Reliant l'avenue Edmond Parmentier à la rue Kelle, la rue David Van Bever se compose de deux tronçons rectilignes: le premier descend depuis l'avenue et s'arrête au carrefour formé avec les rues Emmanuel Mertens et Pierre Delacroix, tandis que le second relie ce carrefour à la rue Kelle. Tous deux sont orientés approximativement nord-sud.

La rue reprend grosso modo le tracé de l'ancien sentier désigné sous le nom de sentier de Lauzemet dans l'Atlas des chemins vicinaux de 1808, et de chemin n°23 ou Luyzemerktweg dans celui de 1842. Au début du XXe siècle, des demandes de permis de bâtir évoquent le lieu-dit Luizenmerkt(pouvant se traduire par marché aux puces) ainsi que Drie Bunderstraat (ou avenue des Trois Bonniers ou encore Drybunderweg). En 1918, la rue se voit attribuer son nom actuel qui fait référence à un soldat mort au champ d'honneur durant Première Guerre mondiale.

Détail du plan général d'ouverture des avenues Parmentier - Grandchamp et Madoux - Orban montrant le tracé d'origine de la [i]Drie Bunderstraat[/i] traversant la future avenue E. Parmentier. Le tracé côté nord correspond à l'actuelle rue D. Van Bever. Le, ACWSP/Urb. Alignements 4 Parmentier - Grandchamp.

La rue demeura vierge de constructions jusque vers 1900 – époque à laquelle une quarantaine de parcelles sont bâties avant même l'aménagement de la rue qui n'aura lieu qu'en 1909. Certaines maisons trahissent leur antériorité à la voirie par un retrait par rapport à l'alignement des autres façades (nos12, 18 et 26, 28). D'autres tiennent compte de l'aménagement futur de la rue. C'est le cas de la série de quatorze petites maisons ouvrières que la Société coopérative d'Ixelles pour la construction de maisons à bon marché fait bâtir en 1903 (voir nos39 à 51 et 52 à 64).

L'aménagement de la voirie s'effectue en deux temps. En 1909, la Commune charge le géomètre et secrétaire communal Édouard Van Waeg de dresser un plan d'alignement pour toute la rue. Le 12.06.1909, ce plan est approuvé par le Conseil communal. Le premier tronçon d'une largeur de dix mètres, allant de l'avenue E. Parmentier à la future avenue Edmond Mertens, est aménagé peu après. Le second tronçon jusqu'à la rue Kelle ne sera aménagé qu'à partir de 1933. Les plans de cette partie de la rue sont définitivement approuvés lors du conseil communal du 23.05.1933 et mis à exécution par l'entrepreneur Félicien Flamand. Cette partie de la rue sera ouverte au trafic le 14.08.1934.

Plan général d'ouverture de la rue D. van Bever datant de 1909, ACWSP/Urb. Alignements 15 David Van Bever.

Le bâti de la rue D. Van Bever se compose essentiellement de maisons ouvrières. Environ la moitié d'entre elles ont été construites entre 1899 et 1914. La plupart forment des ensembles de maisons identiques résultant de projets immobiliers de grande (voir nos39 à 51 et 52 à 64) ou plus petite envergure. Ces derniers émanent de petits entrepreneurs et ne se composent souvent que de deux ou trois maisons comme les nos 5 à 9 (1909) , 22 et 24, 34 et 36 (architecte Denayer, 1929), 53 et 55, 57 à 63 ( entrepreneur J. Schoonejans, 1924 et 1925), 66 et 68 (1908), 72 et 74, 77 et 79, 80 et 82 (1911), ainsi que 84 à 88 (1911). Peu conservent aujourd'hui leur aspect d'origine.

Cette typologie trouve une variante récurrente, lorsqu'elle est accostée d'une étable et d'une grange, souvent avec une porcherie, un four ou une écurie en annexe arrière, comme c'est le cas des nos12 à 18 (vers 1906), 31 et 33 (1904), 44 et 46 (1904), 48 et 50 (1904), 81 et 83 (1899), 90 et 92 (1912 et 1899). Un exemple typique de ce bâti sont les nos11 et 13, qui à l'origine consistaient respectivement en une maison ouvrière de deux niveaux et deux travées construite en 1909 par le maître-maçon Pierre Geno, et d'une grange moins large, transformée en maison en 1913. Ces petites exploitations agricoles dans une commune encore rurale étaient certainement une source de revenus supplémentaires pour les négociants et les ouvriers. Plus tard, ces étables et granges furent systématiquement converties en maisons. On les reconnaît encore à leur faible largeur.

Au rez-de-chaussée des maisons étaient parfois aménagés un petit commerce, une pompe à essence (à partir des années 1920 au no 8), un atelier ou un estaminet.

Dans l'entre-deux-guerres, d'autres maisons de gabarit modeste et des petites maisons de rapport sont encore construites, mais aussi quelques maisons plus grandes, dont certaines de style moderniste tels le no20 (1937) de l'architecte Jean Balis et le no38 (1932) qui jusqu'en 2005 était doté d'une façade crépie, animée au rez-de-chaussée d'éléments en briques et d'une porte d'entrée sous un auvent rectangulaire. À l'étage, elle était rehaussée d'un bas relief représentant une lionne. Ces éléments ont disparu lors de sa rénovation.

Après la Seconde Guerre mondiale et dans les années 1960 en particulier, les quelques terrains vagues restants furent bâtis de maisons de petit gabarit.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACWSP/Urb. alignement 4 Parmentier - Grandchamp.
ACWSP/Urb. alignement 15 David Van Bever.
ACWSP/Urb. 582 (1909); 8: 85bis (1927); 12, 14, 16, 18: 645 (1910); 13:13 (1913); 20: 77 (1937); 22, 24: 289 (1905); 31, 33: 116 (1904); 34, 36: 146 (1929); 38: 295 (1932); 44, 46, 48, 50: 117 (1904); 53, 55: 206 (1925); 57, 59, 61, 63: 1924 (167); 66, 68: 206 (1904); 80, 82: 101 (1911); 81, 83: 34 (1899); 84, 86, 88: 44 (1911); 90, 92: 36 (1899).

Ouvrages
FALKENBACK, P., Historique de Woluwe-Saint-Pierre, Administration communale de Woluwe-Saint-Pierre, 1992, p.96.