Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireCette vaste place fut établie en 1787 sur les terrains de l’ancien couvent de Jéricho, d’après les plans dessinés par l’architecte R. Nivoy avec l’aide de l’ingénieur-architecte C. Fisco. Elle fut immédiatement bordée de constructions puis plantée d’une double rangée d’arbres en 1802. Le couvent de Jéricho ou «Porta Coeli» avait été fondé en 1235 au-delà de la porte Sainte-Catherine par les Dames Blanches ou Victorines, expulsées en 1456. Il fut ensuite occupé par les Chanoinesses régulières de Windesheim et fermé en 1783. En 1787, le Gouvernement autrichien donna à la Ville l’autorisation, sollicitée dès 1784, d’établir sur les terrains situés entre le Vieux Marché aux Grains, la rue de Flandre et la rue du Rempart des Moines, un nouveau Marché aux Grains plus grand, remplaçant l’ancien marché jouxtant l’église Sainte-Catherine. Les parcelles devaient être bâties avant la fin de 1788. Le Nouveau Marché aux Grains constitue le troisième et dernier des grands ensembles urbanistiques créés pendant le dernier quart du XVIIIe siècle, sous le Régime autrichien. Sur la place rectangulaire fermée débouchaient, près des extrémités de chaque long côté, deux rues presque parallèles : à l’Ouest, menant au Vieux Marché aux Grains, la rue de la Braie et l’ancienne rue de Jéricho; à l’Est, conduisant au Rempart des Moines, la rue du Houblon et l’ancienne rue de la Cuillère. La rue du Houblon, qui fut plus tard prolongée, forme cependant un coude par rapport à la rue de la Braie, préexistante. Les rues de Jéricho et de la Cuillère furent incorporées plus tard dans le tracé de la rue A. Dansaert (1890-1891/1898-1899) puis élargies du côté Nord lors du percement de la rue L. Lepage à partir de 1912. La brèche ouverte par cette dernière dans le front Nord de la place contribua à en faire disparaître les angles fermés caractéristiques, qui ne subsistent que du côté Sud. De plus, les pans coupés formant la liaison avec les rues de traverse ont disparu des nouvelles constructions.
Contrairement au cas de la place des Martyrs ou de la place Royale, aucune volonté d’unité architecturale ne présida à la création du Nouveau Marché aux Grains. Toutefois, dans les années qui suivirent sa création, les quatre côtés de la place furent principalement bâtis de maisons de maître ou bourgeoises de trois niveaux, en style néoclassique homogène, avec un décor Louis XVI plus ou moins marqué. Parfois, un propriétaire groupa plusieurs immeubles derrière une seule longue façade, comme en témoignent encore les nos 4, 5, 6, 9, 19, 24-25 et 31-34. Depuis l’entre-deux-guerres, la démolition et la reconstruction systématique de la quasi totalité des bâtiments a entraîné l’augmentation des gabarits.
Espace central actuel borné et planté de platanes, cerné de pavés avec zone de parcage au Sud.

Statue de J.-B. Van Helmont
(1579-1644), chimiste, physiologue, médecin et philosophe, sculptée en marbre blanc par G. Vander Linden; socle de pierre bleue portant des inscriptions dessiné par l’architecte L. Delacenserie, réalisé en 1881-1888 et inauguré en 1889.

À l’angle de la rue A. Dansaert, église Néerlandaise Réformée Évangéliste (1962-1971, bureau d’architecte Dingemans) construite en béton, avec campanile.

Fontaine en fonte de 1982, avec statuette «la Grosse Cuisinière» par le sculpteur J. De Decker.

Sources

Archives
AVB/BA 36 (1889); PP 24-26 (1738-1739).