Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
immeuble de logements sociaux
Intervenant(s)
Léon Jean Joseph GOVAERTS – architecte – 1901
Styles
Art nouveau
Inventaire(s)
- Inventaire d'urgence du patrimoine architectural de l'agglomération bruxelloise (Sint-Lukasarchief 1979)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Inventaire du patrimoine social (La Fonderie - 2005)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Forest (DPC-DCE - 2014-2020)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Paysager Un paysage est un espace, tel que perçu par l’homme, dont le caractère est le résultat de l’action et de l’interaction de facteurs naturels et/ou humains. Il s’agit d’une notion d’échelle qui est composée de divers éléments (patrimoniaux), dont chacun peut avoir ou non une valeur intrinsèque, mais qui se combinent pour créer un ensemble plus vaste de valeur ajoutée et sont perçus comme tels à une certaine distance. Les vastes panoramas urbains constituent le paysage par excellence, comme la vue sur la ville basse de Bruxelles depuis la place Royale, mais de tels sites composés de différents éléments peuvent également exister à plus petite échelle.
- Scientifique L’intérêt scientifique est souvent reconnu dans le cas des sites naturels et des arbres. Dans le contexte d’un bien immobilier, il peut s’agir de la présence d’un élément (de construction) (matériau particulier, matériau expérimental, processus de construction ou composant) ou du témoin d’un espace spatio-structurel (urbanistique) dont la préservation devrait être envisagée à des fins de recherche scientifique. Dans le cas des sites et vestiges archéologiques, l’intérêt scientifique est reconnu en fonction du caractère exceptionnel des vestiges en termes d’ancienneté (par exemple la villa romaine de Jette), des conditions de conservation exceptionnelles (par exemple le site de l’ancien village d’Auderghem) ou de l’unicité des éléments (par exemple une charpente entièrement conservée) et constitue donc, à cet égard, une contribution scientifique exceptionnelle et de premier plan à la connaissance de notre passé urbain et préurbain.
- Social Cet intérêt est difficile à distinguer de l’intérêt folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : - lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la chapelle de pèlerinage située place de l’Église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles) ; - lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens) ; - lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal) ; - bien faisant partie ou comprenant des équipements collectifs (écoles, crèches, salles communales/paroissiales, salles de sport, stades, etc.) ; - bien ou ensemble (de logements sociaux ou non) conçu de manière à stimuler les interactions sociales, l’entraide et la cohésion de quartier (par exemple les quartiers résidentiels construits après la Seconde Guerre mondiale à Ganshoren ou les quartiers spécifiquement destinés aux aînés) ; - bien faisant partie d’un complexe industriel ayant engendré une activité importante au sein de la commune où il se situe ou pour la Région.
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2014-2016
id
Urban : 29216
Description
Remarquable
immeuble de logements sociaux, de style Art nouveauPériode : 1890 – 1914
L’Art nouveau est un mouvement artistique qui se développe en Europe principalement
entre 1890 et 1910, et manifeste une volonté de rupture avec les styles
historiques et l’art académique du XIXe siècle.
En Belgique, on situe la naissance de l’Art nouveau à Bruxelles en 1893 avec la
construction de l’Hôtel Tassel de Victor Horta (1861-1947) et de la maison
personnelle de Paul Hankar (1859-1901). Abandonnant la typologie traditionnelle
des trois pièces en enfilade, Horta évide le centre de la maison pour y amener
la lumière du jour et, à partir de là, éclate l’espace intérieur. Il développe
une esthétique librement inspirée de la flore à laquelle Hankar répond par un
langage formel géométrique recherchant davantage les effets colorés procurés
par les matériaux et le traitement varié des matières. À partir de ces deux
exemples se déclineront deux courants : l’un inspiré du monde végétal avec
des lignes courbes et organiques ; l’autre d’inspiration géométrique, au
vocabulaire formel plus raide et répétitif. L’Art nouveau s’applique à des
programmes très variés (maisons bourgeoises et hôtels de maître, établissements
scolaires, logement social, commerces).
D’abord conçu pour une bourgeoisie aisée progressiste, le style Art nouveau se
démocratise rapidement et devient le vocabulaire à la mode d’une nouvelle
génération d’architectes qui met moins l’accent sur la complexité intérieure
que sur les façades. L’assouplissement de la structure intérieure de la maison
conduit à une organisation plus libre de la façade percée de fenêtres de formes
variées, rehaussée de bow-windows, de loggias, de balcons et dont l’aspect se
voit modifié par l’introduction de nouveaux matériaux : briques émaillées
colorées, mosaïques, céramiques décoratives, colonnettes et linteaux
métalliques. L’esprit Art nouveau se limite ainsi souvent à s’intégrer à l’éclectisme
au travers des détails décoratifs particulièrement soignés (sgraffites, vitraux,
ferronneries, dessin de châssis ou d’un arc de baie)., construit pour la Société
anonyme des Habitations à Bon marché de l’agglomération bruxelloise, architecte
Léon Govaerts, 1901.
Sobre élévation de quatre niveaux alignant quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., les médianes plus petites, séparées de larges trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau.. SoubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en plaquis de calcaire, le reste de la façade en béton grenu et rehaussé d’un décor en cimentEnduit de mortier de ciment type Portland, un matériau gris et très dur qui entre dans la composition du béton et du mortier moderne. lisse. Toiture plate soulignée d’une haute cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. en bois, d’origine.
Au rez-de-chaussée, dans l’axe, dispositif d’entrée original repris sous un linteauÉlément rectiligne d’un seul tenant, en pierre, bois, béton ou métal, couvrant une baie. travaillé en faisceaux: porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. dans-œuvreHors-œuvre. Position d’un petit volume accolé par un de ses côtés à un corps de bâtiment. Dans-œuvre. Terme désignant un élément situé à l’intérieur d’un corps de bâtiment. flanqué de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. à chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. d’inspiration égyptienneLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques. L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte (1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt que d'un style « néo » à part entière. Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle. Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable. À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons d'exposition) et dans le contexte maçonnique. Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques, imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de l'entre-deux-guerres., fermé d’une grille (remplacée), et abritant la porte piétonne disposée en biais. De part et d’autre du porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde., ouvertures latérales dont l’arc s’achève en ogiveUn élément est dit brisé, en ogive ou ogival lorsqu’il est composé de deux arcs de cercle se rejoignant en pointe. retournée, incluant le soupirail.
À chaque niveaux, portes-fenêtres positionnées de biais par rapport au plan de la façade, ce qui permet l’aménagement d’une petite terrasse à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. (remplacé), bénéficiant d’une orientation ouest. TrumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. animés d’étroites petites nichesUne niche est un renfoncement dans l’épaisseur d’un mur, qui reçoit parfois un élément décoratif. Elle peut présenter un couvrement et un plan variés, droits ou cintrés. Un élément logé dans une niche sera dit niché. cintrées aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre.. À hauteur des trois premiers niveaux, linteauxÉlément rectiligne d’un seul tenant, en pierre, bois, béton ou métal, couvrant une baie. reprenant le même motif à faisceau stylisé qui surligne le dispositif d’entrée.
Intérieur. À l’origine, dans chaque appartement: hall d’entrée équipé d’un placard de rangement et distribuant deux chambres, un WC ainsi qu’une cuisine et laverie privées donnant sur une terrasse-cour en façade arrière. Disposition en plan nouvelle pour les logements sociaux de l’époque.
Classement 06.11.1997
Sobre élévation de quatre niveaux alignant quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., les médianes plus petites, séparées de larges trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau.. SoubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en plaquis de calcaire, le reste de la façade en béton grenu et rehaussé d’un décor en cimentEnduit de mortier de ciment type Portland, un matériau gris et très dur qui entre dans la composition du béton et du mortier moderne. lisse. Toiture plate soulignée d’une haute cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. en bois, d’origine.
Au rez-de-chaussée, dans l’axe, dispositif d’entrée original repris sous un linteauÉlément rectiligne d’un seul tenant, en pierre, bois, béton ou métal, couvrant une baie. travaillé en faisceaux: porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. dans-œuvreHors-œuvre. Position d’un petit volume accolé par un de ses côtés à un corps de bâtiment. Dans-œuvre. Terme désignant un élément situé à l’intérieur d’un corps de bâtiment. flanqué de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. à chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. d’inspiration égyptienneLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques. L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte (1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt que d'un style « néo » à part entière. Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique, et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle. Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable. À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons d'exposition) et dans le contexte maçonnique. Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques, imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de l'entre-deux-guerres., fermé d’une grille (remplacée), et abritant la porte piétonne disposée en biais. De part et d’autre du porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde., ouvertures latérales dont l’arc s’achève en ogiveUn élément est dit brisé, en ogive ou ogival lorsqu’il est composé de deux arcs de cercle se rejoignant en pointe. retournée, incluant le soupirail.
À chaque niveaux, portes-fenêtres positionnées de biais par rapport au plan de la façade, ce qui permet l’aménagement d’une petite terrasse à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. (remplacé), bénéficiant d’une orientation ouest. TrumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. animés d’étroites petites nichesUne niche est un renfoncement dans l’épaisseur d’un mur, qui reçoit parfois un élément décoratif. Elle peut présenter un couvrement et un plan variés, droits ou cintrés. Un élément logé dans une niche sera dit niché. cintrées aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre.. À hauteur des trois premiers niveaux, linteauxÉlément rectiligne d’un seul tenant, en pierre, bois, béton ou métal, couvrant une baie. reprenant le même motif à faisceau stylisé qui surligne le dispositif d’entrée.
Intérieur. À l’origine, dans chaque appartement: hall d’entrée équipé d’un placard de rangement et distribuant deux chambres, un WC ainsi qu’une cuisine et laverie privées donnant sur une terrasse-cour en façade arrière. Disposition en plan nouvelle pour les logements sociaux de l’époque.
Classement 06.11.1997
Sources
Archives
ACF/Urb.
23901 (2006-2007).
Ouvrages
DEL MARMOL, B., L’avenue Molière et le
quartier Berkendael, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale,
Bruxelles, 2002 (Bruxelles, Ville d’Art et d’Histoire, 33), p. 8.
GAIARDO, L., Société Coopérative du
Logement de l’Agglomération bruxelloise. Centième anniversaire, IGEAT-ULB,
2000, pp. 7-9.
Arbres remarquables à proximité

















