Place du Roi Vainqueur 1
Avenue du Onze Novembre 78
Place du Roi Vainqueur 3, 7
Avenue Edouard de Thibault 88
Place du Roi Vainqueur 8, 9, 10, 11, 12-13
Avenue du Front 19
Place du Roi Vainqueur 14-15-16, 20, 21, 22, 23, 24, 25-26, 27-28
Typologie(s)
immeuble à appartements
Intervenant(s)
Paul POSNO – architecte – 1953-1955
Joris SCHMIDT – architecte – 1953-1957
G. VINCENT – architecte – 1954-1955
J. GIESBERGS – architecte – 1955
José DEKANDELAER – architecte – 1955
Marcel VIEHOFF – architecte – 1954
J. SERVAYS – architecte – 1954
A. POSTRAL – architecte – 1956
E. MARIËN – architecte – 1953
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
modernisme d'après-guerre
Inventaire(s)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Inventaire des traces coloniales (DPC-DCE 2024-2025)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Paysager Un paysage est un espace, tel que perçu par l’homme, dont le caractère est le résultat de l’action et de l’interaction de facteurs naturels et/ou humains. Il s’agit d’une notion d’échelle qui est composée de divers éléments (patrimoniaux), dont chacun peut avoir ou non une valeur intrinsèque, mais qui se combinent pour créer un ensemble plus vaste de valeur ajoutée et sont perçus comme tels à une certaine distance. Les vastes panoramas urbains constituent le paysage par excellence, comme la vue sur la ville basse de Bruxelles depuis la place Royale, mais de tels sites composés de différents éléments peuvent également exister à plus petite échelle.
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2021
id
Urban : 38999
Description
En 1936, lors de la création de la place, l'administration communale d'Etterbeek décide d'organiser un concours entre architectes dans le but d'édifier à cet endroit un ensemble d'architecture contemporaine intéressante et demande au Conseil de direction de L'Émulation de collaborer à la rédaction du règlement de ce concours. Des six projets soumis au jury présidé par l'échevin des Travaux, quatre sont éliminés et seuls les projets des architectes Paul Posno et Jules Brunfaut retiennent l'attention. Celui de J. Brunfaut, offrant trop de contrastes avec les quartiers voisins, est toutefois rejeté au profit du projet de P. Posno.
L'ensemble d'immeubles à appartements conçu par P. Posno ne sera finalement réalisé que dans les années 1950 suivant les plans de plusieurs architectes. Trois entreprises de construction en sont les principaux propriétaires (Entreprises générales de travaux d'Anderlecht, EGTA : nos1 à 3, 21 ;sa COGEBA : nos7 à 11 ; sprl Delcominette-Rans : no12-13, 20, 22, 25-26).
Les immeubles, répartis symétriquement en six groupes, présentent extérieurement des façades similaires en briques jaunes, percées de larges baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. horizontales et pourvues de loggiasPetite pièce dans-œuvre, largement ouverte sur l’extérieur par une ou plusieurs larges baies non closes par des menuiseries. aux angles. Cette homogénéité des façades, imposée par l'administration communale suite au concours remporté par l'architecte P. Posno, ne reflète cependant pas l'organisation interne des immeubles.
Les deux premiers groupes, constitués par les nos1 à 3 (architecte P. POSNO, 1957) et les nos25-26 (architecte A. Postral, 1956) et 27-28 (architecte E. Martien, 1953), érigés sur sept niveaux, sont de profil concave et relient les avenues de Thibault et Hansen-Soulie. Le premier comporte, à chaque niveau, neuf appartements, généralement de deux chambres, desservis par quatre cages d'escaliers et d'ascenseurs, tandis que le deuxième compte huit appartements, dont deux de grandes dimensions.
Leur faisant face, entre les rues Bruylants et de Tervaete, les nos12-13 (architecte G. Vincent, 1955) et 14 à 16 (architectes J. Giesbergs et J. Dekandelaer, 1955) sont également de profil concave. Chacun de leurs six niveaux, desservis par trois cages d'escaliers et d'ascenseurs, accueille d'une part cinq et d'autre part sept appartements de dimensions variables. Les longs côtés rectilignes sont occupés par cinq immeubles de six à huit niveaux, compris pour les nos7 à 11, entre l'avenue E. de Thibault et la rue Bruylants (nos7 en 1955, 8, 9 et 10 en 1953 : architectes J. Schmidt et P. Posno ; n°11 : architecte J. Schmidt, 1956), et pour les nos20 à 24, entre la rue de Tervaete et l'avenue Hansen-Soulie (nos20 et 22 : architecte G. Vincent; n°21 : architecte P. Posno; n°23 : architectes M. Viehoff et J. Servays; tous en 1954). Chaque niveau comporte généralement deux appartements. À noter cependant que le no20 comporte un seul et vaste appartement par niveau.
Les immeubles sont baptisés de divers noms tels que Albert Ier (n°8), Roi Vainqueur (n°9), Roi Chevalier (n°24) et Résidence Katanga (n°22). Alors que les premiers font référence au nom de la place sur laquelle ils se situent, le dernier fait lui référence à l’ancienne province la plus au sud de l’actuelle République Démocratique du Congo et qui a fait partie des territoires de l’État indépendant du Congo, propriété du roi Léopold II de 1885 à 1908, puis du Congo belge, colonie de 1908 à 1960. En effet, lors de l’indépendance du Congo, de nombreux colons belges se sont installés dans la résidence récemment achevée.
L'ensemble d'immeubles à appartements conçu par P. Posno ne sera finalement réalisé que dans les années 1950 suivant les plans de plusieurs architectes. Trois entreprises de construction en sont les principaux propriétaires (Entreprises générales de travaux d'Anderlecht, EGTA : nos1 à 3, 21 ;sa COGEBA : nos7 à 11 ; sprl Delcominette-Rans : no12-13, 20, 22, 25-26).
Les immeubles, répartis symétriquement en six groupes, présentent extérieurement des façades similaires en briques jaunes, percées de larges baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. horizontales et pourvues de loggiasPetite pièce dans-œuvre, largement ouverte sur l’extérieur par une ou plusieurs larges baies non closes par des menuiseries. aux angles. Cette homogénéité des façades, imposée par l'administration communale suite au concours remporté par l'architecte P. Posno, ne reflète cependant pas l'organisation interne des immeubles.
Les deux premiers groupes, constitués par les nos1 à 3 (architecte P. POSNO, 1957) et les nos25-26 (architecte A. Postral, 1956) et 27-28 (architecte E. Martien, 1953), érigés sur sept niveaux, sont de profil concave et relient les avenues de Thibault et Hansen-Soulie. Le premier comporte, à chaque niveau, neuf appartements, généralement de deux chambres, desservis par quatre cages d'escaliers et d'ascenseurs, tandis que le deuxième compte huit appartements, dont deux de grandes dimensions.
Leur faisant face, entre les rues Bruylants et de Tervaete, les nos12-13 (architecte G. Vincent, 1955) et 14 à 16 (architectes J. Giesbergs et J. Dekandelaer, 1955) sont également de profil concave. Chacun de leurs six niveaux, desservis par trois cages d'escaliers et d'ascenseurs, accueille d'une part cinq et d'autre part sept appartements de dimensions variables. Les longs côtés rectilignes sont occupés par cinq immeubles de six à huit niveaux, compris pour les nos7 à 11, entre l'avenue E. de Thibault et la rue Bruylants (nos7 en 1955, 8, 9 et 10 en 1953 : architectes J. Schmidt et P. Posno ; n°11 : architecte J. Schmidt, 1956), et pour les nos20 à 24, entre la rue de Tervaete et l'avenue Hansen-Soulie (nos20 et 22 : architecte G. Vincent; n°21 : architecte P. Posno; n°23 : architectes M. Viehoff et J. Servays; tous en 1954). Chaque niveau comporte généralement deux appartements. À noter cependant que le no20 comporte un seul et vaste appartement par niveau.
Les immeubles sont baptisés de divers noms tels que Albert Ier (n°8), Roi Vainqueur (n°9), Roi Chevalier (n°24) et Résidence Katanga (n°22). Alors que les premiers font référence au nom de la place sur laquelle ils se situent, le dernier fait lui référence à l’ancienne province la plus au sud de l’actuelle République Démocratique du Congo et qui a fait partie des territoires de l’État indépendant du Congo, propriété du roi Léopold II de 1885 à 1908, puis du Congo belge, colonie de 1908 à 1960. En effet, lors de l’indépendance du Congo, de nombreux colons belges se sont installés dans la résidence récemment achevée.
Sources
Archives
ACEtt./TP 446 (1947), 2124 (1956), Reg. d'entrée 814, 1116, 1130 (1953), 1864 (1953 et 1956), 1442, 1520, 1559, 2823 (1954), 1636, 1894 (1955), 2019 (1956), 227 (1957).
ACEtt./TP 446 (1947), 2124 (1956), Reg. d'entrée 814, 1116, 1130 (1953), 1864 (1953 et 1956), 1442, 1520, 1559, 2823 (1954), 1636, 1894 (1955), 2019 (1956), 227 (1957).
Ouvrages
ARON, J., DE BECKER, F., PUTTEMANS, P., Inventaire du patrimoine contemporain de la région de Bruxelles, Bruxelles, 1994, fiches 48, 121, 122..
MEIRE, R. J., Histoire d'Etterbeek, Musin, Bruxelles, 1981, pp. 98, 109, 111, 121-122, 125-126, 128.
SMETS, M., L'avènement de la cité-jardin en Belgique : histoire de l'habitat social en Belgique de 1830 à 1930, Mardaga, Bruxelles, 1977, p. 164.
Périodiques
OBOZINSKI, J., « Concours d'urbanisation à Etterbeek » in L'Émulation, 7, 1936, pp. 117-119.
ARON, J., DE BECKER, F., PUTTEMANS, P., Inventaire du patrimoine contemporain de la région de Bruxelles, Bruxelles, 1994, fiches 48, 121, 122..
MEIRE, R. J., Histoire d'Etterbeek, Musin, Bruxelles, 1981, pp. 98, 109, 111, 121-122, 125-126, 128.
SMETS, M., L'avènement de la cité-jardin en Belgique : histoire de l'habitat social en Belgique de 1830 à 1930, Mardaga, Bruxelles, 1977, p. 164.
Périodiques
OBOZINSKI, J., « Concours d'urbanisation à Etterbeek » in L'Émulation, 7, 1936, pp. 117-119.












