Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireDe la rue d’Anderlecht à la rue Haute, partie des boulevards de ceinture établis à partir de 1819 à l’emplacement de l’enceinte du XIVe siècle, suivant un projet de l’ingénieur J.-B. Vifquain (voir boulevard d’Anvers). Les travaux d’aménagement entre les portes de Hal et de Ninove furent entrepris en 1832-1833 et achevés vers 1840. Appelé boulevard de France dès 1833, il prit sa dénomination actuelle à partir de 1841. Les constructions débutèrent en 1836 dans le tronçon méridional, du côté de la porte de Hal, et se poursuivirent entre 1830 et 1880, en même temps que le lotissement progressif des terrains attenants — anciens prés à blanchir et fabriques d’indiennes — au Sud-Ouest de la ville, plus particulièrement dans les quartiers proches des rues des Tanneurs et Terre-Neuve, au deuxième quart du XIXe siècle et des rues d’Artois et des Foulons au troisième quart du XIXe siècle.

Ce large boulevard à plusieurs bandes de circulation est respectivement séparé par un terre-plein planté d’arbres puis par la voie rapide du boulevard Poincaré à Anderlecht et de l’avenue de la Porte de Hal (Saint-Gilles). À hauteur de l’avenue de Stalingrad, il est traversé par le Viaduc Sud de la Jonction ferroviaire Nord-Midi (1911-1914, 1935-1952), par un ouvrage métallique à trois travées, de type Cantilever à béquilles, comportant trois ponts accolés à double voie, dont les deux béquilles centrales prennent appui, aux extrémités Nord et Sud, sur des culées en maçonnerie.

Le boulevard du Midi est bordé d’immeubles autrefois à caractère essentiellement résidentiel ; à partir du dernier quart du XIXe siècle, le secteur de la restauration s’y est développé, surtout aux alentours de la gare du Midi, concurrencé par la suite par le commerce de détail. Des maisons néoclassiques à corps simple, assez neutres, datent des deuxième et troisième quart du XIXe siècle et comptent trois niveaux et trois travées, à façade lisse, ou tout au plus à refends, encadrements à filets, cordons, balcon axial et couronnement classique; de nombreuses maisons sont actuellement modifiées par l’adjonction d’un étage, le renouvellement du rez-de-chaussée ou du revêtement de façade, comme les nos 1A, 8 (1865), 14, 15-16 (1846), 19 (1862), 21-22 (1871), 23, 24, 35 (1882, exhaussé en 1909, architecte F. Kielbaey), 43, 51 (1870), 54 et 55 (1870), 62 (1859), 75-76, 77-78, 80-83 (1857), 92-93, 95-96, 103 (1873), 104 (1872), 105 (1872), 109, 117, 121, 127-129, 131-132, 138-139 (1872), 140. Des maisons semblables forment les angles aux nos 6-7 (1864), 50 (1870), 90 (1851), 115 (1875), 136-137 et 143. Les constructions plus imposantes, dont les maisons de maître du troisième quart du XIXe siècle, avec porte cochère et décor en pierre bleue, sont généralement mieux conservées. Quelques devantures de café caractéristiques datent du tournant des XIXe-XXe siècles comme les nos 118-119 (1896, architecte L. Deville), 130 (1906, architecte A. Boelens) et 141 (1901, architecte V. Taelemans); quelques devantures sont pourvues d’un auvent, aux nos 75-76 (1877) et 80-81 (1911, architecte A. Meunier). Quelques constructions récentes s’élèvent ici et là.
La «Foire du Midi» s’y établit annuellement depuis 1880.

Sources

Archives
AVB/TP 16612 (1865), 16574 (1846), 16634 (1862), 16640 (1871), 16648 (1882), 2587 (1909), 8682 (1870), 16616 (1870), 16592 (1859), 16682 (1857), 16702 (1873, 1872), 16705 (1872), 16730 (1872), 16610 (1864), 8682 (1870), 22734 (1851), 16622 (1875), 16717 (1896), 375 (1906), 16619 (1901), 16679 (1877), 16683 (1911).