Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireLa rue François Gay formait anciennement avec la rue du Duc, située dans son prolongement, un unique chemin dénommé rue du Duc, menant du village d'Etterbeek à celui de Woluwe-Saint-Pierre. Le tronçon de cet ancien chemin compris entre l'avenue Louis Gribaumont et la rue Sombre est baptisé rue François Gay en 1918, en souvenir d'un soldat mort durant la Première Guerre mondiale. Le reste du chemin vicinal, entre l'avenue Gribaumont et l'avenue Brand Whitlock porte encore le toponyme originel de rue du Duc.

Jusqu'à la fin du XIXe siècle, la rue présente une largeur de moins de cinq mètres et un tracé légèrement sinueux. Les terrains qui la bordent sont pour la plupart vierges de constructions. L'Atlas communal de 1808 ne figure qu'un seul bâtiment abritant une grange et une étable, transformé en maison en 1911, elle-même remplacée en 1989 par l'immeuble d'angle du no 89 de l'avenue Jules De Trooz. Deux constructions supplémentaires, aujourd'hui disparues, à hauteur des nos 40 et 42, figurent sur l'Atlas communal de 1842. À la fin du XIXe siècle, le bâti de la rue se résume à cinq maisons, dont les actuels nos 94 et 96 (voir ces nos).

Le 31.05.1902, le Conseil communal décide l'élargissement à douze mètres et l'alignement du chemin no 2. L'arrêté royal du 02.10.1905 ratifie la décision communale. La voie est légèrement déviée, afin de la redresser, entre les avenues Louis Gribaumont et Père Damien. L'ancien chemin a subsisté un certain temps, à côté de la déviation. On a même continué à y bâtir des maisons (voir nos 314, 316, 318). L'espace séparant l'ancien chemin de sa déviation a été finalement aménagé en longue place triangulaire, face aux nos 308 à 320.

Les 1res constructions de la rue nouvellement alignée consistent, dans sa partie est, en une quinzaine de petites maisons de type ouvrier à façade enduite à faux-joints, érigées côté pair, entre l'ancien village et l'actuelle rue Paul Lancsweert. À l'arrière des no6 à 10 se dresse un vaste bâtiment de 1949, ancien atelier du marbrier Crombé, qui succède à divers ateliers en bois conçus pour le même marbrier à partir de 1924. Il est transformé en atelier de réparation de voiture en 1982.

À la même époque, la partie ouest de la rue est bâtie de plus d'une vingtaine d'habitations plus cossues de style éclectique, principalement situées aux abords de l'avenue Gribaumont et de la rue Jean-Gérard Eggerickx. Citons, aux nos 271 à 275 et rue Eggerickx 2 et 6, un ensemble constitué de cinq maisons dessinées par l'architecte Fernand Conard en 1912. Au no 312, s'élevait une petite construction munie d'une tour, inspirée du style cottage, à usage de garage et de logement de jardinier (1907, arch. Adolphe Firenne). En 1987, cette construction, qui dépendait de la Villa Élise au no 256 de l'avenue de Tervueren, disparaît au profit d'un vaste immeuble à appartements.

Le bâti dominant de la rue voit le jour dans l'entre-deux-guerres. Il se compose d'habitations à façades de briques, restant fidèles au style éclectique ou inspirées du style Art Déco. Leur façade est souvent rehaussée d'éléments enduits et marquée par la saillie d'une logette à l'étage.
À cette époque, la rue connaît une grande activité industrielle et artisanale, comme en témoignent des menuiseries, dont l'atelier de la firme Valcke conçu en 1929 au no 91, des garages et hangars d'entrepreneurs, parfois disparus aujourd'hui. À l'arrière du no 163 se trouvait la briqueterie Berdoux, comprenant notamment une écurie de 1907 et un garage de 1922.

La rue compte également bon nombre d'habitations de type bel étage, conçues dans l'après-guerre, ainsi que quelques vastes immeubles à appartements des années 1970 et 1980. Parmi les 1res, citons les nos 31 à 61, faisant partie d'un ensemble se prolongeant sur les avenues Louis Ceusters et des Cinq Bonniers voisines, bâti entièrement par l'architecte Raymond Decorte entre 1957 et 1961.

Sources

Archives
ACWSP/Urb. alignement 2 Fr. Gay.
ACWSP/Urb. 2 : 215 (1924), 180 (1949) ; 6 : 67 (1982) ; 91 : 184 (1929) ; 163 : 444 (1907), 266 (1922) ; 271 à 275 : voir rue Jean-Gérard Eggerickx no 6 : 130 (1912) ; 312 : 407 (1907), 25 (1987).