L'avenue Auguste Rodin relie le square de Léopoldville, sur le territoire d'Etterbeek, à la rue Jean Paquot. La rue Borrens la relie à la chaussée de Boondael. Les rues A. Hottat et A. Giron y aboutissent.

Cette voie est décrétée par arrêté royal le 11.08.1885. Il s'agit alors du prolongement de la rue Borrens jusqu'à l'avenue de la Couronne. Il fallut attendre une dizaine d'années pour que la rue soit effectivement percée car cela supposait l'expropriation d'un talus dont près de 150 personnes, héritières de la famille De Neck-De Gorge, disséminées un peu partout dans le monde, détenaient la nue propriété. L'arrêté royal du 02.08.1913 décrète l'ouverture d'une rue prolongeant l'avenue Auguste Rodin entre l'avenue de la Couronne et la commune d'Etterbeek, enjambant le chemin de fer.

D'abord appelée rue Borrens prolongée, cette voie devint avenue Auguste Rodin par décision du Collège le 14.03.1910. Le sculpteur Auguste Rodin (1840-1917) vécut à Ixelles de 1871 à 1875 et de 1876 à 1877. À Bruxelles, il contribua avec Ernest Carrier-Belleuse et Julien Dillens à la décoration de la Bourse. Il collabora également avec Antoine Joseph Van Rasbourg à l'ornementation des abords du Palais des Académies.

Les premiers bâtiments qui bordaient l'avenue Auguste Rodin étaient ceux, côté pair, de l'ancien hôpital militaire inauguré en 1888 et dont l'entrée principale se situait sur l'avenue de la Couronne. De ces bâtiments ne subsiste aujourd'hui que le pavillon à l'angle de l'avenue de la Couronne (voir n°8). Laissé à l'abandon dès 1974, l'hôpital militaire d'Ixelles a été finalement démoli au profit d'un vaste ensemble de logements et de bureaux aménagé en 1995-2005. Aujourd'hui, ce sont les façades des immeubles à appartements qui jouxtent le côté pair de l'avenue A. Rodin.

Avenue Auguste Rodin 19-21, élévation,

Si côté impair, la première maison date de 1899, peu de constructions remontent au début du XXe siècle. On remarque néanmoins parmi celles-ci le n°19-21, habitation et bureaux de style éclectique de l'entrepreneur A. Aubrebis (1914), agrandi à plusieurs reprises. La plupart du bâti s'érige dans le années 1920 et 1930. Parmi celui-ci on remarque tout particulièrement le n°39 que conçoit l'architecte Adrien Blomme pour l'artiste peintre Louis Buisseret en 1925 (voir ce numéro).
Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaire

Sources

Archives
ACI/TP Historique des rues (1925).
ACI/TP 29.
ACI/Urb. 19-21: 29-19-21.

Ouvrages
GONTHIER, A., Histoire d'Ixelles, Le Folklore Brabançon, Impr. De Smedt, Bruxelles, 1960, p.217.
HAINAUT, M., BOVY, Ph., Le quartier du Cygne (1), Commune d'Ixelles, Bruxelles, 2000 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 6).
HAINAUT, M., BOVY, Ph., Le quartier du Cygne (2), Commune d'Ixelles, Bruxelles, 2000 (À la découverte de l'histoire d'Ixelles, 6).
Ixelles, Ensembles urbanistiques et architecturaux remarquables, ERU, Bruxelles, 1990, pp.93-98.

Périodiques
HAINAUT, M., «Une rue d'Ixelles porte leur nom», Mémoire d'Ixelles, 29, 1988, p.31.