Rectiligne et bordée d'arbres, l'avenue Zénobe Gramme se situe dans le prolongement de la rampe du Lion, qui enjambe, sur le pont Albert, les voies du chemin de fer Bruxelles-Malines. En montant, elle aboutit au carrefour formé par la rue Maurice Maeterlinck, l'avenue Georges Eekhoud et les rues Chaumontel et Van Droogenbroeck. Son côté impair est interrompu par l'avenue Georges Rodenbach, la rue Auguste Snieders et l'avenue Jean Jaurès. Son côté pair borde le parc Walckiers, qui fait partie de la réserve naturelle du Moeraske, classée comme site.

L'artère se situe dans le quartier dit Monplaisir-Helmet, dont le plan de voiries dressé par l'ingénieur communal des Travaux Octave Houssa est approuvé en séance du Conseil communal du 03.11.1904 puis par l'arrêté royal du 21.04.1906, en même temps que ceux des trois autres nouveaux quartiers de Schaerbeek – Monrose, de Linthout et de la Vallée Josaphat. Ses deux derniers tronçons suivent le tracé d'un ancien chemin figurant déjà sur la carte de Ferraris dressée en 1777 et appelé par la suite «Pavé» ou «Drève Walckiers». Formant un angle droit, ce chemin reliait la rue du Lion, actuelle rue Anatole France, à la rue Chaumontel et menait à la propriété Walckiers (voir rue Chaumontel nos1 à 9). Le premier tronçon de l'avenue a été tracé au début du XXe siècle dans le cadre de la construction du pont Albert, refait en béton vers 1930.

L'artère porte le nom de l'électricien et inventeur belge Zénobe Gramme (Jehay-Bodegnée, 1826 – Bois-Colombes, 1901), principalement connu pour l'invention de la dynamo. Cette dénomination est approuvée en séance du Collège communal du 05.11.1909.

Bâtie de maisons et d'immeubles de rapport, l'avenue compte également plusieurs bâtiments à usage industriel, érigés à front de rue ou en fond de parcelle. Les plus anciennes habitations se concentrent à la fin de l'avenue, dont deux maisons de style éclectique aux nos115 (1915) et 117 (1915-1916). L'artère se bâtit ensuite en deux phases. La première, entre 1927 et 1939, voit s'ériger des maisons et de petits immeubles de rapport de style Art Déco ou moderniste, tel le no91 (architecte A. Rogiers, 1936). Durant la seconde phase, entre 1949 et 1967, sont construits des maisons, immeubles à appartements et bâtiments industriels modernistes.

Par ailleurs, au no112-114 se trouve une ancienne villa bâtie entre 1824 et 1836 et achetée par les Dames de la Sainte-Famille en 1898 (voir rue Chaumontel nos1 à 9). Elle servit à l'époque de logement à l'abbé Du Rousseaux, prêtre et conseiller des religieuses. Rhabillée et agrandie en 1930, elle est indépendante du complexe scolaire.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 91: 290-91; 112-114: 290-112; 115: 290-115.
ACS/TP Dénomination des rues III.

Ouvrages
ATTAS, D., PROVOST, M. (dir.), Bruxelles, sur les traces des ingénieurs bâtisseurs, CIVA, Bruxelles, 2011, pp. 194.
DEKOSTER, J. A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 56.
Maison des Arts de Schaerbeek/fonds local: «Helmet et Monplaisir», Aide-mémoire à l'usage des élèves de l'École normale et du personnel enseignant communal de Schaerbeek, 1974, pp. 34, 50.

Cartes / plans

FERRARIS, J. J. F., Carte de Cabinet des Pays-Bas autrichiens et de la Principauté de Liège, 1777.
POPP, P. C., Atlas du Royaume de Belgique, plan parcellaire de la commune de Schaerbeek, vers 1858.
HOUSSA, O., Plan no3. Aménagement des quartiers Mon Plaisir et Helmet, 11.04.1904 (ACS/TP).

Sites internet
Petites histoires des rues de Schaerbeek, HOTEL COMMUNAL DE SCHAERBEEK