Longue et rectiligne, la rue Van Schoor relie la rue des Palais à la place Stephenson. Elle est interrompue à ses deux tiers par la rue duPavillon.

La rue Van Schoor est percée en deux temps. Le 20.08.1866, un arrêté royal autorise Adolphe Clabos et Édouard Duboccage, deux propriétaires privés, à ouvrir sur leurs terrains les rues Van Schoor et Vanderlinden, sur une largeur de quatorze mètres, entre la rue des Palais et la rue du Pavillon. Le prolongement de la rue Van Schoor jusqu'à la place Stephenson est réalisé dans le cadre de l'aménagement du quartier dit Saint-Félix, compris entre la rue du Pavillon, la rue François-Joseph Navez et la ligne de chemin de fer du Luxembourg. Ce quartier est créé à l'initiative de la société immobilière dite Participation Saint-Félix, propriétaire de la plupart des terrains situés à cet endroit. Après plusieurs projets, dont un de 1876 signé par le géomètre-expert Paul Dejaer, le plan définitif, dressé en 1880 par l'ingénieur communal Bouchez, est approuvé en séances du Collège communal des 18.01.1881 et 31.01.1882, puis par l'arrêté royal du 13.12.1883. Outre le prolongement des rues Van Schoor et Vanderlinden, il comprend la création de la rue James Watt, de la première moitié de la rue Stephenson et de la place Stephenson. La société se charge des travaux de remblai, d'égouts et de pavage des nouvelles artères, dont elle abandonne gratuitement l'assiette à la Commune. Les travaux de voiries du quartier sont terminés en 1884.

Le nom de l'artère fait référence à l'homme politique Joseph Van Schoor (Bruxelles, 1806-1895), qui fut sénateur et administrateur de l'Université de Bruxelles.

La rue Van Schoor présente un bâti résidentiel essentiellement néoclassique, tel le no116 (1893). Souvent édifiés en ensemble, comme l'illustrent les nos58-60 à 70 (voir nos62 à 68), conçus en 1886, nombre d'immeubles ont reçu un nouveau parement. L'artère est ponctuée de plusieurs constructions de style éclectique, comme les nos23, 25 et 27 (1889), les deux derniers conçus pour le menuisier-entrepreneur H. Hannaerts. Celui-ci fait également bâtir les nos86 et 88 (1901), partageant une même façade symétrique et dotés d'un atelier arrière. De nombreux ateliers et manufactures s'insèrent dans le bâti de l'artère, majoritairement en intérieur d'îlot. Citons une marbrerie au no90 (1921) pour Nicolas Hannaerts, un atelier de sculptures et monuments funéraires de 1901 (voir no84) et la chocolaterie-confiserie Senez-Sturbelle à l'angle de la rue du Pavillon (voir no61-61a rue Van Schoor – 63 rue du Pavillon). Notons que plusieurs bâtiments du début de la rue ont été détruits lors des bombardements de mai 1944.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 25, 27: 269-25; 86, 88: 269-86-88; 90: 269-90; 116; 269-116.
ACS/TP 247, 259.
ACS/TP Infrastructure 216.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, Rapport sur la situation et l'administration des affaires communales pendant l'exercice 1865-1866, pp. 44-46.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1866, pp. 84-85.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, Rapport sur la situation et l'administration des affaires de la commune pendant l'année 1866-1867, p. 265.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, Rapport sur la situation et l'administration des affaires de la commune pendant l'exercice 1868, p. 76.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, 1882, pp. 203-206.

Ouvrages
DEKOSTER, J.-A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 119.
DE SAEGHER, E. et BARTHOLEYNS, É., Histoire populaire de Schaerbeek. Notice historique, descriptive et explicative sur la commune ses rues, monuments, institutions, curiosités, Schaerbeek, Henri Mommens imprimeur-éditeur, 1887, p. 41.

Cartes / plans
Plan de la commune de Schaerbeek 1876, Institut géographique national.
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1893.
Plan de la commune de Schaerbeek 1899.