Typologie(s)

loge maçonnique

Intervenant(s)

Fernand BODSONarchitecte1934

Louis VAN HOOVELDarchitecte1934

Statut juridique

Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024

Styles

Modernisme

Inventaire(s)

Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)

Recherches et rédaction

2007-2009

id

Urban : 18810
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Description

Loge maçonnique de style modernisteLe modernisme désigne toute architecture qui témoigne d'une volonté d’innovation par un langage formel épuré. La forme la plus pure, souvent appelée style international, se caractérise par un plan rationnel, des formes géométriques simples, une ossature portante (souvent en béton) avec un toit plat, des cloisons légères et l’usage de matériaux modernes (matériaux industriels comme le béton armé, l’acier, le verre). Bien que peu de bâtiments atteignent la pureté du style international, beaucoup expriment une volonté claire de rationalisation. Les caractéristiques incluent des parements en briques régulières, des volumes sobres et une décoration fortement réduite. Le modernisme va influencer divers courants architecturaux à travers le monde.Modernisme de l’entre-deux-guerresPériode : ca. 1920 – 1940À Bruxelles, le modernisme de l’entre-deux-guerres se distingue parfois difficilement de l’Art Déco (voir style paquebot), surtout à l’époque où débute ce courant : bien que de nouvelles formes architecturales soient expérimentées, on reste encore attaché à l’utilisation ornementale des matériaux traditionnels. Le fil conducteur du modernisme consiste en la sobriété des formes, l’usage de fenêtres en bandeau ou en rectangle couché, et en l’absence de décoration. Les joints horizontaux accentués, les toits plats, les fenêtres à fleur de parement sont autant de caractéristiques de ce style. Modernisme d’après-guerrePériode : ca. 1940 – 1960Lemodernisme d’après-guerre (années 1940-1960) se reconnait au travers de plusieurs éléments caractéristiques : une ordonnance de la façade à l’esthétique sobre (lignes simples, sans ornements), de grandes baies vitrées accentuant la lumière naturelle et l’idée d’ouverture, le choix et la mise en œuvre des matériaux dont la brique apparente, les moellons en pierre naturelle, le métal. C’est une architecture qui intègre dans certains cas des détails subtils comme des jeux de relief dans la brique, des encadrements de baies en pierre et/ou traités en ressauts, des cordons en pierre soulignant les étages, quelque fois un bas-relief décoratif. Les baies sont très souvent traitées en bandeau, certaines étant munies d’un garde-corps ou d’une barre d’appui métallique (design sobre et fonctionnel, sans détails superflus, mettant en avant la praticité). Pour les habitations unifamiliales, la typologie du bel étage est souvent choisie : en effet durant cette période, l’accès à la voiture se démocratise.Modernisme ludique dit aussi style Expo 58Période : ca. 1950 – 1965Baptisé en référence à l’année de sa consécration à l’Exposition universelle de 1958 qui s’est tenue à Bruxelles, le modernisme ludique est une tendance éphémère du modernisme qui se développe vers la fin des années 1950 pour disparaître au début des années 1960. Reflet de l’optimisme ambiant de l’époque, il humanise le fonctionnalisme par l’introduction d’un nouveau répertoire formel qui se décline de la manière suivante : piliers en V, corniches et auvents en casquette, poignées de porte en boomerang, garde-corps en zigzag, motifs étoilés, glasal coloré, claire-voie décorative, ... Il fait la part belle aux lignes obliques, aux formes irrégulières, anguleuses ou sinueuses. Les structures qu’il met en œuvre sont légères (la structure portante est souvent mise en évidence), les couleurs sont souvent vives et contrastées. On privilégie les matériaux modernes comme le béton, le métal et de vastes surfaces vitrées. À Bruxelles, cette tendance connait un franc succès dans les quartiers périphériques urbanisés à la fin des années 1950.Modernisme tardif Période : ca. 1970-1980Durant les années 1970 et 1980, l’architecture résidentielle se nourrit des différentes tendances de l’époque. On retrouve alors dans ce modernisme tardif les principes de base du modernisme (rationalité, volumes simples, peu d’ornementation, organisation fonctionnelle de l’espace) mais également ceux du brutalisme (lisibilité des structures et mise en avant des matériaux bruts). Néanmoins ces principes sont adoucis par des concessions reflétant une volonté de concilier modernité et attentes des classes moyennes, soucieuses de confort et d’intégration dans le tissu urbain existant. Ces réalisations sont dominées par la brique apparente (brute), des jeux de pleins et vides (murs aveugles et surfaces vitrées), des jeux de retraits et ressauts et des volumes cubiques sobres. Certains éléments de contextualisation sont intégrés, comme des toitures inclinées en tuiles dans les quartiers résidentiels. Ces toitures peuvent également faire l’objet de jeux de retraits et ressauts et de pleins et vides. Dans les immeubles à appartements, les façades sont rythmées de larges balcons, à garde-corps métalliques et vitrés (verre fumé), et de modules préfabriqués.Le modernisme tardif bruxellois des années 1970–1980 peut ainsi être vu comme une phase de rationalisation et de diffusion du mouvement moderniste, appliqué à une large gamme de typologies résidentielles. Il témoigne d’une époque où l’architecture se voulait à la fois pratique, économique et moderne, tout en s’ancrant dans une matérialité locale et dans des formes adaptées aux usages domestiques. Peu spectaculaire, parfois jugé austère, ce patrimoine incarne néanmoins une étape essentielle dans l’évolution du paysage urbain bruxellois, marquant la transition entre le modernisme classique d’après-guerre et l’essor du postmodernisme des années 1980., architectes Fernand Bodson et Louis Van Hooveld, 1934.

Bâtie pour l'Association du Droit Humain, une loge mixte et progressiste, sur le terrain devançant l'ancienne école de l'Ermitage – première école fondée par Ovide Decroly (1871-1932) en 1907. En 1984, les Archives de l'Architecture Moderne y ouvrent un centre de consultation. En 1995, elles acquièrent définitivement le bâtiment, avec le soutien de la Communauté française. Celui-ci est transformé en Musée d'Architecture en 2000-2001 par l'architecte Elie Levy, assisté de l'agence Ekla.

L'édifice ne comportait à l'origine qu'un rez-de-chaussée, pourvu d'un toit incliné qui se raccordait à un petit étage en retrait. En 1955, il est rehaussé d'un entresolEntresol ou étage entresolé. Demi-niveau qui surmonte généralement un rez-de-chaussée. et d'un étage, par l'architecte H. Duquesne.

Façade de deux niveaux, traitée en arrondi sur l'angle avec la rue Paul Spaak. SoubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue, le reste de l'élévation en briques ocre, sous forte cornicheCorniche. Élément de couronnement d’un entablement, d’une élévation ou d’un élément d’élévation comme une baie ou une lucarne. La corniche se compose de moulures en surplomb les unes par rapport aux autres. La cimaise est la moulure supérieure de la corniche, située au-dessus du larmier. débordante, ponctuée d'un large cordonCorps de moulure horizontal, à rôle purement décoratif, situé sur une partie quelconque d’une composition. de pierre blanche séparant le rez-de-chaussée et l'entresolEntresol ou étage entresolé. Demi-niveau qui surmonte généralement un rez-de-chaussée.. Au rez-de-chaussée, porchePorche. Hall d’entrée en avant-corps d’un bâtiment ou espace couvert devançant une porte en renfoncement. Portail. Porte monumentale à embrasure profonde. massif, avec une porte en bois à deux vantauxLe mot vantail désigne le battant d’une porte ou d’une fenêtre. percés de petits carreaux, ouverte dans un profond ébrasementCôtés convergents de l’embrasure d’une baie., encadré par trois ressautsSaillie d'une partie de mur par rapport à l’alignement général. de briques. Elle est flanquée, à droite, d'une baie en bandeauFenêtre percée sur une grande partie de la largeur de la façade et formant visuellement un bandeau., divisée en cinq par des meneauxÉlément vertical de pierre ou de métal divisant une baie. de pierre.

Intérieur. L'aménagement intérieur rompt radicalement avec la tradition des temples maçonniques égyptisants. Bodson et Van Hooveld écartent toute référence aux styles du passé. Le dépouillement des espaces permet de travailler sur la géométrie à travers l'articulation de formes ou de volumes élémentaires. Le projet étant réalisé avec des sources financières très limitées, les matériaux employés sont modestes: sol en granitoMatériau composé de mortier et de pierres colorées concassées présentant, après polissage, l’aspect d’un granit. à motifs en mosaïque noire, murs peints unis, bois verni utilisé avec parcimonie. Le hall (autrefois le parvis du temple) est décoré au sol de deux sobres mosaïques représentant des symboles maçonniques: l'équerre et le compas ainsi que le triangle de Pythagore. Une large porte en bois verni s'ouvre sur le temple (abritant aujourd'hui la salle d'exposition «F. Bodson»). Il s'agit d'un parallélépipède rectangle dont l'espace est divisé en trois travées1. Division verticale d’une élévation, composée d’une superposition d’ouvertures, réelles ou feintes. 2. En plan, la travée est l'espace compris entre deux rangées de supports disposées perpendiculairement à la façade. par des pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. stylisés. Le sol, aujourd'hui recouvert d'un parquet, présentait le traditionnelPériode : XVIIe-XVIIIe siècles À Bruxelles, architecture traditionnelle désigne une manière de construire particulière durant la période couvrant le XVIIe siècle et la première moitié du XVIIIe siècle. Il s’agit d’une technique constructive associant des maçonneries en briques liées au mortier de chaux à la pierre naturelle (soubassement, croisée, corniche, etc.) sur une structure portante composée d’un assemblage de poutres maîtresses apparentes et de solives en bois solidarisant entre eux les pans de murs au moyen d’ancrages métalliques, visibles en façades (ancres droites ou en fleur de lys). Les planchers sont composés d’ais assez larges et les pièces distribuées par un escalier en bois en colimaçon à noyau central. La charpente de toiture est de type « comble à surcroît » (fermes numérotées). Sous l’immeuble, la cave en briques liaisonnées au mortier de chaux est couverte d’une grande voute en berceau surbaissé, disposée perpendiculairement par rapport à la rue. Cette technique utilisée pour construire les maisons d’habitation se rencontre pour l’essentiel dans le centre historique de Bruxelles. Étant donné la densité de l’habitat et l’exiguïté des parcelles, le type le plus répandu est la maison en long (diephuis) de plan rectangulaire composée de trois corps successifs : une maison avant reliée à l’annexe arrière (achterhuis) par une aile de liaison éclairée par une cour intérieure. Des maisons en large, à bâtière parallèle à la rue, se trouvent en dehors des zones de forte densité ou le long des artères de pénétration. En façade, la maison reste fidèle à la formule médiévale du pignon dont le prototype apparait à Bruxelles au XVe siècle. Il présente alors des rampants à gradins et, plus rarement, des versants continus. Le pignon intègre au cours du XVIIe siècle des formules décoratives empruntées aux variantes locales des styles Renaissance et baroque (courbes, volutes, consoles droites ou renversées). Le fronton ne sera couramment employé qu’à partir des années 1730-1740.  damier noir et ocre qui sert au déroulement du rituel. Le temple est traditionnellement orienté vers l'Orient où se trouve l'estrade qui était à l'origine éclairée par des vitraux à motifs symboliques.

Sources

Archives
ACI/Urb. 116-86.
AAM/Fonds Fernand Bodson.

Ouvrages
BOVY, Ph., Vers l'Ermitage, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 2002 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 9), pp.25-26.
CULOT, M., VAN LOO, A., Musée des Archives d'Architecture Moderne, AAM, Bruxelles, 1986.
HAINAUT, E., La loge, Rue de l'Ermitage à Bruxelles, Du temple au Musée, AAM, Bruxelles, 2002.

Périodiques
SCHAFFERS, I., «Les Archives d'Architecture Moderne», Maison d'Hier et d'Aujourd'hui, 134, 2002, pp.26-28.

Sites internet
AAM