Typologie(s)

maison bourgeoise

Intervenant(s)

P. BAUCQarchitecte1914

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Éclectisme
Beaux-Arts

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2012-2013

id

Urban : 22116
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Description

Maison bourgeoise de style éclectiquePériode : env. 1840-1914. L’éclectisme est un courant architectural caractérisé par la combinaison de styles issus de différentes époques et de différents lieux. Les architectes mêlent les références historiques pour créer de nouvelles compositions. Cette tendance se développe à Bruxelles peu après l’indépendance de la Belgique, dans le cadre des grands programmes d’urbanisation. En effet, durant les années 1840 et 1850, alors que jusque-là la ville a mis à l’honneur le néoclassicisme avec des ensembles urbains symétriques, ordonnés et rationnels, pointe le besoin d’une architecture nationale. Alors que des architectes font le choix de l’unité de style comme le néogothique ou le néo-Renaissance flamande, une tendance à mélanger les grammaires issues du passé va se développer, tout en utilisant les matériaux locaux et des techniques nouvelles (issues notamment de la révolution industrielle). Cet éclectisme permet de répondre plus souplement à une multitude de typologies et d’équipements urbains. En effet, la ville est en pleine expansion : l’éclectisme s’adapte tant aux églises qu’aux grands magasins, aux hôtels, aux gares, aux écoles, aux usines,… mais également à l’architecture résidentielle. C’est pourquoi l’éclectisme est la tendance architecturale dominante dans la première couronne de Bruxelles (les faubourgs de Bruxelles). Dans l’architecture publique, ce mélange n’est pas arbitraire : chaque style est choisi pour transmettre une idée. Par exemple, le néogothique peut évoquer l’histoire médiévale de la ville ou la spiritualité d’un édifice religieux ; le néoclassicisme suggère l’ordre et l’autorité pour un palais de justice ou un bâtiment administratif ; la Renaissance symbolise le prestige civique ou culturel. L’architecture devient ainsi un langage visuel, conçu pour représenter les valeurs d’une institution. Dans l’architecture résidentielle, l’éclectisme est l’apanage de la bourgeoisie et se reconnaît par une façade variée et dynamique où les architectes jouent avec les formes, les matériaux et les couleurs. Brique, pierre, fer forgé, céramique ou sgraffites s’y mêlent pour créer un décor riche et personnalisé. Chaque détail — balcon, corniche, linteau sculpté, lucarne, logette, porte d’entrée — devient une occasion d’exprimer le goût du propriétaire, d’afficher son statut ou ses aspirations culturelles. Ce style s’inscrit dans une période où Bruxelles valorise la modernité tout en célébrant son histoire. L’éclectisme traduit donc un compromis : une architecture contemporaine inspirée du passé, adaptée à la vie bourgeoise, urbaine et moderne. Derrière la façade, les intérieurs sont pensés pour le confort : distribution plus pratique, escalier décoratif, pièces spécialisées (salon, fumoir, salle à manger), et parfois innovations techniques (chauffage amélioré, eau, gaz). La période de l’éclectisme met en place le modèle type de la maison bourgeoise : une façade de composition symétrique (trois travées égales sur trois niveaux) ou asymétrique (deux travées – une étroite et une large – sur trois niveaux) ; un plan reprenant un couloir menant à l’escalier en travée d’entrée et deux ou trois pièces en enfilade, correspondant à la largeur (de la ou) des autres travées. La façade se développe également en trois dimensions par l’ajout de balcons, de logettes ou de bow-windows. Durant la seconde moitié du XIXe siècle et le début du XXe siècle, le développement urbanistique est tel qu’il n’est pas rare de voir des pans de rue entiers sortir de terre en quelques années. Il en résulte des ensembles urbanistiques particulièrement homogènes et cohérents : les enfilades. Cette cohérence est parfois due au travail d’un architecte dans le cadre d’une petite promotion immobilière. Mais le plus souvent, les maisons sont réalisées par des architectes différents, pour des propriétaires différents : elles sont alors toutes différentes mais forment des enfilades homogènes de bâtiments de même style, mêmes matériaux et/ou de même gabarit. Les éléments représentatifs de l’architecture résidentielle de style éclectique sont : le gabarit (composition asymétrique ou symétrique), la polychromie des matériaux (pierre bleue, pierre blanche, briques de couleurs variées, enduits), l’usage d’éléments en ferronnerie, d’éléments en surplomb (balcons, logettes, bow-windows), de lucarnes et les enfilades urbanistiques. Ces façades sont souvent accentuées d’éléments d’inspirations diverses : néoclassique (enduit, sobriété), néogothique (baies en ogive ou trilobées, croisées en pierre), néo-Renaissance flamande (lucarne-pignon à gradins, ancres), Art nouveau (sgraffites, carreaux de céramique, éléments reprenant la courbe « coup de fouet », vitraux floraux), pittoresque (toiture à croupe ou croupette, tourelle, éléments en bois ou faux bois : garde-corps, colombages, fermes apparentes), etc. Il est communément admis que la période de l’éclectisme s’achève avec la Première Guerre mondiale, néanmoins le modèle type de la maison bourgeoise perdure bien après la guerre. Les communes et quartiers urbanisés plus tardivement, durant l’entre-deux-guerres, sur base de plans d’aménagement tracés au XIXe siècle, reproduisent le modèle de l’éclectisme : des enfilades de maisons de gabarit similaire. Ces maisons sont qualifiées de style éclectique tardif. Elles reprennent toutes les caractéristiques de l’architecture résidentielle éclectique, mais sont le plus souvent accentuées d’éléments d’inspiration Beaux-Arts, Art Déco, Art nouveau, pittoresque ou régionaliste (voir éclectisme tardif). d'inspiration Beaux-ArtsPériode : 1905-1930 L’architecture Beaux-Arts est un style architectural académique et international dont les principales orientations proviennent de la très influente école des Beaux-Arts de Paris créée au XIXe siècle. À Bruxelles, il se développe dès 1905 et s’inscrit dans le prolongement de l’éclectisme et dans cette tendance à revenir aux grands « styles Louis » français du XVIIIe siècle – Louis XIV, rococo (Louis XV) et néoclassique (Louis XVI) –, et ce sous l’influence de l’Exposition universelle de Paris en 1900. Ce goût pour l’académisme français se développe à Bruxelles au travers, dans un premier temps, d’importantes réalisations confiées par le roi Léopold II à l’architecte Charles Girault qu’il rencontre à Paris lors de l’Exposition : les agrandissements du Palais de Laeken, la construction du musée de Tervueren, de l’arcade du Cinquantenaire, de la galerie-promenoir sur la digue d’Ostende. Ce retour aux grands styles français marque ensuite de nombreux quartiers résidentiels bruxellois. Le style Beaux-Arts trouve en effet ses meilleures expressions dans les hôtels de maître, les maisons bourgeoises, de luxueux immeubles à appartements mais aussi et surtout dans des édifices semi-publics de prestige (hôtels, banques, sièges de société) auxquels il donne un air respectable inspirant confiance. Il se caractérise par des façades en (simili-)pierre blanche et/ou en briques rouges ou orangées, décorées d’éléments empruntés aux styles français du XVIIIe siècle (guirlandes végétales, festons, mascarons, garde-corps et portes en fer forgé). C’est une architecture qui se distingue par le goût du monumental que concrétisent l’emploi massif de la pierre de France et l’accentuation des travées d’angle et d’entrée, souvent traitées en rotonde couverte d’une coupole. Le plan des traditionnelles trois pièces en enfilade qui marque les résidences du XIXe et du début du XXe siècle est revu de manière à laisser la lumière pénétrer davantage par l’utilisation de lanterneaux en toiture, des plafonds relativement bas, la souplesse des circulations., architecte P. Baucq, 1914.

Elle s'inscrit dans une enfilade particulièrement cohérente d'immeubles de même style, allant du no78 au no106.

Élévation de trois niveaux sous toiture mansardéeUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson., à travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. unique aux étages. Façade en briques blanches, rehaussée de pierre bleue. BaiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. à encadrement harpéLes harpes sont une superposition d’éléments dont la tête est alternativement courte et longue.. Bow-windowDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. à double croiséeBaie à croisée. Baie divisée par des meneau(x) et traverse(s) se croisant à angle droit., à consolesPièce de pierre, de bois ou de métal partiellement engagée dans un mur et portant un élément en surplomb. La console se distingue du corbeau par ses dimensions plus grandes et par le fait qu’elle s’inscrit grosso modo dans un triangle rectangle. La console désigne également des éléments non porteurs, mais apparentés d’un point de vue formel à une console. à tête féminine et sous terrasse à parapetUn parapet en maçonnerie est un muret servant de garde-corps. intégrant des grilles en fer forgéFer façonné à chaud sur l’enclume, utilisé pour réaliser des éléments architecturaux comme des garde-corps, des ancres, des grilles, des épis de faîtage.. Elle devance une serlienneTriplet formé d’une baie centrale couverte d’un arc en plein cintre et de deux petites baies latérales rectangulaires. Ces dernières sont plus basses et plus étroites que la baie centrale. sous cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. à cartoucheDécor composé d’une table plane ou bombée, aux contours généralement sinueux, bordée d’un décor sculpté et/ou d’une mouluration, et sur laquelle prend parfois place un blason ou une inscription. Le médaillon est un cartouche rond ou ovale. et abondant décor. GuirlandesLa guirlande est un décor figurant un cordon de fleurs, feuilles ou fruits. de fruits et chutesBouquet pendant de fleurs ou de fruits.. Deux lucarnesOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. à aileronsÉlément décoratif ordinairement enroulé en S et terminé en volutes, qui s’inscrit dans un angle et forme un adoucissement. et frontonCouronnement de forme triangulaire ou courbe, à tympan et cadre mouluré formé de corniches. cintré. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. et grille du jardinet conservées.

Sources

Archives
ACS/Urb. 164-100.