Artère parallèle à l'av. Fonsny et la r. Bara, la r. de France est créée dans les années 1860. À l'origine, la rue prenait son départ r. de Prusse (actuellement r. de l'Argonne). Elle suivait une ligne droite, parallèle aux voies de chemin de fer, jusqu'à hauteur de l'actuel no 40, où elle bifurquait vers le sud, pour border la Senne qui coulait anc. à ciel ouvert.

 

Il ne reste aujourd'hui plus aucune trace du 1er bâti de la rue. Celui-ci se composait de l'anc. gare, construite entre 1864 et 1869, ainsi que des maisons néoclassiques lui faisant face, érigées dans les années 1870 et 1880. La plupart de celles-ci présentaient des bâtiments arrière qui donnaient sur les berges de la rivière. L'activité économique de la rue était liée au transport ou au commerce. Deux brasseries y étaient implantées dans la seconde moitié du XIXe s. Notons qu'au no 43-45 se trouvait un hôtel de maître néoclassique dessiné par l'arch. Janlet en 1877. Il comprenait un bâtiment arrière transformé en chapelle en 1951 par l'arch. Camille Damman pour les « Frères Mineurs Franciscains ».

 

Le quartier est remodelé dans le cadre de la construction, entre 1939 et 1954, de la nouvelle gare et de la jonction Nord-Midi (voir av. Fonsny 47, 48, 49). En 1955, le second voûtement de la Senne est inauguré. Celle-ci ne passe désormais plus par le centre de la ville mais le contourne en coulant sous les boulevards extérieurs. La partie de la Senne formant la limite naturelle entre les communes d'Anderlecht et de Saint-Gilles est déplacée et canalisée en sous-sol. Suite à l'assèchement de l'ancien lit de la Senne, la bifurcation de la r. de France qui bordait la rivière est supprimée. La rue est prolongée en ligne droite jusqu'à la r. des Vétérinaires. Avec cette bifurcation disparaît également le bâti qui la bordait, dont le Nieuwmolen, un moulin à eau dressé au bord de la Senne, cité dès 1262.

Le Nieuwmolen avant 1910 (Collection cartes postales Dexia Banque).

Le pertuis dans lequel coule aujourd'hui la Senne débute à hauteur de la r. des Vétérinaires et passe sous la r. de France. Pl. Victor Horta, la Senne bifurque, suivant l'av. Paul-Henri Spaak, jusqu'à la pl. Bara. Elle continue ensuite sur Anderlecht.

 

Le quartier de la r. de France est soumis à un plan particulier d'aménagement (PPA) approuvé par l'AR du 26.11.1964. Celui-ci prévoyait de nouvelles affectations et imposait la construction d'immeubles à toit plat d'une hauteur déterminée pour chacun des fronts de rue du quartier. Certaines parties du PPA ont été concrétisées. Un immeuble de bureaux a ainsi été bâti pour la SNCB, à l'angle de la r. de l'Instruction (voir nos 85-85a, 87 et r. de l'Instruction 157), à l'emplacement de terrains avec bâtiments industriels expropriés par le PPA. Le bâti de l'av. Paul-Henri Spaak culmine par ailleurs à une hauteur constante de 26 m, comme le prévoyait également le plan.

 

Ce PPA a fait l'objet de multiples révisions. L'AR du 05.08.1991 décrète l'expropriation de tous les bâtiments implantés face à la gare, en vue d'y installer un terminal pour TGV. Un plan particulier d'affectation du sol (PPAS) « Quartier de la r. de France », approuvé par l'arrêté du Gouvernement du 14.09.1995, revoit à nouveau le quartier. La r. de France est supprimée derrière la gare. Sur l'emplacement de l'assiette de la voirie est érigée, en 2002-2003, une importante extension de la gare servant de terminal au TGV. Une place neuve baptisée Victor Horta est implantée à l'emplacement des anciennes maisons de la r. de France, face à l'extension de la gare. Par ailleurs, l'ancien îlot faisant face à la gare est divisé en deux par une nouvelle rue tracée de biais, la r. Ernest Blérot.

 

Nos ne figurant en notice : 40 : immeuble en béton, bâti probablement dans les années 1980 ; 52 à 58 : vaste immeuble de bureaux appartenant à la SNCB, servant de centre d'avitaillement du TGV, occupant l'angle de la r. des Vétérinaires. Le bâtiment se compose, à g., des locaux de l'usine Salik au no 52-54 (arch. Jules Weill, 1964), rénovés, modifiés et agrandis d'une vaste aile en 2001 (bureau d'arch. GEAU).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACSG/Urb. 43-45 : 4379 (1877), 64 (1951).
Collection cartes postales Dexia Banque ;
IRPA, 60543B.

Ouvrages
DUBREUCQ, J., Bruxelles 1000, une histoire capitale : 8 sections anciennes de Bruxelles en 9 volumes, Bruxelles, 1996-2000, pp. 8, 40-45, 50, 52.
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Saint-Gilles, 1980-1982, AAM, Bruxelles, fiche 3.
PASTORET, P.P., MEES, G., MAMMERICKX, M. (dir.), De l'art à la science ou 150 ans de médecine vétérinaire à Cureghem, Edition des Annales de médecine vétérinaire, Bruxelles, 1986.
La vie économique à Saint-Gilles, des origines à demain, Syndicat d'initiative, Saint-Gilles, 1993, pp. 109-128.

Périodiques
DONS, R., « Commentaire de la carte toponymique de Saint-Gilles-Bruxelles (1262-circa 1860) », Le Folklore brabançon, 252, 1986, pp. 351-353.

Archives
nos ne figurant pas en notice :
ACSG/Urb. 52-54 : 17 (1964), 135 (1994) ; 56-58 : – (2001).