Rue rectiligne entre la rue de Mérode et le boulevard Guillaume Van Haelen, la rue du Croissant est traversée par la rue de Serbie et l’avenue Wielemans Ceuppens. La rue des Moines y prend fin. Certains numéros de maison au début de la rue sont situés sur le territoire de Saint-Gilles (n°3 à 9 et 2-4 à 22), les habitations restantes sont situées sur la commune de Forest.

L’avenue est prévue dans le projet du Parc du Midi et le quartier à Villas signé par Victor Besme en 1875 et ratifié par l'arrêté royal du 15.03.1876. Le projet prévoyait la construction d'un nouveau quartier comprenant le parc public de Saint-Gilles – Forest, les rues avoisinantes et la connexion à la gare du Midi. En même temps que la rue du Croissant sont créées toutes les rues du quartier délimité par le boulevard Guillaume Van Haelen, la rue du Canada et la partie sud de la rue de Mérode.

Ce n'est que peu après 1910 que la rue est aménagée avec ses terrassements, ses trottoirs et son asphaltage. Son nom d'origine, Wassende Maanstraat, a été changé en son nom actuel lors de la séance du conseil communal du 22.08.1913.

La rue comprend principalement des immeubles résidentiels. La première phase de construction au début du XXesiècle se compose de maisons modestes de style éclectique d’inspiration néoclassique ou avec parement polychrome. Citons ainsi l’habitation au n°13 de l’architecte Edouard Ramaekers, dont la façade a perdu sa finition d'origine (1899) et le n°102, un bel immeuble de rapport de l’architecte Jules Munster (1911).

Dans la rue se trouvent plusieurs bâtiments industriels, dont un ancien magasin de machines et de matériel pour la fabrication de chaussures au n°1 (architecte Charles Petein, 1912), une usine de papier et de carton au n°64 (architecte Camille Damman, 1906) et une brasserie au n°66 (architecte Felix Gerin, 1904, voir ce numéro). La fabrique de chaussures «Van Marcke Frères», située au n°14, a une façade discrète, mais occupe une grande partie de l'îlot et consiste en une série d'ateliers sous des sheds qui ont subi diverses rénovations et agrandissements (1894, 1896, 1906 et 1947).

La deuxième phase de construction date de l'entre-deux-guerres. Ici aussi, le style éclectique reste prépondérant, çà et là ponctué d’éléments Art Déco. Citons l’immeuble à appartements avec commerce au rez-de-chaussée au n°59-61 (1932) qui conserve encore sa devanture et autres menuiseries d’origine et le bâtiment au n°122-124 (architecte Jo De Bouver, 1930) avec un vaste atelier à l’arrière de la parcelle. L’immeuble de rapport au n°173 est l'œuvre de l'architecte Geo Deguchtenare et date de 1928.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACF/TP 45, AR du 08.02.1912 et dossier 52, AR du 06.05.1899.
ACF/Urb. 13 : 1518 (1899), 6065 (1913), 6810 (1917); 59: 11812 (1932), 23299 (2004); 64: 3886 (1906), 6795 (1917), 16517 (1954); 102: 5692 (1911), 23452 (2005), 23535 (2007); 122-124: 10132 (1928); 173: 9805 (1928), 10200 (1929), 11992 (1933).
ACSG/Urb. 1: voir r. de Mérode 256: 352 (1912), 107 (1962); 14, 16: 3702 (1894), 3702 (1896), 177 (1906), 114 (1947), 47 (1976); 14: 248 (1922), 1975 (1975).

Publications et études
CULOT, M. [dir.], Forest. Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiches 3, 39
VAN LIL,
Wegwijs te Vorst, Bruxelles, 1981, p. 45.