De la r. Potagère au croisement des r. Van Bemmel, de la Commune et Saint-Josse, cette rue légèrement courbe suit le tracé d'un anc. chemin qui, partant des remparts de Bruxelles au niveau de l'act. av. de l'Astronomie, ainsi qu'on le voit sur la carte de Deventer (v. 1560), rejoignait la ch. de Louvain après avoir franchi le Maelbeek à hauteur de l'act. pl. Houwaert. C'est une partie de ce chemin, connu dans les années 1830-1840 sous le nom de chemin puis de r. de la Procession, qui devint en 1851 la r. Saint-Alphonse. Jusqu'au déb. des années 1860, celle-ci incluait le tronçon de l'act. r. de la Commune allant jusqu'à la pl. Houwaert. Longtemps la proximité du Maelbeek ralentit le développement urbanistique du bas de la rue.

V. 1860, elle était entièrement bâtie à l'exception de ses extrémités. Bordée d'habitations de tradition néoclassique, élevées pour la plupart au cours du 2e qu. du XIXe siècle. De gabarit modeste, leurs façades enduites sur plinthe de pierre bleue étaient divisées par des cordons et percées d'ouvertures soit rect., soit bombées, celles des r.d.ch. parfois munies de contrevents, celles des étages agrémentées de barres d'appui. Les nos 1 à 5, 19, 40 à 44 et 47 à 53, conservent leur aspect d'origine ; les nos 38, 43, 45, 54 sont recouverts de briquettes, les nos 35 et 39 (1837) recimentés ; no 34 avec r.d.ch. modifié, baies rect. à encadrement mouluré et clef ouvragée aux étages. Certaines façades témoignent d'une influence Empire par la présence de baies cintrées au bel étage. no 41 réaménagé en 1966 et no 54 couvert d'un parement de briquettes.

Parmi les constructions les plus anc., notons aux nos 28-30, un ensemble de deux habitations jumelées (1839), présentant au total quatre travées, les travées axiales en ressaut et aveugles aux étages avec, à l'origine, des arcs cintrés au bel étage. Aux nos 21 et 23, à l'origine, immeuble d'esprit Empire érigé en 1834, constitué de deux habitations jumelées, offrant l'aspect, comme les nos 28-30, d'une bâtisse en double corps de cinq travées avec travée axiale commune occupée, au r.d.ch. par une double porte à montant médian surmonté d'un élément d'entablement, au bel étage par une serlienne devancée d'un garde-corps. Jadis, divisions marquées par les cordons et l'alignement des baies cintrées avec montants à impostes prolongées au bel étage, act. profondément appauvries par un parement de briquettes. Cet ensemble exhaussé en 1886 a été partiellement transformé et désolidarisé en 1932.

Parmi les constructions plus récentes : au no 7, maison éclectique bâtie en 1909, de deux travées et deux niveaux sur cave haute et sous toiture mansardée percée d'une lucarne à fronton et d'un œil-de-bœuf. Sur la façade du no 39 est apposée une plaque commémorative « A Benoît Rolliers. Major de l'Armée belge. Né à Saint-Nicolas en 1798. Mort en cette maison le 10 décembre 1877. Le 2 février 1831, Rolliers, alors sous-lieutenant aux sapeurs-pompiers de Gand, arrêta par son courage et son sang-froid, une conspiration à main armée contre l'indépendance nationale ». Au no 43, vitrail d'imposte à motif de perroquet dans un décor végétal (fig. 178). Aux nos 55-57, présence en 1882 du commerce « Au Chat, drogueries, produits chimiques et épiceries fines ».
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
AGR 1369, 1376 ; ACSJ/Urb. / TP Autorisation 26 juillet 1834, 41 (1837), 38 (1839), 51 (1863), 35 (1864), 2632 (1882), 3258 (1886), 3716 (1889), 7827 (1909), 11937 (1932), 16249 (1970).