Région de Bruxelles-Capitale
Anciens cinéma Albert Hall et salle de fêtes Roseland
Avenue Eudore Pirmez 9
Chaussée de Wavre 649-651
Typologie(s)
salle des fêtes
Intervenant(s)
Arthur MEULEMAN – architecte – 1931-1932
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Inventaire(s)
- Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
- Inventaire des salles de cinéma (1993)
- Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Etterbeek (DMS-DML - 1994-1997)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Social Cet intérêt est difficile à distinguer de l’intérêt folklorique et généralement insuffisante pour justifier une sélection à elle seule. Il peut s’agir d’un : - lieu de mémoire d’une communauté ou d’un groupe social (par exemple, la chapelle de pèlerinage située place de l’Église à Berchem-Sainte-Agathe, le Vieux Tilleul de Boondael à Ixelles) ; - lieu relevant d’une symbolique populaire (par exemple, le café «?La Fleur en Papier Doré?» situé rue des Alexiens) ; - lieu de regroupement ou de structuration d’un quartier (par exemple, les immeubles du Fer à Cheval dans la cité du Floréal) ; - bien faisant partie ou comprenant des équipements collectifs (écoles, crèches, salles communales/paroissiales, salles de sport, stades, etc.) ; - bien ou ensemble (de logements sociaux ou non) conçu de manière à stimuler les interactions sociales, l’entraide et la cohésion de quartier (par exemple les quartiers résidentiels construits après la Seconde Guerre mondiale à Ganshoren ou les quartiers spécifiquement destinés aux aînés) ; - bien faisant partie d’un complexe industriel ayant engendré une activité importante au sein de la commune où il se situe ou pour la Région.
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
id
Description
Ensemble composé de deux bâtiments situés le long de
l'avenue Eudore Pirmez (ancien cinéma de quartier Albert Hall) et de la
chaussée de Wavre (ancienne salle de fête Roseland), reliés entre eux
par un volume en forme de T. Ensemble de style éclectiquePériode : env.
1840-1914.
L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de
styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes
mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette
tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans
le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840
et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec
des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin
d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de
l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une
tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en
utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de
la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement
à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est
en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands
magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à
l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale
dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles).
Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque
style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut
évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice
religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais
de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le
prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel,
conçu pour représenter les valeurs d’une institution.
Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie
et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent
avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé,
céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé.
Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte
d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher
son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période
où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme
traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du
passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les
intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique,
escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et
parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz).
La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison
bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales
sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large –
sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en
travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur
(de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois
dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe
siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des
pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des
ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les
enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le
cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons
sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires
différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des
enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même
gabarit.
Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique
sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie
des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées,
enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons,
logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades
sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique
(enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en
pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art
nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe
« coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou
croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps,
colombages, fermes apparentes), etc.
Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la
Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise
perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus
tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement
tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme :
des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de
style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de
l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées
d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou
régionaliste (voir éclectisme tardif). tardif, mêlant des
éléments Art DécoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). et néo-égyptiensLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des
styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe
siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le
style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour
le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les
cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux
autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension
mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par
l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques.
L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une
première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte
(1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de
l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un
style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au
style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt
que d'un style « néo » à part entière.
Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe
siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement
acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques
élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans
ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique,
et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de
manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression
marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte
funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle.
Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs
légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de
lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux
en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des
disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la
monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la
polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable.
À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des
ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent
l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte
des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des
théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons
d'exposition) et dans le contexte maçonnique.
Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de
l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques,
imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce
langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens
réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de
l'entre-deux-guerres., conçu par l'architecte Arthur Meuleman en
1931-1932.
Historique
Les premiers cinémas de quartier
de la commune sont ouverts au cours des années 1920 le long de la chaussée de
Wavre. Ils sont aménagés dans des bâtiments préexistants et se caractérisent
par une architecture de façade discrète, combinant les fonctions d’habitation,
de salle de fête et de salle de cinéma. Citons ainsi le cinéma Jourdan,
situé au n° 307 de la chaussée de Wavre
datant de 1921 (voir ce numéro) et le cinéma Rixy, situé aux n° 366-368 chaussée
de Wavre, conçu par l'architecte Victor Bougeois en 1922 (voir ce numéro).
Quelques années plus tard, un troisième cinéma voit le jour1. Ouverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension; 2. Vide autour duquel se développent certains escaliers tournants. le long de la même
chaussée. Cette fois, il s’agit de la démolition d’une habitation existante et
de la construction d’un nouvel édifice au volume imposant. En 1931 et 1932,
Jos. Weckx introduit des demandes de permis de bâtir pour la construction d’un
immeuble à appartements le long de l’avenue E. Pirmez, ainsi que pour deux
grandes salles superposées — la salle de fête Roseland au sous-sol et, à
l’étage supérieur, la salle de cinéma Albert Hall — le long de la
chaussée de Wavre. L’ensemble est conçu par l’architecte Arthur Meuleman. La
façade donnant sur la chaussée de Wavre n’est pas réalisée conformément aux
plans, qui prévoyaient un style modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. caractérisé par de grandes
ouvertures rectangulaires, mais adopte le style éclectiquePériode : env.
1840-1914.
L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de
styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes
mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette
tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans
le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840
et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec
des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin
d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de
l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une
tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en
utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de
la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement
à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est
en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands
magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à
l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale
dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles).
Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque
style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut
évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice
religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais
de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le
prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel,
conçu pour représenter les valeurs d’une institution.
Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie
et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent
avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé,
céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé.
Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte
d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher
son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période
où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme
traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du
passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les
intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique,
escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et
parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz).
La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison
bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales
sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large –
sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en
travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur
(de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois
dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe
siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des
pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des
ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les
enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le
cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons
sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires
différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des
enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même
gabarit.
Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique
sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie
des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées,
enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons,
logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades
sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique
(enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en
pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art
nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe
« coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou
croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps,
colombages, fermes apparentes), etc.
Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la
Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise
perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus
tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement
tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme :
des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de
style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de
l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées
d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou
régionaliste (voir éclectisme tardif). de la façade donnant
sur l’avenue E. Pirmez, avec des éléments Art DécoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). et néo-égyptiensLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des
styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe
siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le
style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour
le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les
cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux
autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension
mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par
l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques.
L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une
première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte
(1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de
l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un
style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au
style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt
que d'un style « néo » à part entière.
Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe
siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement
acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques
élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans
ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique,
et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de
manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression
marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte
funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle.
Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs
légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de
lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux
en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des
disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la
monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la
polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable.
À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des
ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent
l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte
des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des
théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons
d'exposition) et dans le contexte maçonnique.
Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de
l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques,
imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce
langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens
réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de
l'entre-deux-guerres..
L’entrée du cinéma Albert Hall se situe avenue
Eudore Pirmez. Selon les plans de construction d’origine, la salle compte 1 148
places, réparties entre un parterre de 26 rangées comprenant 658 places et deux
balcons latéraux offrant 490 places. Les balcons, conçus en structure en béton,
sont dus à l’architecte Armand Delalieux.
L’entrée de la salle de fête Roseland se trouve le long de la chaussée
de Wavre et sa façade est deux fois plus large que celle du cinéma. La salle se
compose d’un espace de 800 m² avec un hall d’entrée et une cafétéria à l’étage.
Elle est aménagée pour environ 430 personnes et présente les mêmes ornements
que la salle de cinéma, mais se caractérise par un décor légèrement plus riche
et une atmosphère plus chaleureuse grâce à la présence de tons jaunes et dorés.
Les espaces situés le long de la façade avant sont destinés aux bureaux du cinéma
et de la salle des fêtes.
Les deux salles disposent d’entrées distinctes et sont utilisées indépendamment
l’une de l’autre. L’aménagement intérieur ainsi que la circulation verticale
sont également conçus séparément pour chacune d’elles.
Avec l’essor de la télévision dans les années 1960 et la concurrence liée à
l’évolution des loisirs, le cinéma de quartier Albert Hall et la salle
de fête Roseland ferment leurs portes le 14 janvier 1965.
En 1988, Catherine et
Jean-François Van Meerbeek acquièrent le complexe et entreprennent une
importante campagne de rénovation sous la direction du bureau d’architecture
Champs Elysées, avec pour objectif de restaurer le bâtiment et de le rouvrir au
public. Les volumes intérieurs sont conservés, mais plusieurs éléments
intérieurs endommagés ou vétustes sont restaurés ou modifiés. La fonction des
salles ayant changé, le mobilier, et plus particulièrement les sièges du
parterre et des balcons de la salle de cinéma, est retiré.
La réouverture officielle du complexe Albert Hall a lieu en août 1995.
Le complexe se voit attribuer une nouvelle fonction avec des salles
polyvalentes. Ainsi, la salle Roseland accueille des événements
d’entreprise, des réceptions privées, des spectacles et des expositions, tandis
que l’Albert Hall est aménagé en salle de conférence, de séminaire et de
concert. Le balcon supérieur de l’ancienne salle de cinéma est fermé et aménagé
en un auditorium plus petit, pouvant accueillir environ 200 personnes et
pouvant également être utilisé comme salle de réception ou de réunion. Cet
espace est rebaptisé « auditorium Chaplin ».
En 2023, la société BC Management Services srl acquiert l’ensemble des
bâtiments. Elle conserve la fonction de salles polyvalentes destinées à
l’organisation d’événements privés, mais rebaptise le complexe Albert Hall
Brussels.
Description
Façades en briques de teinte
claire d’Orp-le-Grand rehaussée d’éléments en pierre bleue. Verticalité des
travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. accentuée par les pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. colossauxUn pilastre, une colonne ou un autre support est dit colossal lorsqu’il s’élève sur plusieurs niveaux ou sur la plus grande partie de la hauteur du bâtiment. à ressautsSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général., couronnés par de
chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. en forme de papyrus, qui soutiennent la cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. fortement
saillante.
Ancienne salle de cinéma Albert Hall
Élévation symétrique de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. et de cinq niveaux
sous toiture plate. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires aux allègesPartie de mur située sous l’appui de fenêtre. La table d’allège est une table située sous l’appui de fenêtre. canneléesLes cannelures sont des canaux longs, parallèles et en répétition, ornant des pilastres ou des colonnes.. Celles des
trois niveaux supérieurs sont munies d’un garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. à motif
géométrique. Le rez-de-chaussée est percé d’une petite porte donnant accès aux
appartements et d’une large baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaire donnant accès au cinéma,
conservant encore sa grille en fer d’origine. MenuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. remplacées, à
l’exception de la cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier..
Ancienne salle de fête Roseland
Élévation symétrique, deux fois plus large que celle située le long de
l’avenue E. Pirmez. Quatre niveaux sous toiture plate. SoubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit.,
avec colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. en marbre noir et entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. en simili pierre blanche. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement.
rectangulaires et cintrées. Celles des deux niveaux supérieurs munies de
garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. similaires à ceux de l’avenue E. Pirmez.
Travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. axiale plus large, éclairée au premier étage par une grande vitrine
carrée encadrée de sgraffitesTechnique de décoration murale consistant à recouvrir d’une mince couche d’enduit clair une première couche de ton sombre. Un dessin est ensuite créé en grattant partiellement l’enduit clair, alors qu’il est encore frais, pour mettre à jour l’enduit foncé sous-jacent. Les traits des dessins apparaissent ainsi en creux et en foncé. En outre, la couche d’enduit clair peut être mise en couleur. ornés de guirlandesLa guirlande est un décor figurant un cordon de fleurs, feuilles ou fruits. florales, et inscription Roseland
dans la cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier.. Des sgraffitesTechnique de décoration murale consistant à recouvrir d’une mince couche d’enduit clair une première couche de ton sombre. Un dessin est ensuite créé en grattant partiellement l’enduit clair, alors qu’il est encore frais, pour mettre à jour l’enduit foncé sous-jacent. Les traits des dessins apparaissent ainsi en creux et en foncé. En outre, la couche d’enduit clair peut être mise en couleur. similaires ornent les allègesPartie de mur située sous l’appui de fenêtre. La table d’allège est une table située sous l’appui de fenêtre. du dernier
niveau. Trois larges baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. au rez-de-chaussée. La baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. centrale est dotée d’une
grille portant la lettre R de Roseland, la marquiseAuvent métallique vitré. a disparu. De part
et d’autre, deux portes en bois. MenuiseriesÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. conservées.
Intérieur
Ancienne salle de cinéma Albert Hall
Entrée avec vestibule subdivisé en deux zones par une série
de portes en bois. La première zone est dotée de six vitrines qui contenaient
les affiches des projections cinématographiques. Guichet situé à gauche de la
seconde zone, derrière des lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. en bois de forme trapézoïdale. Murs avec
plintheAssise inférieure d’un soubassement ou soubassement de hauteur particulièrement réduite. en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. et cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. en bois. Sol en carreaux de céramique d’inspiration
MauresqueLe style d’inspiration mauresque, également appelé
style arabisant, est un courant architectural du XIXe siècle qui
s'inspire de l'architecture de l'ouest musulman médiéval, en particulier de
l'Al-Andalus du VIIIe au XVe siècle (Cordoue, Grenade,
Séville), mais aussi d’exemples nord-africains et parfois ottomans.
À Bruxelles, ce style s'est développé entre 1850 et 1914 environ,
principalement dans le cadre de l'éclectisme et de la fascination croissante
des Européens pour l'Orient. La tendance à imiter les styles exotiques a été
stimulée par la littérature romantique et les récits de voyage, les expositions
universelles où les pavillons orientaux étaient très populaires, le prestige
socioculturel de l'ornementation arabesque et l'essor d'une culture bourgeoise
en quête de nouveaux mondes féériques somptueux.
Le style mauresque n'a pas été aussi largement utilisé à Bruxelles que d'autres
styles « néo », mais il a néanmoins marqué de son empreinte certains
types de bâtiments spécifiques : théâtres, salles de réception,
synagogues, bains publics, jardins d'hiver et intérieurs privés.
Ce style se distingue par son opulence décorative, son utilisation de rythmes
géométriques et sa préférence pour les couleurs et les contrastes lumineux. Il
s'agit rarement d'une application structurelle des principes architecturaux
mauresques, mais plutôt d’une couche ornementale posée sur un schéma
architectural occidental.
Les caractéristiques typiques sont les suivantes : éléments formels et
spatiaux tels que les arcs outrepassés, les arcs polylobés, les arcades, les
voûtes en stalactites (souvent en stuc), les structures en coupole ou
pseudo-coupole et l’utilisation de cours intérieures et de galeries dans les
grands complexes. En termes de décoration et d'utilisation des matériaux, on
retrouve des arabesques, des motifs floraux, des motifs géométriques, une
polychromie dans les mosaïques, les vitraux, les peintures, des stucs et des
ornements en plâtre riches, des moucharabiés, des inscriptions ou de la
calligraphie pseudo-arabe comme ornements. La profusion de couleurs et la
création d'ambiance sont également frappantes, avec des contrastes de couleurs
vibrants (rouge, ocre, bleu, turquoise, or), des jeux d'ombres et de lumières
dans les ornements perforés et une atmosphère luxueuse et théâtrale., composé d’un parterre central à motifs géométriques et d’une large
bordure à motif de méandresMéandre et grecque. Ornements composés de lignes droites raccordées à angle droit. Le méandre est en forme de U enchaînés tandis que la grecque se compose de lignes se refermant sur elles-mêmes à la manière d’une spirale..
Les portes en bois vitrées ouvrent sur un vaste hall d’accueil, richement
décoré dans des styles néo. Sol en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. avec quadrillage en marbre blanc et
noir. Une série de portes en bois avec impostesUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. vitrées en forme d’oculus et en
arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. ogivalUn élément est dit brisé, en ogive ou ogival lorsqu’il est composé de deux arcs de cercle se rejoignant en pointe., précédées d’un sas d’entrée, donne accès au parterre de la salle de
cinéma. L’escalier monumental en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. avec rampe tubulaire en fer ornée d’un
motif en éclair. Garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en gradins le long du mur de l’escalier, revêtu
d’un enduitL'enduit est un revêtement de plâtre, de mortier, de stuc, de ciment, de lait de chaux, de simili-pierre, etc. brut rouge foncé. Au départ de l’escalier, sculpture en plâtre
imitant le bronze patiné, représentant un phoque, menant vers une coursive
supérieure qui conduit à l’entrée des balcons de la salle de cinéma. Mur rythmé
par des colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. à motifs géométriques. Deux vitraux représentant Virginia
Cherrill et Charlie Chaplin dans le film City Lights (1931),
probablement ajoutés à une période ultérieure.
Salle de cinéma de plan quasi rectangulaire, dont les murs sont rythmés par des
pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. ornés de motifs géométriques faisant référence à la symbolique
égyptienneLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des
styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe
siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le
style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour
le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les
cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux
autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension
mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par
l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques.
L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une
première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte
(1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de
l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un
style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au
style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt
que d'un style « néo » à part entière.
Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe
siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement
acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques
élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans
ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique,
et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de
manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression
marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte
funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle.
Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs
légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de
lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux
en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des
disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la
monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la
polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable.
À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des
ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent
l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte
des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des
théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons
d'exposition) et dans le contexte maçonnique.
Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de
l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques,
imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce
langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens
réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de
l'entre-deux-guerres.. Plafond légèrement cintré, percé de lanterneaux intégrant des
luminaires géométriques à structure métallique. Balcon en béton, prolongé par
des balcons latéraux dotés d’une rampe tubulaire en fer similaire à celle de
l’escalier monumental. L’écran était installé sur une scène légèrement
incurvée.
Ancienne salle de fête Roseland
Entrée avec vestibule donnant accès à deux cages d’escalier
latéraux menant à l’ancienne salle de bal.
La salle de fête présente un volume quasi rectangulaire, richement orné et
agrémenté de finitions dans des tons jaunes et dorés. Elle est entourée sur
trois côtés par un balcon à double hauteur, doté d’une rampe tubulaire en fer
et d’un sol en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. encadré de marbre.
Le sol du parterre, qui constituait à l’origine une vaste piste de danse, est
aujourd’hui recouvert d’un parquet en bois (récent). Les murs sont rythmés par
des colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. dont les chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. présentent des motifs géométriques. Le podium,
anciennement réservé aux musiciens, est flanqué de colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. monumentales à
chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. en forme de papyrus et de doubles portes vitrées surmontées d’une
peinture représentant une corbeille de fleurs.
À l’arrière du volume se trouve un bar en bois doté de vitrages et d’ornements
en forme de papyrus. Le mur longeant les balcons est agrémenté de bancs en bois
continusUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées., accompagnés de lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. et de petites tablesPetite surface plane décorative, carrée ou rectangulaire. En menuiserie, on utilisera plus volontiers le terme panneau., formant des logettesLa logette est un petit ouvrage en surplomb qui s’étend sur un seul étage, contrairement à l’oriel qui en compte plusieurs ou s’allonge sur plusieurs travées. Contrairement au bow-window, logette et oriel sont d’ordinaire de plan rectangulaire ou trapézoïdal et semblent appliqués sur la façade..
Motivation
de la sélection à l’inventaire
Intérêt artistique
L’ensemble des bâtiments est représentatif du style éclectiquePériode : env.
1840-1914.
L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de
styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes
mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette
tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans
le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840
et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec
des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin
d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de
l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une
tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en
utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de
la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement
à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est
en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands
magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à
l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale
dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles).
Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque
style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut
évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice
religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais
de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le
prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel,
conçu pour représenter les valeurs d’une institution.
Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie
et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent
avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé,
céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé.
Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte
d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher
son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période
où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme
traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du
passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les
intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique,
escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et
parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz).
La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison
bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales
sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large –
sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en
travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur
(de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois
dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows.
Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe
siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des
pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des
ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les
enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le
cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons
sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires
différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des
enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même
gabarit.
Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique
sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie
des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées,
enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons,
logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades
sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique
(enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en
pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art
nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe
« coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou
croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps,
colombages, fermes apparentes), etc.
Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la
Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise
perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus
tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement
tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme :
des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de
style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de
l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées
d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou
régionaliste (voir éclectisme tardif).
tardif, avec des éléments Art DécoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot). et néo-égyptiensLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des
styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe
siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le
style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour
le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les
cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux
autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension
mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par
l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques.
L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une
première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte
(1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de
l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un
style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au
style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt
que d'un style « néo » à part entière.
Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe
siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement
acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques
élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans
ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique,
et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de
manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression
marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte
funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle.
Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs
légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de
lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux
en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des
disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la
monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la
polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable.
À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des
ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent
l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte
des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des
théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons
d'exposition) et dans le contexte maçonnique.
Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de
l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques,
imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce
langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens
réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de
l'entre-deux-guerres., caractérisé par ses deux
façades symétriques en briques de teinte claire, rehaussées de nombreux
éléments géométriques (garde-corps en fer, sgraffitesTechnique de décoration murale consistant à recouvrir d’une mince couche d’enduit clair une première couche de ton sombre. Un dessin est ensuite créé en grattant partiellement l’enduit clair, alors qu’il est encore frais, pour mettre à jour l’enduit foncé sous-jacent. Les traits des dessins apparaissent ainsi en creux et en foncé. En outre, la couche d’enduit clair peut être mise en couleur. à motifs floraux, allègesPartie de mur située sous l’appui de fenêtre. La table d’allège est une table située sous l’appui de fenêtre.
cannelées) ainsi que d’éléments faisant référence à la symbolique égyptienneLe style néo-égyptien à Bruxelles fait partie des
styles « néo » exotiques qui ont émergé au cours du XIXe
siècle dans le cadre du discours orientaliste et éclectique. Tout comme le
style d’inspiration mauresque, il témoigne non seulement d'une fascination pour
le passé – comme la plupart des styles « néo » – mais aussi pour les
cultures étrangères, perçues comme orientales. Contrairement à de nombreux
autres styles « néo », celui-ci comporte en outre une dimension
mystique et ésotérique prononcée, qui se manifeste entre autres par
l'utilisation de symboles égyptiens dans les temples maçonniques.
L'intérêt pour l'Égypte ancienne connaît en fait deux renaissances. Une
première vague fait suite à l'expédition de Napoléon Bonaparte en Égypte
(1798-1801) et à la publication de l'ouvrage colossal Description de
l'Égypte (1809-1828). Au départ, cette fascination ne se traduit pas par un
style néo-égyptien à part entière, mais par des motifs égyptisants intégrés au
style Empire. Il s'agit donc d'une réinterprétation précoce et intégrée plutôt
que d'un style « néo » à part entière.
Une deuxième renaissance se manifeste à partir du milieu du XIXe
siècle, lorsque le bonapartisme – sous Napoléon III – redevient socialement
acceptable et que de nouvelles expéditions et campagnes archéologiques
élargissent considérablement la connaissance de l'Égypte ancienne. C'est dans
ce contexte que se développe le style néo-égyptien proprement dit. En Belgique,
et plus particulièrement à Bruxelles, il reste rare et apparaît surtout de
manière sporadique et décorative. Le style reste une forme d'expression
marginale mais chargée de symbolisme, plus souvent utilisée dans un contexte
funéraire, militaire ou représentatif que dans l'architecture à grande échelle.
Il se caractérise par des volumes massifs et élévations fermées, des murs
légèrement inclinés, des accès flanqués de pylônes, des chapiteaux en forme de
lotus, de papyrus et de palmier, des colonnes égyptiennes avec des chapiteaux
en forme de calice et des motifs décoratifs tels que des hiéroglyphes, des
disques solaires ailés, des scarabées et des cartouches. La symétrie et la
monumentalité occupent une place centrale, souvent renforcées par la
polychromie ou l'utilisation de tons ocre et sable.
À Bruxelles, il s'agit généralement d'intégrations de motifs égyptiens dans des
ensembles néoclassiques, Art nouveau ou dans l’architecture funéraire où ils symbolisent
l'éternité et la transcendance, en référence à l'Égypte comme berceau du culte
des morts. On retrouve également des éléments égyptiens dans l'architecture des
théâtres, la décoration intérieure (comme les cafés et les pavillons
d'exposition) et dans le contexte maçonnique.
Le style néo-égyptien à Bruxelles constitue ainsi une expression spécifique de
l'éclectisme orientaliste, où se rejoignent connaissances archéologiques,
imagination exotique et projection symbolique. Au XXe siècle, ce
langage des formes perdure dans l'Art Déco, où les motifs égyptiens
réapparaissent, entre autres dans les cinémas et dans les arts décoratifs de
l'entre-deux-guerres.
(colonnes monumentales à chapiteauxCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. en forme de papyrus).
L’intérieur témoigne également d’un décor particulièrement soigné, reprenant
des éléments stylistiques similaires. Des éléments d’origine sont conservés
dans le vestibule d’entrée (vitrines, guichet, carreaux de céramique d’inspiration
Mauresque), le hall d’escalier (escalier monumental en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit., rampes
tubulaires en fer, portes en bois), l’ancienne salle de cinéma Albert Hall
(colonnes monumentales, balcons à rampes tubulaires) et l’ancienne salle de
fête Roseland (colonnes en stucLe stuc est un enduit à base de chaux ou de plâtre et de colle, soit poli et imitant le marbre, soit mat, sculpté et mouluré., balcons à rampes tubulaires, portes en
bois). L’ensemble architectural a conservé son authenticité.
Intérêt historique
L’ensemble des bâtiments est représentatif de la
typologie des cinémas. L’Albert Hall date de 1931, période considérée
comme l’âge d’or des cinémas de quartier, au cours de laquelle un grand nombre
de nouveaux établissements sont construits le long des avenues principales des
communes de la périphérie bruxelloise. Comme de nombreuses salles de cinéma de
cette période, le bâtiment est multifonctionnel et combine la fonction de
cinéma avec celle d’une salle des fêtes indépendante (Roseland).
L’ensemble des bâtiments présente une valeur contextuelle, la chaussée
de Wavre se caractérisant par une forte concentration de salles de cinéma (n°
649-651, 307, 366-368, 850-852), dont l’Albert Hall constitue
aujourd’hui l’un des ensembles les mieux conservés.
Intérêt social
Le cinéma de quartier Albert
Hall et la salle des fêtes Roseland sont représentatifs des
lieux culturels et de divertissement de l’entre-deux-guerres. Les bâtiments
sont destinés aux habitants d’Etterbeek et des environs immédiats. La
décoration d’inspiration exotique, faisant appel à différents styles néo, ainsi
que la combinaison de diverses activités sociales sont caractéristiques des
cinémas de quartier de cette période.
Intérêt urbanistique
L’ensemble des bâtiments présente une valeur contextuelle, en ce
qu’il s’intègre dans le contexte urbain du quartier de la Chasse Royale,
caractérisé par une combinaison de commerces, de lieux de restauration et
d’habitations. La façade de la salle des fêtes Roseland, le long de la
chaussée de Wavre, présente une large élévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. de 15 mètres, agrémentée de
nombreux éléments décoratifs et de l’inscription indiquant le nom de la salle.
Elle se distingue toutefois peu dans le paysage urbain, sa typologie, son style
et son volume s’inscrivant dans la continuité des bâtiments mitoyens. La façade
de l’Albert Hall est plus sobre: elle présente une largeur
comparable à celle des bâtiments bruxellois traditionnelsPériode : XVIIe-XVIIIe
siècles
À Bruxelles, architecture traditionnelle désigne une manière de construire
particulière durant la période couvrant le XVIIe siècle et la
première moitié du XVIIIe siècle. Il s’agit d’une technique
constructive associant des maçonneries en briques liées au mortier de chaux à
la pierre naturelle (soubassement, croisée, corniche, etc.) sur une structure
portante composée d’un assemblage de poutres
maîtresses apparentes et de solives en bois solidarisant entre eux les pans de murs au
moyen d’ancrages métalliques, visibles en façades (ancres droites ou en fleur
de lys). Les planchers sont composés d’ais assez larges et les pièces
distribuées par un escalier en bois en colimaçon à noyau central. La charpente
de toiture est de type « comble à
surcroît » (fermes numérotées). Sous l’immeuble, la cave en briques liaisonnées au
mortier de chaux est couverte d’une grande voute
en berceau surbaissé, disposée perpendiculairement par rapport à la rue.
Cette technique utilisée pour construire les maisons d’habitation se rencontre
pour l’essentiel dans le centre historique de Bruxelles. Étant donné la densité
de l’habitat et l’exiguïté des parcelles, le type le plus répandu est la maison
en long (diephuis) de plan rectangulaire composée de trois corps successifs : une maison avant reliée à
l’annexe arrière (achterhuis) par une aile de liaison éclairée par une
cour intérieure. Des maisons en large, à bâtière parallèle à la rue, se
trouvent en dehors des zones de forte densité ou le long des artères de
pénétration.
En façade, la maison reste fidèle à la formule médiévale du pignon dont le
prototype apparait à Bruxelles au XVe siècle. Il présente alors des
rampants à gradins et, plus rarement, des versants continus. Le pignon intègre
au cours du XVIIe siècle des formules décoratives empruntées aux
variantes locales des styles Renaissance et baroque (courbes, volutes, consoles
droites ou renversées). Le fronton ne sera couramment employé qu’à partir des
années 1730-1740. et ses étages sont
occupés par des logements.
Sources
ACEtt./TP 8148 (1931), 8520 (1932).
Archive Urban, centre de documentation, Albert Hall – Roseland à Etterbeek, ETB20025 (1 f.) et 2076-0019 (1 f.), boîte 5, Dossier CRMS.
Ouvrages
BIVER, I., Cinémas de Bruxelles, portraits et destins, CFC éditions, Bruxelles, 2009, pp. 55, 94.
MEIRE, R.J., Histoire d’Etterbeek, Musin, Bruxelles, 1981, pp. 115, 169.
Inventaire des salles de cinéma de la Région Bruxelles-Capitale, La Rétine du Plateau, 1993, fiche 104.
Inventaire des salles de cinéma de la Région Bruxelles-Capitale. Deuxième partie, choix de 30 cinémas, La Rétine du Plateau, 1993, fiche 104.
Arbres remarquables à proximité









