Région de Bruxelles-Capitale
Hôtel communal
Avenue d'Auderghem 113-115-117
Rue Général Leman 103-105-109
Chaussée Saint-Pierre 122
Typologie(s)
hôtel de ville/maison communale
Intervenant(s)
Jean HANCE – ingénieur – 1955-1958
Robert MAHIEU – architecte – 1978-1980
Emile MULLER – architecte – 1955-1958
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Brutalisme
Inventaire(s)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Etterbeek (DMS-DML - 1994-1997)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
1993-1995
id
Urban : 15092
Description
Constituée de manière autonome à partir de 1795, la commune d'Etterbeek tiendra ses réunions à l'auberge du Morian, située ch. d' Etterbeek. Datant de la fin du XVIe ou du début du XVIIe s., l'auberge est typique de l'architecture hôtelière : une massive tour carrée sous pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. jouxte un bâtiment de deux niveaux sous bâtièreToit à deux versants.. La façade arrière de ce dern. présentait à l'étage une galerieUne galerie est un espace couvert dévolu au passage, d'ordinaire rythmé de supports. Un portique désigne plus particulièrement une galerie ouverte sur l’extérieur par un rang d’arcades ou de colonnes. Le portique se situe au rez-de-chaussée d’un bâtiment. Il peut également être indépendant. ouverte sur la cour, desservant les chambres. Les propriétaires, les Waffelaer, cédaient gracieusement une salle située au 1er étage de la tour pour les besoins de l'administration communale.
Afin de répondre à l'expansion démographique, le bourgmestre J. Vander Smissen inaugure le 13 juillet 1862 la 1re maison communale construite av. d'Auderghem par l'entrepreneur Pierre DE WRÉE. Outre les services communaux (secrétariat, État civil et Travaux), le bâtiment abrite également l'école. S'inspirant du style néoclassiqueDe 1775 aux années 1840. Le néoclassicisme - également appelé style Louis XVI en décoration intérieure, en référence à Louis XVI - apparaît en France au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle et se répand rapidement à travers l'Europe. À Bruxelles, ce style couvre principalement la période allant de 1775 aux années 1840, même s'il continue de faire des apparitions jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Sur le plan typologique, le bâti du XVIIIe siècle se voit remplacé par une façade qui compte trois à quatre niveaux à part entière. Outre les extensions urbaines à grande échelle, les maisons existantes sont souvent transformées en hôtels de maître néoclassiques que l’on dote d’une nouvelle façade symétrique sous corniche. Ces façades répondent aux règles de proportion de l'architecture antique et font parfois office de façade-écran, l’ancienne structure portante intérieure étant conservée. Le néoclassicisme trouve son fondement théorique dans un regain d'intérêt pour l'Antiquité grecque et romaine, stimulé par les fouilles de Pompéi et d'Herculanum et par la pratique culturelle du Grand Tour. Pendant le Siècle des Lumières, on aspire à l'harmonie, à la simplicité, à la rationalité et à une ornementation sobre, en réaction au baroque et au rococo. Le style est plus qu'un langage des formes : il s'accompagne d'un réaménagement rationnel de la ville (embellissement), où se conjuguent aspects esthétiques, hygiéniques et pratiques. Le paysage urbain est caractérisé par des rues droites, des perspectives et des façades uniformes. À Bruxelles, cela conduit à une uniformisation poussée des façades crépies et peintes. À partir de 1812, seules les teintes claires sont autorisées et à partir de 1818, la ville impose l'utilisation de la couleur dite « pierre de France », contribuant ainsi à l'image de la ville « blanche » du XIXe siècle. La façade sous corniche enduite et peinte, souvent blanche ou de couleur claire, parfois combinée avec de la pierre bleue ou blanche, est caractéristique. Sa composition est strictement symétrique. Les baies sont généralement rectangulaires, parfois sous arc surbaissé. Les arcs en plein cintre sont utilisés pour mettre en valeur certains éléments, par exemple dans une travée d'entrée. La façade est articulée horizontalement par des cordons et surmontée d'une corniche en saillie, souvent pourvue de modillons et/ou de moulures à redents. Avec la frise et l'architrave, cela forme l'entablement d'inspiration classique. Les éléments décoratifs, lorsqu'ils sont présents, font référence au langage formel antique : pilastres, colonnes, frontons, triglyphes, médaillons, guirlandes ou urnes. Néanmoins, de nombreuses façades, surtout au début du XIXe siècle, sont remarquablement sobres. Les demeures les plus prestigieuses sont dotées d'un balcon, initialement avec un garde-corps en fer forgé puis, à partir du milieu du XIXe siècle, de plus en plus souvent en fonte. À Bruxelles, le néoclassicisme est présent tant dans les projets urbanistiques à grande échelle que dans les habitations particulières, les bâtiments publics et l'architecture religieuse. Il contribue fortement à la cohérence et à l'homogénéité du paysage urbain. Parmi les exemples de tels projets, citons la place des Martyrs (anciennement place Saint-Michel, 1774-1776), le quartier royal (1774-1782), la Place du Nouveau Marché aux Grains (1787), le quartier de La Monnaie (1817-1822), la Place des Barricades (anciennement place d'Orange, 1825) et le Grand Hospice avec le quartier environnant (1827), ainsi que le réaménagement des environs des anciennes portes de la ville. Outre les maisons ordinaires et les hôtels de maître, ce style se prête parfaitement aux bâtiments monumentaux et représentatifs, tels que les institutions publiques et religieuses, les châteaux, les palais et les académies. À Bruxelles, de nombreuses maisons anciennes sont également remises au goût du jour : leur pignon est remplacé par une façade sous corniche sobre et symétrique. Dans les centres des villages périphériques, le néoclassicisme s'avère également particulièrement adapté à la construction ou à la rénovation des habitations modestes, grâce à sa structure claire et à son langage formel sobre. Notons que dans la langue néerlandaise, on distingue le classicisme du XVIIIe siècle (né sous l'Ancien Régime) et le néoclassicisme du début du XIXe siècle, qui en découle progressivement. En français, le terme néoclassicisme couvre les XVIIIe et XIXe siècles, le classicisme faisant référence à l’architecture française des XVIe et XVIIe siècles, puisant ses origines dans la Renaissance., volume cubique sous bâtièreToit à deux versants. à larges croupesUne croupe est un versant de toit qui réunit les deux pans principaux d’un toit à leur extrémité. Contrairement à la croupette, la croupe descend aussi bas que les pans principaux.. Haut soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. ajouré pour les caves. Façade enduiteL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc., encadrée de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. décorés d'arcaturesFrise d’arcatures ou d’arceaux. Suite de petits arcs décoratifs ou de petites baies aveugles couvertes d’un arc., en double corpsUn bâtiment est dit en double corps lorsqu'il présente, au rez-de-chaussée, deux rangées de pièces séparées par un couloir axial. de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. et deux niveaux. Travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. axiale en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général., couronnée par un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. percé d'un oculusJour de forme circulaire, ovale ou polygonale. et accentuée par un perronEmmarchement extérieur devançant la porte d’entrée d’un bâtiment. à deux volées. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. soulignées d'un larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche.. Divisions horizontales assurées par les bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. prolongeant les appuisAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. et séparant les niveaux. Les locaux scolaires occupés par les garçons sont libérés en 1873 (déménagement r. Fétis). La nouvelle école pour garçons construite en 1900 ch. Saint-Pierre permet aux filles d'occuper le bâtiment de la r. Fétis, libérant ainsi définitivement la maison communale. Celle-ci, manquant toujours de place, annexe en 1911 le café contigu « La RégenceEnv. 1715 - années 1740. Le style Régence est un style de transition (env. 1715-1730, à Bruxelles jusqu'aux années 1740) entre le baroque austère et classicisant de la période Louis XIV et le rococo frivole de la période Louis XV. Ce style né en France doit son nom à la régence de Philippe d'Orléans (1715-1723). Dans les Pays-Bas méridionaux, cette période coïncide avec le début de la domination autrichienne sous Charles VI. Bien que le style Régence soit avant tout un style d'intérieur, il se manifeste également dans l'architecture. Successeur du baroque classicisant, il conserve les volumes somptueux, la symétrie et la structure puissante, mais sans la rigueur de son prédécesseur. Les ordres classiques sont appliqués de manière moins rigide et une plus grande attention est accordée à une décoration raffinée. Le style Régence se caractérise par le passage d'un style austère et formel à un style ludique, dynamique et élégant, souvent avec des lignes courbes, se traduisant notamment par des fenêtres à arc surbaissée ou chantourné, qui laissent entrer davantage de lumière. La symétrie est conservée, contrairement au rococo ultérieur. La décoration devient plus légère et plus raffinée, avec des motifs tels que des coquillages, des palmettes et parfois des mascarons. À Bruxelles, on trouve parfois des touches de style Régence, comme un portique ajouté à une maison plus ancienne. ».
En séance publique les 17 avril et 4 décembre 1953, le Conseil communal décide la démolition du bâtiment de 1862 et la reconstruction au même emplacement d'un nouvel hôtel communal, érigé d'après les plans de l'ingénieur en chef et directeur des travaux Jean HANCE et de l'arch. Émile MULLER. Les travaux, adjugés aux Entreprises générales de Travaux d'Anderlecht (EGTA) débutent le 1er mars 1955. Le bâtiment est inauguré le 25 janvier 1958, construction typique de la fin des années 1950, au style dépouillé et monumental. Sous toiture en terrasse, façade en béton et simili-pierreEnduit dont la couleur et la texture imitent la pierre de manière très convaincante, avec généralement des joints factices remplis de mortier gris., de deux niveaux et onze travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. éclairées par de hautes baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rect. inscrites en creux, couronnée par un mur d'attiqueUn élément est dit en attique lorsqu’il est situé au-dessus de l’entablement.. Quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. latérales (trois dans la partie g.) jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. deux à deux dans des cadres rect. Quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. médianes en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général.. Percements du r.d.ch. en retrait, séparés par des pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau., simples ou jumelésDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux., soutenant le garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... métallique de l'étage ; deux entrées latérales précédées d'un perronEmmarchement extérieur devançant la porte d’entrée d’un bâtiment. et deux baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. médianes encadrant une horloge. Niveaux séparés par sept bas-reliefs sculptés par Edmond DE VALERIOLA, Dolf LEDEL et JACOBS.
À l'intérieur, vaste hall en marbre, au centre duquel prend naissance l'escalier d'honneur, tournant à deux volées droites ; 1re volée centrale accentuée au reposPalier ou repos d'escalier. Plate-forme qui sépare deux volées d'escalier. par une statue en bronze, la Maternité,de Harry ELSTRÖM. Au ler étage, salle des mariages et du Conseil, ornée d'une toile monumentale évoquant des épisodes de l'histoire et de la vie etterbeekoises, réalisée par L'ÉCOLE COMMUNALE DES ARTS ET MÉTIERS (act. ACADÉMIE CONSTANTIN MEUNIER).
Les locaux communaux s'avérant toujours insuffisants, deux phases d'extension de l'hôtel communal sont projetées.
La 1re est approuvée par le Conseil communal le 6 décembre 1973. Les bâtiments construits à l'angle de la r. Général Leman par l'arch. Robert MAHIEU furent inaugurés le 17 juin 1978 : un parallélépipède rect. de verre sur trois niveaux, protégé par une structure de béton ajouré en amande, et un haut immeuble, partiellement masqués par un volume bas latéral, abritant notamment un vaste hall d'accueil pour le public.
La 2e phase voit l'érection d'une nouvelle aile par l'arch. Robert MAHIEU à l'angle de la ch. Saint-Pierre à partir d'octobre 1980. Elle fut inaugurée le 22 janvier 1982. Les anc. dépendances à l'arrière, antérieures à 1958, furent démolies. À leur emplacement fut aménagé le jardin « Solidarnosc ». Le bas-relief « Hommage à Picasso » (composition de 27 masques), don du peintre et sculpteur Charles DELPORTE, y a été inauguré en 1985.
Afin de répondre à l'expansion démographique, le bourgmestre J. Vander Smissen inaugure le 13 juillet 1862 la 1re maison communale construite av. d'Auderghem par l'entrepreneur Pierre DE WRÉE. Outre les services communaux (secrétariat, État civil et Travaux), le bâtiment abrite également l'école. S'inspirant du style néoclassiqueDe 1775 aux années 1840. Le néoclassicisme - également appelé style Louis XVI en décoration intérieure, en référence à Louis XVI - apparaît en France au cours de la seconde moitié du XVIIIe siècle et se répand rapidement à travers l'Europe. À Bruxelles, ce style couvre principalement la période allant de 1775 aux années 1840, même s'il continue de faire des apparitions jusqu'à la veille de la Première Guerre mondiale. Sur le plan typologique, le bâti du XVIIIe siècle se voit remplacé par une façade qui compte trois à quatre niveaux à part entière. Outre les extensions urbaines à grande échelle, les maisons existantes sont souvent transformées en hôtels de maître néoclassiques que l’on dote d’une nouvelle façade symétrique sous corniche. Ces façades répondent aux règles de proportion de l'architecture antique et font parfois office de façade-écran, l’ancienne structure portante intérieure étant conservée. Le néoclassicisme trouve son fondement théorique dans un regain d'intérêt pour l'Antiquité grecque et romaine, stimulé par les fouilles de Pompéi et d'Herculanum et par la pratique culturelle du Grand Tour. Pendant le Siècle des Lumières, on aspire à l'harmonie, à la simplicité, à la rationalité et à une ornementation sobre, en réaction au baroque et au rococo. Le style est plus qu'un langage des formes : il s'accompagne d'un réaménagement rationnel de la ville (embellissement), où se conjuguent aspects esthétiques, hygiéniques et pratiques. Le paysage urbain est caractérisé par des rues droites, des perspectives et des façades uniformes. À Bruxelles, cela conduit à une uniformisation poussée des façades crépies et peintes. À partir de 1812, seules les teintes claires sont autorisées et à partir de 1818, la ville impose l'utilisation de la couleur dite « pierre de France », contribuant ainsi à l'image de la ville « blanche » du XIXe siècle. La façade sous corniche enduite et peinte, souvent blanche ou de couleur claire, parfois combinée avec de la pierre bleue ou blanche, est caractéristique. Sa composition est strictement symétrique. Les baies sont généralement rectangulaires, parfois sous arc surbaissé. Les arcs en plein cintre sont utilisés pour mettre en valeur certains éléments, par exemple dans une travée d'entrée. La façade est articulée horizontalement par des cordons et surmontée d'une corniche en saillie, souvent pourvue de modillons et/ou de moulures à redents. Avec la frise et l'architrave, cela forme l'entablement d'inspiration classique. Les éléments décoratifs, lorsqu'ils sont présents, font référence au langage formel antique : pilastres, colonnes, frontons, triglyphes, médaillons, guirlandes ou urnes. Néanmoins, de nombreuses façades, surtout au début du XIXe siècle, sont remarquablement sobres. Les demeures les plus prestigieuses sont dotées d'un balcon, initialement avec un garde-corps en fer forgé puis, à partir du milieu du XIXe siècle, de plus en plus souvent en fonte. À Bruxelles, le néoclassicisme est présent tant dans les projets urbanistiques à grande échelle que dans les habitations particulières, les bâtiments publics et l'architecture religieuse. Il contribue fortement à la cohérence et à l'homogénéité du paysage urbain. Parmi les exemples de tels projets, citons la place des Martyrs (anciennement place Saint-Michel, 1774-1776), le quartier royal (1774-1782), la Place du Nouveau Marché aux Grains (1787), le quartier de La Monnaie (1817-1822), la Place des Barricades (anciennement place d'Orange, 1825) et le Grand Hospice avec le quartier environnant (1827), ainsi que le réaménagement des environs des anciennes portes de la ville. Outre les maisons ordinaires et les hôtels de maître, ce style se prête parfaitement aux bâtiments monumentaux et représentatifs, tels que les institutions publiques et religieuses, les châteaux, les palais et les académies. À Bruxelles, de nombreuses maisons anciennes sont également remises au goût du jour : leur pignon est remplacé par une façade sous corniche sobre et symétrique. Dans les centres des villages périphériques, le néoclassicisme s'avère également particulièrement adapté à la construction ou à la rénovation des habitations modestes, grâce à sa structure claire et à son langage formel sobre. Notons que dans la langue néerlandaise, on distingue le classicisme du XVIIIe siècle (né sous l'Ancien Régime) et le néoclassicisme du début du XIXe siècle, qui en découle progressivement. En français, le terme néoclassicisme couvre les XVIIIe et XIXe siècles, le classicisme faisant référence à l’architecture française des XVIe et XVIIe siècles, puisant ses origines dans la Renaissance., volume cubique sous bâtièreToit à deux versants. à larges croupesUne croupe est un versant de toit qui réunit les deux pans principaux d’un toit à leur extrémité. Contrairement à la croupette, la croupe descend aussi bas que les pans principaux.. Haut soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. ajouré pour les caves. Façade enduiteL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc., encadrée de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. décorés d'arcaturesFrise d’arcatures ou d’arceaux. Suite de petits arcs décoratifs ou de petites baies aveugles couvertes d’un arc., en double corpsUn bâtiment est dit en double corps lorsqu'il présente, au rez-de-chaussée, deux rangées de pièces séparées par un couloir axial. de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. et deux niveaux. Travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. axiale en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général., couronnée par un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. percé d'un oculusJour de forme circulaire, ovale ou polygonale. et accentuée par un perronEmmarchement extérieur devançant la porte d’entrée d’un bâtiment. à deux volées. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. soulignées d'un larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche.. Divisions horizontales assurées par les bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade. prolongeant les appuisAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. et séparant les niveaux. Les locaux scolaires occupés par les garçons sont libérés en 1873 (déménagement r. Fétis). La nouvelle école pour garçons construite en 1900 ch. Saint-Pierre permet aux filles d'occuper le bâtiment de la r. Fétis, libérant ainsi définitivement la maison communale. Celle-ci, manquant toujours de place, annexe en 1911 le café contigu « La RégenceEnv. 1715 - années 1740. Le style Régence est un style de transition (env. 1715-1730, à Bruxelles jusqu'aux années 1740) entre le baroque austère et classicisant de la période Louis XIV et le rococo frivole de la période Louis XV. Ce style né en France doit son nom à la régence de Philippe d'Orléans (1715-1723). Dans les Pays-Bas méridionaux, cette période coïncide avec le début de la domination autrichienne sous Charles VI. Bien que le style Régence soit avant tout un style d'intérieur, il se manifeste également dans l'architecture. Successeur du baroque classicisant, il conserve les volumes somptueux, la symétrie et la structure puissante, mais sans la rigueur de son prédécesseur. Les ordres classiques sont appliqués de manière moins rigide et une plus grande attention est accordée à une décoration raffinée. Le style Régence se caractérise par le passage d'un style austère et formel à un style ludique, dynamique et élégant, souvent avec des lignes courbes, se traduisant notamment par des fenêtres à arc surbaissée ou chantourné, qui laissent entrer davantage de lumière. La symétrie est conservée, contrairement au rococo ultérieur. La décoration devient plus légère et plus raffinée, avec des motifs tels que des coquillages, des palmettes et parfois des mascarons. À Bruxelles, on trouve parfois des touches de style Régence, comme un portique ajouté à une maison plus ancienne. ».
En séance publique les 17 avril et 4 décembre 1953, le Conseil communal décide la démolition du bâtiment de 1862 et la reconstruction au même emplacement d'un nouvel hôtel communal, érigé d'après les plans de l'ingénieur en chef et directeur des travaux Jean HANCE et de l'arch. Émile MULLER. Les travaux, adjugés aux Entreprises générales de Travaux d'Anderlecht (EGTA) débutent le 1er mars 1955. Le bâtiment est inauguré le 25 janvier 1958, construction typique de la fin des années 1950, au style dépouillé et monumental. Sous toiture en terrasse, façade en béton et simili-pierreEnduit dont la couleur et la texture imitent la pierre de manière très convaincante, avec généralement des joints factices remplis de mortier gris., de deux niveaux et onze travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. éclairées par de hautes baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rect. inscrites en creux, couronnée par un mur d'attiqueUn élément est dit en attique lorsqu’il est situé au-dessus de l’entablement.. Quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. latérales (trois dans la partie g.) jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. deux à deux dans des cadres rect. Quatre travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. médianes en ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général.. Percements du r.d.ch. en retrait, séparés par des pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau., simples ou jumelésDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux., soutenant le garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... métallique de l'étage ; deux entrées latérales précédées d'un perronEmmarchement extérieur devançant la porte d’entrée d’un bâtiment. et deux baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. médianes encadrant une horloge. Niveaux séparés par sept bas-reliefs sculptés par Edmond DE VALERIOLA, Dolf LEDEL et JACOBS.
À l'intérieur, vaste hall en marbre, au centre duquel prend naissance l'escalier d'honneur, tournant à deux volées droites ; 1re volée centrale accentuée au reposPalier ou repos d'escalier. Plate-forme qui sépare deux volées d'escalier. par une statue en bronze, la Maternité,de Harry ELSTRÖM. Au ler étage, salle des mariages et du Conseil, ornée d'une toile monumentale évoquant des épisodes de l'histoire et de la vie etterbeekoises, réalisée par L'ÉCOLE COMMUNALE DES ARTS ET MÉTIERS (act. ACADÉMIE CONSTANTIN MEUNIER).
Les locaux communaux s'avérant toujours insuffisants, deux phases d'extension de l'hôtel communal sont projetées.
La 1re est approuvée par le Conseil communal le 6 décembre 1973. Les bâtiments construits à l'angle de la r. Général Leman par l'arch. Robert MAHIEU furent inaugurés le 17 juin 1978 : un parallélépipède rect. de verre sur trois niveaux, protégé par une structure de béton ajouré en amande, et un haut immeuble, partiellement masqués par un volume bas latéral, abritant notamment un vaste hall d'accueil pour le public.
La 2e phase voit l'érection d'une nouvelle aile par l'arch. Robert MAHIEU à l'angle de la ch. Saint-Pierre à partir d'octobre 1980. Elle fut inaugurée le 22 janvier 1982. Les anc. dépendances à l'arrière, antérieures à 1958, furent démolies. À leur emplacement fut aménagé le jardin « Solidarnosc ». Le bas-relief « Hommage à Picasso » (composition de 27 masques), don du peintre et sculpteur Charles DELPORTE, y a été inauguré en 1985.
Sources
Ouvrages
DE PAUW, L.-F., La vallée du Maelbeek avec monographie d'Etterbeek, Hayez, Bruxelles, 1914, p. 243.
JURION-DE WAHA, F., La mémoire des pierres : découvrez les hôtels de ville et les maisons communales, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1988, pp. 50-53.
MEIRE, R. J., Histoire d'Etterbeek, Musin, Bruxelles, 1981, pp. 26, 34, 52-53, 58, 80, 81, 88, 128, 148, 151, 163.
Périodiques
PIERARD, J., « Dolf Ledel, générosité de l'homme, sincérité dans l'art » in Brabant, 4, 1974, pp. 42-47.
DE PAUW, L.-F., La vallée du Maelbeek avec monographie d'Etterbeek, Hayez, Bruxelles, 1914, p. 243.
JURION-DE WAHA, F., La mémoire des pierres : découvrez les hôtels de ville et les maisons communales, Fondation Roi Baudouin, Bruxelles, 1988, pp. 50-53.
MEIRE, R. J., Histoire d'Etterbeek, Musin, Bruxelles, 1981, pp. 26, 34, 52-53, 58, 80, 81, 88, 128, 148, 151, 163.
Périodiques
PIERARD, J., « Dolf Ledel, générosité de l'homme, sincérité dans l'art » in Brabant, 4, 1974, pp. 42-47.
Arbres remarquables à proximité






