Région de Bruxelles-Capitale
Typologie(s)
maison bourgeoise
Intervenant(s)
Jean-Baptiste DEWIN – architecte – 1913
Statut juridique
Inscrit à l’inventaire légal le 19 août 2024
Styles
Art nouveau
Inventaire(s)
Ce bien présente l’(es) intérêt(s) suivant(s)
- Artistique La signature d’un bien immeuble (bâtiment) par un architecte de renom ne peut pas être considérée comme un critère absolu. Pour évaluer la place qu’un bien occupe dans l’œuvre d’un architecte, ce critère doit être modulé avec la qualité architecturale (composition et structure interne) du bien, sa mise en œuvre (matériaux, maîtrise technique) et la place qu’il occupe dans l’histoire de l’architecture, ces trois éléments pouvant témoigner d’une phase ou d’un aspect de l’architecture urbaine ou paysagère du passé. Les critères suivants s’appliquent alors pour évaluer l’intérêt artistique : la rareté (typologie, style, utilisation des matériaux, sources), la représentativité (idem), l’authenticité (idem + qualité d’exécution) et l’intégrité (état de conservation, éléments d’origine). Un bien possède également un intérêt artistique s’il intègre des œuvres d’art (sculptures, reliefs conçus pour le bien, etc.) ou des éléments décoratifs originaux ou particulièrement qualitatifs (vitraux signés, sgraffites, claire-voie, etc.).
- Esthétique Historiquement, cet intérêt était utilisé pour désigner des espaces verts de valeur et des zones naturelles ou semi-naturelles de grande valeur. Mais elle peut également s’appliquer à de grands ensembles de bâtiments dans une zone urbaine, avec ou sans éléments naturels, ou à des monuments qui marquent le paysage urbain. Une prise en compte d’autres intérêts s’impose : l’intérêt artistique, l’intérêt paysager (intégration de l’œuvre dans le paysage urbain et/ou naturel, les panoramas) et l’intérêt urbanistique (ensembles urbains spontanés ou organisés). Les critères de sélection suivants lui sont généralement associés : la valeur d’ensemble et la valeur contextuelle.
- Historique Le bien présente un intérêt historique : - s’il témoigne d’une période particulière de l’histoire de la région ou de la commune ; - s’il représente un témoignage d’une période particulière du passé et/ou d’une évolution rare pour une période (par exemple, une cité-jardin représentative d’un mode de construction utilisé lors des grandes campagnes d’urbanisation après la Seconde Guerre mondiale, les noyaux villageois illustrant les premiers bâtiments groupés des communes de la Seconde couronne, la Porte de Hal comme vestige de la deuxième enceinte, etc.) ; - s’il témoigne d’un développement urbain (et/ou paysager) particulier de la ville (par exemple, les immeubles des boulevards centraux ou du quartier Léopold) ; - s’il présente un lien avec un personnage historique important, y compris les maisons personnelles d’architectes et les ateliers d’artistes (par exemple, la maison natale de Constantin Meunier, la maison de Magritte) ; - s’il peut être associé à un événement historique important (par exemple, les maisons datant de la reconstruction de Bruxelles suite au bombardement de 1695, la colonne du Congrès) ; - s’il possède une représentativité typologique caractéristique d’une activité commerciale ou culturelle (par exemple, les églises, les cinémas, l’architecture industrielle, les pharmacies) ; - s’il est représentatif de l’œuvre d’un architecte important dans l’histoire de l’architecture à l’échelle internationale, nationale, régionale ou locale (cela concerne à la fois des architectes connus comme V. Horta, V. Bourgeois, M. Polak mais aussi des architectes secondaires, liés localement à une commune, notamment Fernand Lefever à Koekelberg ou Emile Hoebeke à Berchem-Sainte-Agathe).
- Urbanistique Certains biens architecturaux ont historiquement joué un rôle prépondérant dans l’aménagement de l’espace bâti et urbain. Ils définissent généralement d’autres formes d’urbanisme (plan) de manière à créer une interaction entre l’espace bâti et l’espace non bâti (ou ouvert). Cet aménagement inclut également la cohérence entre les différentes échelles. Un bien immobilier a un intérêt urbanistique lorsqu’il y joue un rôle, par exemple : - les immeubles d'angle, - les places cohérentes et les enfilades d’immeubles (suite de façades formant un ensemble homogène de même style, même époque et/ou même gabarit), - les cités-jardins, - les tours (immeubles de grande hauteur) et la qualité de leur relation avec leur environnement immédiat, qui peut être cohérent mais aussi contrasté, - les vestiges de concepts urbanistiques et la façon dont ils sont ou ont été remplis architecturalement (et typologiquement), comme, par exemple, les palais urbains éclectiques et/ou les hôtels particuliers du quartier Léopold qui sont encore préservés.
Recherches et rédaction
2014-2016
id
Urban : 36794
Description
Remarquable
maison bourgeoise de style Art nouveauPériode : 1890 – 1914
L’Art nouveau est un mouvement artistique qui se développe en Europe principalement
entre 1890 et 1910, et manifeste une volonté de rupture avec les styles
historiques et l’art académique du XIXe siècle.
En Belgique, on situe la naissance de l’Art nouveau à Bruxelles en 1893 avec la
construction de l’Hôtel Tassel de Victor Horta (1861-1947) et de la maison
personnelle de Paul Hankar (1859-1901). Abandonnant la typologie traditionnelle
des trois pièces en enfilade, Horta évide le centre de la maison pour y amener
la lumière du jour et, à partir de là, éclate l’espace intérieur. Il développe
une esthétique librement inspirée de la flore à laquelle Hankar répond par un
langage formel géométrique recherchant davantage les effets colorés procurés
par les matériaux et le traitement varié des matières. À partir de ces deux
exemples se déclineront deux courants : l’un inspiré du monde végétal avec
des lignes courbes et organiques ; l’autre d’inspiration géométrique, au
vocabulaire formel plus raide et répétitif. L’Art nouveau s’applique à des
programmes très variés (maisons bourgeoises et hôtels de maître, établissements
scolaires, logement social, commerces).
D’abord conçu pour une bourgeoisie aisée progressiste, le style Art nouveau se
démocratise rapidement et devient le vocabulaire à la mode d’une nouvelle
génération d’architectes qui met moins l’accent sur la complexité intérieure
que sur les façades. L’assouplissement de la structure intérieure de la maison
conduit à une organisation plus libre de la façade percée de fenêtres de formes
variées, rehaussée de bow-windows, de loggias, de balcons et dont l’aspect se
voit modifié par l’introduction de nouveaux matériaux : briques émaillées
colorées, mosaïques, céramiques décoratives, colonnettes et linteaux
métalliques. L’esprit Art nouveau se limite ainsi souvent à s’intégrer à l’éclectisme
au travers des détails décoratifs particulièrement soignés (sgraffites, vitraux,
ferronneries, dessin de châssis ou d’un arc de baie). géométrique, architecte Jean-Baptiste
Dewin, 1913.
Elle fait partie d’une enfilade homogène d’immeubles, allant du n°6 au n°22.
ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. de deux niveaux sous toiture mansardéeUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson., singularisée par le style personnel de J.-B. Dewin, reconnaissable à ses formes géométriques inspirées de la Sécession viennoise1897 - env. 1914. La Sécession viennoise est un mouvement artistique et architectural autrichien qui s'étend à plusieurs villes européennes à partir de la fin du XIXe siècle. Un groupe d'artistes viennois progressistes, parmi lesquels Joseph Hoffmann, Joseph Maria Olbrich et le peintre Gustav Klimt, fonde ce mouvement dans le but de rompre avec les conventions artistiques traditionnelles. Ils aspirent à un art radical et moderne qui rassemble différentes disciplines, notamment l'architecture, la sculpture, la peinture, le mobilier et les arts appliqués. La Sécession viennoise s'inscrit dans la branche géométrique de l'Art nouveau et partage les mêmes fondements idéologiques de renouveau artistique et de rejet des styles historicistes. Ce mouvement se distingue par une grande exigence de qualité artisanale et par une position critique vis-à-vis de la production de masse. Le bâtiment y est souvent conçu comme une œuvre d’art totale (Gesamtkunstwerk), où architecture, aménagement intérieur, mobilier et décor s’unissent en un ensemble cohérent et harmonieux. Parmi ses caractéristiques figurent des motifs floraux stylisés, des lignes fluides, des compositions géométriques, des ornements abstraits, ainsi qu’un soin particulier accordé aux proportions et au rythme. Quelques bâtiments de ce style ont également été construits à Bruxelles. L'exemple le plus remarquable est le palais Stoclet conçu par Joseph Hoffmann (avenue de Tervueren) qui peut être considéré comme le manifeste du mouvement,. La plupart du temps, à Bruxelles, l’influence de la Sécession viennoise dans l’architecture résidentielle se manifeste de manière ponctuelle : elle se traduit surtout par des éléments décoratifs en façade et se combine fréquemment avec l’Art nouveau ou d’autres styles dits « néo ». et au raffinement de sa décoration.
Sur un soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue, façade en briques et éléments de pierre blanches, flanquée de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. sommés d’un amortissementAmortissement. Élément décoratif placé au sommet d’une élévation.Amorti. Sommé d'un amortissement.. Fenêtres rectangulaires, à imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. garnie de vitraux colorés. Au rez-de-chaussée, à droite, double porte piétonne accessible par un perronEmmarchement extérieur devançant la porte d’entrée d’un bâtiment. et protégée d’un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine.; au-dessus, haute fenêtre en-dessus de porte. Étage presque entièrement occupé par un bow-windowDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. de plan trapézoïdal. Au-dessus, au centre, fenêtre en bandeauFenêtre percée sur une grande partie de la largeur de la façade et formant visuellement un bandeau. reprise dans un épais encadrement en pierre; elle est flanquée de panneauxLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris. décorés de mosaïques à motifs stylisés. BrisisUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson. percé dans l’axe d’une lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. en bois formée de fenêtres jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. par deux. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. conservée.
Façade précédée d’une zone de non bâtisse partiellement aménagée en jardinet, fermée d’épais piliersSupport vertical de plan carré. en pierre bleue enserrant des grilles en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux., caractéristiques du style de l’architecte.
Elle fait partie d’une enfilade homogène d’immeubles, allant du n°6 au n°22.
ÉlévationDessin à l'échelle d'une des faces verticales d’un édifice. Par extension, façade d'un bâtiment ou ensemble de ses façades. de deux niveaux sous toiture mansardéeUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson., singularisée par le style personnel de J.-B. Dewin, reconnaissable à ses formes géométriques inspirées de la Sécession viennoise1897 - env. 1914. La Sécession viennoise est un mouvement artistique et architectural autrichien qui s'étend à plusieurs villes européennes à partir de la fin du XIXe siècle. Un groupe d'artistes viennois progressistes, parmi lesquels Joseph Hoffmann, Joseph Maria Olbrich et le peintre Gustav Klimt, fonde ce mouvement dans le but de rompre avec les conventions artistiques traditionnelles. Ils aspirent à un art radical et moderne qui rassemble différentes disciplines, notamment l'architecture, la sculpture, la peinture, le mobilier et les arts appliqués. La Sécession viennoise s'inscrit dans la branche géométrique de l'Art nouveau et partage les mêmes fondements idéologiques de renouveau artistique et de rejet des styles historicistes. Ce mouvement se distingue par une grande exigence de qualité artisanale et par une position critique vis-à-vis de la production de masse. Le bâtiment y est souvent conçu comme une œuvre d’art totale (Gesamtkunstwerk), où architecture, aménagement intérieur, mobilier et décor s’unissent en un ensemble cohérent et harmonieux. Parmi ses caractéristiques figurent des motifs floraux stylisés, des lignes fluides, des compositions géométriques, des ornements abstraits, ainsi qu’un soin particulier accordé aux proportions et au rythme. Quelques bâtiments de ce style ont également été construits à Bruxelles. L'exemple le plus remarquable est le palais Stoclet conçu par Joseph Hoffmann (avenue de Tervueren) qui peut être considéré comme le manifeste du mouvement,. La plupart du temps, à Bruxelles, l’influence de la Sécession viennoise dans l’architecture résidentielle se manifeste de manière ponctuelle : elle se traduit surtout par des éléments décoratifs en façade et se combine fréquemment avec l’Art nouveau ou d’autres styles dits « néo ». et au raffinement de sa décoration.
Sur un soubassementPartie massive d’un bâtiment construite au sol et constituant l’assise du bâtiment. À Bruxelles, le soubassement est d’ordinaire en pierre bleue. en pierre bleue, façade en briques et éléments de pierre blanches, flanquée de pilastresÉlément vertical plat en ressaut qui évoque un support (un pilier engagé). Il peut être muni d’une base et d’un chapiteau. sommés d’un amortissementAmortissement. Élément décoratif placé au sommet d’une élévation.Amorti. Sommé d'un amortissement.. Fenêtres rectangulaires, à imposteUn élément dit en imposte se situe à hauteur du sommet des piédroits. Imposte de menuiserie ou jour d’imposte. Ouverture dans la partie supérieure du dormant d’une menuiserie. garnie de vitraux colorés. Au rez-de-chaussée, à droite, double porte piétonne accessible par un perronEmmarchement extérieur devançant la porte d’entrée d’un bâtiment. et protégée d’un auventPetit toit couvrant un espace devant une porte ou une vitrine.; au-dessus, haute fenêtre en-dessus de porte. Étage presque entièrement occupé par un bow-windowDe l’anglais bow (arc dans le sens d’arqué, courbé) et window (fenêtre). Le bow-window apparaît avec l’Art nouveau. Il s’agit d’un élément en surplomb qui s’intègre par son plan cintré à la façade. Il se différencie de la logette, d’ordinaire de plan rectangulaire et qui paraît appliquée sur la façade. Le bow-window peut occuper plusieurs niveaux. de plan trapézoïdal. Au-dessus, au centre, fenêtre en bandeauFenêtre percée sur une grande partie de la largeur de la façade et formant visuellement un bandeau. reprise dans un épais encadrement en pierre; elle est flanquée de panneauxLe terme panneau désigne un élément de menuiserie rectangulaire ou carré, enserré dans la structure d’une porte ou d’un lambris. décorés de mosaïques à motifs stylisés. BrisisUne toiture est dite mansardée lorsqu'elle présente deux pentes différentes sur le même versant. Le brisis est le pan inférieur de la toiture mansardée. Le pan supérieur se nomme le terrasson. percé dans l’axe d’une lucarneOuvrage construit sur un toit et permettant d’éclairer le comble par une ou plusieurs fenêtres. en bois formée de fenêtres jumeléesDes éléments sont dits jumeaux, jumelés ou géminés lorsqu’ils sont répétés de manière identique. Ces éléments peuvent être plus nombreux que deux. par deux. MenuiserieÉléments de bois relevant de l’art du menuisier. Pour une façade, le mot peut désigner les portes, les châssis, les éventuelles logettes et la corniche. Par extension, le terme désigne également l'huisserie métallique et en PVC. conservée.
Façade précédée d’une zone de non bâtisse partiellement aménagée en jardinet, fermée d’épais piliersSupport vertical de plan carré. en pierre bleue enserrant des grilles en ferronnerieÉléments en fer d’une construction, qu’ils soient en fer forgé, en fonte ou dans un autre matériau ferreux., caractéristiques du style de l’architecte.
Sources
Archives
ACF/Urb.
6194 (1913).
Périodiques
Bruxelles Patrimoine, 10, Ministère
de la Région de Bruxelles-Capitale, 2014, p. 85.
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