Dessinant une ample courbe, l’avenue des Pagodes est une longue artère débutant avenue des Croix du Feu, à hauteur de la rue de Heembeek, et aboutissant au rond-point formé avec les avenues de Meysse, de la Croix-Rouge et Mutsaard. Elle croise de nombreuses artères sur son parcours, avec la plupart desquelles elle dessine un rond-point. Parmi elles, les avenues de la Reine des Prés, des Buissonnets, du Pois de Senteur, du Frêne, du Fusain, de l’Araucaria, de l’Amarante et Jean de Bologne. Jusqu’à l’avenue de Versailles, l’artère marque la frontière entre Laeken et Neder-Over-Heembeek.

L’avenue a été ouverte en plusieurs phases. Ses deux premiers tronçons ont été ouverts de part et d’autre de l’avenue Jean de Bologne, suivant un plan dressé en 1913 par l’ingénieur directeur des Travaux Pierre Gillet, qui prévoyait aussi la création de l’avenue Jean de Bologne, dans le prolongement de la rue Paul Janson. Baptisée rue des Pagodes par décision de l’Administration communale de Laeken du 28.07.1914 – en référence au Pavillon chinois et à la Tour japonaise tout proches –, cette première portion d’artère débutait rue De Wand et devait s’étendre jusqu’au sentier no 59, dit Kreupelweg, qui formait la frontière avec Neder-Over-Heembeek (aujourd’hui la partie nord de l’avenue de l’Araucaria). L’aménagement de l’artère est toutefois retardé par la Première Guerre mondiale. Par arrêté du Collège de la Ville de Bruxelles du 19.05.1925, elle reçoit la dénomination d’avenue et son alignement est fixé par arrêté royal du 10.10.1927. C’est par l’arrêté du 05.07.1935 que le Collège prolonge l'artère jusqu’à l’avenue de l’Exposition, bientôt renommée avenue des Croix du Feu. Quant au tout dernier tronçon de l’artère, dont l’alignement avait été définit par l’arrêté royal du 24.09.1931, il n’est ouvert que vers 1936. À noter, au rond-point avec l’avenue Jean de Bologne, la présence d’un abri souterrain de la Seconde Guerre mondiale, reconverti en cabine électrique.

Si les deux premiers tronçons de la future avenue sont déjà pourvus d’un réseau d’égouts à la veille de la Première Guerre mondiale, ils ne se bâtissent qu’à partir de 1924. Parmi les habitations des années 1920, citons le no389 (architecte Ed. Parée, 1925), ainsi que l’enfilade formée par les nos406 à 414 (voir ces numéros), d’inspirations pittoresque, Beaux-Arts et/ou Art Déco. Pointons, au no435, une villa à trois façades conçue en 1922 rue De Wand (no4) et dont le jardin latéral disparut au profit de l’avenue des Pagodes. Ses façades furent transformées en 1951 et 1964. Dans le courant des années 1930, des maisons bourgeoises et de petits immeubles à appartements se construisent çà et là le long de l’avenue, pour la plupart dans le style Art Déco. Citons les nos97 (architecte Jules Faes, 1936) et 99 (1939), 343 (architecte René Coppens, 1938), à l’angle de l’avenue de l’Araucaria, 386 (architecte Lucien Lemoine, 1939) ou encore le no231 (architecte Robert Kiekens), conçu en 1941. C’est toutefois principalement dans les années 1950 et 1960 que l’artère se couvre de constructions, maisons de type bel-étage ou immeubles à appartements modernistes. Parmi eux, pointons les nos116 (architectes Baucher, Blondel et Filippone, 1954), 111 (architecte H. Mereaux, 1961) ou encore 39 (architecte Marcel Winckel, 1962). Quant au premier îlot de l’avenue côté impair, il ne s’est bâti, de deux complexes à appartements, qu’après 1971.

Aux nos299 à 305, dans le long îlot triangulaire délimité au nord par l’avenue de Versailles, est implanté le Groupe Scolaire des Pagodes, ancienne École primaire no 36. Son complexe principal, dont l’entrée se trouve avenue de Versailles, a été conçu en 1976 par les architectes du Service technique des Travaux publics de la Ville.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AEB/T 16, dossier 945 (1913).
AVB/AR rues, boite 20-24, cote 20, no19 (19.05.1925); cote 24, no13 (05.07.1935); boite 72-78, cote 78, no25 (28.07.1914).
AVB/NPP Q36.
AVB/PP 3404 (1933), 3525 (1934).
AVB/TP 39: 78514 (1962); 97: 53273 (1936); 99: 51185 (1939); 111: 72048 (1961); 116: 65634 (1954); 231: 71326 (1941); 299 à 305: 90040 (1977); 343: 68632 (1938); 386: 53274 (1939); 389: 52344 (1925); 435: 49759 (1922), 68675 (1951), 78888 (1964).

Ouvrages
VAN KRIEKINGE, D., Essai de toponymie laekenoise, Laeken, 1995, s.p.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Échos du Lycée Maria Assumpta. La Villa “No Gayole”, ouvrage inédit, 1983, p. 11.
VAN NIEUWENHUYSEN, P., Toponymie van Laken (thèse de doctorat en Philologie germanique), UCL, Louvain-la-Neuve, 1998, pp. 1589-1590.

Périodiques

Almanachs du Commerce et de l’Industrie, «Pagodes (avenue des)», 1936, 1937.