Cette artère rectiligne débute rue Francart, croise la rue Ernest Solvay et s'achève à hauteur de la rue de la Paix.

La rue est créée dans le cadre du Plan d'alignement et d'expropriation par zones pour la transformation du quartier dit de Saint-Boniface, situé entre la rue Francart et la chaussée d'Ixelles, la rue du Conseil et la chaussée de Wavre fixé par les arrêtés royaux des 10.05.1876 et 31.07.1877. Élaboré par la commune d'Ixelles, ce plan vise le réaménagement urbain de l'ancien faubourg de Namur qui s'était progressivement développé, sans véritable plan directeur et sans intervention communale, suite au démantèlement des fortifications de Bruxelles en 1785. Le plan prévoit de redresser, élargir et prolonger les anciennes ruelles du faubourg tandis que les rues nouvellement créées se résument à des ramifications des chaussées et rues déjà existantes, en fonction des besoins. Si les travaux sont exécutés dès 1878 dans la zone restée champêtre derrière l'église Saint-Boniface (voir rue de la Paix n°21-23), ils tardent pour la zone déjà urbanisée entre les rues Francart et de la Paix, et ce en raison notamment des coûts élevés qu'entraînent les expropriations. Le plan subira encore plusieurs modifications avant de connaître son stade définitif en 1898 et le début des travaux avec, notamment, le percement de la rue Saint-Boniface dans l'axe de l'église à laquelle il donne une véritable perspective (arrêté royal du 05.02.1898). La nouvelle artère, dont le nom était initialement dévolu à la rue Jules Bouillon (1878 à 1883), reprend approximativement le tracé de l'ancienne Petite rue Francart (voir rue Francart).

Dès l'achèvement des travaux de voiries en 1900, les abords de l'artère se construisent d'immeubles à caractère principalement commercial (voir l'enfilade allant du n°4 au n°14; voir les nos28-30 et 32-34; au n°33-35, l'ancienne devanture du commerce Au vieux Bruxelles, de 1903). Parmi eux les onze remarquables édifices de style Art nouveau dessinés par l'architecte Ernest Blerot, à hauteur du croisement avec la rue Ernest Solvay (voir rue Saint-Boniface nos15, 17, 19, 20, 22 et voir également rue Ernest Solvay nos12, 14, 16, 19, 20 et 22). Le programme développé par E. Blérot, à savoir un magasin au rez-de-chaussée et l'habitation du commerçant aux étages, est repris dix ans plus tard, dans la même artère, par l'architecte Henri Jacobs (voir nos7, 9 et 11) qui dresse les plans d'immeubles qui se distinguent par un Art nouveau plus retenu.
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/Urb. 33-35: 266-33-35.
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/TP 266.
ACI/TP Q3 Quartier Saint-Boniface (boîte n°13).

Ouvrages
DEL MARMOL, B., DELSAUTE, J.-L., et al., Le quartier Saint-Boniface, Ministère de la Région de Bruxelles-Capitale, Bruxelles, 1998 (Bruxelles, Ville d'Art et d'Histoire, 23), pp. 2-10, 16-19.
HAINAUT, M., BOVY, Ph., De la place Fernand Cocq à la rue Saint-Boniface, Commune d'Ixelles, Bruxelles, 1997 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 1), pp.20-23.
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990.