La rue Philomène relie la chaussée de Haecht à la rue des Coteaux, rencontrant sur son parcours les rues Josaphat, Massaux et Potagère.

La première moitié de la rue, entre la chaussée de Haecht et la rue Josaphat – alors encore rue Basse –, est tracée avant 1835. Large de dix mètres, sa prolongation jusqu'à la rue des Coteaux – alors chemin du Moulin –, est validée par l'arrêté royal du 12.11.1846, à la demande et sur les terrains de l'Administration des Hospices et Secours de la Ville de Bruxelles. Les travaux de voirie de cette seconde moitié ne sont toutefois réalisés qu'en 1865-1866.

Dénommée à l'origine rue de la Paix, l'artère est rebaptisée rue Philomène avant 1852. Cette dénomination dériverait de Philomèle, nom poétique du rossignol.

Déjà bâti de quelques habitations avant 1835, le premier tronçon de la rue se construit progressivement au cours des années 1840 à 1880, de maisons de style néoclassique, comme le no15. Dans les années 1890, quelques immeubles de style éclectique s'implantent sur les parcelles restées vierges, tels les nos10 à 16 (1898). Quant au second tronçon, bien que seulement aménagé au milieu des années 1860, il compte déjà une petite dizaine de maisons avant 1858 à l'angle de la rue Josaphat côté impair, dont les nos49 à 55 (voir ces numéros). La majorité de ce tronçon est bâti avant 1876, de maisons néoclassiques, excepté aux angles de la rue Potagère, seulement raccordée à cette date à la rue Philomène. Cette partie ne se construit que dans les années 1890 et 1900. Le bâti de la rue est globalement mal conservé aujourd'hui.

Au no35 se trouvait, à partir des années 1890, le Patronage pour jeunes filles de la Paroisse Sainte-Marie; le bâtiment actuel, à usage de classes et dortoir, a été érigé dans l'entre-deux-guerres pour l'Œuvre de la Jeunesse Chrétienne. Plus bas se développent, à l'angle de la rue Josaphat, les bâtiments des anciens Couvent et Institut des Religieuses de Notre-Dame des VII Douleurs (voir nos37 à 43). Pointons enfin, au no83-85b, un immeuble de bureaux conçu en 1990 pour une société de production (architectes Pierre Blondel et Christian Renchon), en remplacement d'un atelier de 1923.

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACS/Urb. 10 à 16: 214-10-16; 29, 35: 214-29-35; 83-85b: 214-83-85.
ACS/TP 214.
ACS/TP Infrastructure 48.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, Rapport sur la situation et l'administration des affaires de la commune pendant l'exercice 1864-1865, p. 344.
ACS/Bulletin communal de Schaerbeek, Rapport sur la situation et l'administration des affaires de la commune pendant l'exercice 1865-1866, pp. 47, 50-51, 54.

Ouvrages
CULOT, M. [dir.], Schaerbeek. Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles, AAM, Bruxelles, 1980-1982, fiche 157.
DEKOSTER, J.-A., Les rues de Schaerbeek, Bruxelles, 1981, p. 88.
 
Périodiques
MERTENS, A., ROZEZ, «Philomène (rue)», Annuaire du Commerce et de l'Industrie de Belgique, Province de Brabant, Bruxelles et sa banlieue, Bruxelles, Établissements généraux d'imprimerie, 1894, 1924.

Cartes / plans
DE CRAAN, W. B., Plan géométrique de la Ville de Bruxelles, 1835.
VANDERMAELEN, Ph., Plan parcellaire de la commune de Schaerbeek avec les mutations jusqu'en 1836.
Atlas des chemins vicinaux de Schaerbeek, début des années 1840.
POPP, P. C., Atlas du Royaume de Belgique, plan parcellaire de la commune de Schaerbeek, vers 1858.
BESME, V., Plan parcellaire des environs de Bruxelles, Saint-Josse-ten-Noode et Schaerbeek, 1867.
Plan de la commune de Schaerbeek 1876, Institut géographique national.
Bruxelles et ses environs
, Institut cartographique militaire, 1881.
Bruxelles et ses environs, Institut cartographique militaire, 1893.