’Irlande, if, buis...). Lisière du jardin bordée d’arbres à haute tige (érables, tilleuls, peupliers et hêtre pourpre), probablement d’origine. Dans le fond du jardin, le cerisier a inspiré le décor des vitraux de la villa.

Classement 02.07.2015


Sources

Archives
ACF/Urb. 7076 (1920), 7498 (1922): n°35: 15765 (1951).

Ouvrages
JAMAR, M.,Jean-Baptiste Dewin, architecte de la période Art nouveau – Art Déco, Mémoire de licence, La Cambre, 1995.
Les ateliers d’Art De Coene de Courtrai, 80 ans d’artisanat et d’industrie, mobiliers, intérieurs, architecture, le livre Timperman, Bruxelles, 2006.

Périodiques
Bruxelles Patrimoine, 10, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, 2014, p. 85.
L’Émulation, 1925, pl. 13 et 14.

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