Typologie(s)

maison d’architecte
maison bourgeoise

Intervenant(s)

Adrien BLOMMEarchitecte1908

Statut juridique

Classé depuis le 05 juin 1997

Styles

Éclectisme
Art nouveau

Inventaire(s)

  • Actualisation de l'inventaire d'urgence (Sint-Lukasarchief - 1993-1994)
  • Actualisation du projet d'inventaire régional du patrimoine architectural (DMS-DML - 1995-1998)
  • Le patrimoine monumental de la Belgique. Ixelles (DMS-DML - 2005-2015)

Recherches et rédaction

2005-2007

id

Urban : 16367
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Description

À l'angle de la rue des Mélèzes, imposante maison de style éclectique influencé par l'Art nouveauStyle Art nouveau (de 1893 à 1914 environ). Mouvement international, avec de fortes variantes locales, né en réaction aux styles « néo ». En Belgique, ce courant connaît deux tendances : d’un côté, sous l’égide de Victor Horta, l'Art nouveau « floral », aux lignes organiques ; de l’autre, l'Art nouveau géométrique, influencé par l'art de Paul Hankar ou la Sécession viennoise. et présentant des réminiscences Arts and Crafts, par l'architecte Adrien Blomme qui conçoit ici en 1908 sa première habitation personnelle et son atelier d'architecture.

Bâtiment de trois niveaux comportant une longue façade dans chacune des rues, reliées l'une à l'autre par une travée biaiseTravée d’angle, située de biais, généralement à quarante-cinq degrés, par rapport au reste de l’élévation.. La répartition des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. en travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. est conçue de manière assez libre : de nombreuses ruptures d'alignement animent la composition.

Façades en briques rouges, éléments structurants et décoratifs en pierre blanche, soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue.

De part et d'autres de l'angle, les façades répètent une structure analogue, mais différenciées par de multiples détails. Les trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. vers l'angle forment un volume en avant-corps sommé d'une terrasse ceinte d'une balustradeGarde-corps composé de balustres, c’est-à-dire de petits supports en répétition, généralement profilés et de section circulaire. et devançant un grand pignonPartie supérieure d’un mur-pignon, parallèle aux fermes de charpenterie, correspondant à la hauteur du comble. Il possède des rampants de formes variées : droits, chantournés, etc. chantournéUn élément est dit chantourné lorsque sa forme alterne courbe et contre-courbe.. Le décrochement des seuilsPièce horizontale inférieure de l'encadrement d'une porte. de fenêtre sur ce volume marque en façade la présence de l'escalier.

De part et d'autre de cet avant-corps, la première travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de chacune des façades se distingue par une saillie en encorbellementUne partie d'élévation est dite en encorbellement lorsqu'elle s’avance en surplomb. flanquée de lésènesLes lésènes sont des jambes saillantes en répétition sur un mur, réunies par un arc ou par une frise d’arceaux. Ce couronnement d’arc ou d’arceaux distingue la lésène du pilastre.. Le groupe de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. qui termine chacune des façades est sommé par une corniche de bois sur consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. allongées.

Les façades multiplient les petits bow-windowsDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. et les baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. de formes variées, certaines munies d'une barre d'appuiPetit garde-corps de faible hauteur et non saillant, compris dans l’embrasure d’une fenêtre..
L'entrée est sur l'angle. Elle est flanquée d'étroites baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. et surmontée d'un petit bow-windowDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. en arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. de cercle couvert d'un toit en appentisToit à un seul versant.. Le vantailLe mot vantail désigne le battant d’une porte ou d’une fenêtre. de la porte a été renouvelé.

Châssis d'origine à petits-bois, certains à guillotineUne fenêtre à guillotine est une fenêtre dont l’ouvrant coulisse dans une rainure verticale, évoquant ainsi une guillotine., pourvus de verre coloré ou de vitraux, notamment sur le volume d'angle.

Rue Américaine 205, <a href='/fr/glossary/183' class='info'>élévations<span>Dessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades.</span></a>, ACI/Urb. 16-205 (1908).

Transformations à la demande du nouveau propriétaire, exécutées par Adrien Blomme en 1920 : modifications des baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. au rez-de-chaussée ; depuis 1929, un garage (rue des Mélèzes) remplace l'ancien bureau des employés et un fumoir prend la place de l'ancienne cour en 1934.


Rue Américaine 205, intérieur du hall (iL'Émulation/i, 1909, pl. XVII).

À l'intérieur, la maison a conservé sa disposition et sa décoration d'origine : le grand hall d'entrée et la cage d'escalierEspace à l'intérieur duquel se développe un escalier. monumentale, disposée sur l'angle, constituant l'élément charnière de la maison ; boiseries moulurées intégrant des luminaires, encadrements de portes rehaussés de ferronneriesÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux.. Le hall à trois portes avec sol en marbre distribue les différentes pièces du rez-de-chaussée dont, à l'origine, le bureau de l'architecte. À l'étage, salon décoré de lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. et d'une cheminée en marbre noir veiné de blanc, d'inspiration Louis XV, dont le manteauManteau de cheminée. Construction d’ordinaire en marbre, renfermant le foyer d’une cheminée. est garni d'un miroir sous une peinture représentant une corne d'abondanceCorne débordant de fleurs et de fruits, symbolisant l’abondance.. Dans l'axe de l'escalier, fumoir de plan circulaire éclairé par une verrière zénithale et salle à manger ornée également de boiseries. Vitraux de style Art DécoStyle Art Déco (entre-deux-guerres). Tendance à la géométrisation des formes et des ornements architecturaux, doublée de jeux de matériaux, de textures et de couleurs. dans le vestibule.

Classement 05.06.1997.

Sources

Archives
ACI/Urb. 16-205, 229-1.

Ouvrages
BLOMME, F., À la rencontre d'Adrien Blomme, 1878-1940, CIVA, Bruxelles, 2004, pp. 29-31.
Monument et sites protégés, Mardaga, Région de Bruxelles-Capitale, 1999, p. 127.

Périodiques
BLOMME, A., « Maison, rue Américaine et rue des Mélèzes, à Bruxelles », L'Émulation, 1909, pl. XV-XVIII.
DUBUISSON, E., « Jamais deux sans trois », Les Nouvelles du Patrimoine, 112, 2006, Bruxelles, pp. 17-19.
EGGERICKX, L., « L'architecture d'Adrien Blomme : modernisme et tradition », Les Nouvelles du Patrimoine, 59, 1994, pp. 28, 29.

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