Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireReliant actuellement, du côté impair, le quai au Foin à la rue des Commerçants et, du côté pair, les boulevards d’Ypres et de Dixmude, le quai constituait jadis le côté est du Grand Bassin, aussi appelé bassin du Commerce.

Le creusement de celui-ci, élargissement local du canal de Willebroeck, fut mis en adjudication en 1829, en même temps que les travaux d’amélioration du tirant d’eau du canal et de renouvellement des écluses, ponts et vannes. La pose de la première pierre du bassin eut lieu le 01.04.1830. La même époque vit l’achèvement du canal de Charleroi (1827-1832) rejoignant le canal de Willebroeck au nord du bassin du Commerce. Les terrains utilisés, situés auparavant à l’extérieur de la deuxième enceinte urbaine (XIVe siècle), furent incorporés au territoire de la ville suite à la création du boulevard d’Anvers en 1819 (voir à cette adresse) et à l’achèvement de la ceinture de boulevards vers 1830. Le bassin du Commerce, véritable port intérieur de 182 m sur 70 m, pouvait accueillir 150 bateaux. Il se greffait au sud sur le complexe portuaire du XVIe siècle (voir quai aux Briques) ; à l’est, il communiquait avec le bassin du Chantier, destiné aux constructions navales, creusé en 1824 et remblayé en 1860 (voir quai du Chantier).

La construction le long du quai, alors front est du canal de Willebroeck, débuta en 1819. Le front ouest du nouveau bassin, limité au nord par la nouvelle «porte du Rivage» constituée des deux aubettes de l’octroi (1833, architecte A. Payen), fut bordé par le vaste « Entrepôt» édifié de 1843 à 1847 sur les plans de l’architecte L. Spaak, bâtiment révolutionnaire alors par l’emploi simultané de fonte, fer laminé et maçonnerie, et par sa position le long du réseau ferroviaire reliant à l’époque les gares du Nord et du Midi (Bogards). Après le remblayage des bassins en 1910-1911, l’emplacement du Grand Bassin et de l’Entrepôt des marchandises fut aménagé pour constituer le « Quartier Maritime » — actuels quai du Commerce, boulevard d’Ypres, boulevard de Dixmude, place de l’Yser et le square Sainctelette — dont l’établissement fut décidé en 1911 mais dont la construction ne débuta que dans les années 1920 (voir aussi boulevard de Dixmude). La concentration, dans ce quartier, de nombreuses firmes de commerce en gros et de marchés publics témoigne de la persistance de l’ancienne activité portuaire.

Le quai se présente, depuis lors, comme une large avenue à deux bandes de circulation séparées par un terre-plein central planté de rangées de platanes. Le long du front est subsistent quelques témoins de l’architecture néoclassique du quai à l’origine, datant des années 1820. Le long du côté ouest et à hauteur de l’ancien bassin du Chantier, une importante série d’immeubles à appartements, des années 1920 à 1930, dans un style principalement apparenté à l’Art Déco et d’un gabarit variant de quatre à sept niveaux sous toiture mansardée, se caractérise par des façades parementées en briques traitées de manière ornementale et combinées avec la pierre bleue, la pierre blanche et le simili-pierre. L’animation des surfaces est assurée par les bow-windows, les balcons à garde-corps en ferronnerie et le traitement des allèges. Certains exemples moins représentatifs, tels le n° 24 (1925, architecte P. Meert), le n° 27, le no 44-46 en style fonctionnaliste (1953, architecte A. Bosshard) côtoient entre autres une imprimerie au no 14-18, s’étendant jusqu’au boulevard d’Ypres, n° 15 (1930, architecte G. Vuille).


Sources

Archives
AVB/TP 37834 (1925), 50712 (1933), 50711 (1930).
AVB/AA, 1829, vol. 26bis, s.n°; 1833, vol. 30, s.n°; 1911, rep. 8250.