Typologie(s)

tunnel
Patrimoine ferroviaire
pont

Intervenant(s)

Alban CHAMBONarchitecte1908

Statut juridique

Classé depuis le 19 avril 2007

Styles

Éclectisme

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2013-2014

id

Urban : 23267
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Description

Établi à hauteur de la rue Hubert Stiernet, passage piétonnier sous le chemin de fer Bruxelles-Gand, de style éclectique, conçu en 1908 par l'architecte Alban Chambon.

Historique

Ce souterrain pour piétons, destiné à remplacer un simple passage à niveau, est envisagé par le Conseil communal de Laeken dès 1901. Adjugés en 1911 par la Société des Chemins de Fer, les travaux sont achevés en 1913. À l'accès sud, ils ont nécessité la démolition d'une maison de garde-barrière et d'une habitation de l'avenue. Ces travaux accompagnent la mise en place sur l'avenue de nouvelles grilles de protection des voies, en fonteFer riche en carbone, moulé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des colonnettes, des cache-boulins. Contrairement au fer forgé, la fonte est cassante et résiste mal à la flexion., et de réverbères-colonnes à deux bras de lumière, en pierre et bronze, très ornementés, élaborés par Chambon également. Au-dessus des rampes du souterrain, le mur de soutènement des voies porte une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. de pierre bleue à désÉléments de pierre de section sensiblement carrée ou rectangulaire, disposés généralement aux angles d’un balcon. qui, au sud, se détache pour envelopper tout le dispositif de descente. Enfin un poste d'aiguillage situé rue Tacquet, aujourd'hui démoli, fait partie du projet. Les grilles et leurs réverbères ont été supprimés lors de la construction en 1935 du tunnel routier vers le plateau du Heysel. La balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. qui protégeait la rampe sud a presque disparu mais celle des murs de soutènement des voies et le parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. carrelé de ces derniers ont étés restaurés quasi à l'identique en 2004-2005.

Description

Établi perpendiculairement au chemin de fer, le passage s'atteint au nord depuis l'avenue de la Reine par une rampe pavée en pente douce le long des voies ou, à niveau, par un embranchement de la rue Hubert Stiernet. À l'opposé, il est relié à l'avenue par une autre rampe qui tourne en épingle à cheveux autour d'un réverbère électrique monumental en s'accompagnant de quelques marches. Celles-ci et la dernière section de la rampe sont bordées d'un garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage..

Avenue de la Reine, passage Chambon, réverbère (photo 2014).

Le passage, pavé comme les rampes, est divisé en deux par une enfilade de sept colonnes de granit poli à fût monolithe sur base octogonale et à chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. d'inspiration médiévale, à astragale à trois baguettes, corbeille lisse et abaque polygonal en corne. Ces colonnes et la corniche en pierre blanche des murs carrelés blanchis supportent un quadrillage, sur deux plans, de poutres métalliques rivetées et peintes en noir. Ces poutres insèrent des caissons carrés émaillés blancs, de deux types, à rosaces ou palmettesOrnement symétrique dont la forme est proche de celle d’une palme. La palmette est parfois composée de feuilles d’acanthe.. Les entrées sont identiques: les premières colonnes et leur poutre de rive sont cantonnées de forts piliersSupport vertical de plan carré. qui portent des piédestaux sculptés d'une couronne et sommés d'un vase à têtes de lion et cordages, l'ensemble en pierre bleue.

Suite à la surélévation des voies en 1991-1992, les garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... en fonteFer riche en carbone, moulé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des colonnettes, des cache-boulins. Contrairement au fer forgé, la fonte est cassante et résiste mal à la flexion. aux motifs de feuillages très élaborés, qui relient les piédestaux (et prolongeaient ceux qui barraient l'avenue), ont été remontés en légère avancée au-dessus de panneaux neufs en zinc, à décor géométrique. Lors de cette modification, les poutres de rive ont vu leur ornementation simplifiée: des palmettesOrnement symétrique dont la forme est proche de celle d’une palme. La palmette est parfois composée de feuilles d’acanthe. reliées aux montants des garde-corpsOuvrage de clôture qui ferme un balcon, une terrasse, une porte-fenêtre, une gaine d'ascenseur... ont été supprimées; subsiste seule une suite de rosaces.

Posé sur un petit emmarchement de pierre bleue octogonal, le réverbère est traité en colonne: son fût de granit poli à départ polygonal se bague de coquillages en bronze et son chapiteauCouronnement orné ou mouluré, d’une colonne, d’un pilier ou d’un pilastre. de même matériau, d'inspiration corinthienne, éclate littéralement en six bras de lumière, aujourd'hui privés de globe, et s'amortit en pinacleAmortissement élancé de plan carré ou polygonal. échevelé.

Classement 19.04.2007.

Sources

Archives
AAM/fonds Alban Chambon.

Ouvrages
CELIS, M., «Le passage piétonnier», in: CELIS, M., et al., Autour du parvis Notre-Dame à Laeken, Fondation Roi Baudouin/Crédit communal, Bruxelles, 1994, p. 20.
CULOT, M. [dir.], Schaerbeek. Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiche 12.
MIDANT, J.-P., La fantastique architecture d'Alban Chambon, AAM, Bruxelles, 2009, pp. 242-244.

Périodiques
ABEELS, G., «Grootse werken in Laken», Laca Tijdingen, 4, 2001, pp. 6-10.
CANDAU, L., VAN KRIEKINGE, D., «De Koninginnelaan, een aanleg met hindernissen», Laca Tijdingen, 3, 1992, pp. 17-24.