Typologie(s)

garage (show room)
garage (réparation)
station-service

Intervenant(s)

Jean VAN HUFFLEN architecte1968

Claude LAURENSarchitecte1957

Hoite Cornelis DUYSTER ingénieur1957

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Modernisme

Inventaire(s)

  • Le patrimoine monumental de la Belgique. Laeken (Archistory - 2016-2019)

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Recherches et rédaction

2018

id

Urban : 38421
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Description

À l’angle de la rue des Magnolias, garage modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980. conçu par l’architecte Jean Van Hufflen pour les Établissements D’Ieteren en 1968. Il remplace une station-service dessinée en 1957 pour la même société par l’architecte Claude Laurens et l’ingénieur Hoite Cornelis Duyster.

Implantée à proximité d’une des entrées de l’Expo 58, la porte des Attractions, la station originelle devait permettre l’entretien rapide des automobiles Volkswagen et Porsche. Elle était constituée de deux «parapluies» à unique pilierSupport vertical de plan carré. décentré vers l’arrière portant une coque mince de béton précontraint formée de quatre paraboloïdes hyperboliques. Non porteuses, les parois de la station-service étaient presque entièrement vitrées. Sur l’angle, un petit «parapluie» de même facture abritait les pompes à essence et un bureau de vente. L’ensemble était complété par une flèche publicitaire en béton précontraint.

Le garage Volkswagen actuel présente un plan rectangulaire d’un niveau sous toiture à usage de parking accessible par une rampe courbe côté rue des Magnolias. Largement vitrées, ses façades sont partiellement parementéesRevêtement de la face extérieure d’un mur. de pierre bleue, sous un haut entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. en dalles de béton préfabriquées à éléments en relief. HuisserieMenuiseries qui s’ouvrent et se ferment, c’est-à-dire les portes et les fenêtres. Par extension, le terme désigne également les fenêtres à châssis dormants. en aluminium. Sur l’angle, bâtiment devancé par un long auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. en béton de plan sinueux sur piliersSupport vertical de plan carré. évasés.

Sources

Archives
AVB/TP 69749 (1957), 75225 (1967), 80133 (1968), 95150 (1990), 105448 (1993).

Ouvrages
LAGAE, J., LAURENS, D., DE KOONING, M., Claude Laurens, Architecture, Projets et réalisations de 1934 à 1971, Vlees & Beton 53-54, Universiteit Gent, 2001, pp. 204-209, 308-309.

Périodiques
Architecture, 28, 1959.
DEVOS, R., ESPION, B., PROVOST, M., «La modernité d’après-guerre au volant», Bruxelles Patrimoines, 15-16, septembre 2015, pp. 92-101.