Région de Bruxelles-Capitale
Siège central de la Caisse Générale d'Epargne et de Retraite
Rue du Fossé aux Loups 44-46, 46b-48-50
Rue Montagne aux Herbes Potagères 48
Rue des Boiteux 11
Typologie(s)
immeuble de bureaux
Intervenant(s)
Alfred CHAMBON – architecte – 1930-1934
Paul HANKAR – architecte – 1888-1889
Henri BEYAERT – architecte – 1888-1889
Henri VAN DIEVOET – architecte – 1901
Alban CHAMBON – architecte – 1910-1918
Alfred CHAMBON – architecte – 1946-1953
Marcel LAMBRICHS – architecte – 1972-1975
Jacques WYBAUW – architecte – 1980-1986
A. J. DE DONCKER – architecte – 1980-1986
Philippe SAMYN – ingénieur-architecte – 1980-1986
Walter BRESSELEERS – architecte – 1980-1986
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Inventaire(s)
- Inventaire d'urgence du patrimoine architectural de l'agglomération bruxelloise (Sint-Lukasarchief 1979)
- Inventaire du patrimoine contemporain (Urbat - 1994)
- Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
- Inventaire du patrimoine monumental de la Belgique. Bruxelles Pentagone (1989-1993)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Technique Par intérêt technique d’un bien, on entend l’utilisation précoce d’un matériau ou d’une technique particulière (ingénierie) ; les bâtiments d’importance structurelle ou technologique ; une prouesse d’ingénierie ou une innovation technologique ; les témoignages de méthodes de construction obsolètes (archéologie industrielle). Dans certains cas, cet intérêt peut être lié à l’intérêt scientifique (par exemple des vestiges archéologiques).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
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Description
Institution financière créée en 1865, au départ de la Caisse Générale de Retraite fondée en 1850; originellement installée dans l’hôtel de Marnix, rue du Chêne, jusqu’à la construction d’un nouveau siège, place De Brouckère, en 1872-1874 (voir place De Brouckère, n° 31).
Construction d’un nouveau siège central, dans la rue du Fossé aux Loups — conservé actuellement au n° 46B, sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. droites —, avec logis directorial adjacent — aujourd’hui démoli —, noyau du complexe actuel, sur les plans de l’architecte H. Beyaert de 1888-1889, avec la participation de l’architecte P. Hankar notamment pour les dessins des ferronneriesÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux.. Ouverture en 1893.
Extension sur les plans de l’architecte H. Van Dievoet de 1901, terminée en 1904 : aile de huit travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. jointive à l’habitation du directeur, rénovée simultanément, et aile de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. vers la rue des Boiteux, dont subsiste le portailPorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. d’accès.
Extensions — terminées en 1918 — sur les plans de l’architecte Alban Chambon, les uns de 1910 pour prolonger et rénover la salle des guichets de Beyaert, les autres de 1912 pour une aile comptant au total trente-et-une travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. vers les rues du Fossé aux Loups, d’Argent et des Boiteux : en subsistent, au n° 46, les six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. gauches de la rue du Fossé aux Loups et la rotonde d’angle, y compris la prolongation de l’aile Beyaert.
Extension sur les plans de l’architecte Alfred Chambon de 1930, terminée en 1934 : actuelle aile centrale de cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. vers la rue des Boiteux.

Ensuite, construction d’un nouveau complexe bancaire (rue du Fossé aux Loups, n° 48), sur les plans de l’architecte Alfred Chambon de 1946-1947, inauguré en 1953, après la destruction de la maison directoriale et de l’aile adjacente de Van Dievoet. Bâtiment d’angle de la rue des Boiteux et de la rue Montagne aux Herbes Potagères sur les plans des architectes M. Lambrichs, C. Grochowski et D. de Laveleye, de 1972-1975. Nouvelle aile rue d’Argent - rue des Boiteux sur les plans des architectes J. Wybauw, A. J. De Doncker, Ph. Samyn et du bureau d’architectes W. Bresseleers de 1980-1986, après la destruction de la partie intérieure de l’aile Beyaert et de celles d’Alban Chambon et de Van Dievoet vers les rues d’Argent et des Boiteux.
À la même époque, extension du complexe bancaire à l’îlot rue des Boiteux - rue du Marais - rue aux Choux, entre autres avec le bloc d’angle rue des Boiteux - rue du Marais - rue du Persil, sur les plans des architectes Lambrichs, Grochowski et de Laveleye de 1969-1973.
Importante restauration de l’ancien bâtiment directorial ou « Hôtel », sur les plans de G.J. Bral (Restaurateurs Collectief), en collaboration avec le bureau d’architectes VDVH & Assoc., en 1990. Nettoyage et restauration des parementsRevêtement de la face extérieure d’un mur., des boiseries et ferronneriesÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux., du revêtement de toitures et de la couverture de la coupoleVoûte de plan central. Elle peut être circulaire, ovale, polygonale, à côtes, en plein cintre, surbaissée, surhaussée, etc. d’angle en tuiles de plomb fondu. À l’intérieur, rafraîchissement et renouvellement des étoffes dans l’esprit de l’état d’origine. Reconstitution d’éléments disparus, entre autres le grand vitrail de l’escalier par Sander Blondeel, d’après des dessins de Chambon.

Aile Beyaert, 1888-1893 (rue du Fossé aux Loups, n° 46B). À l’origine, complexe bancaire en double corpsUn bâtiment est dit en double corps lorsqu'il présente, au rez-de-chaussée, deux rangées de pièces séparées par un couloir axial. et habitation directoriale à corps simple, édifiés en style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). à dominante RenaissanceLe style néo-Renaissance à Bruxelles est une expression de l'éclectisme du XIXe siècle, qui a atteint son apogée entre 1850 et 1910. Ce style s'inspire des formes, des proportions et de l'ornementation de la Renaissance italienne du XVIe siècle et a été utilisé à Bruxelles dans des projets de construction publics et privés. Il constitue une réaction au néoclassicisme, jugé trop rigide et dogmatique, et se développe parallèlement au néo-baroque et au néogothique. Le néo-Renaissance bruxellois est donc un style historicisant mais chargé idéologiquement, où se mêlent représentation urbaine, fierté bourgeoise et évocation historique. Le style néo-Renaissance se distingue par une construction rationnelle des façades et une ornementation basée sur les ordres classiques et les motifs Renaissance. Il allie clarté structurelle et riches accents décoratifs. Parmi ses caractéristiques typiques, on peut citer : une articulation horizontale grâce à des corniches et des cordons, des compositions symétriques avec des travées régulières, l'utilisation d'arcs en plein cintre, de pilastres, de colonnes et de balustrades, des façades en pierre naturelle ou en brique avec des éléments en pierre blanche, une ornementation reprenant des grotesques, des médaillons, des guirlandes, des cartouches et de hauts attiques ou lucarnes sous fronton.. Travail tardif de Beyaert, comprenant à l’origine une salle des guichets remarquable par sa structure portante en fer et sa couverture vitrée.
En subsiste actuellement un bâtiment à façade monumentale en pierre d’Euville, avec caves hautesSous-sol à demi enterré, surélevant le rez-de-chaussée., de trois niveaux et de sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. d’origine sous bâtièreToit à deux versants. ardoisée. Découpage horizontal en deux registresAlignement horizontal de baies sur un pignon., baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires. Comprenant soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. et rez-de-chaussée, registreAlignement horizontal de baies sur un pignon. inférieur massif, appareillé en bossageBossage. Saillie de la face d’un bloc de pierre par rapport au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit un sur deux lorsqu’un parement présente une alternance d’assises de blocs en bossages et de blocs dont le parement reste au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit rustique lorsque son parement est d’une taille grossière. Il est dit continu lorsqu'il se prolonge sur une assise entière. au-dessus du haut socleMassif surélevant un support ou une statue. ajouré pour les caves et couronné par le larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche. contournant les balcons du bel étage. Fenêtres à clé en pointe de diamantBossage comptant plusieurs facettes, comme la pointe d’un diamant., protégées par des grillages richement ouvragés. Au centre, portailPorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. à clé en tête de lion. RegistreAlignement horizontal de baies sur un pignon. supérieur groupant les deux étages de hauteur dégressive, caractérisé par le rythme alterné des travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. saillantes occupées par une superposition de fenêtres inscrites dans un encadrement rectangulaire strict et des travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. en retrait plus ornementées et dominées par une lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres.. Au bel étage, porte-fenêtre encadrée de colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. ioniques engagéesUn élément est dit engagé lorsqu’il paraît en partie noyé dans un pan de mur., sous entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. à guirlande et frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. triangulaire à coquilleOrnement symétrique figurant une coquille Saint-Jacques ou un coquillage s’en rapprochant., précédée d’un balcon sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. à volutes; au deuxième étage, fenêtre encadrée de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. en gaineEspace dans lequel se déplacent la cabine et/ou le contrepoids, délimité par les parois, le plafond et le fond de la cuvette. La gaine peut être fermée ou partiellement ouverte. et sous entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. à larmierMouluration horizontale qui présente un canal creusé dans sa partie inférieure, servant à décrocher les gouttes d’eau afin d’éviter leur ruissellement sur la façade. Le larmier isolé possède un chanfrein comme moulure supérieure. Le larmier constitue l'un des éléments de la corniche.. Sous cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. à mutulesModillons de l’ordre dorique. Éléments décoratifs en forme de dé assez plat, répétés sous une corniche. et denticulesLes gouttes et denticules sont des éléments répétés sur les moulurations ou décorations. La goutte est tronconique. Elle se distingue du denticule qui est en forme de petit cube., entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. à panneauxLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris. rectangulaires, alternativement lisses ou ornés de guirlandeLa guirlande est un décor figurant un cordon de fleurs, feuilles ou fruits. selon la travée qu’ils dominent. LucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. rectangulaires à clé, sous une sphère d’amortissement. Originellement, allègesPartie de mur située sous l’appui de fenêtre. La table d’allège est une table située sous l’appui de fenêtre. du deuxième étage portant l’une des quatre inscriptions bilingues : «TRAVAIL - ORDRE - SOBRIÉTÉ - ÉCONOMIE», disparues lors des travaux d’extension.
À l’intérieur, enfilade de trois bureaux de direction conservés, richement décorés, caractérisés par des cheminées monumentales en marbre, des lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. et des plafonds à caissons inspirés des styles Louis XVI et EmpireDe 1800 à env. 1840. Le style Empire (vers 1800-1830) est né en France et tire son nom du Premier Empire (1804-1814/1815) sous Napoléon Ier. À Bruxelles, ce style a été adopté entre 1800 et 1840 environ. Il s'inspire du néoclassicisme et s'enrichit d'éléments décoratifs issus de l'architecture égyptienne, étrusque et romaine, ainsi que de symboles de l'Empire. Parmi les motifs caractéristiques, on trouve notamment des chapiteaux en forme de lotus, des sphinx, des obélisques, des frises de grecques, des aigles, des couronnes de laurier, des figures de la Victoire, des fasces, des trophées, des casques et des lances. Dans le style Empire, le bel étage est souvent mis en valeur par de hautes fenêtres à arc en plein cintre ou parfois par une serlienne (également appelée fenêtre palladienne). Les fenêtres supérieures laissent entrer davantage de lumière ; les appuis de fenêtre sont abaissés et souvent dotés d'une barre d’appui métallique. À Bruxelles, les façades sont généralement assez sobres, mettant surtout en valeur les arcs en plein cintre grâce à un encadrement profilé ou mouluré..

Aile Alban Chambon, 1910-1912 à vers 1918 (n° 46). Extension du bâtiment Beyaert le prolongeant à gauche de six travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. reproduisant identiquement sa façade, complétée de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. sous coupoleVoûte de plan central. Elle peut être circulaire, ovale, polygonale, à côtes, en plein cintre, surbaissée, surhaussée, etc. à l’angle de la rue d’Argent et de deux travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. vers celle-ci, affichant des références plus marquées au style «Beaux-Arts». Rez-de-chaussée à bossageBossage. Saillie de la face d’un bloc de pierre par rapport au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit un sur deux lorsqu’un parement présente une alternance d’assises de blocs en bossages et de blocs dont le parement reste au nu de la maçonnerie. Un bossage est dit rustique lorsque son parement est d’une taille grossière. Il est dit continu lorsqu'il se prolonge sur une assise entière. sur soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. biseauté, ajourés tous deux de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. rectangulaires et, à l’angle, d’un portail cintré à clé à feuille d’acanthe, précédé d’un degré de trois marches. Remarquable travail de ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux. aux battants du portailPorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde., de même qu’aux deux fenêtres adjacentes : épisDisposition d’éléments en un emboîtement de V., tête féminine auréolée de rayons solaires, monogrammes « CGER » (Caisse Générale d’Épargne et de Retraite). À l’étage, rotonde d’angle caractérisée par un balcon continuUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. à balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire., des pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. ornés de trophéesDécor composé d’un regroupement d’objets divers, attributs d’un métier ou d’un art. Trophée de musique, de guerre, etc. à torches entourées de couronnes de laurier au-dessus des inscriptions « LABOR » et « PAX » et par un entablementCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. à triglyphesLes glyphes sont des canaux relativement courts, parallèles et en répétition, ornant d’ordinaire les frises d’entablement ou les consoles. Groupés par deux, ils se nomment diglyphe, par trois triglyphe et polyglyphe si plus nombreux.; au deuxième étage, au-dessus des entablementsCouronnement horizontal qui se compose d’une architrave, d’une frise puis d’une corniche. Les façades sont d’ordinaire coiffées d’un entablement. On peut également trouver un petit entablement au-dessus d’une baie ou d’une lucarne. à friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale., appuisAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. saillants sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. et garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux.; couronnant cette partie, architraveMoulure inférieure de l’entablement, située sous la frise. panneautéeLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris., à triglyphesLes glyphes sont des canaux relativement courts, parallèles et en répétition, ornant d’ordinaire les frises d’entablement ou les consoles. Groupés par deux, ils se nomment diglyphe, par trois triglyphe et polyglyphe si plus nombreux.. Travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. adjacentes plus simples. AttiqueUn élément est dit en attique lorsqu’il est situé au-dessus de l’entablement. à balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. ponctuée de désÉléments de pierre de section sensiblement carrée ou rectangulaire, disposés généralement aux angles d’un balcon. et sommée de vases à l’antique au-dessus des travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. d’angle et de la rue d’Argent. CoupoleVoûte de plan central. Elle peut être circulaire, ovale, polygonale, à côtes, en plein cintre, surbaissée, surhaussée, etc. sur tambourRelié à l’axe du moteur, cylindre rainuré sur lequel s’enroulent et se déroulent les câbles de traction de la cabine et du contrepoids. cylindrique, à fenêtre axiale entre pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. et couronnée par une tête féminine; friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. de staff sous la cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. débordante, cartoucheDécor composé d’une table plane ou bombée, aux contours généralement sinueux, bordée d’un décor sculpté et/ou d’une mouluration, et sur laquelle prend parfois place un blason ou une inscription. Le médaillon est un cartouche rond ou ovale. à motif d’abeille entouré de guirlandeLa guirlande est un décor figurant un cordon de fleurs, feuilles ou fruits.; dômeToit de plan centré à versant continu ou à pans, galbé en quart de cercle ou d'ovale. à six pans couvert de tuiles de plomb fondu, œils-de-bœufPetite lucarne à fenêtre circulaire ou ovale, d'ordinaire en zinc. et couronnement richement orné de rangs de crochets et de décors floraux sous un épiDisposition d’éléments en un emboîtement de V. de faîtageFaîte. Partie la plus élevée d'un élément. Faîtier. Disposé au faîte du bâtiment. Faîtage. Couverture du faîte du toit.. Flanquant cette aile vers la rue d’Argent jusqu’en 1980, aile plus basse à façade semblable à celle de l’aile Alfred Chambon la plus récente, reliée par une deuxième rotonde d’angle à coupoleVoûte de plan central. Elle peut être circulaire, ovale, polygonale, à côtes, en plein cintre, surbaissée, surhaussée, etc. en lanterne à l’aile Van Dievoet vers la rue des Boiteux, dont il ne reste qu’un portailPorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. d’entrée.
Intérieur monumental, remarquable par son parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. en simili-pierreEnduit dont la couleur et la texture imitent la pierre de manière très convaincante, avec généralement des joints factices remplis de mortier gris. soigneusement travaillé, intégralement conservé, y compris le mobilier et les luminaires. De même que l’extérieur, l’intérieur porte les monogrammes de la CGER et son ancien emblème, l’abeille, à côté d’autres symboles caractéristiques de prospérité et d’épargne subtilement traités. Hall d’entrée circulaire couvert d’un dômeToit de plan centré à versant continu ou à pans, galbé en quart de cercle ou d'ovale., second vestibule orné d’un groupe en bronze par P. Du Bois (1905), escalier en marbre à garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux.; beaux revêtements de sol en mosaïque de marbre. Au bel étage, salle d’attente lambrisséeLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. précédant la salle du Conseil : belle salle ovale en style néo-Louis XVI, inspirée de la rotonde du Palais de Laeken : entourée de colonnesUne colonne est un support vertical formé d’un fût de plan circulaire ou polygonal et souvent d’un chapiteau et d’une base. Une colonnette désigne une petite colonne. corinthiennes séparant les panneauxLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris. sculptés d’emblèmes en stucLe stuc est un enduit à base de chaux ou de plâtre et de colle, soit poli et imitant le marbre, soit mat, sculpté et mouluré., sous une imposante cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier.; cheminée de marbre et parquet en marqueterie polychrome. Mobilier conservé, en particulier la tablePetite surface plane décorative, carrée ou rectangulaire. En menuiserie, on utilisera plus volontiers le terme panneau. et les sièges de direction, un tapis de la Savonnerie et les lustres en bronze doré et cristal d’inspiration Art nouveauPériode : 1890 – 1914 L’Art nouveau est un mouvement artistique qui se développe en Europe principalement entre 1890 et 1910, et manifeste une volonté de rupture avec les styles historiques et l’art académique du XIXe siècle. En Belgique, on situe la naissance de l’Art nouveau à Bruxelles en 1893 avec la construction de l’Hôtel Tassel de Victor Horta (1861-1947) et de la maison personnelle de Paul Hankar (1859-1901). Abandonnant la typologie traditionnelle des trois pièces en enfilade, Horta évide le centre de la maison pour y amener la lumière du jour et, à partir de là, éclate l’espace intérieur. Il développe une esthétique librement inspirée de la flore à laquelle Hankar répond par un langage formel géométrique recherchant davantage les effets colorés procurés par les matériaux et le traitement varié des matières. À partir de ces deux exemples se déclineront deux courants : l’un inspiré du monde végétal avec des lignes courbes et organiques ; l’autre d’inspiration géométrique, au vocabulaire formel plus raide et répétitif. L’Art nouveau s’applique à des programmes très variés (maisons bourgeoises et hôtels de maître, établissements scolaires, logement social, commerces). D’abord conçu pour une bourgeoisie aisée progressiste, le style Art nouveau se démocratise rapidement et devient le vocabulaire à la mode d’une nouvelle génération d’architectes qui met moins l’accent sur la complexité intérieure que sur les façades. L’assouplissement de la structure intérieure de la maison conduit à une organisation plus libre de la façade percée de fenêtres de formes variées, rehaussée de bow-windows, de loggias, de balcons et dont l’aspect se voit modifié par l’introduction de nouveaux matériaux : briques émaillées colorées, mosaïques, céramiques décoratives, colonnettes et linteaux métalliques. L’esprit Art nouveau se limite ainsi souvent à s’intégrer à l’éclectisme au travers des détails décoratifs particulièrement soignés (sgraffites, vitraux, ferronneries, dessin de châssis ou d’un arc de baie).. Série de bustes des présidents successifs du Conseil de Direction et du fondateur, ainsi que des princes Léopold (A. Courtens) et Charles (J. de Bremaecker), portraits peints des princes Philippe (L. De Winne) et Albert (J. Laudy).
Complexe Alfred Chambon, 1946-1947, inauguré en 1953 (n° 48). Extension du siège central, à l’emplacement de la maison directoriale et de l’aile Van Dievoet dans le prolongement. Imposant complexe associant une construction en U et une aile courbe à l’angle de la rue Montagne aux Herbes Potagères, en style classicisant fortement empreint de monumentalisme et caractérisé par l’emploi de la pierre blanche combinée au cuivre en façade. Cinq niveaux à rue, six sous un niveau d’attique pour l’aile en retrait. Immeuble de bureaux fonctionnel, utilisant des installations techniques et des aménagements intérieurs et extérieurs révolutionnaires pour l’époque : chauffage et climatisation, éclairage artificiel à cellules photo-électriques, installation téléphonique à centrale de forte capacité, ascenseurs, fenêtres à double vitrage actionnées électriquement et surtout installation de transports pneumatiques pour les documents particulièrement performante. Bâtiment en fer à cheval fermé à rue par une aile basse, desservi de part et d’autre par des cages d’escalier circulaires sous coupoleVoûte de plan central. Elle peut être circulaire, ovale, polygonale, à côtes, en plein cintre, surbaissée, surhaussée, etc. aplatie et flanqué à l’arrière d’une courte aile de plan carré couronnée d’une flèche ajourée. Au rez-de-chaussée, vaste hall sous verrière occupé par la salle des guichets, accessible par un lourd portailPorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. en bronze, au centre du mur à rue incurvé et richement orné d’une friseBande horizontale, décorée ou non, située au milieu de l’entablement. Par extension, suite d’ornements en bande horizontale. en bas-relief due au sculpteur O. Jespers; étages verticalement rythmés par des pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. colossauxUn pilastre, une colonne ou un autre support est dit colossal lorsqu’il s’élève sur plusieurs niveaux ou sur la plus grande partie de la hauteur du bâtiment., sous l’entablement et le niveau d’attique. Intéressante porte d’entrée à battants de bronze, incrustée d’émaux.
À l’angle, aile courbe ajourée au rez-de-chaussée d’une arcadeStructure métallique suspendue aux câbles de traction portant la cabine ou le contrepoids. cintrée fermée de grilles en bronze ouvragées, sous quatre niveaux de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. horizontaux, le tout interrompu par deux pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. colossauxUn pilastre, une colonne ou un autre support est dit colossal lorsqu’il s’élève sur plusieurs niveaux ou sur la plus grande partie de la hauteur du bâtiment. sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. triangulaires.
À l’intérieur, circulation horizontale continueUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. pour les plateaux de bureaux des deux ailes, reliés verticalement par les cages d’escalier précédemment mentionnées, respectivement cylindriques et de plan carré, dont deux à ascenseur central. Aménagement intérieur bien conservé : hall de la salle des guichets en métal blanc maillechort et en mosaïque de verre, sous lanterneau en caisson de verre moulé, salons de direction et salle de réunion circulaire au premier étage.
Aile Alfred Chambon, 1930-1934 (rue des Boiteux). Conçue comme une vaste ossature habillée de vitrages et de pierre bleue à décor «Beaux-Arts». Caves hautes, deux niveaux sous cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier., niveau d’attique et toiture mansardéeUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson.; quinze travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade.. Façade rythmée par des ressautsSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. d’angle et un ressautSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. central, ménagés entre pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. colossauxUn pilastre, une colonne ou un autre support est dit colossal lorsqu’il s’élève sur plusieurs niveaux ou sur la plus grande partie de la hauteur du bâtiment. ornés de guirlandesLa guirlande est un décor figurant un cordon de fleurs, feuilles ou fruits.; accent horizontal donné par le soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. largement ajouré pour les caves et par l’entablement décoré de staff et de panneauxLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris., interrompu par des consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. couplées et dominé par une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. d’attique et des vases à l’antique. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. groupées par trois entre les pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau.; intéressants grillages pour les jours1. Ouverture vitrée dans une menuiserie ou baie de petite dimension; 2. Vide autour duquel se développent certains escaliers tournants. de cave et les garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur....
Sources
Archives
AVB/TP 2114 (1888-1893), 373 (1901-1904), 5340 (1910), 1860 (1912-1918), 43192 (1930-1934), 61290-61292 (1946-1953).
C.G.E.R., Siège central, archives du département des bâtiments.
A.A.M., Fonds Alb. Chambon.
Ouvrages
Livre Commémoratif. 1865- 1965, C.G.E.R., Bruxelles, 1965.
Périodiques
NOVGORODSKY, L., "Les nouveaux bureaux de la Caisse Générale d’Épargne et de Retraite de Bruxelles, architecte : Alfred Chambon", dans La Technique des Travaux, 1953, nos 9-10, pp. 269-286; nos 11-12, pp. 361-372.
BRAL, G., "De la création du bâtiment de direction de la CGER, à Bruxelles, et de sa restauration-rénovation", tiré à part de M. & L., 1991, 1, pp. 25-40.
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