Région de Bruxelles-Capitale
Synagogue de la Communauté israélite orthodoxe de Bruxelles (CIOB)
Rue de la Clinique 67a
Rue du Chapeau 40
Typologie(s)
synagogue
Intervenant(s)
Joseph DE LANGE – architecte – 1926-1933
Styles
Art Déco
Inventaire(s)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Anderlecht-Cureghem (Archistory - 2017-2019)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Social Cet intérêt est difficile à distinguer de l’intérêt folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : - lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la chapelle de pèlerinage située place de l’Église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles) ; - lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens) ; - lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal) ; - bien faisant partie ou comprenant des équipements collectifs (écoles, crèches, salles communales/paroissiales, salles de sport, stades, etc.) ; - bien ou ensemble (de logements sociaux ou non) conçu de manière à stimuler les interactions sociales, l’entraide et la cohésion de quartier (par exemple les quartiers résidentiels construits après la Seconde Guerre mondiale à Ganshoren ou les quartiers spécifiquement destinés aux aînés) ; - bien faisant partie d’un complexe industriel ayant engendré une activité importante au sein de la commune où il se situe ou pour la Région.
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2016, 2019
id
Urban : 34987
Description
Édifice de style Art DécoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). d’inspiration romaneXIe siècle -
XIIIe siècle.
L'architecture romane est apparue pendant une période de relative stabilité
politique après les invasions et les troubles du début du Moyen Âge. Elle s'est
développée simultanément en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, puis
s'est répandue dans toute l'Europe. Ce style s'est inspiré de l'architecture
carolingienne et ottomane, qui s'est elle-même inspirée des exemples romains et
byzantins.
Le style roman peut être considéré comme le premier grand style artistique de
l'Europe médiévale. Son essor et sa diffusion sont le résultat d'intenses
échanges culturels et de la dynamique religieuse, notamment liée à la vie
monastique et aux chemins de pèlerinage. Aussi, on le retrouve principalement
dans l'architecture religieuse, comme les cathédrales, les églises et les
monastères.
Les lieux de culte romans se caractérisent par des murs massifs en pierre avec
de petites baies à arc en plein cintre et de riches peintures murales. L’arc en
plein cintre est fréquemment utilisé : dans les portails, les frises, les
niches et les pilastres. La couverture est généralement constituée d'un plafond
plat en bois, et plus rarement de voûtes en berceau, d’arêtes ou d’une coupole
en pierre. Le plan est généralement en forme de croix latine avec des nefs
latérales, et sous le chœur se trouve souvent une crypte, destinée à servir de
lieu de sépulture ou de conservation des reliques.
À Bruxelles, pratiquement aucune église romane n'a été conservée dans son état
d'origine. La plupart des lieux de culte ont été agrandis, modernisés ou
restaurés au fil des siècles, de sorte qu'aujourd'hui, seules des parties
fragmentaires de cette première phase historique de l'histoire de la
construction sont visibles., conçu à partir de 1926
par l’architecte Joseph de Lange.
Historique
La Communauté israélite orthodoxe de Bruxelles et son titre sont reconnus par les arrêtés royaux des 20.06.1910 et 11.08.1912. Suite à l’afflux important d’immigrants juifs à cette époque, le Consistoire envisage l’érection d’une synagogue à Cureghem. Il faut toutefois attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour voir se poursuivre le projet, sous la présidence de J. Zimmerman. En 1926, la communauté acquiert un terrain d’un demi-hectare environ, à l’angle des rues de la Clinique et du Chapeau. Le vendeur est la société Damman et Washer, dont les menuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. s’étendaient également sur la partie sud de l’îlot voisin, rue Jorez, aujourd’hui transformée en square. Les plans sont confiés à un architecte juif d’Anvers, auteur d’autres synagogues belges. Celui-ci opte, dans un second projet modificatif, pour un mélange d’accents néo-romansLe style néo-roman fait partie des premières manifestations de l'historicisme du XIXe siècle en Belgique. Il a connu son apogée entre 1840 et 1900, avec un regain d'intérêt pendant l'entre-deux-guerres (cf. l'œuvre de l'architecte Chrétien Veraart). Ce style s'inspire de l'architecture de la période romane (XIe-XIIe siècles). Bien que le style néogothique soit rapidement devenu le style religieux dominant, le style néo-roman est resté présent à Bruxelles dans les bâtiments religieux, éducatifs et institutionnels, souvent en combinaison avec d'autres styles « néo » dans le cadre de l'éclectisme. Le style néo-roman se distingue par son architecture massive, sobre et définie de manière plastique, dans laquelle la construction et la décoration forment une unité claire. Il se caractérise notamment par l'utilisation d'arcs en plein cintre pour les fenêtres, des portails et arcades, de lourds piliers et colonnes à chapiteau simple, des compositions de façade symétriques et fermées, des tours cylindriques ou des tours occidentales carrées avec un toit en croupe, de petites baies qui assurent la robustesse des murs et des façades en pierre naturelle ou en brique, souvent combinées avec des éléments en pierre blanche, des bandes décoratives en brique ou en mosaïque, rappelant les traditions romanes lombardes ou rhénanes. Ce style évoque un sentiment de solidité, de tranquillité et de concentration spirituelle, ce qui le rendait particulièrement adapté à l'architecture religieuse et aux institutions à vocation morale ou éducative. À Bruxelles, le style néo-roman doit être compris dans le cadre idéologique plus large du renouveau catholique du XIXe siècle. Au lendemain de l'indépendance de la Belgique (1830), on assiste à un regain d'intérêt pour le patrimoine chrétien du Moyen Âge, considéré comme une source de stabilité morale et de continuité nationale. Le style néo-roman était vu comme une architecture originale et sobre, exprimant une spiritualité authentique, contrairement au style gothique plus émotionnel.. En outre, ce style a également été utilisé dans des contextes éclectiques, notamment les écoles, les casernes, les hôpitaux et les monastères. Il y fait référence à la discipline, l'ordre et la simplicité, qui correspondaient bien aux valeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle. et Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)., à mi-chemin entre les styles néo-romanLe style néo-roman fait partie des premières manifestations de l'historicisme du XIXe siècle en Belgique. Il a connu son apogée entre 1840 et 1900, avec un regain d'intérêt pendant l'entre-deux-guerres (cf. l'œuvre de l'architecte Chrétien Veraart). Ce style s'inspire de l'architecture de la période romane (XIe-XIIe siècles). Bien que le style néogothique soit rapidement devenu le style religieux dominant, le style néo-roman est resté présent à Bruxelles dans les bâtiments religieux, éducatifs et institutionnels, souvent en combinaison avec d'autres styles « néo » dans le cadre de l'éclectisme. Le style néo-roman se distingue par son architecture massive, sobre et définie de manière plastique, dans laquelle la construction et la décoration forment une unité claire. Il se caractérise notamment par l'utilisation d'arcs en plein cintre pour les fenêtres, des portails et arcades, de lourds piliers et colonnes à chapiteau simple, des compositions de façade symétriques et fermées, des tours cylindriques ou des tours occidentales carrées avec un toit en croupe, de petites baies qui assurent la robustesse des murs et des façades en pierre naturelle ou en brique, souvent combinées avec des éléments en pierre blanche, des bandes décoratives en brique ou en mosaïque, rappelant les traditions romanes lombardes ou rhénanes. Ce style évoque un sentiment de solidité, de tranquillité et de concentration spirituelle, ce qui le rendait particulièrement adapté à l'architecture religieuse et aux institutions à vocation morale ou éducative. À Bruxelles, le style néo-roman doit être compris dans le cadre idéologique plus large du renouveau catholique du XIXe siècle. Au lendemain de l'indépendance de la Belgique (1830), on assiste à un regain d'intérêt pour le patrimoine chrétien du Moyen Âge, considéré comme une source de stabilité morale et de continuité nationale. Le style néo-roman était vu comme une architecture originale et sobre, exprimant une spiritualité authentique, contrairement au style gothique plus émotionnel.. En outre, ce style a également été utilisé dans des contextes éclectiques, notamment les écoles, les casernes, les hôpitaux et les monastères. Il y fait référence à la discipline, l'ordre et la simplicité, qui correspondaient bien aux valeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle. de sa synagogue de la rue Hoveniers à Anvers (1913) et résolument Art décoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). de celle située Van den Nestlei dans la même ville (1923-1929). La première pierre est posée le 26.09.1926 mais l’inauguration n’a lieu que le 06.04.1933. Après la Seconde Guerre mondiale, les installations sont parachevées et une école juive y est créée. Quelques transformations intérieures sont menées dans les années 1970 et, suite à un attentat perpétré en 2014, l’espace du culte a été restauré et ses décors peints en partie refaits.
Description
Extérieur
Immeuble d’angle de plan quasi rectangulaire, à structure orthogonale en béton armé. Tout en symétrie et verticalité, façades de quatre et six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., en briques jaune-brun à joints horizontaux accentuésAppareil de briques à joints horizontaux accentués. Appareil de briques de parement typique des années 1930, dont les joints horizontaux sont larges et en creux, tandis que les joints verticaux sont minces et pleins., agrémentées de pierre blanche. Quatre niveaux, dont un demi-sous-sol, se coiffent d’un entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. à dents d’engrenage et d’une plateforme à lanterneaux. Les fenêtres sont traitées en remplage romanXIe siècle - XIIIe siècle. L'architecture romane est apparue pendant une période de relative stabilité politique après les invasions et les troubles du début du Moyen Âge. Elle s'est développée simultanément en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, puis s'est répandue dans toute l'Europe. Ce style s'est inspiré de l'architecture carolingienne et ottomane, qui s'est elle-même inspirée des exemples romains et byzantins. Le style roman peut être considéré comme le premier grand style artistique de l'Europe médiévale. Son essor et sa diffusion sont le résultat d'intenses échanges culturels et de la dynamique religieuse, notamment liée à la vie monastique et aux chemins de pèlerinage. Aussi, on le retrouve principalement dans l'architecture religieuse, comme les cathédrales, les églises et les monastères. Les lieux de culte romans se caractérisent par des murs massifs en pierre avec de petites baies à arc en plein cintre et de riches peintures murales. L’arc en plein cintre est fréquemment utilisé : dans les portails, les frises, les niches et les pilastres. La couverture est généralement constituée d'un plafond plat en bois, et plus rarement de voûtes en berceau, d’arêtes ou d’une coupole en pierre. Le plan est généralement en forme de croix latine avec des nefs latérales, et sous le chœur se trouve souvent une crypte, destinée à servir de lieu de sépulture ou de conservation des reliques. À Bruxelles, pratiquement aucune église romane n'a été conservée dans son état d'origine. La plupart des lieux de culte ont été agrandis, modernisés ou restaurés au fil des siècles, de sorte qu'aujourd'hui, seules des parties fragmentaires de cette première phase historique de l'histoire de la construction sont visibles., de pierre, parfois partiellement aveugleUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre.. Chaque façade est marquée par un avant-corps large mais peu saillant, de quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. rue du Chapeau, de deux rue de la Clinique. Les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. des deux premiers niveaux y sont aménagées dans une haute arcadeStructure métallique suspendue aux câbles de traction portant la cabine ou le contrepoids. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle.; alignées sur une chaine de pierre à consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. carrées, celles du troisième se couvrent d’une plate-bandeCouvrement clavé rectiligne d’une baie. La plate-bande se distingue du linteau par le fait qu’elle est appareillée, tandis que le linteau est d’un seul tenant. Elle peut être feinte et masquer un linteau.. Les travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. extrêmes groupent leurs fenêtres dans une retrait unique, sous plate-bandeCouvrement clavé rectiligne d’une baie. La plate-bande se distingue du linteau par le fait qu’elle est appareillée, tandis que le linteau est d’un seul tenant. Elle peut être feinte et masquer un linteau. également. Celles de la rue de la Clinique logent chacune une entrée secondaire, celle de gauche de l’autre rue, l’entrée principale doublée d’une fenêtre. Cet accès devait selon le projet être traité en porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. dans-œuvreHors-œuvre. Position d’un petit volume accolé par un de ses côtés à un corps de bâtiment. Dans-œuvre. Terme désignant un élément situé à l’intérieur d’un corps de bâtiment., à deux baies libresBaie qui n’est pas close par une menuiserie., la fenêtre munie d’une grille.
Configuration intérieure
La porte de la rue du Chapeau ouvre sur une cage d’escalier voûtée menant au grand vestibule de la salle d’assemblée et, aujourd’hui, aux pièces du demi-sous-sol. Dans l’axe se développe l’escalier à jour1. Ouverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension; 2. Vide autour duquel se développent certains escaliers tournants., reposPalier ou repos d'escalier. Plate-forme qui sépare deux volées d'escalier. et rampe pleine qui relie tous les niveaux. L’ensemble est revêtu de granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. gris à filets de mosaïque noire et blanche. Le vestibule précité donne aussi accès à une courette intérieure, qui sert à l’aménagement d’une pseudo-cabane (soukka) pour la fête du Soucco, et apporte de la lumière à l’escalier général.
La synagogue proprement dite est composée d’un haut vaisseau central axé sur une abside à cul-de-four et cerné sur trois faces de bas-côtés et de deux galeriesUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. en U, la supérieure protégée depuis peu par un vitrage. L’espace est dominé par un lanterneau carré aux murs percés d’une enfilade de petites fenêtres cintrées et au plafond structuré en étoile de David, garni de vitraux multipliant ce motif.
Dans l’abside, le temple sommé des TablesPetite surface plane décorative, carrée ou rectangulaire. En menuiserie, on utilisera plus volontiers le terme panneau. de la Loi, qui abrite les rouleaux de la Tora sainte (aron hakodech), est de facture assez récente. L’ensemble du mobilier en bois est encore originel: aux marches de l’abside, pupitre de l’officiant avec le chandelier à sept branches, clôture et fauteuils de rabbin; estrade de lecture ouvragée (bima) au centre de la salle selon le rite orthodoxe; nombreux bancs à casiers sous tablettes. L’éclairage est assuré par maints luminaires en laiton, candélabres, lustres et appliques. À l’origine, la première tribune, dotée d’un écran ajouré, était réservée aux femmes (mekhitsa). Aujourd’hui, des bancs leur sont aussi destinés au bas-côté gauche du rez-de-chaussée, derrière une cloison à rideau.
Au premier étage, une petite salle de culte est installée au-dessus du grand vestibule. Au dernier, la salle des fêtes primitive a cédé la place à des locaux de cours, moyennant une obturation vitrée côté synagogue. Ladite salle est descendue au demi-sous-sol, où elle voisine avec plusieurs salles pour le bain rituel (mikven) et autres locaux de service.
Historique
La Communauté israélite orthodoxe de Bruxelles et son titre sont reconnus par les arrêtés royaux des 20.06.1910 et 11.08.1912. Suite à l’afflux important d’immigrants juifs à cette époque, le Consistoire envisage l’érection d’une synagogue à Cureghem. Il faut toutefois attendre la fin de la Première Guerre mondiale pour voir se poursuivre le projet, sous la présidence de J. Zimmerman. En 1926, la communauté acquiert un terrain d’un demi-hectare environ, à l’angle des rues de la Clinique et du Chapeau. Le vendeur est la société Damman et Washer, dont les menuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. s’étendaient également sur la partie sud de l’îlot voisin, rue Jorez, aujourd’hui transformée en square. Les plans sont confiés à un architecte juif d’Anvers, auteur d’autres synagogues belges. Celui-ci opte, dans un second projet modificatif, pour un mélange d’accents néo-romansLe style néo-roman fait partie des premières manifestations de l'historicisme du XIXe siècle en Belgique. Il a connu son apogée entre 1840 et 1900, avec un regain d'intérêt pendant l'entre-deux-guerres (cf. l'œuvre de l'architecte Chrétien Veraart). Ce style s'inspire de l'architecture de la période romane (XIe-XIIe siècles). Bien que le style néogothique soit rapidement devenu le style religieux dominant, le style néo-roman est resté présent à Bruxelles dans les bâtiments religieux, éducatifs et institutionnels, souvent en combinaison avec d'autres styles « néo » dans le cadre de l'éclectisme. Le style néo-roman se distingue par son architecture massive, sobre et définie de manière plastique, dans laquelle la construction et la décoration forment une unité claire. Il se caractérise notamment par l'utilisation d'arcs en plein cintre pour les fenêtres, des portails et arcades, de lourds piliers et colonnes à chapiteau simple, des compositions de façade symétriques et fermées, des tours cylindriques ou des tours occidentales carrées avec un toit en croupe, de petites baies qui assurent la robustesse des murs et des façades en pierre naturelle ou en brique, souvent combinées avec des éléments en pierre blanche, des bandes décoratives en brique ou en mosaïque, rappelant les traditions romanes lombardes ou rhénanes. Ce style évoque un sentiment de solidité, de tranquillité et de concentration spirituelle, ce qui le rendait particulièrement adapté à l'architecture religieuse et aux institutions à vocation morale ou éducative. À Bruxelles, le style néo-roman doit être compris dans le cadre idéologique plus large du renouveau catholique du XIXe siècle. Au lendemain de l'indépendance de la Belgique (1830), on assiste à un regain d'intérêt pour le patrimoine chrétien du Moyen Âge, considéré comme une source de stabilité morale et de continuité nationale. Le style néo-roman était vu comme une architecture originale et sobre, exprimant une spiritualité authentique, contrairement au style gothique plus émotionnel.. En outre, ce style a également été utilisé dans des contextes éclectiques, notamment les écoles, les casernes, les hôpitaux et les monastères. Il y fait référence à la discipline, l'ordre et la simplicité, qui correspondaient bien aux valeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle. et Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)., à mi-chemin entre les styles néo-romanLe style néo-roman fait partie des premières manifestations de l'historicisme du XIXe siècle en Belgique. Il a connu son apogée entre 1840 et 1900, avec un regain d'intérêt pendant l'entre-deux-guerres (cf. l'œuvre de l'architecte Chrétien Veraart). Ce style s'inspire de l'architecture de la période romane (XIe-XIIe siècles). Bien que le style néogothique soit rapidement devenu le style religieux dominant, le style néo-roman est resté présent à Bruxelles dans les bâtiments religieux, éducatifs et institutionnels, souvent en combinaison avec d'autres styles « néo » dans le cadre de l'éclectisme. Le style néo-roman se distingue par son architecture massive, sobre et définie de manière plastique, dans laquelle la construction et la décoration forment une unité claire. Il se caractérise notamment par l'utilisation d'arcs en plein cintre pour les fenêtres, des portails et arcades, de lourds piliers et colonnes à chapiteau simple, des compositions de façade symétriques et fermées, des tours cylindriques ou des tours occidentales carrées avec un toit en croupe, de petites baies qui assurent la robustesse des murs et des façades en pierre naturelle ou en brique, souvent combinées avec des éléments en pierre blanche, des bandes décoratives en brique ou en mosaïque, rappelant les traditions romanes lombardes ou rhénanes. Ce style évoque un sentiment de solidité, de tranquillité et de concentration spirituelle, ce qui le rendait particulièrement adapté à l'architecture religieuse et aux institutions à vocation morale ou éducative. À Bruxelles, le style néo-roman doit être compris dans le cadre idéologique plus large du renouveau catholique du XIXe siècle. Au lendemain de l'indépendance de la Belgique (1830), on assiste à un regain d'intérêt pour le patrimoine chrétien du Moyen Âge, considéré comme une source de stabilité morale et de continuité nationale. Le style néo-roman était vu comme une architecture originale et sobre, exprimant une spiritualité authentique, contrairement au style gothique plus émotionnel.. En outre, ce style a également été utilisé dans des contextes éclectiques, notamment les écoles, les casernes, les hôpitaux et les monastères. Il y fait référence à la discipline, l'ordre et la simplicité, qui correspondaient bien aux valeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle. de sa synagogue de la rue Hoveniers à Anvers (1913) et résolument Art décoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). de celle située Van den Nestlei dans la même ville (1923-1929). La première pierre est posée le 26.09.1926 mais l’inauguration n’a lieu que le 06.04.1933. Après la Seconde Guerre mondiale, les installations sont parachevées et une école juive y est créée. Quelques transformations intérieures sont menées dans les années 1970 et, suite à un attentat perpétré en 2014, l’espace du culte a été restauré et ses décors peints en partie refaits.
Description
Extérieur
Immeuble d’angle de plan quasi rectangulaire, à structure orthogonale en béton armé. Tout en symétrie et verticalité, façades de quatre et six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., en briques jaune-brun à joints horizontaux accentuésAppareil de briques à joints horizontaux accentués. Appareil de briques de parement typique des années 1930, dont les joints horizontaux sont larges et en creux, tandis que les joints verticaux sont minces et pleins., agrémentées de pierre blanche. Quatre niveaux, dont un demi-sous-sol, se coiffent d’un entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. à dents d’engrenage et d’une plateforme à lanterneaux. Les fenêtres sont traitées en remplage romanXIe siècle - XIIIe siècle. L'architecture romane est apparue pendant une période de relative stabilité politique après les invasions et les troubles du début du Moyen Âge. Elle s'est développée simultanément en France, en Allemagne, en Italie et en Espagne, puis s'est répandue dans toute l'Europe. Ce style s'est inspiré de l'architecture carolingienne et ottomane, qui s'est elle-même inspirée des exemples romains et byzantins. Le style roman peut être considéré comme le premier grand style artistique de l'Europe médiévale. Son essor et sa diffusion sont le résultat d'intenses échanges culturels et de la dynamique religieuse, notamment liée à la vie monastique et aux chemins de pèlerinage. Aussi, on le retrouve principalement dans l'architecture religieuse, comme les cathédrales, les églises et les monastères. Les lieux de culte romans se caractérisent par des murs massifs en pierre avec de petites baies à arc en plein cintre et de riches peintures murales. L’arc en plein cintre est fréquemment utilisé : dans les portails, les frises, les niches et les pilastres. La couverture est généralement constituée d'un plafond plat en bois, et plus rarement de voûtes en berceau, d’arêtes ou d’une coupole en pierre. Le plan est généralement en forme de croix latine avec des nefs latérales, et sous le chœur se trouve souvent une crypte, destinée à servir de lieu de sépulture ou de conservation des reliques. À Bruxelles, pratiquement aucune église romane n'a été conservée dans son état d'origine. La plupart des lieux de culte ont été agrandis, modernisés ou restaurés au fil des siècles, de sorte qu'aujourd'hui, seules des parties fragmentaires de cette première phase historique de l'histoire de la construction sont visibles., de pierre, parfois partiellement aveugleUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre.. Chaque façade est marquée par un avant-corps large mais peu saillant, de quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. rue du Chapeau, de deux rue de la Clinique. Les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. des deux premiers niveaux y sont aménagées dans une haute arcadeStructure métallique suspendue aux câbles de traction portant la cabine ou le contrepoids. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle.; alignées sur une chaine de pierre à consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. carrées, celles du troisième se couvrent d’une plate-bandeCouvrement clavé rectiligne d’une baie. La plate-bande se distingue du linteau par le fait qu’elle est appareillée, tandis que le linteau est d’un seul tenant. Elle peut être feinte et masquer un linteau.. Les travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. extrêmes groupent leurs fenêtres dans une retrait unique, sous plate-bandeCouvrement clavé rectiligne d’une baie. La plate-bande se distingue du linteau par le fait qu’elle est appareillée, tandis que le linteau est d’un seul tenant. Elle peut être feinte et masquer un linteau. également. Celles de la rue de la Clinique logent chacune une entrée secondaire, celle de gauche de l’autre rue, l’entrée principale doublée d’une fenêtre. Cet accès devait selon le projet être traité en porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. dans-œuvreHors-œuvre. Position d’un petit volume accolé par un de ses côtés à un corps de bâtiment. Dans-œuvre. Terme désignant un élément situé à l’intérieur d’un corps de bâtiment., à deux baies libresBaie qui n’est pas close par une menuiserie., la fenêtre munie d’une grille.
Configuration intérieure
La porte de la rue du Chapeau ouvre sur une cage d’escalier voûtée menant au grand vestibule de la salle d’assemblée et, aujourd’hui, aux pièces du demi-sous-sol. Dans l’axe se développe l’escalier à jour1. Ouverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension; 2. Vide autour duquel se développent certains escaliers tournants., reposPalier ou repos d'escalier. Plate-forme qui sépare deux volées d'escalier. et rampe pleine qui relie tous les niveaux. L’ensemble est revêtu de granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. gris à filets de mosaïque noire et blanche. Le vestibule précité donne aussi accès à une courette intérieure, qui sert à l’aménagement d’une pseudo-cabane (soukka) pour la fête du Soucco, et apporte de la lumière à l’escalier général.
La synagogue proprement dite est composée d’un haut vaisseau central axé sur une abside à cul-de-four et cerné sur trois faces de bas-côtés et de deux galeriesUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. en U, la supérieure protégée depuis peu par un vitrage. L’espace est dominé par un lanterneau carré aux murs percés d’une enfilade de petites fenêtres cintrées et au plafond structuré en étoile de David, garni de vitraux multipliant ce motif.
Dans l’abside, le temple sommé des TablesPetite surface plane décorative, carrée ou rectangulaire. En menuiserie, on utilisera plus volontiers le terme panneau. de la Loi, qui abrite les rouleaux de la Tora sainte (aron hakodech), est de facture assez récente. L’ensemble du mobilier en bois est encore originel: aux marches de l’abside, pupitre de l’officiant avec le chandelier à sept branches, clôture et fauteuils de rabbin; estrade de lecture ouvragée (bima) au centre de la salle selon le rite orthodoxe; nombreux bancs à casiers sous tablettes. L’éclairage est assuré par maints luminaires en laiton, candélabres, lustres et appliques. À l’origine, la première tribune, dotée d’un écran ajouré, était réservée aux femmes (mekhitsa). Aujourd’hui, des bancs leur sont aussi destinés au bas-côté gauche du rez-de-chaussée, derrière une cloison à rideau.
Au premier étage, une petite salle de culte est installée au-dessus du grand vestibule. Au dernier, la salle des fêtes primitive a cédé la place à des locaux de cours, moyennant une obturation vitrée côté synagogue. Ladite salle est descendue au demi-sous-sol, où elle voisine avec plusieurs salles pour le bain rituel (mikven) et autres locaux de service.
Sources
Archives
ACA/Urb. 21479 (25.01.1929).
Ouvrages
Communauté israélite orthodoxe de Bruxelles. Séance Académique du 21 novembre 2004.
VAN LOO, A. (dir.), Dictionnaire de l'architecture en Belgique : de 1830 à nos jours, Fonds Mercator, Anvers, 2003, p. 246.
Sites internet
www.jewishcom.be.
Arbres remarquables à proximité







































