Cette longue artère rectiligne relie la Barrière de Saint-Gilles à la place de Rochefort. Elle se compose de deux voies carrossables de part et d’autre et d’une berme centrale plantée d’arbres et flanquée de voies de tram. Sa largeur augmente à hauteur du croisement avec la rue de la Perche. Les nos1 à 89 et 2 à 118 se trouvent sur le territoire de Saint-Gilles et les nos91 à 159 et 118A à 164 sur celui de Forest.

Sa dénomination fait référence au parc de Forest situé non loin de là.

Le tracé de l’avenue – qui passe à travers les terrains d’un ancien cimetière dont l’usage est suspendu en 1877 - est défini en 1875 dans le cadre du Projet du Parc du Midi et le quartier à Villas de l’architecte-urbaniste Victor Besme, ratifié par l’arrêté royal du 15.03.1876. Ce projet porte sur la création d’un nouveau quartier comprenant le parc public de Saint-Gilles–°Forest, les rues environnantes et l’axe menant à la gare du Midi (voir aussi parc de Forest). L’avenue est aménagée selon le plan d’alignement du 07.11.1898 et en 1912, l’arrêté royal du 20.05 consent à ce que son dernier tronçon s’inscrivant sur le territoire de Forest soit prolongé afin d’améliorer la liaison entre Saint-Gilles et Forest et ce, même si pour ce faire l’avenue Clémentine doit être écourtée.

La partie sur Saint-Gilles est principalement construite entre 1902 et 1928. Côté pair, un ensemble homogène de maisons bourgeoises 
bâties entre 1904 et 1909 s'aligne sans interruption sur des parcelles égales. La plupart des maisons sont remarquablement conservées. Le style éclectique à façade polychrome domine. Certaines constructions sont de schéma asymétrique comme aux nos 11 et 13, maisons jumelles de 1902 à rez-de-chaussée commercial, 26 (1906), avec beaux vitraux colorés en imposte, 33 (1905, architecte Kneipe), 36 (1910), 54 (1907), à frise ornée de tables à carreaux de ciment, 56 (1906), 70 (1908), avec vitraux en baie d'imposte, 78 (1908, architecte William Defontaine). D'autres sont de composition symétrique, comme aux nos 58 et 60, un ensemble de deux maisons analogues de 1907. Certaines maisons, plus simples, la plupart situées du côté de la Barrière, perpétuent la tradition néoclassique et présentent des façades enduites à faux-joints, comme aux nos 6 et 8 (1904, architecte Hubert De Kock), 7-9, immeuble à l'angle de la rue de la Perche de 1906, 10 et 12, maisons jumelles de 1904 à rez-de-chaussée commercial, 15 (1903), exhaussé d'un étage en 1927, 17 (1903), 37 (1904) et 68 (1907).

Sur la partie de Forest qui coïncide avec le dernier îlot, le bâtiment le plus ancien remonte à 1914. Il s’agit de la maison de rapport à rez-de-chaussée commercial de style éclectique située au no135-137. La plupart des autres maisons datent des années 1924-1936 ou est de quelques années postérieur au bâti situé sur le territoire de Saint-Gilles. Du côté impair, il consiste en des maisons de rapport principalement de style éclectique (tardif) comme le no151 de 1931, parfois teinté d’éléments de style Beaux-Arts, comme le no131 de l’architecte Lucas François, 1924. Le no115 de l’architecte André Watteyne est une remarquable maison unifamiliale de style Art Déco avec un cabinet médical aux deux rez-de-chaussée (voir no115). Le bâti compte aussi trois maisons de style moderniste: le no119 de 1936, le no149 de l’architecte Paul Le Bon de 1934 et le no153-155 des architectes Fernand et Maxime Brunfaut, 1933.

Le bâti du côté pair du dernier îlot de l’avenue du Parc s’inscrit dans la même veine architecturale que celui situé dans le triangle formé par les avenues des Villas, Clémentine et du Parc. Autrement dit, il se compose de prestigieuses villas jumelées, doublées de grands jardins entourés d’une haie ou d’une clôture. Pour ne pas entraver la vue panoramique que l’on a du parc de Saint-Gilles sur Bruxelles, les nouveaux propriétaires ont l’interdiction de bâtir sur ces terrains, tous mis en vente par la Société Anonyme du parc de Saint-Gilles, des résidences de plus de deux étages. Ces maisons se distinguent par leur langage architectural Art Déco ou moderniste plus riche, comme les nos138, 140 de l’architecte Louis Cardon (1928) et le no132 de l’architecte Edouard Scutenaire (1933) qui plus tard feront l’objet de transformations. À l’origine, la villa sise au no156 de l’architecte Pierre De Gieter se composait de grands éléments enduits cernés de briques et d’une serre à droite du bâtiment. Les deux dernières parcelles (nos158 et 164) sont traversantes (voir avenue des Villas nos111 et 117).

Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACSG/Urb. 6 : 52 (1904) ; 7-9 : 298 (1906) ; 8 : 96 (1904) ; 10, 12 : 260 (1904) ; 11, 13 : 279 (1902) ; 14 : 66 (1905) ; 15 : 148 (1903), 474 (1927) ; 17 : 190 (1903) ; 26 : (1906) ; 33 : 95 (1905) ; 36 : 166 (1910) ; 37 : 64 (1904) ; 47 : 209 (1904) ; 51 : 268 (1926) ; 54 : 63 (1907) ; 56 : 31 (1906) ; 58 : 24 (1907) ; 60 : 25 (1907) ; 68 : 70 (1907) ; 70 : 205 (1908) ; 78 : 336 (1908).
ACF/TP dossier 49, arrêté royal du 15.03.1876.
ACF/TP dossier 44, arrêté royal du 20.05.1912.
ACF/TP 145 (fonds non classé).
ACF/Urb. 119: 13061 (1936, 22618 (2000); 131: 8358 (1924), 16155 (1953), 17784 (1960), 21622 (1994); 132: 11822 (1933), 14270 (1942), 18935 (1966), 19079 (1967), 22002 (1996), 22102 (1997), 135-137: 6619 (1914); 138-140: 9940 (1928), 21630 (1994); 149: 12339 (1934), 16199 (1953); 151 11506 (1931); 153-155: 12072 (1933), 20242 (1978), 23287 (2004); 156: 9745 (1928), 18558 (1964); 157-159: 11884 (1932).

Ouvrages
CABUY, Y., DEMETER, S., LEUXE, F., Atlas du sous-sol archéologique de la région de Bruxelles, 4, Forest, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale et Musées royaux d’art et d’histoire, Bruxelles, 1993. 
Ensembles urbains et architecturaux à Saint-Gilles, Service des Monuments et Sites - Commune de Saint-Gilles, s.l., 1999, p. 20.
FRANCIS, J., La chanson des rues de Forest, Louis Musin éditeur, Bruxelles, 1976, p.41.
PIRLOT, A.-M., Le quartier de l’Altitude Cent, SPRB, Bruxelles, 2014 (Bruxelles, Ville d’Art et d’Histoire, 53), pp.14-15.
Saint-Gilles. Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU asbl, Bruxelles, 1988, p. 58.