Voir les biens de ce lieu repris à l'inventaireJoignant la rue de la Bourse à la place Rouppe, cette longue rue au tracé plutôt rectiligne a été aménagée en deux phases. Le tronçon méridional, entre la rue des Moineaux et la place Rouppe, fut percé en 1840-1841 en tant qu’axe principal du nouvel ensemble urbanistique aboutissant à l’ancienne station des Bogards (voir place Rouppe). Deux îlots furent éventrés pour le percement de la rue du Midi et le pré à blanchir «Le Châssis» fut loti. Certaines parties de l’ancien couvent des Bogards furent rasées en 1844 pour la rectification de l’alignement. La rue du Midi fut prolongée en 1861-1862 vers le Nord jusqu’à la rue au Beurre, en même temps que l’élargissement de la rue des Fripiers. Trois îlots furent ainsi éventrés, entraînant la disparition de l’ancien Mont-de-Piété (1618, W. Coeberger) et du «Poids de la Ville» (1706, C. Van Nerven). La rue au Lait et la Petite rue des Moineaux furent élargies respectivement à l’est et à l’ouest et incorporées au nouveau tracé. Ce nouvel axe était relié, au-delà de la place de la Monnaie, à la rue Neuve, et constituait ainsi une liaison directe entre la première gare du Nord et la station des Bogards. Ce premier axe Nord-Midi, précurseur des boulevards centraux parallèles, devint très rapidement une artère commerciale et de passage fort animée; il fut prolongé par après jusqu’à la première gare du Midi (voir avenue de Stalingrad).

Le tronçon nord de la rue est constitué d’une enfilade de façades de style néoclassique et Second Empire datant des années 1860. Ces maisons sobres, souvent jumelées, comptent en moyenne quatre niveaux et deux à trois travées sous bâtière. Enduites et peintes, les façades sont ajourées aux étages de fenêtres surbaissées ou rectangulaires à encadrement à filets sur appui saillant formant cordon continu; le couronnement est classique et le rez-de-chaussée commercial dès l’origine, comme aux nos 20-22 (1862), 23 (1864), 27 (1864), 31-37 (1862), 34 (1862), 36 (1862, architecte F. Duprez), 48 (1862), 70 (1862) et 71-77 (1862). Les angles regroupent généralement deux à trois maisons jumelées du même type, comme les nos 24-28 (1862), 30-32 (1862), 43-45 (1861), 53-57 (1862), 84-90 (1862), 91-95 (1861) et 92-94 (1865). On notera également certaines maisons de maître, d’angle ou en enfilade, dont le décor stuqué est nettement plus fouillé. Quelques maisons plus anciennes subsistent du côté Ouest de l’ancienne rue au Lait, comme les nos 5 (1840), 7 et 11, petites maisons perpendiculaires des XVIIe-XVIIIe siècles dont la façade a été adaptée en style néoclassique, en conservant encore à l’arrière le pignon et la toiture d’origine.

Le tronçon Sud est bordé d’une enfilade de constructions néoclassiques, essentiellement des années 1840, voisinant les constructions d’origine de la place Rouppe et des rues attenantes. Initialement, ces maisons cossues à corps simple, parfois jumelées, comptaient trois à quatre niveaux et en moyenne trois travées sous bâtière. Les façades enduites et peintes sont percées de fenêtres souvent de hauteur dégressive; l’accent est porté sur la travée axiale. Elles sont généralement banalisées aujourd’hui, exhaussées ou présentant des devantures transformées, comme aux nos 108-110, 119-123 (1845), 124, 126-128, 145 (1856), 147, 149, 162 (1841), 164-166 et 169-171 (1840). Des immeubles de même type forment les angles aux nos 125 et 130 (1843). Des maisons plus récentes à décor stuqué et à garde-corps en fonte aux nos 96 (1876, vitrine de 1912, architecte A. Nelissen) et 120 (1876). Aux nos 112-114, devanture commerciale et aménagement intérieur caractéristiques de la maison du médailleur R. De Greef, réalisés selon un projet de l’architecte A. Trefois en 1946-1947. Au n° 144, l’ensemble monumental de l’Académie royale des Beaux-Arts intègre les restes de l’ancien couvent des Bogards. Dans le tronçon Sud surtout se concentrent les constructions récentes, dominées par un complexe de bureaux conçu par l’architecte L.J. Engels en 1974, et occupant l’îlot formé par les rues du Midi, des Moineaux, de la Gouttière et des Bogards.

Sources

Archives
AVB/TP 26157 (1840-1841), 26319 (1861- 1862), 16794 (1862), 16782 (1864), 16784 (1864), 16806 (1862), 16798 (1862), 16811 (1862), 16792 (1862), 16890 (1862), 16812 (1862), 16799 (1862), 3804 (1862), 15686 (1861), 16813 (1862), 16775 (1862), 16810 (1861), 16779 (1865), 13398 (1840), 9165 (1845), 16817 (1856), 9163 (1841), 9158 (1840), 7950 (1843), 16894 (1876), 16899 (1912), 16898 (1876), 57713 (1946-1947).