Aménagé sur un talus escarpé sur la rive droite de la Senne, ce parc paysager de plan elliptique d’une superficie de 2,63 hectares est enclavé entre l’avenue Besme et l’avenue Gabriel Fauré au nord, l’avenue Jupiter au sud et deux parcs de plus grande envergure–le parc de Forest et le parc Duden– à l’est et l’ouest.

La carte de Ferraris (1771-1778) fait état à cet endroit d’une zone boisée dont la partie haute située au nord est délimitée par le Postweg (l’actuelle avenue Besme) et la partie sud située plus bas par cet autre axe important qu’était la Galgestraat (l’actuelle avenue Jupiter). Jusqu’à la fin du XVIIIesiècle, ces terres appartiennent à l’abbaye de Forest. Dans les années 1800-1830, elles sont déboisées pour faire place à des pâturages et de petits terrains agricoles. Sur les cartes du XIXesiècle, la zone est désignée d’abord sous le nom de Heegde bos, puis sous celui de Galgeheyde.

Zone du futur parc Jupiter, anc. connue comme [i] Galgeheyde[/i], détail de la carte Vanderstraeten, 1843, ©Bibliothèque royale de Belgique, Bruxelles, Section Cartes et Plans.

Suite au projet du Parc du Midi et le quartier à Villas ratifié par l’arrêté royal 15.03.1876, il incombe à la Société anonyme du Parc de Saint-Gilles de lotir et vendre les terrains situés autour du parc de Forest. L’idée initiale d’en faire un parc public est rapidement abandonnée. Les terrains situés au nord de la zone sont en effet vendus à la Société anonyme des habitations ouvrières dans l’agglomération bruxelloise qui, en 1880, y crée un quartier social de quatre-vingt maisons ouvrières réparties en îlots de quatre. En 1887, la première pierre du bâtiment éclectique de l’École communale no3 – une école maternelle et primaire pour garçons – également connue sous le nom d’École du parc est posée entre l’avenue Besme et l’avenue Jupiter.

En vertu de l’arrêté royal du 08.02.1912, le parc Jupiter fusionne avec le parc de Forest et le parc Duden, comme le montre le plan du nouveau quartier Altitude Cent de 1908. Sur ce plan figure au nord du parc «l’escalier monumental du belvédère» d’où l’on aurait pour la première fois une vue panoramique sur Bruxelles. Il faudra cependant attendre 1957 avant que le projet ne soit mis à exécution sous une forme légèrement modifiée. Pendant ce temps, dans la partie sud du nouveau parc, la Commune fait aménager des sentiers qui serpentent à travers bois et petites pelouses. Le quartier ouvrier et l’école qui se situent au centre et au sud du parc, seront démolis respectivement en 1937 et 1957.

Vue sur les maisons d'ouvriers vers l'actuelle avenue  Gabriel Fauré, sd (ca.1900) (coll. Belfius Banque © ARB-SPRB).


Dans les années 1960, toute la zone est aménagée en parc public, tel que nous le connaissons aujourd’hui, avec une pelouse pentue du côté de l’avenue Besme et une zone boisée sillonnée de sentiers du côté de l’avenue Jupiter. La partie sud du parc recèle quelques arbres remarquables, dont des frênes, des acacias et des érables qui émergent du lot, ainsi qu’une plaine de jeu et un terrain de sport. Au centre du parc, un plateau de plan rectangulaire aux extrémités chantournées sert de lieu de récréation et de rencontre.
Dans la prolongation de l’avenue Alexandre Bertrand, se trouve une table d’orientation d’où on a une splendide vue sur Bruxelles. Ce belvédère remonte à 1957 et a été conçu par le sculpteur Firmin Vandewoude (1907-1994) à la demande de la Commune de Forest. C’est un modèle réduit du projet initial. La terrasse panoramique avec table d’orientation figure les principaux repères de Bruxelles.

Mur cintré en moellons de près de 5m de longueur, flanqué de pilastres en briques et précédé de trois marches. Couvert de dalles de pierre bleue gravées. Les deux dalles latérales représentent le parc Duden et le palais de justice. Sur les douze autres figurent les églises Saints-Vincent-et-Paul et Saint-François d’Anderlecht, la basilique de Koekelberg, les gares de Bruxelles- Midi et Petite Île, un gazomètre et une usine à Anderlecht, le stade du RSC Anderlecht, la maison communale d’Anderlecht, la vallée de la Senne, le palais du Heysel et un marchand de fraises de Schepdaal. Elles comportent aussi les armoiries de Forest qui font référence au maître d’ouvrage, une rose des vents et l’inscription«CE POINT DE VUE EST À L’ ALTITUDE 95 M». Sur les bords, on peut lire le nom de sept communes de Bruxelles – Schepdaal, Itterbeek, Dilbeek, Asse, Zellik, Wemmel et Laarbeek – accompagné de la distance qui les sépare du belvédère.

Le long de l’avenue Jupiter se trouve une pelouse ovale contenant le buste en bronze, sur stèle de marbre noir, du poète, conteur et critique littéraire Armand Bernier (Braine-l’Alleud, 1902 – Forest, 1969), et habitant Forest depuis 1927, réalisé par le sculpteur Antoine Vriens. Sur la stèle, plaque en cuivre avec l’inscription «Par l’oiseau, la forêt chante. / Par l’oiseau, dansent les eaux. / Tout ce qui chante ou qui danse / a l’âme d’un oiseau. / Armand Bernier (1902-1969)».

Le parc est classé comme paysage depuis le 26.03.1998.

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Sources

Archives
ACF/TP dossier 45, A.R. 08.02.1912 ; dossier 49, A.R. 15.03.1876.
Archives du Cercle d’histoire et du patrimoine de Forest, dossier «École Communale 1 à 5».
Cercle d’histoire et du patrimoine de Forest, «Statues et Plaques». 

Ouvrages
DEROM, P., Les sculptures de Bruxelles. Catalogue raisonné, Galerie Patrick Derom, Bruxelles, 2002, p.90. 
VERNIERS, L., Histoire de Forest les Bruxelles, A. De Boeck, Bruxelles, 1949, p.268.
VOKAER, J.-P., Par les rues de Forest. Études sur la toponymie locale, Imp. 
Cantrin, Bruxelles, 1954, p.97.