Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
église/cathédrale/basilique
Intervenant(s)
Willy VAN HOVE – architecte – 1947-1952
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Néo-roman
Art Déco
Inventaire(s)
- Le patrimoine monumental de la Belgique. Schaerbeek (Apeb - 2010-2015)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
Recherches et rédaction
2010-2012
id
Urban : 20685
Description
Église paroissiale d'inspirations néo-romaneLe style néo-roman fait partie des premières
manifestations de l'historicisme du XIXe siècle en Belgique. Il a
connu son apogée entre 1840 et 1900, avec un regain d'intérêt pendant
l'entre-deux-guerres (cf. l'œuvre de l'architecte Chrétien Veraart). Ce style
s'inspire de l'architecture de la période romane (XIe-XIIe
siècles).
Bien que le style néogothique soit rapidement devenu le style religieux
dominant, le style néo-roman est resté présent à Bruxelles dans les bâtiments
religieux, éducatifs et institutionnels, souvent en combinaison avec d'autres
styles « néo » dans le cadre de l'éclectisme.
Le style néo-roman se distingue par son architecture massive, sobre et définie
de manière plastique, dans laquelle la construction et la décoration forment
une unité claire. Il se caractérise notamment par l'utilisation d'arcs en plein
cintre pour les fenêtres, des portails et arcades, de lourds piliers et
colonnes à chapiteau simple, des compositions de façade symétriques et fermées,
des tours cylindriques ou des tours occidentales carrées avec un toit en
croupe, de petites baies qui assurent la robustesse des murs et des façades en
pierre naturelle ou en brique, souvent combinées avec des éléments en pierre
blanche, des bandes décoratives en brique ou en mosaïque, rappelant les
traditions romanes lombardes ou rhénanes.
Ce style évoque un sentiment de solidité, de tranquillité et de concentration
spirituelle, ce qui le rendait particulièrement adapté à l'architecture
religieuse et aux institutions à vocation morale ou éducative.
À Bruxelles, le style néo-roman doit être compris dans le cadre idéologique
plus large du renouveau catholique du XIXe siècle. Au lendemain de
l'indépendance de la Belgique (1830), on assiste à un regain d'intérêt pour le
patrimoine chrétien du Moyen Âge, considéré comme une source de stabilité
morale et de continuité nationale.
Le style néo-roman était vu comme une architecture originale et sobre,
exprimant une spiritualité authentique, contrairement au style gothique plus
émotionnel..
En outre, ce style a également été utilisé dans des contextes éclectiques,
notamment les écoles, les casernes, les hôpitaux et les monastères. Il y fait
référence à la discipline, l'ordre et la simplicité, qui correspondaient bien
aux valeurs de la société bourgeoise du XIXe siècle. et Art DécoPériode : 1920-1940
Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et
s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il
tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels
modernes, tenue à Paris en 1925.
Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes
et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé
pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation.
Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les
traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts
précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs
végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période
coloniale sur l’architecture bruxelloise.
L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement
traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de
couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la
plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants,
caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs
dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle.
Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les
éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage
de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les
toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé).
En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés
(séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au
centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le
contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de
bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés
comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés
sont prisés.
À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux
exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe
(hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à
appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924
sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le
mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au
point de devenir une architecture courante.
Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant
de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture
navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot)., architecte Willy Van Hove, 1947-1952. Elle remplace une église provisoire de 1905.

Historique
En 1905, l'abbé Henri Heyters, vicaire de Saint-Servais, est chargé par l'Archevêché de Malines de la création d'une nouvelle paroisse à Schaerbeek. Cette même année, à l'emplacement de l'actuel édifice, est érigée une église provisoire sur les plans des architectes Struyven et Dankelman. D'inspiration néogothiqueLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après 1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale. Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de l'Europe médiévale. Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils. Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles, l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère expressif de la construction. Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la Flandre vers Bruxelles. Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette). À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux, mobilier, ferronnerie)., elle est dédiée à sainte Thérèse d'Avila et à sainte Alice de Schaerbeek, moniale cistercienne décédée de la lèpre le 11.06.1250 à l'abbaye de la Cambre. Bienheureuse, celle-ci est canonisée à cette occasion. Par l'arrêté royal du 17.06.1907, le bâtiment devient une église paroissiale baptisée Saintes-Thérèse et Alice. En 1932, sous l'effet d'une urbanisation et d'une population croissantes, un lieu de culte est édifié avenue Rogier, dédié à la seule sainte Thérèse (voir avenue Rogier no350a). En 1946, l'abbé Paul Vandermeulen est chargé de construire une église définitive avenue Dailly. Un premier projet, conçu cette année-là par l'architecte Willy Van Hove, est introduit en 1948. Il est cependant refusé par la Commission royale des Monuments et des Sites, ainsi que par l'Archevêché. Un deuxième projet suit en 1951, refusé également. C'est en 1952 que le projet définitif, toujours de Van Hove, est accepté par les autorités (Ministère de la Justice, Commission royale des Monuments et des Sites, Archevêché, Province de Brabant, Commune de Schaerbeek). Après la démolition de la maison portant le no136, la première pierre est posée par le cardinal Van Roey le 13.06.1953. L'église est consacrée le 30.09.1954 par le cardinal Suenens.

Description
Église de type basilical, à nef flanquée de deux étroits bas-côtés, sous toiture en bâtièreToit à deux versants., et chœur à chevet de plan semi-circulaire, flanqué de deux petits autels. Chœur longé à l'arrière par un promenoir et flanqué à gauche par la sacristie, surmontée d'une salle de catéchisme.
Extérieur
Façade monumentale, recouverte de dalles de pierre bleue. Implantée en léger biais par rapport à l'alignement de l'avenue, elle présente une ordonnance symétrique, composée de trois corps sous toit plat disposés en gradins. Corps latéraux seulement ajourés, à leur base et en leur sommet, de deux registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. de trois fenêtres jumellesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., encadrement saillant et appuiAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. taluté. Implanté en retrait et précédé d'un emmarchement, corps central à couronnement axial formant tour carrée. Il est rythmé par huit pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. colossauxUn pilastre, une colonne ou un autre support est dit colossal lorsqu’il s’élève sur plusieurs niveaux ou sur la plus grande partie de la hauteur du bâtiment. divisant une vaste fenêtre à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. et épaisse traverseÉlément horizontal divisant une baie ou pièce horizontale d'une menuiserie. correspondant au jubé. Rez-de-chaussée percé de trois portes de bois largement ajourées, entre des piliersSupport vertical de plan carré. portant un épais auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. plat. Sommée d'une croix de béton, tour percée de trois baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. jumellesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. et abat-sons. Rampe d'accès aménagée en 1990. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques conservés au premier niveau.

Intérieur
Murs en briques jaunes accompagnées de pierre blanche reconstituée. Sol recouvert de tommettes. Nef de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. marquées par des arcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol., sous voûte en berceau faite de briques creuses armées suspendues à une charpente métallique. Fenêtres-hautes à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., quatre meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. et appuiAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. taluté. Étroits bas-côtés de faible hauteur, sous toit plat, abritant quatre confessionnaux en travertin d'inspiration Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot).. Surplombant la première travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., vaste tribune sur piliersSupport vertical de plan carré., elle-même partiellement couverte par un jubé. Tous deux sont dotés d'un parapetUn parapet en maçonnerie est un muret servant de garde-corps. à décor de carrés sur pointe enchâssés. PorchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. d'entrée bordé à gauche d'un oratoire et à droite d'un baptistère à sol recouvert de mosaïque verte et cuve massive de pierre bleue en cône inversé, rehaussée de mosaïques. Chemin de croix en cuivre repoussé par M. Lejeune (1955). Orgue de style moderne par Aloys Thunus (1958).
Chœur percé de fenêtres à deux meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. similaires à celles de la nef. Dans l'axe, arcadeStructure métallique suspendue aux câbles de traction portant la cabine ou le contrepoids. aveugleUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. ornée d'une croix monumentale. Sol en marbre noir de Mazy. Autels de même matériau, profilés en trapèze.


Historique
En 1905, l'abbé Henri Heyters, vicaire de Saint-Servais, est chargé par l'Archevêché de Malines de la création d'une nouvelle paroisse à Schaerbeek. Cette même année, à l'emplacement de l'actuel édifice, est érigée une église provisoire sur les plans des architectes Struyven et Dankelman. D'inspiration néogothiqueLe style néogothique à Bruxelles constitue un chapitre essentiel de l'histoire de l'éclectisme belge et du renouveau catholique après 1830. Ce style reprend et réinterprète les formes, les principes de construction et la symbolique du gothique médiéval, acquérant à Bruxelles une dimension à la fois religieuse, idéologique et nationale. Le néogothique est apparu en Belgique dans le contexte du nationalisme romantique et de la restauration de l'architecture religieuse, inspiré par des exemples anglais (Pugin, Ruskin) et français (Viollet-le-Duc). À Bruxelles, ce style a trouvé un terrain fertile grâce à la collaboration entre l'Église catholique, les administrations publiques et des architectes influents qui considéraient le gothique comme le véritable style architectural chrétien de l'Europe médiévale. Entre 1830 et 1914, le néogothique bruxellois est passé d'un style de restauration à un courant créatif à part entière, appliqué aux églises, aux écoles, aux monastères et même aux bâtiments civils. Le néogothique bruxellois reprend les principes structurels et esthétiques du gothique original, mais les traduit avec les moyens et les matériaux du XIXe siècle. Ses caractéristiques sont le verticalisme avec une forte dynamique ascendante, les arcs brisés, voûtes sur croisée d'ogives et pinacles, l'utilisation de la pierre naturelle et de la brique, parfois combinées en des motifs polychromes, les remplages richement travaillés, l'application de programmes iconographiques (sculptures, vitraux) à caractère religieux ou symbolique, l'accent étant mis sur les détails artisanaux et le caractère expressif de la construction. Par ailleurs, de nombreux intérieurs, autels, vitraux et meubles de style néogothique ont été conçus par des artistes et des ateliers tels que celui de Jean-Baptiste Bethune, qui a contribué à la diffusion de ce style depuis la Flandre vers Bruxelles. Le néogothique à Bruxelles comprend différentes variantes : une phase initiale d'inspiration romantique, une orientation scientifique et constructive sous l'influence de Viollet-le-Duc (par exemple la Maison du Roi, l'église Notre-Dame du Sablon), parallèlement à un style créatif (par exemple l'église Saint-Boniface), et une phase éclectique tardive dans laquelle les motifs gothiques sont combinés avec des éléments néo-romans ou néo-Renaissance (par exemple le couvent des Rédemptoristes et l'église Sainte-Madeleine, à Jette). À Bruxelles, le style néogothique ne représente pas seulement un renouveau historique, mais aussi un programme culturel qui a contribué à façonner l'identité de la capitale. Il a influencé la morphologie urbaine, le langage visuel de l'architecture religieuse et même les arts décoratifs (vitraux, mobilier, ferronnerie)., elle est dédiée à sainte Thérèse d'Avila et à sainte Alice de Schaerbeek, moniale cistercienne décédée de la lèpre le 11.06.1250 à l'abbaye de la Cambre. Bienheureuse, celle-ci est canonisée à cette occasion. Par l'arrêté royal du 17.06.1907, le bâtiment devient une église paroissiale baptisée Saintes-Thérèse et Alice. En 1932, sous l'effet d'une urbanisation et d'une population croissantes, un lieu de culte est édifié avenue Rogier, dédié à la seule sainte Thérèse (voir avenue Rogier no350a). En 1946, l'abbé Paul Vandermeulen est chargé de construire une église définitive avenue Dailly. Un premier projet, conçu cette année-là par l'architecte Willy Van Hove, est introduit en 1948. Il est cependant refusé par la Commission royale des Monuments et des Sites, ainsi que par l'Archevêché. Un deuxième projet suit en 1951, refusé également. C'est en 1952 que le projet définitif, toujours de Van Hove, est accepté par les autorités (Ministère de la Justice, Commission royale des Monuments et des Sites, Archevêché, Province de Brabant, Commune de Schaerbeek). Après la démolition de la maison portant le no136, la première pierre est posée par le cardinal Van Roey le 13.06.1953. L'église est consacrée le 30.09.1954 par le cardinal Suenens.

Description
Église de type basilical, à nef flanquée de deux étroits bas-côtés, sous toiture en bâtièreToit à deux versants., et chœur à chevet de plan semi-circulaire, flanqué de deux petits autels. Chœur longé à l'arrière par un promenoir et flanqué à gauche par la sacristie, surmontée d'une salle de catéchisme.
Extérieur
Façade monumentale, recouverte de dalles de pierre bleue. Implantée en léger biais par rapport à l'alignement de l'avenue, elle présente une ordonnance symétrique, composée de trois corps sous toit plat disposés en gradins. Corps latéraux seulement ajourés, à leur base et en leur sommet, de deux registresAlignement horizontal de baies sur un pignon. de trois fenêtres jumellesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., encadrement saillant et appuiAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. taluté. Implanté en retrait et précédé d'un emmarchement, corps central à couronnement axial formant tour carrée. Il est rythmé par huit pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. colossauxUn pilastre, une colonne ou un autre support est dit colossal lorsqu’il s’élève sur plusieurs niveaux ou sur la plus grande partie de la hauteur du bâtiment. divisant une vaste fenêtre à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. et épaisse traverseÉlément horizontal divisant une baie ou pièce horizontale d'une menuiserie. correspondant au jubé. Rez-de-chaussée percé de trois portes de bois largement ajourées, entre des piliersSupport vertical de plan carré. portant un épais auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine. plat. Sommée d'une croix de béton, tour percée de trois baiesOuverture, d'ordinaire une porte ou une fenêtre, ménagée dans un pan de mur, ainsi que son encadrement. jumellesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle. et abat-sons. Rampe d'accès aménagée en 1990. ChâssisPartie en menuiserie d'une fenêtre. métalliques conservés au premier niveau.

Intérieur
Murs en briques jaunes accompagnées de pierre blanche reconstituée. Sol recouvert de tommettes. Nef de trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. marquées par des arcadesBaie aveugle ou non, coiffée d'un arc, souvent en répétition et allant jusqu’au sol., sous voûte en berceau faite de briques creuses armées suspendues à une charpente métallique. Fenêtres-hautes à arcStructure appareillée de couvrement, cintrée selon un profil donné. en plein cintreUn élément est dit en plein cintre lorsqu’il est cintré en demi-cercle., quatre meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. et appuiAppui de fenêtre. Élément d’ordinaire en pierre, limitant une baie vers le bas. taluté. Étroits bas-côtés de faible hauteur, sous toit plat, abritant quatre confessionnaux en travertin d'inspiration Art DécoPériode : 1920-1940 Le style Art Déco émerge au lendemain de la Première Guerre mondiale et s’inscrit dans le prolongement de la tendance géométrique de l’Art nouveau. Il tire son nom de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, tenue à Paris en 1925. Ses principales caractéristiques se traduisent par la géométrisation des lignes et des volumes, la sobriété et la symétrie tout en conservant un goût prononcé pour l’ornementation dont les formes tendent, elles aussi, à une géométrisation. Les sources d’inspiration de cette ornementation sont puisées dans les traditions artistiques exotiques ou anciennes (Orient, Afrique, arts précolombiens, égyptien, antiquité gréco-romaine). L’intégration de motifs végétaux d’inspiration africaine illustre l’impact stylistique de la période coloniale sur l’architecture bruxelloise. L’Art Déco manifeste un grand intérêt pour les matériaux de parement traditionnels (brique et enduit) disparates qui offrent une diversité de couleur ou de textures. Il marque une prédilection pour le béton armé dont la plasticité permet de réaliser des formes sculpturales et des volumes imposants, caractéristiques de ce style, et de concevoir de vastes espaces intérieurs dégagés, idéaux pour les halls d’entrée monumentaux et les salles de spectacle. Le goût pour la couleur s’exprime aussi parfois dans les châssis ou les éléments métalliques. C’est une architecture qui privilégie également l’usage de grandes baies vitrées (prenant parfois la forme de bow-windows) et les toitures plates (comprenant parfois un dôme stylisé). En plan, les espaces intérieurs des habitations sont davantage différenciés (séjour, salle à manger, chambres) tandis que l’escalier se déplace parfois au centre ou l’avant de l’habitation de manière à libérer la façade arrière et le contact avec le jardin. De nouveaux lieux de confort sont intégrés (salle de bain, WC, cuisine, dispositif d’entrée fonctionnel). Les matériaux raffinés comme le marbre, la marbrite, le granito, les mosaïques, les verres colorés sont prisés. À Bruxelles comme ailleurs, l’esthétique Art Déco s’adapte parfaitement aux exigences de décorum et de confort des bâtiments dédiés aux loisirs et au luxe (hôtels, cinémas, grands magasins, théâtres) ainsi qu’à celles des immeubles à appartements de haut standing, dont la construction stimulée par la loi de 1924 sur la copropriété s’inspire des modèles parisiens. Si dans un premier temps le mouvement repose sur l’élitisme, il devient rapidement un succès populaire, au point de devenir une architecture courante. Dans les années 1930, l’Art Déco évolue en intégrant de manière décorative des éléments du modernisme et notamment de l’architecture navale (mâts de pavillon, hublots, formes aérodynamiques) (voir style paquebot).. Surplombant la première travée1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade., vaste tribune sur piliersSupport vertical de plan carré., elle-même partiellement couverte par un jubé. Tous deux sont dotés d'un parapetUn parapet en maçonnerie est un muret servant de garde-corps. à décor de carrés sur pointe enchâssés. PorchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. d'entrée bordé à gauche d'un oratoire et à droite d'un baptistère à sol recouvert de mosaïque verte et cuve massive de pierre bleue en cône inversé, rehaussée de mosaïques. Chemin de croix en cuivre repoussé par M. Lejeune (1955). Orgue de style moderne par Aloys Thunus (1958).
Chœur percé de fenêtres à deux meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. similaires à celles de la nef. Dans l'axe, arcadeStructure métallique suspendue aux câbles de traction portant la cabine ou le contrepoids. aveugleUn élément est dit aveugle lorsqu’il est dénué d’ouverture. Une baie aveugle est un élément construit sans ouverture, imitant une porte ou une fenêtre. ornée d'une croix monumentale. Sol en marbre noir de Mazy. Autels de même matériau, profilés en trapèze.

Sources
Archives
ACS/Urb. 61-136-142.
Ouvrages
COEKELBERGHS, D., Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique, Province de Brabant, Canton de Schaerbeek I-II-III, Ministère de la Culture française, Institut royal du Patrimoine artistique, Bruxelles, 1979, pp.12-13.
Église et paroisse Sainte-Alice 1954 Schaerbeek, Éditions Charitas, Schaerbeek, 1954.
Périodiques
VAN DEN HAUTE, R., «Sainte-Alice de Schaerbeek», Scarenbeka, mars 1999, pp. 20-21.
Presse
«La consécration de la nouvelle église Ste-Alice avenue Dailly», Journal de Schaerbeek, 15.10.1954.
Sites internet
Orgues en Région de Bruxelles-Capitale, Orgue moderne de tribune (Thunus, 1958)
ACS/Urb. 61-136-142.
Ouvrages
COEKELBERGHS, D., Répertoire photographique du mobilier des sanctuaires de Belgique, Province de Brabant, Canton de Schaerbeek I-II-III, Ministère de la Culture française, Institut royal du Patrimoine artistique, Bruxelles, 1979, pp.12-13.
Église et paroisse Sainte-Alice 1954 Schaerbeek, Éditions Charitas, Schaerbeek, 1954.
Périodiques
VAN DEN HAUTE, R., «Sainte-Alice de Schaerbeek», Scarenbeka, mars 1999, pp. 20-21.
Presse
«La consécration de la nouvelle église Ste-Alice avenue Dailly», Journal de Schaerbeek, 15.10.1954.
Sites internet
Orgues en Région de Bruxelles-Capitale, Orgue moderne de tribune (Thunus, 1958)
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