Cette artère en pente relie le carrefour formé par l'avenue de la Toison d'Or et la rue Capitaine Crespel à la rue du Prince Royal. Elle croise à peu près en son milieu la rue de Stassart.

Le début de la rue fut tracé par Dethier, propriétaire, puis rectifié et relié à la rue du Prince Royal suivant l'arrêté royal du 28.05.1846. Son nom est probablement à mettre en relation avec la rue aux Laines, toute proche (voir Inventaire du Pentagone).

Rue des Drapiers 8 et 10, élévations, architecte Henri Beyaert, ACI/Urb. 102-8-10 (1868).
La physionomie de la rue est largement déterminée par des façades néoclassiques datant des années 1860-1870. Le début de l'artère est défiguré par un terrain vague pris entre les nos1 à 19 rue des Chevaliers, nos24A à 29 avenue de la Toison d'Or et nos2 à 10 rue des Drapiers. Cette moitié d'îlot fut démolie en 2002 en vue de la construction de Heron Plaza. Quelques maisons intéressantes ont ainsi disparu, comme celle formant l'angle avec l'avenue de la Toison d'Or (n°29) et la rue des Drapiers (n°2), hôtel de maître néoclassique de Victor Van Hoegaerden, gouverneur la Banque nationale de Belgique, curieusement transformé et agrandi par le paysagiste Édouard Keilig en 1885. Plus loin, au n°4-6, se trouvaient l'habitation et le cabinet du vétérinaire pour chevaux Douterluigne, devenu en 1897 la Carrosserie VandenPlas. Aux nos8 et 10, prenaient place deux maisons néoclassiques identiques conçues pour Douterluigne par l'architecte Henri Beyaert, 1868.

Rue des Drapiers 6, plan du cabinet de vétérinaire pour chevaux, ACI/Urb. 102-4-6 (1897).

Le côté impair a conservé, malgré de nombreuses transformations, sa physionomie néoclassique. Citons les anciens bureaux de la firme S.C. La Construction Métallique, devenue Fabrimetal (n°17-19-21-21C), qui conserve leur façade bien que simplifiée (entablements du premier étage disparus) et leur aile à l'arrière (architectes Y. Blomme & G. Ricquez, 1948).
Le côté pair possède également, dans ce premier tronçon, une enfilade de maisons néoclassiques parmi lesquelles le n°28 (1862), légèrement transformé et habité par le peintre autrichien Otto von Thoren. On trouve d'autres maisons modifiées, comme le n°41, un hôtel de maître de 1874, au rez-de-chaussée complètement revu, le n°43, une ancienne maison bourgeoise néoclassique, modernisée pour Eugène Flagey suivant une ligne Art Déco sobre, par l'architecte anversois De Grauwe en 1928, ou comme l'enfilade de maisons néoclassiques allant du n°44 au n°62 qui ont perdu tout ou en partie leur caractère original.
Le côté impair s'achève à l'angle de la rue du Prince Royal par une maison de rapport néoclassique de 1865, qui forme un ensemble de maisons très transformées avec les nos73 et 75 rue du Prince Royal.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP 102.
ACI/Urb. 2: 102-2, 286-29; 4-6: 102-4-6; 8, 10: 102-8-10; 17-19-21-21C: 102-17-23, 102-19a-23; 28: 102-28; 41: 102-41; 43: 102-43; 44: 102-44; 46: 102-46; 48: 102-48; 50: 102-50; 52: 102-52; 54: 102-54; 56: 102-56; 59: 102-59-61; 60: 102-60; 62: 102-62.
 
Ouvrages
Inventaire visuel de l'architecture industrielle à Bruxelles. Ixelles, AAM, Bruxelles, 1980-82, fiche 128.