Typologie(s)

église/cathédrale/basilique

Intervenant(s)

Joseph POELAERTarchitecte1852

Alphonse GROOTHAERTarchitecte1904

Heinrich VON SCHMIDTarchitecte1904

Styles

Néogothique

Inventaire(s)

  • Le patrimoine monumental de la Belgique. Laeken (Archistory - 2016-2019)

Recherches et rédaction

2016-2017

id

Urban : 37851
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Description

Église de style néogothiqueLe style néogothique (à partir de 1860 environ) est une tendance architecturale mettant à l’honneur les formes ogivales et verticales issues du moyen-âge gothique. Le style néo-Tudor s’inspire plus particulièrement du style gothique teinté de Renaissance qui fleurit en Angleterre sous le règne des Tudors., conçue en 1852 par l’architecte Joseph Poelaert et érigée en plusieurs phases entre 1854 et la Première Guerre mondiale.

Historique

C’est en mémoire de Louise-Marie d’Orléans, première reine des Belges et seconde épouse de Léopold Ier, qu’est érigée la nouvelle Église Notre-Dame de Laeken. Sa construction est validée par l’arrêté royal du 14.10.1850, soit quatre joursOuverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension. après le décès de la reine.

Le choix de l’emplacement de l’édifice fait l’objet de longs débats et de nombreux projets. Le 07.12.1850, l’ingénieur en chef des Ponts et Chaussées adresse au ministre des Travaux publics un rapport relatif aux différents avant-projets. Tous placent le monument sur un espace largement dégagé, au bout de la perspective créée par une nouvelle avenue implantée de biais par rapport au canal, prolongeant l’élégante Allée Verte au-delà du pont de Laeken. Le plan d’implantation définitif de l’église, avec chœur orienté au nord, à l’extrémité d’une avenue de près de 30 mètres de large, est dressé en septembre 1851 par l’ingénieur et conducteur des Ponts et Chaussées J. Tielemans. Cette implantation est validée le 08.10.1851 par le bourgmestre Charles Joseph Herry. Le projet est financé pour une part par souscription publique, et pour l’autre par le roi et le Conseil de la Fabrique d’église.

Ouvert à tous les artistes belges, un concours est lancé pour la construction de ce monument national, suivant un programme adopté par arrêté ministériel du 14.11.1851. Si la forme, le plan et le style du sanctuaire sont laissés au choix des concurrents, le programme est par contre bien détaillé: l’église doit pouvoir accueillir au moins 2.000 personnes; la chapelle annexée à l’église comme monument funéraire de la reine aura une entrée extérieure donnant sur le cimetière et une autre dans l’église; elle doit en outre être suffisamment vaste pour faire office de crypte pour la famille royale; l’église comprendra une chapelle pour les fonts baptismaux, une sacristie, une salle pour le Conseil de Fabrique, un local pour le dépôt des chaises et une sonnerie de cinq cloches; l’église paroissiale dépendra de la Commune de Laeken, tandis que la chapelle et la crypte seront propriété nationale; le cimetière se prolongera sur le pourtour de la nouvelle construction, à l’exception de la façade principale, qui donnera sur un parvis ou une avenue menant au pont du canal; l’ensemble ne coûtera pas plus de 800.000 francs, à l’exclusion de l’ameublement et des objets d’art. Les participants doivent rentrer leur projet pour le 01.05.1852.

Parmi les 49 projets présentés, le jury retient celui de l’architecte Joseph Poelaert. Il s’agit d’un simple bâtiment en briques à bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. de pierre avec flèche couverte d’ardoise sur le côté. Il comprend trois variantes, deux de style ogival et une de style roman. À la demande du jury, Poelaert élabore trois nouveaux dessins pour la façade. La préférence du roi va au projet néogothique. Le 23.02.1853, le jury s’accorde sur une façade à trois tours, percées chacune d’un portail. Le 03.03.1853, il signifie aux pouvoirs publics son souhait d’agrandir le projet lauréat pour le faire davantage correspondre à sa destination de «monument national». Le dernier projet de Poelaert est adopté définitivement par arrêté royal du 02.06.1853 et un crédit supplémentaire est accordé. L’arrêté ministériel du 23.06.1853 confie la conduite des travaux à Poelaert et établit une commission chargée de la direction et de la surveillance de l’exécution du monument. L’arrêté du 18.07.1853 approuve la délibération du Conseil communal de Laeken du 08.10.1851, relatif à l’alignement de la place projetée et des rues donnant sur celle-ci. Quatre années sont prévues pour l’achèvement de l’église.

Entamé au printemps 1854, le chantier connaîtra de nombreux ralentissements: nature du terrain peu propice à l’établissement de fondations solides, incessantes modifications du cahier des charges, discussions interminables quant au partage des responsabilités, manque de coordination entre les différents intervenants et problèmes financiers. La première pierre de l’église est posée par Léopold Ier le 27.05.1854.

Les matériaux mis en œuvre sont la brique à plafonner pour l’intérieur, la pierre bleue pour les soubassementsPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue., sols et escaliers, et la pierre blanche pour le reste du parementRevêtement de la face extérieure d’un mur.. Exploitable seulement en petites dimensions, la pierre de Gobertange est utilisée conjointement à des pierres blanches françaises – provenant de diverses carrières de la région parisienne – dans certaines parties monumentales et ornées de l’édifice (Euville, Saint-Vaast, Saint-Maximin, etc.). Afin d’accélérer le rythme des travaux, les pierres destinées à être sculptées sont amenées brutes sur le chantier, où elles sont équarries en volume capable puis mises en œuvre dans l’attente de leur taille.

En 1865, le dômeToit de plan centré à versant continu ou à pans, galbé en quart de cercle ou d'ovale. de la chapelle royale, prévu en pierre blanche, est remplacé par une charpente métallique recouverte d’ardoise. Cette même année, alors que la maçonnerie est achevée – à l’exception de la flèche de la grande tour –, que l’église est couverte, que les voûtes des vaisseaux sont terminées et que le plafonnage intérieur et les ornementations en plâtre sont en cours, Poelaert renonce à la direction des travaux et envoie sa demande officielle de démission «pour raisons de santé». Son départ coïncide avec la fin d’une phase de chantier et l’épuisement des crédits.

Auguste Payen succède brièvement à Poelaert, avant d’être remplacé en 1868 par Antoine Trappeniers qui, pour permettre l’ouverture au culte, dirige les travaux de consolidation et de restauration déjà nécessaires, et poursuit les aménagements intérieurs. En parallèle, on parachève l’établissement du parvis et on établit l’avenue de la Reine qui, partant de la place Liedts, doit mener au pied de l’église.

Bien qu’inachevée, l’église est inaugurée le 07.08.1872 en présence de Léopold II. Il reste alors à sculpter les façades, à achever la principale et ses tours, ainsi qu’à entourer l’édifice d’une terrasse. Entretemps, des lézardes et décrochements sont apparus dans les maçonneries, qui font craindre pour la stabilité du monument.

En 1876, le Conseil de Fabrique charge l’architecte Louis De Curte de la poursuite des travaux. En même temps, il fait appel à l’atelier brugeois Dobbelaere pour la réalisation de la majorité des vitraux de l’église. Dès la fin de 1896, en raison des nombreux fragments de pierres qui se détachent des façades, la presse parle de l’urgence des travaux de restauration et d’achèvement «dans l’intérêt de la sécurité publique». Les années 1898 à 1900 sont consacrées aux réparations urgentes aux toitures et charpentes, ainsi qu’au placement de vitraux.

En 1903, le ministre des Finances et des Travaux publics organise une adjudication publique pour la restauration partielle des façades de l’église: une grande partie du parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. est remplacé par de la pierre d’Euville.

En 1904, l’architecte munichois Heinrich von Schmidt propose un projet de nouvelle façade principale en pierre d’Euville pour l’édifice, à plaquer contre celle inachevée de Poelaert. Co-auteur des plans, Alphonse Groothaert est chargé de la direction des travaux. L’achèvement des trois tours rend nécessaire le renforcement des fondations, qui sont comblées par du béton.

En 1908, des sculpteurs et ornementistes sont convoqués pour les parachèvements. En 1913, Sinia de Gand et Desenfans de Bruxelles sont pressentis pour l’exécution des douze statues du porche central, et Gerrits d’Anvers pour les porches latéraux. La majorité des travaux de sculpture reste toutefois en attente; ils seront au final réalisés par une série de sculpteurs, notamment Eugène Canneel, A. Vriens, F. Wynants, Vandevoorde, Rau et De Winne.

La réfection des toitures a lieu en 1919: les versants visibles sont couverts d’ardoises belges, les autres de zinc à tasseaux. L’année suivante, une partie des charpentes métalliques doit être consolidée. En 1922, suite à un ouragan, ainsi qu’en 1924, les vitraux du transept sont en partie détruits. De réguliers travaux de réfection et de consolidation ont lieu au cours du XXe siècle, jusqu’à l’ambitieux chantier de restauration de l’église mené de 2003 à 2014 par le bureau d’architecture MA2 – Metzger et Associés Architecture.

Description

Église de plan basilical, proche du type halle, à massif-antérieur tripartite à trois tours, la centrale dominante, et à corps de porche. Nef, transept non saillant et chœur, à trois vaisseaux. La nef compte quatre travées à bas-côtés étroits destinés aux confessionnaux et doublés par une galerie extérieure. Chœur à trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. droites, bordé de chapelles communicantes à clôture de bois, celles de l’est réunies en sacristie. Ces chapelles ont la même largeur que les bas-côtés et galeries réunies de la nef.

Derrière le chœur, l’importante chapelle royale montée sur une crypte, adopte un plan octogonal inscrivant une croix grecque. Elle est dotée d’une abside axiale qui surplombe l’entrée extérieure de la crypte, et d’absidioles latérales doubles, toutes à trois pans. À la suite des absidioles, une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. d’angle communique avec les collatéraux de la nef et, derrière une porte, à un espace d’escaliers biais desservant les chapelles du chœur, une porte extérieure et une cave voûtée.

Élévations générales extérieures en pierre blanche, à deux niveaux sous un quadrillage de toits en bâtièreToit à deux versants. couverts d’ardoises pour les pans visibles de la voirie, à charpentes métalliques, certains à croupesUne croupe est un versant de toit qui réunit les deux pans principaux d’un toit à leur extrémité. Contrairement à la croupette, la croupe descend aussi bas que les pans principaux.. Flèche octogonale sur la chapelle royale, couverte de même, flèche de pierre sur les tours. Structure foisonnante à multiples contreforts à retraits, arcs-boutants, colonnettes, gables, pinaclesAmortissement élancé de plan carré ou polygonal., édiculesAmortissement imitant une petite construction d'inspiration classique., balustrades et cordonsCorps de moulure horizontal, à rôle purement décoratif, situé sur une partie quelconque d’une composition., à la sculpture (chapiteaux, crochets, etc.) achevée ou non. Gargouilles taillées récemment de têtes grimaçantes. Éclairage assuré, le plus souvent à travers des vitraux, par des batteries de fenêtres à remplage formant claire-voie et par quelques rosaces.

Corps de porche en tripletGroupement de trois baies. Les deux latérales, identiques, sont différentes de la baie centrale, d’ordinaire plus vaste., à portail à emmarchement et à hautes loggiasPetite pièce dans-œuvre, largement ouverte sur l’extérieur par une ou plusieurs larges baies non closes par des menuiseries., tous à espaces communicants, couverts d’un berceau fractionné et couronnés de gables. Au portail, trois statues de saints par montant, ébrasements à ressautsSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. avec niches (vides) et portes de chêne à penturesLongues bandes de fer fixées à plat sur le battant d'une porte ou d'un volet, de manière à en soutenir les gonds. Les pentures sont souvent décoratives. Elles participent également à l'assemblage des planches du vantail. sous tympansEspace, décoré ou non, circonscrit par un fronton ou un arc de décharge. ajourés. LoggiaPetite pièce dans-œuvre, largement ouverte sur l’extérieur par une ou plusieurs larges baies non closes par des menuiseries. centrale à baie libreBaie qui n’est pas close par une menuiserie., abritant une grande rosace sur arcature aveugleUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre., dépourvue de vitrail pour laisser le jourOuverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension. éclairer deux rosaces superposées de la façade originelle. Loggias latérales creusées de trois fenêtres à remplages, également sans carreaux, et remployant à l’arrière, une double rosace primitive, plus petite que la précitée.

Massif-antérieur proprement dit à deux niveaux, le premier profond d’une seule travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sous voûtes d’ogives intégrant en un long couloir les trois passages, le principal sous la grande tour, ainsi que les rez-de-chaussée des tours latérales greffés d’une abside et donnant accès à l’avant à une tourellePetite tour engagée dans un bâtiment, généralement sur un de ses angles. d’escalier en vis. Le second niveau s’ouvre sur la nef en trois tribunes d’orgues, la centrale sous berceau fractionné, les latérales sous voûte d’arête, qu’éclairent les rosaces précitées.
Au-delà, la tour-clocher centrale de plan carré, élève trois étages, le premier ceinturé en saillie par des sections non communicantes de galeries à colonnettes, sommées d’une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. (limitée aux zones visibles de la voirie). Le deuxième scandé de colonnettes qui divisent les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. carrées libres de chaque face. Le dernier étage, celui des cloches, en léger retrait, s’ouvre de hautes fenêtres à abat-son inscrites dans un édicule élancé, à gable ajouré. Ces édiculesAmortissement imitant une petite construction d'inspiration classique. et quatre autres en réduction devant une balustrade d’angle, enserrent une flèche octogonale percée de quadrilobes et portant une croix en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage. et un coq en cuivre.
Tours latérales carrées à pans coupésPan de mur situé de biais sur l’angle d’un bâtiment., à quatre niveaux, éclairées au rez-de-chaussée par une fenêtre latérale à ébrasement extérieur, et rétrécies dès le troisième niveau derrière la balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. en encorbellementUne partie d'élévation est dite en encorbellement lorsqu'elle s’avance en surplomb. d’une coursière qui se prolonge sur les corniches voisines. Niveaux supérieurs percés de quatre fenêtres à remplage sans carreaux. Flèches octogonales entre gables, elles aussi ajourées de quadrilobes et piquées d’une croix.

Au premier niveau de la nef et du chœur, coupée par les contreforts des arcs-boutants, enfilade d’arcades géminées à rosace et à gable servant de pignon aux petites bâtièresToit à deux versants. perpendiculaires. Les quatre premières arcades desservent la galerie fermée de grilles qui longe les bas-côtés de la nef, et dont l’articulation est reproduite au mur de ceux-ci. Un portail percé dans un contrefort des tours latérales donne accès à ces galeries en même temps qu’aux escaliers en vis primitifs du massif-antérieur. Les trois dernières arcades inscrivent les fenêtres des chapelles du chœur. Une quatrième, de même structure, et une dernière, simple et biaise incluant une entrée, appartiennent au raccord chœur-chapelle royale. Des arcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol. identiques à leur voisines du chœur creusent encore les façades du transept dans l’axe de ses vaisseaux latéraux. Portails de ce transept en tripletGroupement de trois baies. Les deux latérales, identiques, sont différentes de la baie centrale, d’ordinaire plus vaste. d’arcades à colonnettes, la centrale logeant seule une entrée, les autres aveuglesUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre.. Au-dessus, derrière une balustrade, fenêtre-haute à remplage, large et élancée, flanquée de deux fenêtres analogues, toutes sommées d’un gable, le central limitant la bâtièreToit à deux versants.. Gouttereaux de la nef et du chœur évidés par quatre et trois fenêtres-hautes à remplage sous une corniche à balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire.; faces latérales des collatéraux du chœur, biaise et percée d’une fenêtre jumelée à celle du pan voisin de la chapelle royale.

Élévation de la chapelle royale à deux niveaux, articulés par de puissants contreforts polygonaux: le premier quasi aveugleUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre., articulé par les absides et absidioles, le second, alternant rosace et fenêtres jumelles, à remplage. Portail à rosace et gable de la crypte dans l’axe de l’abside.
Sur la corniche, enfilade de petites fenêtres de combleEspace intérieur de la toiture. sous arcadeBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol. à gable, interrompue par trois fausses lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. en édicule. AmortissementAmortissement. Élément décoratif placé au sommet d’une élévation.Amorti. Sommé d'un amortissement. de la flèche aujourd’hui à vague forme de couronne, couverte de plomb.

Intérieur

Église

Au portail avant, portes de chêne à penturesLongues bandes de fer fixées à plat sur le battant d'une porte ou d'un volet, de manière à en soutenir les gonds. Les pentures sont souvent décoratives. Elles participent également à l'assemblage des planches du vantail. creusées d’arcatures, la centrale doublée pour délimiter un vestibule sous voûte d’arête; même voûte sur le débouché du passage central.
Tous les vaisseaux et les chapelles de l’église, aux parements à faux appareil de pierre de taille, sont couverts de croiséesBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit. d’ogives entre arcsStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. doubleaux, portées par de hauts piliersSupport vertical de plan carré. composés, à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. à crochets et base en pierre bleue prismatique. Triforium de collatéral à la nef et au chœur, ouvert de baies géminées à colonnettes et linteauÉlément rectiligne d’un seul tenant, en pierre, bois, béton ou métal, couvrant une baie. trilobé. Faux triforium assorti, aux bras du transept. Dans l’axe des collatéraux du chœur, au raccord avec la chapelle royale, tribune triangulaire à balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. devant deux fenêtres jumelées, l’une extérieure, au retour biais du collatéral, l’autre intérieure, jumelle de celle du premier pan de ladite chapelle.
Surélévation du chœur de plusieurs degrés en volées espacées, amorcée depuis le collatéral du transept. Derrière le maître-autel, accompagnées de balustradesGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire., volées convergentes puis divergentes, desservant la crypte et, dans l’axe des collatéraux, volées droites menant à la chapelle royale, tous ces aménagements ayant remplacé les primitifs vers 1935.
Travées extrêmes du collatéral nord du transept aménagées en chapelle pour les autels latéraux; autels tardifs en vis-à-vis. Autel majeur actuel placé à la croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit. du transept. Chaire de vérité dans la première travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. du collatéral sud du bras est du transept.
La nef et la chapelle royale, jadis ouvertes l’une sur l’autre, sont aujourd’hui séparées par de grandes verrières métalliques.

Chapelle royale et crypte

Chapelle couverte comme la nef et le chœur, ses ogives retombant sur quatre piliers centraux; croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit. centrale à liernes et tiercerons, voûte d’arêtes sur les absides et absidioles.
Crypte accessible par une porte extérieure axiale et par une double entrée dans l’axe du chœur. Plan et couvrement pareils à ceux de la chapelle; absidioles servant d’enfeu. Sol quadrillé de marbre blanc et noir (1968) autour du tombeau des premiers souverains. Deux chambres funéraires aménagées par Albert Ier sous les collatéraux du chœur, aux entrées à encadrement de pierre blanche dont les tympansEspace, décoré ou non, circonscrit par un fronton ou un arc de décharge. insèrent deux scènes en mosaïque: la déploration du Christ et la dormition de la Vierge. Encadrement sculpté de bas-reliefs: vertus cardinales, symboles des évangélistes, anges musiciens et anges porteurs des instruments de la passion.

Vitraux

Important ensemble de mises en plomb figuratives ou décoratives.
Déjà placé en 1879 à la rosace axiale de la chapelle royale, vitrail de J. Dobbelaere, en verre anglais de double épaisseur représentant le couronnement de la Vierge tenant l’enfant Jésus, et l’arbre de Jessé.
Aux fenêtres centrales du transept, sinistrées par un ouragan au début des années 1920, ne restent qu’une friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. basse aux noms des seize saints disparus et le réseau de la fenêtre ouest, au décor de fleurs de lys et d’anges, de 1893-1894.
Aux fenêtres-hautes du chœur se succèdent à l’ouest l’Ascension, la Dernière Cène et la Nativité, et à l’est la Présentation de Marie au temple, la sainte Famille à Nazareth et l’Assomption, tous de la main de J. Dobbelaere et placés en 1903.
Destiné à un nouvel autel dédié à Notre-Dame des Sept Douleurs (angle sud-ouest du transept), vitrail de fenêtre-haute de 1926, commémoratif des soldats de la paroisse morts durant la Grande Guerre, représentant notamment la famille royale et le cardinal Mercier en adoration devant la Mater Dolorosa; vitraux sous-jacents (1933) aux effigies de saint Georges, de Joseph, de la Vierge à l’Enfant et de saint Michel, sous les armes royales.
Multiples vitraux décoratifs à motifs végétaux, parmi lesquels on pointera ceux des bas-côtés de la nef (1886), sans doute de A. De Keghels, ceux des fenêtres-hautes de celle-ci (1889), attribués à J. Dobbelaere, et ceux du massif-antérieur (1912 et 1913). Colorant de ses couleurs chaudes la nouvelle chapelle J. Cardijn, (angle sud-est du transept), vitraux de M. Nevens et H. Mortier (fin des années 1960).

Décor et mobilier de l’église

Sols à dalles de marbres beige et noir, ceux de la nef et du transept à méandres, ceux des collatéraux du chœur en damier sur pointe. Sols du vaisseau central tout en marbre beige orné dans sa partie basse de cadres et d’un quadrillage de céramiques décoratives. Plaque en cuivre commémorative de la pose de la première pierre de l’édifice le 27.05.1854. À l’entrée de la crypte, mosaïque aux armes des neuf provinces par Joseph Godchoul.

Peintures murales au faux triforium du vaisseau nord du transept, représentant des scènes de la vie du Christ et de la Vierge. Tableaux du chemin de croix de la fin du XIXe siècle au bas-côté de la nef. Peinture de 1637 représentant la Vierge de Laeken avec figuration de l’ancienne église.

Riche mobilier néogothiqueLe style néogothique (à partir de 1860 environ) est une tendance architecturale mettant à l’honneur les formes ogivales et verticales issues du moyen-âge gothique. Le style néo-Tudor s’inspire plus particulièrement du style gothique teinté de Renaissance qui fleurit en Angleterre sous le règne des Tudors. généralement en chêne, exécuté à partir de 1869: maître-autel dessiné par Joseph Poelaert, stalles et cathèdre, autels latéraux polychromés dédiés à saint Joseph et au Sacré-Cœur, chaire de vérité monumentale antérieure à 1878, quatre confessionnaux, orgue de tribune de 1912 par Salomon Van Bever, orgue de chœur par le même en 1907, clôture des chapelles du chœur, surmontées de verrières à petits-fers, enfin meubles de la sacristie.

Ouvrages en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage.: clôtures du sanctuaire, des autels secondaires primitifs et de l’entrée droite du grand portail.

Fonts baptismaux en marbre avec couvercle en cuivre poli, de 1745.

Sources

Archives
AVB/NPP C3.

Ouvrages
ATELIER D’ARCHITECTURE DELEUZE-METZGER & ASSOCIÉS, Étude historique. Eglise Notre-Dame à Laeken, octobre 2001.
ATELIER D’ARCHITECTURE DELEUZE-METZGER & ASSOCIÉS, Restauration de l’église Notre-Dame à Laeken. Étude pathologique, novembre 2001.
BREDA, K., DE WINDT, Y. et alContribution à la connaissance de l’histoire, de la méthode de construction et de la problématique de la restauration de l’église Notre-Dame de Laeken, 2002.
CELIS, M., VANDENBREEDEN, J., VAN SANTVOORT, L., Autour du Parvis Notre-Dame à Laeken (coll. Des pierres pour le dire), Crédit Communal - Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1994.
COSYN, A., Laeken Ancien & Moderne, Imprimerie scientifique Charles Bulens, Bruxelles, 1904, pp. 39-46.
FELIX, J.-P., Orgues et organistes de l’église Notre-Dame de Laeken (17e-20e s.), Bruxelles, 2003.
GROETAERS, G. H., Études prescrites par le département de l’Intérieur. Avant-projets de l’emplacement et des abords d’une église à ériger en commémoration de sa Majesté la reine des BelgesRapport adressé à Monsieur de ministre des Travaux publics, 1850.
SPAPENS, Ch., GOMBERT, Ch., L'église Notre-Dame de Laeken: un mémorial inachevé, CIDEP, Bruxelles, 2006.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., L'histoire de Laeken-Notre-Dame à vol d'oiseau, «Comté de Jette» asbl, Bruxelles, 2006.
WAUTERS, A., L'église de Laeken, Gand, 1852.

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