Typologie(s)

gare
Patrimoine ferroviaire

Intervenant(s)

Paul SAINTENOYarchitecte1938-1956

Jacques SAINTENOYarchitecte1938-1956

Jean HENDRICKX-VAN DEN BOSCHarchitecte1938-1956

Styles

Classicisme moderne

Inventaire(s)

  • Inventaire de l'architecture industrielle (AAM - 1980-1982)
  • Inventaire du patrimoine d'ingénierie (2011)
  • Actualisation permanente de l'inventaire régional du patrimoine architectural (DPC-DCE)
  • Le patrimoine monumental de la Belgique. Schaerbeek (Apeb - 2010-2015)
  • Inventaire des gares bruxelloises (Thierry Demey)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

  • Artistique
  • Esthétique
  • Historique
  • Paysager
  • Scientifique
  • Technique
  • Urbanistique

Recherches et rédaction

2016-2017

id

Urban : 24192
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Description

Gare de style moderniste classicisant, édifiée entre 1938 et 1956 d’après les plans des architectes Paul et Jacques Saintenoy et Jean Hendrickx-Van den Bosch.

Historique
La première gare du Nord se situait sur la place des Nations, actuelle place Rogier. Mis en service dès 1841 pour reprendre le trafic de voyageurs de la gare de l’Allée Verte, ses bâtiments ne sont terminés et inaugurés qu’en 1846. Gare terminus, elle arrive rapidement à saturation. Désaffectée au profit de la nouvelle gare du Nord, une gare de passage cette fois, elle est démolie en 1956.
La nouvelle gare est érigée plus au nord et en surélévation pour desservir la Jonction Nord-Midi qui, via le centre-ville, la relie à la gare du Midi, elle aussi déplacée. Les travaux de cette jonction débutent en 1911. Ils sont interrompus en 1914 pour reprendre en 1936 et être enfin finalisés en 1952.
Les travaux de la gare du Nord et de ses voies, lancés en 1936, sont retardés par la guerre. Ouverte progressivement au trafic dès 1950, la gare n’est terminée qu’en 1956. Sa façade principale est alors longée par une vaste esplanade réservée aux tramways et aux piétons. Cette esplanade a été remplacée par le Centre de Communication Nord (CCN), construit de 1974 à 1982 par le groupe Structures, qui masque la façade principale de la gare.
Ce nouveau complexe est pensé comme une plateforme multimodale et multifonctionnelle avec bus, trams, trains, métros, taxis et équipements postaux, centre de téléphone, télex et télégraphe. Il est conçu comme un maillon du nouveau quartier d’affaires du plan Manhattan (voir notice de la rue du Progrès). Formalisé en 1967, ce plan prévoyait la création d’un ensemble de bureaux et de commerces sur dalle, directement relié à une autoroute. Le nouveau quartier devait fonctionner selon le principe de séparation des circulations, avec la rue réservée aux véhicules et une dalle piétonne surplombant la circulation. Si le projet a en grande partie avorté pour des raisons économiques, plusieurs bâtiments, dont le CCN, ont été conçus avec un socle destiné à faire partie du piétonnier. De 1992 à 1994, le CCN reçoit une surhausse postmoderne (architectes von Vittorelli, Ferriere et Van Campenhout) destinée à centraliser les services de l’Administration bruxelloise. De 2014 à 2017, la gare subit une profonde rénovation.

Description de l’état primitif du bâtiment
Extérieur
Implanté sur une longueur de 210 mètres pour 22 de largeur, bâtiment rectangulaire à structure de béton armé alignant de manière symétrique, derrière une tour carrée, trois corps et un pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. au nord, à plateformes ou toitures aplaties invisibles.
Haut corps central à avant-corps latéraux plus élevés, d’un seul niveau imparti à la salle des pas perdus.
Corps adjacents de quatre niveaux, celui du nord abritant buffet-restaurant et consigne pour bagages, ainsi qu’un Musée des Chemins de Fer et divers locaux aux étages, celui du sud logeant divers bureaux, une double cabine de signalisation électrique, le logement du chef de gare et la centrale téléphonique.
Pavillon nord de deux niveaux réservés notamment au salon royal et à son hall.

Façades principale et latérales à deux registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. à plaquis de pierre blanche, le premier peu élevé sous un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. continuUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. logeant les entrées, le second rythmé par des travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. continues à retraits.
Au corps central, portail axial en légère saillie et portes étroites dans les avant-corps. Au second registreAlignement horizontal de baies sur un pignon., sept travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. jumelées, par trois à la centrale, sommée d’une tablePetite surface plane décorative, carrée ou rectangulaire. En menuiserie, on utilisera plus volontiers le terme panneau. rectangulaire. Percés d’une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. simple, avant-corps à angles à retraits successifs terminés en gradins.
Corps adjacents en miroir, rythmés par deux larges pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. – assortis aux avant-corps précités – qui encadrent les halls de sortie. Vers le corps central se succèdent cinq travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., à baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. vitrées pour le restaurant au corps nord, à baies libres pour une galerie couverte au corps sud, accompagnées de deux portails percés dans les pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau.. Au niveau supérieur, les trois travées extrêmes sont groupées dans un même encadrement sous une tablePetite surface plane décorative, carrée ou rectangulaire. En menuiserie, on utilisera plus volontiers le terme panneau. en T; petite baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. étroite au bas des pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau..
Façade latérale droite d’une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. de part et d’autre de la tour. La galerie couverte fait retour sous la tour pour se prolonger contre le mur de soutènement des voies de chemin de fer.

Tour carrée à dix étages de bureaux desservis par un ascenseur et des escaliers. Ses quatre faces sont percées d’une travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. semblable à celle des autres corps et surmontées d’une tablePetite surface plane décorative, carrée ou rectangulaire. En menuiserie, on utilisera plus volontiers le terme panneau. et d’une horloge.

Renforcé de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. d’angle à retraits, pavillonLe toit en pavillon est un toit à quatre versants droits couvrant un corps de bâtiment de plan sensiblement carré. La lucarne en pavillon est une lucarne dont le toit est en pavillon. royal à galerie couverte à trois baies libresBaie qui n’est pas close par une menuiserie., débouchant en façade latérale. À l’étage, cinq portes-fenêtres à trumeauxPan de mur compris entre deux travées ou entre deux baies d'un même niveau. rainurés, la centrale précédée d’un balcon. En façade latérale, flanquant une baieOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. aveugleUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre., deux portes-fenêtres derrière un balcon continuUn élément est dit continu s’il règne sur toute la largeur de l’élévation ou sur plusieurs travées. peu saillant. Façade arrière en pierre également, à trois travées.

Façades arrière des trois autres corps en briques. Celle de la salle des pas perdus percée de fenêtres jumelées encadrées de pierre blanche, selon le même rythme qu’en façade avant. Façade arrière du corps nord de mêmes matériaux, comptant douze travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., la dernière toute en pierre blanche. Façade arrière du corps sud marqué par un retrait du dernier niveau.

Intérieur
Salle des pas perdus conçue comme un vaste hall à parementRevêtement de la face extérieure d’un mur. de pierre blanche au-dessus d’un haut lambrisLe lambris est un revêtement de menuiserie, de marbre ou de stuc couvrant la partie inférieure ou l'entièreté des murs d’une pièce. de marbre rose Botticino. Voûte de béton sur corniche denticulée, en berceau surbaisséUn élément est dit surbaissé lorsqu’il est cintré en arc de cercle inférieur au demi-cercle., à caissons piqués d’un luminaire sauf les latéraux, vitrés. Sol dallé de céramique rouge, bleu clair et jaune, formant des dessins géométriques.
En façade arrière, entrée du couloir central d’accès aux voies, flanquée de guichets. Au sud, sous un vaste panneau orné d’une étoile du nord au chiffre «B», galerie menant aux entrées sud et au couloir de sortie des voies de ce côté. Au nord, donnant accès au musée, escalier en U aménagé dans un avant-corps à deux retraits, sous plafond à caissons et verrière.

Description des quais et couloirs souterrains
La gare compte sept quais de 305 mètres de longueur, desservant douze voies surélevées par rapport au niveau des rues du Progrès et d’Aerschot. De longs auvents de béton en V sur piliersSupport vertical de plan carré. abritent divers volumes parementés de briques beiges: cages d’escalier et escalators, monte-charges pour les bagages aux extrémités et abris fermés ou ouverts.

Sous les voies se développent trois couloirs parallèles, parementés de céramique jaune, le central réservé aux départs, les latéraux, plus étroits, aux arrivées. Sous ces derniers, un second couloir sert à l’acheminement des bagages via les monte-charges. Les trois couloirs pour voyageurs sont accessibles depuis la rue d’Aerschot, via des escaliers en retour.

Cette rue est bordée par le mur de soutènement des voies, à panneaux de briques dans des encadrements biseautés en pierre bleue. À hauteur des quais se développe un mur-écran de pierre bleue, vitré. Le mur de soutènement est percé de diverses baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement., dont les entrées des trois couloirs et celles de deux tunnels routiers.

À l’ouest, mur de soutènement plus soigné, plaqué de pierre bleue. Au sud, il est traité en galerie commerçante derrière une rampe d’accès à la gare. Au nord, de part et d’autre du tunnel, il abrite une série de bureaux sous un mur-écran semblable à celui côté rue d’Aerschot.

Sources

Archives
AVB/PP 3223 (1939-1945).
ACS/Urb. 221-Gare du Nord.

Ouvrages
BRUNFAUT, F., La Jonction, Ad. Goemaere, Bruxelles, 1959, pp. 130-133.
DEMEY, T., Chronique d’une capitale en chantier. 2. De l’Expo ’58 au siège de la C.E.E., Paul Legrain, Bruxelles, 1992, pp. 149-151.
DEMEY, T., Les gares bruxelloises. Un patrimoine méconnu, Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 1994.
CULOT, M. [dir.], Schaerbeek. Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiche 1.
JACOBS, P., et alLa Jonction Nord-Midi 1952-2002, Éditions PFT, Bruxelles, 2002.
Le rail bruxellois en images, Éditions PFT, Bruxelles, 1994.
TOELEN, T., De grote en kleine geschiedenis van de Kassei. La grande et petite histoire de la Chaussée, AMVB, Bruxelles, 2004, pp. 45-46.
VAN MEERTEN, M., Un tunnel sous Bruxelles. Les 50 ans de la jonction Nord-Midi, Racine, Bruxelles, 2002.

Périodiques
«Bruxelles entre en gare», Les Cahiers de La Fonderie, 24, octobre 1998.
BLOMME, Y., PETIT, J., «Les trois gares de Bruxelles», Rythme, 14, avril 1953, pp. 5-15.