La r. de la Forge, qui relie la ch. de Waterloo à la r. de Moscou, résulte de l'élargissement d'une anc. impasse figurant déjà sur l'Atlas cadastral de Vandermaelen de 1837 et dénommée Straetje van Schaas, du nom d'un de ses habitants. Elle doit son nom actuel à la présence d'une anc. forge qui se situait au fond de l'impasse.

En 1868, l'étroite impasse, qui porte alors déjà le nom de r. de la Forge, est constituée, côté pair, de petites maisons ouvrières, bâties sur initiative privée. Elles étaient vraisemblablement destinées aux travailleurs de la Linière, vaste filature de lin présente dans le quartier de 1837 à 1875 (voir r. de la Filature).

En 1893, le côté impair, alors encore pratiquement vierge de constructions, est composé d'un ensemble de quatorze maisons ouvrières, implantées en retrait de l'alignement de l'impasse. La même année un plan d'élargissement de la rue est dressé dans le cadre d'une vague d'embellissement et d'assainissement du quartier du centre de la commune (1890-1900). Cette nouvelle r. s'alignera sur les nouvelles maisons, à l'exception de sa dern. portion, dont la largeur reste inchangée.

V. 1900, la r. de Moscou est prolongée : elle s'étire désormais, au nord, jusqu'à la r. de la Victoire. La dernière portion de l'ancienne impasse disparaît au profit de la nouvelle voie. L'ancien cul-de-sac devient ainsi une véritable rue.

Elévation des 14 maisons ouvrièrs du côté impair de la r. de la Forge, ACSG/Urb. 3328 (1893).
Elévation des 14 maisons ouvrièrs du côté impair de la r. de la Forge.

La rue a conservé ses deux enfilades de maisons modestes, de trois niveaux de hauteur dégressive et deux travées chacune, celle d'entrée aveugle à l'origine. Elles ont cependant toutes subi des transformations, souvent lourdes.

Nos ne figurant pas en notice
 : 2a-2b et ch. de Waterloo 48 : ensemble de deux maisons néoclassiques, 1881 ; : maison d'esprit néoclassique, travées flanquées de pilastres monumentaux à chapiteau, r.d.ch. commercial de 1908, arch. Hubert De Kock ; : large bâtiment résultant de la transformation et du remembrement de deux maisons : le no 4 de 1888, exhaussé d'un niveau en 1928, et le no 6 de 1857 (selon De Keyser, G., 1996) ; 5 à 31 : ensemble de quatorze anc. maisons ouvrières identiques, conçues sur un schéma répétitif, arch. Alfred Lecloux, 1893, élévations de deux niveaux et demi, en briques, rehaussées de bandeaux, la plupart fortement modifiées ; 8-10 : deux maisons ouvrières, 1912 (selon De Keyser, G., 1996), à l'emplacement de maisons plus anc. ; 12 à 26 : huit maisons ouvrières anc. identiques, 1859, élévations de trois niveaux de hauteur dégressive, la plupart transformées ultérieurement.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Ouvrages
EYLENBOSCH, A., LEBRUN, G., Dictionnaire raisonné des rues de Saint-Gilles, éd. Les Rencontres Saint-Gilloises, Bruxelles, 1989, pp. 134-136.
Saint-Gilles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU ASBL, Bruxelles, 1988, pp. 71, 117-119.

Archives des numéros ne figurant pas en notice
ACSG/Urb. 2-2a : voir ch. de Waterloo 48 : 242 (1881) ; 3 : 251 (1908) ; 4 : 1854 (1888) ; 5 à 31 : 3328 (1893) ; 12 à 26 : 6 (1859), 3328 (1893).