Typologie(s)

marché couvert/halle

Intervenant(s)

J. ZAJTMANarchitecte1987-1989

A. VANDERHEGGEN1881-1883

Statut juridique

Classé depuis le 26 janvier 1987

Styles

Néo-Renaissance flamande

Inventaire(s)

  • Inventaire du patrimoine monumental de la Belgique. Bruxelles Pentagone (1989-1993)
  • Inventaire de l'architecture industrielle (AAM - 1980-1982)
  • Inventaire du patrimoine industriel (La Fonderie - 1993-1994)
  • Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

  • Artistique
  • Esthétique
  • Historique
  • Paysager
  • Social
  • Urbanistique

Recherches et rédaction

2016

id

Urban : 32982
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Description

Construit en style néo-Renaissance flamandeLe style Renaissance flamande (XVIe s.) mêle des éléments inspirés de la Renaissance italienne à l’héritage architectural médiéval local. Le style néo-Renaissance flamande (de 1860 à 1914 environ) cherche à ressusciter cette architecture, à la faveur de l’émergence du nationalisme belge. Il se caractérise par des élévations en briques et pierres et des formes caractéristiques (pignons, tourelles, logettes). par l’architecte A. Vanderheggen, le marché a été adjugé en 1880, commencé en 1881 — comme l’indiquent les ancresPièce métallique apparente ou noyée dans l’enduit de façade, fixée à l’extrémité d’un tirant en fer pour solidariser les murs et les planchers. Il existe des ancres purement décoratives, non reliées à des tirants. aux façades d’angle — et inauguré avec étals et comptoirs en 1882. À l’origine destiné au commerce des viandes et produits laitiers, il décline progressivement depuis 1973, à la suite de l’établissement du Marché de gros au quai des Usines, et est désaffecté en 1977. En 1987-1989, il est rénové par l’architecte J. Zajtman pour la «S.A. St-Géry» et rendu à des fonctions commerciales.

 Construction en forme de halle couverte à trois nefs sur plan rectangulaire (42 x 22 m) coupé aux angles, qui abritent les accès dans l’axe du Borgval et des rues de la Grande Ile, Plétinckx et du Pont de la Carpe; lanterneau central avec larges joursOuverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension. à ventelles d’aération; toiture combinant bâtièreToit à deux versants. et appentis, couverte d’éternit, de roofing ou en verre. Exemple typologiquement intéressant de bâtiment utilitaire combinant une architecture historiciste et des matériaux nouveaux, verre et fer.

 Façades en briques de deux niveaux; soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue, bandeauxÉlément horizontal, soit en saillie et de section rectangulaire, soit dans le plan de la façade., larmiers et éléments décoratifs. Travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. d’angle traitées en pignons à gradinsPignon dont les rampants sont étagés en escalier, à la manière de gradins., cantonnées de chaînes d’angle et terminées par des frontonsCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. courbes avec dauphins et cornes d’abondance. Larges portes en anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale. avec larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche., clé travaillée, entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. et frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. courbe brisé orné d’un pot-à-feuAmortissement en forme de vase d’où s’échappent des flammes.; horloge dans un encadrement décoratif sous les ancresPièce métallique apparente ou noyée dans l’enduit de façade, fixée à l’extrémité d’un tirant en fer pour solidariser les murs et les planchers. Il existe des ancres purement décoratives, non reliées à des tirants. millésimées 1881.
Longues façades de neuf travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., rythmées au rez-de-chaussée par des niches plates rectangulaires dans lesquelles sont percées des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. géminées à barreaux sous arc de déchargeArc noyé dans un mur plein, qui surmonte généralement un linteau ou un autre couvrement et sert à le soulager.; trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. animés de pointes de diamantBossage comptant plusieurs facettes, comme la pointe d’un diamant.. Cordon et, jadis, auventsPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. continus de fer et verre. Au deuxième niveau, moins haut, larges fenêtres cintrées à barreaux, sous arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. à clé sur impostesUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. formant bandeau. FriseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. dentelée décorative sous la corniche à modillonsÉléments décoratifs de forme quelconque, répétés sous une corniche..
Façades des petits côtés Est et Ouest identiques, de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. : travées centrales pourvues, au rez-de-chaussée, de plaques surmontées d’un frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. aux armes de la Ville de Bruxelles, portant respectivement la mention «Marché Saint-Géry» et celle, ajoutée en 1907, de l’ancienne église gothique Saint-Géry (voir notice introductive). Au deuxième niveau, fenêtres en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. jumelées. Lanterneau central en retrait, surélevé et vitré, rythmé par des pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. et terminé par une corniche sur modillonsÉléments décoratifs de forme quelconque, répétés sous une corniche. et consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. à motif en gaine; couverture vitrée centrale surélevée, en bâtièreToit à deux versants..

Intérieur. Construction à trois nefs avec retours. Structure portante en fer avec fermes à intradosFace inférieure curviligne de l’arc. en anse de panierUn élément est dit en anse de panier lorsqu’il est cintré en demi-ovale. et colonnes d’appui octogonales; nefs latérales couvertes de voussettes au rez-de-chaussée, formant au deuxième niveau une galerie sous appentisToit à un seul versant. à fermes arquées rampantes, accessible par des escaliers dans les petits côtés. ArcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol. cintrées et en anses de panier; écoinçons ouvragés de cercles de fer plat. Au centre, fontaine de pierre bleue pyramidale sur un socleMassif surélevant un support ou une statue. carré, datant de 1767 (voir notice introductive), auparavant entourée de quatre rangées de doubles étals en-dessous et comptoirs au-dessus, modifié lors de la restauration en vide central autour duquel sont implantées une trentaine de boutiques diverses et d’exploitations horeca dans le style «Covent Garden », à hauteur de la galerie. Caves couvertes de voûtes d’arêtes sur piliersSupport vertical de plan carré. carrés.

Sources

Archives
AVB/AA rep. 1005 (1880); rep. 1221 (1882); N.P.P., M 3; 
Bull, communal, 1880, 3, p. 96; 1882, 3, p. 24. 
C.R.M.S., dossier 2336.

Périodiques
Chronique des Travaux Publics, de la Finance, du Commerce et de l’Industrie, 9 avril 1882, n° 15. 
L’Émulation, 1882-1883, 8, col. 6 et 35, pl. 19-24. 
SPAPENS, C., Le Marché Saint-Géry à Bruxelles, dans Brabant, 3, 1986, p. 14-23.