Partant de la place Eugène Verboekhoven, la rue Portaels aboutit au boulevard Lambermont. Son côté pair est interrompu par la rue Capronnier.

La rue Portaels est créée dans le cadre du voûtement du Maelbeek, un ruisseau longeant la rue des Meuniers, un chemin irrégulier aujourd'hui supprimé qui courait suivant un tracé courbe à l'est des actuelles rues Metsys et Portaels, avant de se jeter dans la Senne à la frontière avec Bruxelles. Dans un but d'assainissement et pour empêcher les inondations des propriétés riveraines, le voûtement du Maelbeek est ratifié par les arrêtés royaux des 28.10.1874 et 03.08.1876. Le ruisseau courra désormais en droite ligne dans un collecteur sous une rue du Maelbeek Voûté, les actuelles rues Metsys et Portaels. Pour permettre ces travaux, est conclue le 27.11.1874 une convention entre la Commune et Philippe Joseph Allard, directeur de l'Hôtel des Monnaies et propriétaire de nombreux terrains dans cette zone. La rue Portaels s'étendait initialement jusqu'à l'avenue Mon Plaisir, avant d'être raccourcie vers 1910 à son débouché sur le nouveau boulevard Lambermont.

Côté impair se trouvait le moulin Van Hove, actionné par le Maelbeek. Il fut exproprié par l'arrêté royal du 01.07.1909, dans le cadre de travaux d'assainissement du quartier Monplaisir-Helmet.

La dénomination de l'artère rend hommage au peintre Jean-François Portaels (Vilvorde, 1818 – Bruxelles, 1895), auteur, notamment, de la peinture du fronton de l'église Saint-Jacques sur Coudenberg.

Principalement résidentielle, la rue ne se bâtit qu'à partir de 1906. Jusqu'à la Première Guerre mondiale sont érigés des maisons bourgeoises et immeubles de rapport, certains à rez-de-chaussée commercial, pour la plupart de style éclectique. Citons les nos16 (1913) et 152 (architecte Louis Vrijdagh, 1914), ce dernier conçu pour le même commanditaire et peut-être par le même architecte que le no154 (1913). La pointe de l'îlot compris entre la rue Portaels et l'avenue Princesse Élisabeth, à l'exception du bâtiment d'angle, est conçue en 1906-1907 pour des membres de la famille d'entrepreneurs Hannaerts. Il s'agit de douze maisons érigées dos à dos: les nos3 à 13 de la rue et 5 à 15 de l'avenue (voir nos3 à 7 rue Portaels et 5 à 15 avenue Princesse Élisabeth). La physionomie de l'artère est marquée par la présence de l'église Sainte-Élisabeth (voir no26), conçue en 1912, et de deux écoles: l'Institut technique Cardinal Mercier (voir no81) et l'École communale no14, à l'angle de la rue Capronnier (voir no134), respectivement ouverts en 1917 et 1916. À partir des années 1920, s'ajoutent des bâtiments de styles éclectique tardif, Beaux-Arts, Art Déco, tel l'ancien garage A. Denonville au no30-40 (architecte J. Teughels, 1927), ou encore moderniste.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 16: 216-16; 30-40: 216-30-40; 152: 216-152-154; 154: 216-154.
ACS/TP 216.
ACS/TP Infrastructure 91, 198.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1909, pp. 629-30; 1910, pp. 692-693.
Maison des Arts de Schaerbeek/fonds local.

Ouvrages
BERTRAND, L., Schaerbeek depuis cinquante ans. 1860-1910, Librairie de l'Agence Dechenne, Bruxelles, 1912, p. 50.
DEKOSTER, J.-A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 90.